On parie ?

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241 pages
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Moi, c’est Louise, auteure de comédies romantiques. Amoureuse des mots. Accessoirement, je bosse aussi auprès des personnes âgées. Et ma vie est loin d’être ce que vous imaginez.



Je n’ai jamais rêvé du prince charmant. De tout ce romantisme qui enveloppe une vie monotone, comme l’emballage d’un bonbon sans saveur. Pour moi, le mariage et les bébés, c’est plutôt la corvée. Mais comment faire quand tout le monde autour de vous s’entête à vouloir vous caser ? Et comment résister à ce gars, sorti de nulle part, qui vient de débarquer dans ma vie pour bouleverser tout le bordel que j’y ai instauré ?



ღ ღ ღ



Vous avez toujours eu envie d’en savoir plus sur l’auteure de « Panique pas Oli » ? Connaître son histoire, ses secrets inavoués ? Savoir si, dans son roman, tout était vrai ?



Dommage... Voici la FAUSSE autobiographie de cette auteure, un peu décalée. Légèrement barrée. Mais tellement vraie !

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EAN13 9782378161484
Langue Français

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On parie ? [Karine Anselme]
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait que pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something New © 2019, Karine Anselme. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-132-3 ISBN numérique : 978-2-37816-148-4 Corrections : Maëlle Richard Conception graphique de couverture : Sarah et Typhaine Anselme
AVANT PROPOS J’aurais pu me contenter de vivre mille et unes vies, à travers les histoires que j’écris. Mais la vie vaut d’être vécue, non ? Peu importe que ma famille soit déjantée. Que mes amies soient persuadées que tout ce que je raconte, dans mes romans, soit r éellement arrivé. Quand bien même, aucun des mecs que je rencontre ne ressemble jamais à mes héros de papier. On n’a qu’une vie. Et je veux la vivre intensément. Sans remord, ni regret.
PROLOGUE Louise « … sa voix suave, son souffle chaud qui caresse ma peau. Je ne… » « Je ne » quoi ? Bordel, cette phrase pue la mièvrerie à deux baloches. Je pousse un soupir. Peut-être même que je grogne, enfouissant mon visage entre mes mains, complètement dépitée. Depuis des jours, je tente désespérément d’écrire ce foutu passage, sans succès. J’en suis au point d’envisager de supprimer la totalité de ce manuscrit. Je me suis mis la pression. Soyons honnête, je suis incapable d’écrire quelque chose d’aussi intense, d’aussi beau. Moi, mon truc c’est l’humour pourri, mêlé à quelques scènes érotiques. Rien de plus. Je ne sais pas ce qui m’a pris, de m’attaquer à une histoire aussi dure que tendre. Les deux à la fois. 1 Je coupe la musique et retire mes écouteurs. Une migraine est sur le point de montrer le bout de son nez et je ne suis pas certaine d’être capable de le supporter. Pas aujourd’hui. Je retire mes lunettes et me pince l’arête du nez, expirant profondément. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé écrire. Je dis souvent que je suis amoureuse des mots. Toute petite, j’inventais des scénarios pour jouer dans ma chambre, préférant déjà la solitude à la compagnie inutile. Adolescente, je noircissais mes cahiers de poèmes d’un romantisme déprimant, m’épanchant sur mes déboires amoureux. Et c’est par le plus grand des hasards qu’un jour, après une énième déception amoureuse, j’ai décidé d’aller au bout d’un de mes nombreux projets. J’écrivais la nuit, le jour. Au boulot, au supermarché – notant quelques idées sur les tickets de caisse – et même lorsque je faisais la queue chez le boucher. Tout s’est enchaîné très vite : 1. Projet terminé 2. Envie de le concrétiser 3. Envoi aux maisons d’édition 4. De nombreux refus Puis un « oui » qui m’a fait pleurer de joie et complètement paniquer. Depuis, je n’ai pas cessé de créer des histoires. D’inventer des romances où les personnages vivraient toutes les vies que je n’aurais jamais. — Lou ! Tu vas être en retard !
