Obscur - Il était une fois

Obscur - Il était une fois

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56 pages

Description

Il était une fois...


Oui, en fait, cette histoire pourrait commencer par « il était une fois ». Comme dans tous les contes de fées que l’on nous racontait lorsque nous étions enfants, il faut un prince charmant, une demoiselle plus ou moins en détresse, un méchant et plein de complications.


Dans un conte de fées, il y aurait aussi des oiseaux, des cœurs, des fleurs et des chansons.


Mais cette histoire ... n’est pas un conte de fées.

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Nombre de lectures 7
EAN13 9782374472423
Langue Français

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OBSCUR ILÉTAITUNEFOIS Roman
Chiaraa VALENTIN
OBSCUR ILÉTAITUNEFOIS Roman
ISBN format papier 978-2-37447-243-0
ISBN numérique : 978-2-37447-242-3
Juillet 2017 - Imprimé en France
© Erato–Editions - Tous droits réservés
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«Un soleil rouge se lève. Beaucoup de sang a dûcouler cette nuit » Legolas - le Seigneur des anneaux.
Prologue
– Norm’, tu as un plan de la région, un cours d’eau, j’ai besoin d’un plan avec un cours d’eau. Vite, vite… Je me mets à étouffer comme si j’étais dans ce sac, sous cette cascade… – Son beau-père… C’est son beau-père, il veut s’en débarrasser, elle est si petite, ne le laisse pas faire Norm’, pas elle, pas encore. C’est lui depuis le début, tous les enfants, c’est lui. Son tatouage sur le bras, ce diable à mo to, je l’ai reconnu, tu verras, il a une énorme griffure dessus, c’est elle qui lui a fait. Elle est là… elle coule, elle se noie… balbutié-je en montrant un point représentant la ca scade sur le plan, et dans ce dernier effort, je m’écroule, essoufflée, je tombe dans les vapes. – Marie, Marie, ne déconne pas Marie, reviens à toi, ne nous laisse pas comme ça, s’affole Norman. Une avalanche de petites claques s’abat sur mes jou es et je reprends doucement conscience. – Envoie tes gars là-bas. Tu la trouveras, mais c’est trop tard. Je me mets à pleurer dans ses bras, je déteste ce don, je déteste cette vie. Je dois partir d’ici. Tous les jours, un nouveau meurtre, toujours plus atroce. Je les vois, je les vis, je ne veux plus. Je ne peux plus les aider, je n’y survivrai pas. ***
« Tu es douée, petite fille. Mais sauras-tu te mesurer à moi ? »
Chapitre 1
Un nouveau départ
« C’est vraiment une belle journée », voilà la réflexion idiote que je me fais pendant que je me prépare pour mon premier jour de cours. Je suis nouvelle dans cette ville, nouvelle sur ce campus. Je démarre une nouvelle vie, repars de zéro après une année très tourmentée. Et pour cette rentrée, j’ai envie de me sentir belle, bien dans ma tête et dans mon corps. Je fais donc un effort particulier sur ma tenue ves timentaire, non que je sois du genre négligé, mais la première impression doit être la bonne. Je ne cherche pas à me faire des amis, mais si on pouvait ne pas me faire chier, que je passe inaperçue, ça serait déjà pas mal. J’enfile une jolie parure culotte-soutien gorg e en dentelle noire, personne ne les remarquera mais ça me fait toujours me sentir plus sûre de moi, une jupe fluide noire et un débardeur framboise. Pour les chaussures, voyons… A h ! Mes talons compensés devraient faire l’affaire. Je vérifie rapidement que mon vernis n’est pas écaillé avant de les chausser et je vais vers la salle de bains pour une séance brushing et maquillage. Après un dernier coup de rouge à lèvres, un baiser envoyé à mon reflet, me voilà fin prête. Je prends mes clefs sur la console de l’entrée, glisse mes lunettes de soleil dans mes cheveux, j’attrape mon sac de cours, sors l’emploi du temps que l’on m’a remis hier, un dernier coup d’œil dans le miroir et je me dirige vers ma voiture. Je suis très en avance pour ce premier jour, mais exceptionnellement, je veux arriver de bonne heure d’une part pour pouvoir me garer correctement, et d’autre part pour observer les gens qui vont faire partie de ma vie durant toute cette année scolaire. Je sais que ma voiture va me valoir des remarques. Une fille avec une Mustang 1969, ça ne passe pas inaperçu. Elle risque de me cataloguer directement dans une catégorie à laquelle je ne corresponds pas. Sauf que je m’en fous, j’adore ma caisse, c’est un cadeau auquel je tiens et je reste adossée à elle en mâcho nnant ma branche de lunette. Je regarde les profs et les étudiants pressés de démarrer