O-Fée-Li

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42 pages
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À dix-sept ans, Ophéli est une jeune fille épanouie, née le jour de la Saint-Valentin.
Recueillie par Steve et Molly Puttnam, elle est élevée avec James et Cooper, qu’elle considère comme ses frères. La lycanthropie de James et la faculté de Cooper à prendre n’importe quelle apparence font d’eux une fratrie très soudée. Surtout qu’Ophéli ne possède aucun pouvoir. Sa rencontre avec Reed, vampire sexy, pourrait bien lui donner des ailes. Mais sa vie va prendre un tout autre tournant, le jour de son dix-huitième anniversaire...

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EAN13 9791034810574
Langue Français

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O-fée-Li
Hélène Caruso O-fée-Li Couverture :Maïka Publié dans laCollection Imaginaire Dirigée parPauline Monsarrat
©Evidence Editions2019
Note de l’éditeur Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio. Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables. En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di%érentes collections de la littérature jeunesse, de la littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier, du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique. Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tels que : agendas, cahiers de dédicaces, Bullet journal, DIY (Do It Yourself). Pour prolonger le plaisir de votre lecture, dans notre boutique vous trouverez des goodies à collectionner ainsi que des boxes livresques disponibles toute l’année. Ouvrir un livre Evidence, c’est aller à la rencontre d’émotions exceptionnelles. Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous su3t de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
J-5 Dix minutes que je crapahute dans la forêt à la recherche de James. Il fait nuit noire, c’est souvent le cas lorsqu’il est trois heures du matin. Demain, j’ai un devoir de sciences et je risque de ne pas être très fraîche si je ne rentre pas dormir rapidement. Je glisse sur une motte de terre et manque de m’étaler de tout mon long. — Bordel ! James ! Où es-tu ? C’est toujours comme ça, les nuits de pleine lune. Je dois rapporter des habits à mon frère an qu’il puisse rentrer à la maison en toute dignité. Je retrouve le chemin principal et continue de m’enfoncer dans la forêt. — James ? Je n’ose pas crier alors je murmure presque, je sais qu’il peut m’entendre, grâce à son ouïe très développée. Un bruit sur ma gauche attire mon attention et je prie pour que ce soit lui. Mais lorsque j’écarte les quelques branches du buisson qui se dresse devant moi, je me retrouve dans une clairière magnique, éclairée par des centaines de vers luisants qui dansent en osmose. Comme s’ils répétaient un ballet, chaque bestiole virevolte, plonge et bifurque, laissant dans son sillage de longues traînées de lumière. Le lac qui s’étend devant moi scintille de mille feux, un peu comme la face d’un diamant sous la lumière éclatante du soleil. Tout est calme et je m’émerveille devant un tel spectacle, la nature est tout simplement magnique et je me laisse entraîner par leur chorégraphie enivrante. — Ophéli, tu as mes fringues ? James arrive enn, une poignée de feuilles à la main pour tenter de cacher sa virilité. Je lui lance un vague regard, complètement hypnotisée par la beauté de ce que j’ai sous les yeux, je lui tends le paquet de tissus et il part s’habiller derrière un arbre. Lorsqu’il revient, il grimace et me pousse l’épaule en riant : — Non, mais tu m’as vu ? Je suis envoûtée par le spectacle qui se déroule dans cette clairière si bien que je ne l’écoute pas. Je réponds vaguement : — Hum, hum… James se plante devant moi, grognon : — Ce jean est trop petit, il m’arrive au mollet. Et le tee-shirt est troué sous les bras, tu l’as fait exprès, avoue ? Je le pousse gentiment afin qu’il ne m’obstrue pas plus la vue et je souris, espiègle. — Évidemment que je l’ai fait exprès. J’en ai marre d’être le larbin de service. J’ai cours demain, James. Mon frère me prend dans ses bras, coupant court à ma contemplation, et me secoue comme si j’étais une vulgaire poupée de chiffon. Je ris à sa sottise pendant qu’il m’étreint : — Tu n’es pas un larbin, tu es ma sœur. Il accompagne sa phrase d’une pichenette sur mon front, passe son bras sur mon épaule puis me conduit jusqu’au sentier de la forêt. Tranquillement, sous une légère brise, nous rentrons à la maison. Tout est calme lorsque j’enfonce la clé dans la serrure. Sans un bruit, nous montons à l’étage rejoindre nos chambres et James m’embrasse sur la joue, une fois arrivés devant la porte de la mienne. Il chuchote : — Merci, p’tite sœur.