Je sursaute au son de la voix de ma mère, réalisant que j’ai, à nouveau, perdu la notion du temps. J’agrippe mon sac, mes chaussures, et dévale les escaliers comme une furie. Appuyée à la rambarde, j’enfile gauchement mes talons hauts sous le regard amusé des trois femmes de ma vie. — Moquez-vous, bande de morveuses, grogné-je. — On n’oserait pas, réplique tante Suzy. Tu sais bien qu’on est là pour toi. — Pour moi ? Ou pour avoir matière à rire, au moins une fois par jour ? — On voit ton soutien-gorge, ma chérie, intervient ma mère. — C’est la mode, paraît-il. Sûrement pour attirer la gent masculine… — Grand-mère… — Ouais, enfin… pour l’attirer, il faudrait avoir les attributs pour le remplir… le soutien-gorge. Cette remarque, sortie tout droit d’entre les lèvres botoxées de tante Suzy, me fait l’effet d’une tarte dans la tronche. Je l’observe, la bouche béante et les yeux écarquillés. — Putain… Nan, mais, dites-moi que je rêve. Je te rappelle qu’on a établi des règles, Suzy ! Pas de remarques sur le physique entre nous. — Oui, c’est vrai. Et il me semble qu’on en a une aussi qui concerne le fameux mot que tu viens de prononcer, non ? Et merde. Face aux trois paires d’yeux braqués sur moi, je glisse mes doigts dans la poche de mon jeans pour en sortir une pièce d’un euro. J’approche de la tirelire qui trône sur le manteau de la cheminée en grommelant des mots que moi seule comprends. Je les déteste toutes les trois. Je les hais, autant que je les aime. Et je me maudis d’avoir accepté de jouer le jeu. Pourquoi faut-il que je paie, chaque fois que je prononce le mot « putain » ? Pourtant, tout le monde s’accorde à dire qu’il s’utilise en toute circonstance, non ? Alors pourquoi ma psy m’a-t-elle poussé à y voir quelque chose de négatif ? Et pourquoi ai-je cédé à sa proposition… Je suis vraiment pathétique… — À mon avis, on va devenir riche avant la fin de l’année, s’enthousiasme Suzy en se frottant les mains. — On ? Je crois qu’il y a une erreur de syntaxe. C’est moi qui mets les pièces. Donc c’est moi qui m’enrichis. — Oui, mais on est une famille, Louise. — Et quelle famille, me lamenté-je en m’éloignant vers la porte d’entrée. À ce soir, les morveuses ! — À ce soir, ma chérie ! répond ma mère. Bonne chance !
C’est une journée de printemps qui s’annonce plutôt ensoleillée. Il fait encore un peu frais le matin, mais j’apprécie le fait d’avoir remisé mon écharpe et mes bonnets dans la malle d’hiver. La tête dans les étoiles, comme d’habitude, j’avance maladroitement, les bras chargés par la pile de livres qui pèse son poids et me cache la vue. Sans compter mon sac à main, si lourd que je me demande parfois s’il n’y a pas un rat crevé et quelques conneries entassés dans le fond. Et, pour couronner le tout, je porte des escarpins d'une hauteur vertigineuse alors même que je m'en sais incapable. D'ordinaire, les talons sont censés vous donner une allure glamour. Une démarche sexy. Moi, j’ai plutôt l'air d'être perchée sur des échasses. Et quand bien même tout ça me vaut un abonnement pour une entorse bimensuelle. Tellement d’ampoules que j’ai parfois peur que mon pied s’illumine (nan, je déconne). Telle une rebelle, je persiste à vouloir en porter. Bien entendu, je ne vois pas où je mets les pieds. Évidemment, je me coince le talon dans un trou. Ou un caillou. Ou n'importe quel obstacle qui se serait mis volontairement sur ma route. Le résultat est le même. Je trébuche et mes bouquins prennent leur envol pour une destination inconnue.Le sol en fait. Une main me retient de justesse, évitant probablement à mon visage de faire connaissance avec le bord du trottoir. Je devrais être gênée. Embarrassée. Mais le côté positif, lorsqu’une main vous retient, c'est qu'elle est forcément accrochée à un corps. Enfin, normalement. Sinon, ce serait plutôt glauque. Et donc, le corps relié à cette main salvatrice est juste… putain, wouah ! Alors j'admire sans gêne la silhouette élancée, les bras musclés, la peau hâlée et le visage amusé qui m’observe d’un air moqueur. Ce mec a tout d’un personnage que je pourrais décrire dans mon prochain livre. Et je réalise que mon esprit est déjà en train d’élaborer toute la trame d’une romance dont il serait le héros. Je ne sais pas pourquoi, mais Gilbert Montagné a décidé d’élire domicile dans ma tête et j’ai envie de bouger mon 2 corps au rythme de la musique , mais je