une nouvelle année, les découvrir reste un moment particulier. J’essaie de lire en chacun d’eux et je souris devant certaines découvertes. Toutes sortes de véhicules arrivent, des classiques, des pas chers, des délabrés, des voitures de luxe, des cabriolets desquels émergent la population estudiantine prête à reprendre les cours. Comme sur chaque campus, on y retrouve des forts en thème, des sportifs, des groupes de filles, des filles effacée s, des timides, Il y en a pour tous les genres, sans exception. La plupart jettent un œil s ur moi en se demandant qui je peux être. Bien sûr, j’ai droit à mon lot de sourires, de salu ts et de réflexions, mais je reste impassible, j’y réponds par un rictus de circonstance. Deux caisses, cependant retiennent mon attention, une vieille Coccinelle complètement déglinguée d’un bleu clair qui a dû connaître des j ours meilleurs, la guimbarde de Columbo, mais en Cox. De celle-ci s’extirpe un homme grand, très grand, trop grand peut- être. Il dégage une aura sombre qui me met immédiatement mal à l’aise et je ne peux pas lire en lui. Je pense qu’il doit s’agir d’un prof, il n’est pas très âgé, mais il l’est suffisamment pour ne pas être un simple étudiant, il porte un pantalon large, dél avé et une chemise passablement
défraîchie. Il y a ensuite une Range-Rover Sport mate noire de toute beauté, conduite par un mec tout aussi beau. Je le regarde descendre lentement de son 4x4 et prends le temps de l’admirer. Il est grand, brun, son t-shirt blanc laisse découvrir des bras forts et puissants et il se tend sur un torse merveilleusement musclé, lorsqu’il se tourne pour fermer la portière à clef, je bave sur son fessier moulé dans son jean. *soupir* Au moment où il passe près de moi, en regardant ma voiture, je lui lance un « jolie bagnole ». Il sursaute, surpris d’entendre ma voix, m’observe, me répond d’un clin d’œil et continue de se diriger vers l’établissement. Je me décide enfin à bouger, non sans un petit stre ss au creux de l’estomac. Je récupère mon sac que j’avais laissé sur mon siège a rrière et je suis le flux qui m’amène directement dans les couloirs de mon nouveau départ. J’ai repéré les bâtiments hier, lorsque je suis venue récupérer mon emploi du temps et remettre l’intégralité des papiers, je m’oriente sans hésiter vers mon casier et j’y dépose mes affaires. Cette année, parmi mes nombreuses leçons et options , j’ai pris une introduction aux sciences occultes. Passionnée par toutes les connaissances touchant aux secrets de la nature et à ce qui est non visible, férue et pratiq uante d’alchimie, d’astrologie et autres magies et arts divinatoires, cela m’a paru le compromis idéal. En arrivant dans le premier amphi pour le cours d’a nglais, je m’assois dans un coin et j’attends que le prof se pointe. J’en profite pour observer, comme à mon habitude, l’ensemble des personnes présentes. Je note, avec un sourire, que mon beau gosse à la Range Rover est là également, et qu’il est en train de me reluquer. Bizarrement, même si je suis nouvelle, je ne me sen s pas étrangère. J’ai l’impression d’avoir déjà eu une vie ici, pourtant les étudiants ne me connaissent pas et ne semblent pas très enclin à vouloir faire ma connaissance. La matinée passe assez rapidement et Monsieur Range Rover a quasiment toutes les matières en commun avec moi. Lorsque midi sonne, je suis déjà épuisée par ces pr emières heures. Je rejoins le réfectoire pour déjeuner. Je m’attends, sans surpri se, à manger de la nourriture industrielle servie par des serveuses en mal d’attention et de reconnaissance et je ne suis pas déçue. Je m’installe au bout d’une grande table en formica bleu ciel, dans un petit coin de la salle, pas trop loin de la sortie. Je joue avec ma nourriture et je me fais la réflexion, qu’heureusement que le pain, le fromage et les frui ts sont en portions individuelles emballées et que je peux m’en contenter, car mon repas aurait vraiment été très frugal. Le plat principal est constitué d’une bouillie qui doi t vouloir représenter des morceaux de viande en sauce avec euh ? De la purée ? Oui, voilà, probablement, en tout cas, ça en a la texture sous ma fourchette. Je n’ai pas osé m’approcher des entrées, j’avais peur de faire des cauchemars. Pour ne pas me sentir trop seule et surtout ne pas attirer l’attention sur moi, je sors ma liseuse et je me plonge dans un roman. Le brouhaha de la pièce fait un fond sonore parfait à mon absence de concentration. D’ailleurs, j’ai déjà lu ce livre, je peux, par con séquent, écouter les bruits environnants. J’entends, d’ailleurs, les portes s’ouvrir sur un groupe de garçons qui se chamaille en riant. Au moment où je lève la tête pour découvrir qui sont les auteurs de cette agitation, mes yeux tombent sur un regard vert qui m’observe avec un sourcil relevé, l’air intrigué et intéressé. Je les observe remplir leur plateau et c hercher une place du regard. Le plus grand des quatre fait un signe en ma direction. Je ne suis pas timide, mais la foule m’effraie et je déteste me faire remarquer. Une fois