Je grommelle : — Ouais, c’est ça… Morte de fatigue, je m’a=ale en travers du lit et tant pis si je suis toute habillée. Quand j’ouvre un œil, je me rends compte qu’il est déjà huit heures passées. Je suis manifestement à la bourre. Très, très à la bourre, même. Sans prendre la peine de me changer, j’attrape mon sac et dévale les escaliers. Le brouhaha de mes pas sur les marches en bois attire l’attention de Molly, qui glisse sa tête par l’embrasure de la porte de la cuisine. — Tu es retard, ma petite fée. Elle sourit lorsque je passe en coup de vent devant elle et lance à la sauvette : — À ce soir, Molly ! Sur le trajet qui me mène au campus, j’appelle Cooper, mon deuxième frère. — Coop ! C’est la merde ! James s’est transformé cette nuit et j’ai dû aller l’aider, du coup, je vais être en retard en cours. Tu pourrais… Mon frère se marre au bout du fil. — Tu as du bol, je commence à dix heures ce matin, mais je suis déjà sur place, pour voir Liana. C’est comme si c’était fait. Je vais dire que j’ai besoin d’aller aux toilettes juste avant que le cours démarre. Ça ira ? Un coup d’œil à ma montre et j’opine. — Je t’adore. Il glousse. — Ouais, ça se paiera, ça ! Je raccroche et je cours comme une marathonienne. Cooper ne prendra mon apparence que pendant quelques minutes, il faut juste que je me dépêche d’arriver à l’université. Sept minutes trente plus tard, j’ouvre la porte des toilettes du bâtiment des sciences et chuchote : — Coop, t’es là ? La porte d’une cabine de toilette s’ouvre en grinçant et je sors. Enfin, Cooper sort. Je frissonne. — Merde, c’est trop flippant ! Mon frère et moi nous tournons vers le miroir accroché au mur, juste au-dessus du lavabo et je mettrais quiconque au dé de savoir faire la di=érence entre la copie et l’original. Lentement, ses traits se déforment, ses cheveux raccourcissent, son buste et ses jambes s’allongent et Cooper redevient Cooper. Il ébouri=e mes cheveux et je sors, mon frère sur mes talons. Je me faule en cours de sciences, sous les gros yeux de M. Rooney, et m’installe à ma place. À midi, je rejoins mes frères au réfectoire. Ils sont avec leurs copines. Cooper avec Liana, James avec Coleen. Personne ne sait pour eux, juste Steve et Molly, le couple qui nous a tous recueillis. Steve est un mage puissant qui élabore toujours de nouveaux sorts. Quand j’étais petite et que j’étais triste, il faisait toujours apparaître des tonnes de roses dans ma chambre et partout où je marchais, pour me redonner le sourire. Molly est une prêtresse. Elle m’initie aux potions et je dois dire que je suis plutôt douée. Pourtant, dans la fratrie, je suis la seule à ne pas être dotée de pouvoirs, je ne sais pas pourquoi. Quand je les vois, je me dis que j’ai de la chance de les avoir. Ils me protègent, je suis la petite dernière. Mais je me suis toujours demandé pourquoi j’avais été recueillie alors que je suis humaine. Molly m’a expliqué un jour que mes parents m’avaient déposé devant leur porte et j’en ai déduit qu’ils étaient certainement trop pauvres pour s’occuper de moi. Je ne sais pas, plus je grandis, plus je sens que quelque chose ne va pas. Je me sens di=érente. Je vais bientôt avoir dix-huit ans, j’ai l’impression que quelque chose plane sur moi, mais je ne sais pas encore si c’est un danger ou autre chose. — La tête dans les nuages, Petite Fée ?
James est a=alé sur un banc, dans l’aire de restauration que le campus met à notre disposition. Coleen est assise entre ses jambes et sa tête repose sur le torse puissant de mon frère. Elle est sympa. Je l’aime bien. Pas comme cette bêcheuse de Liana. Dès qu’elle peut m’emmerder, elle n’hésite pas. Mais jamais devant Cooper, qui me défend toujours. Assise dans l’herbe, je me tends soudain. Ma nuque picote, ma respiration se coupe, je su=oque. Je me redresse, mais ma vue se brouille, ma tête tourne. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? J’ouvre la bouche pour appeler mes frères, mais les mots restent bloqués dans le fond de ma gorge, refusant de sortir. Puis, je les vois se redresser et leurs regards se perdent par-dessus mon épaule. Les yeux de James commencent à changer de couleur, le marron habituel a laissé place au rouge amboyant qu’arbore son loup lorsqu’il est lâché et Cooper a les cheveux qui blanchissent à vue d’œil. Je me lève, je ne comprends pas ce qu’il se passe, mais mes frères sont debout avant moi. Ils m’entourent comme si un danger me guettait et cela me met encore plus mal à l’aise. Puis je le vois. Il se tient négligemment adossé à un arbre, à quelques mètres de nous. Il est d’une beauté à couper le souGe, son blouson de cuir dessine des épaules carrées et son tee-shirt blanc laisse deviner une plastique parfaite. Son jean déchiré et ses boots noirs viennent parfaire son look de mauvais garçon, complété par une chevelure noire comme du charbon et des yeux bleus comme le lagon. Mes yeux sont happés par les siens, et je ne peux pas — je ne veux pas — détacher mon regard de ce garçon. Un sourire en coin, un clin d’œil et une main dans ses mèches rebelles et me voilà tremblante. Mon être tout entier répond aux signaux que m’envoie cet inconnu. Je fais un pas dans sa direction, tout de suite arrêtée par Cooper qui referme sa poigne solide autour de mon bras et le léger cri qui s’échappe de ma bouche ramène tout le monde au moment présent. Cooper a retrouvé une couleur de cheveux normale et James semble avoir calmé son loup. Je frotte mon poignet et je vois que mon frère regrette son geste, ses yeux m’implorent silencieusement. James se rapproche de moi et m’interroge du regard. Entre nous, aucun mot, juste nos yeux pour nous parler. Je lui souris, je n’en veux à personne, je ne comprends même pas ce qu’il vient de se passer. D’un mouvement de tête commun, nous regardons vers le beau brun, mais il a disparu...