mon dernier morceau de pain avalé, je jette ma pomm e dans mon sac et commence à préparer mon plateau pour dégager les lieux. – Tu ne vas pas partir avant que nous n’ayons enfin fait connaissance, dit une voix grave. – Ne nous laisse pas comme ça sans que l’on te découvre, renchérit un second. – J’aurais du mal à m’en remettre, enchaîne la première voix. – Ah ! Mais c’est la nouvelle à la Mustang noire, termine un troisième. Je ne réponds pas, mais je lève la tête et regarde cinq superbes garçons s’installer à ma table, sans plus de cérémonie. Parmi eux Mr Bogoss RangeRover qui s’assoie en face de moi. Il ne sourit pas, il ne parle pas, il m’examin e et m’observe attentivement, très minutieusement. Le blond se présente théâtralement : – Michel Drier, mes amis m’appellent Mitch, le plus aimé de ces dames et le plus détesté de ces messieurs, pour vous servir, demoiselle. Il déclame tellement bien que je ne peux m’empêcher de rire à sa tirade. Il enchaîne : – Lui, continue-t-il en me montrant un grand garçon châtain avec des yeux marron, très mignon, le visage piqueté de taches de rousseur qui se tient à sa droite, c’est Adam Smith, il a un nom tellement bateau que ça ne vaut même pas la peine de le retenir. En face de vous, charmante demoiselle, il y a dans l’o rdre, Paul Cipo, Claude Riom et le dernier, mais non des moindres, le meilleur de tous les gars, après moi, ça va de soi, j’ai nommé Tanner Bown. J’attends de voir s’il a terminé et lorsqu’il salue théâtralement et que ses potes applaudissent sa prestation, je réponds : – Messieurs, enchantée. Je me lève, récupère mon plateau mais très vite je sens un bras m’attraper pour me forcer à me rasseoir, manquant me faire renverser la bouillie sur la table, moi qui déteste me faire remarquer, j’aurais été servie. Je me reto urne, un peu agacée, vers son propriétaire qui continue à parler – Non, non, non, mystérieuse demoiselle. Tu es nouv elle dans cette école, tu ne sembles connaître personne donc tu ne peux pas te sauver comme ça sans nous dire ton nom. Tu as devant toi, une partie de la plus sensationnelle équipe de foot universitaire du pays, que dis-je, de l’univers, et toi, comme une fleur, tu dis « enchantée » et tu te barres. Ça ne marche pas comme ça ici, on veut tout savoir. Ton nom, ton prénom, ton tour de poitrine, suggère-t-il en baissant ses yeux sur mes seins, ton téléphone, et surtout si tu veux bien m’attendre après les cours pour qu’on pui sse se frotter l’un contre l’autre et apprendre à se découvrir. – Je ne suis pas certaine que « la plus sensationnelle équipe de foot de l’univers » soit réellement intéressée par ma petite personne, mais je suis Marie Guerlain. Le reste est personnel, et je n’ai pas du tout envie de t’attendre ce soir, euhhhh, navrée, rappelle-moi ton prénom, tu as dit tellement de choses que je ne l’ai pas retenu. Ses potes éclatent de rire, et je vois un éclat mauvais apparaître dans les yeux de Mitch. Sa réaction me surprend, parce que oui, j’ai bien enregistré son prénom et non, je n’ai pas envie de faire plaisir à ce baratineur, cependant, j’ai voulu plaisanter, pas être méchante. Il secoue la tête, comme pour effacer l’affront, et confirme : – Mitch. – Alors, Mitch, les autres… Ravie d’avoir fait vos connaissances, les salué-je en les regardant chacun à leur tour. Les autres n’ont pas répliqué, mais me sourient. Les yeux verts en face de moi n’ont pas cessé de me scruter et je pars enfin de cette table où je me sens de plus en plus mal à l’aise, il y a, depuis mon altercation avec Mitch, une drôle d’énergie qui s’en dégage.
Alors que je m’éloigne, je le vois se lever pour me rattraper, toujours vex é de la réflexion que je viens de faire. Il fait quelques pas dans ma direction, mais il est hors de question que ce dragueur d’opérette m’emmerde, ce n’est pas le jour et je n’aime pas me faire remarquer. Je psalmodie une petite phrase et je l’aperçois...