crois que ça ferait désordre. Perdue dans mes pensées, je ne réagis pas lorsqu’il se baisse pour ramasser mes affaires. Au passage, j’en profite pour mater ses fesses.Comme dit l’adage : y’a pas de mal à se faire du bien… — Ils sont de vous ? demande-t-il, désignant du menton, la pile de livres qu’il me tend. — Non, du tout. Je les ai trouvés, abandonnés sur le banc, là-bas. J'ai pensé qu'ils pourraient m'être utiles. Pour caler un meuble, par exemple. Je récupère mes précieux, gardant mon air sérieux, tandis qu’il sourit. Il saisit l’exemplaire du dessus, en fait l'inspection minutieuse. Détaillant la couverture, le titre. 3 — « Panique pas Oli » , lit-il à voix haute, après avoir lu le résumé. Ça a l'air… intéressant.
Je souris, amusée. Bien sûr que ça l’est. Évidemment que je devrais lui conseiller de le lire. De l’acheter. Pourtant, depuis bientôt deux ans que mon bouquin est sorti, je suis incapable de faire ma propre promo. Me vendre, je ne sais pas faire. Parler de l’histoire d’Isaac et Oli, impossible. Chaque fois que j’ai essayé, j’ai simplement bafouillé quelques mercis et deux ou trois mots inintelligibles… — Et si je vous invitais à prendre un verre pour que vous me parliez de ce livre ? — On peut éviter le vouvoiement ? — OK… Je peux t'inviter à prendre un verre ? répète-t-il, le sourire aux lèvres. — Ça dépend. Est-ce que t’es un pervers ? — Non, rit-il. — Un sadique psychopathe ? — Non plus, répondit-il, ses lèvres s’étirant un peu plus. — Et qu'est-ce que tu penses des cabanes dans les bois ? des cordes ? des tisonniers 4 ? Pour le coup, il paraît moins sûr de lui. Et je me mords la lèvre pour éviter de rire. Loin de moi l’idée de le déstabiliser, mais mon rire le ferait fuir. Ce serait dommage de gâcher l’effet que je semble lui faire… À l’instant où je m’apprête à accepter sa proposition, la nouvelle sonnerie de mon 5 téléphone résonne , me rappelant que je suis à la bourre. Comme d’habitude. Je bafouille quelques excuses, accepte son numéro qu’il griffonne sur un ticket de caisse dégoté au fond de mon sac et m’en vais, prenant garde, cette fois-ci, à ne pas trébucher. Lorsque j’entre dans la librairie, j’oublie toutes les raisons pour lesquelles je peine à garder l’esprit sur terre. Je me souviens de tout ce que l’écriture me procure et de toutes les histoires qui trottent dans ma tête. Qui n’attendent que moi pour les raconter à qui voudra les lire. J’inspire lentement, ferme les yeux un instant, puis souris, me répétant inlassablement ce mantra qui me colle à la peau : « Moi, c’est Louise. Auteure en herbe. Amoureuse des mots. Et, accessoirement, aide médico-psychologique dans une maison de retraite. Je peux le faire ! » Et me voilà fin prête pour ma séance de dédicace.
CHAPITRE 1
Louise Il est possible que j’aie un peu abusé des cocktails, hier soir. Ou peut-être, très tôt, ce matin. À vrai dire, j’ai un peu de mal à remettre mes idées en place et savoir quel jour nous sommes et quelle heure il est. J’hésite entre me lever ou rester cachée sous la couette pour le reste de l’éternité. Tout ça, ça ne me ressemble pas. Ou peut-être que ça me ressemble trop, à vrai dire. Chaque fois, je me promets que ça n’arrivera plus jamais. Pourtant, le fait est que je dois reconnaître ma faiblesse. Ellie, une auteure devenue une amie, dit que c’est une histoire de mathématique. Comme E = Mc2, un truc dans le genre. Là, pour le coup, ça donnerait, plus ou moins : dédicace + copines = soirée arrosée. Ouais, sur le papier, ça sonne bien. En théorie, c’est plutôt engageant. En pratique, ça se traduit par une liste inimaginable d’arguments pour ne plus jamais réitérer l’expérience : 1. L’haleine fétide, à faire fuir tous les mecs (même ceux qui, de toute façon, ne s’intéressent pas à toi…) 2. Disparition inquiétante d’une partie de mes vêtements (attends… où est mon soutif ?) 3. Une migraine atroce, qui me rappelle que modération n’est pas le prénom d’une copine (tu sais : « boire avec modération… ») 4. Les cheveux dans le désordre. (Ok, souvent...) 5. Des photos dossiers que tu te serais bien gardé de découvrir « par hasard » sur les réseaux sociaux 6. Et, accessoirement, le passage obligé par la case « débriefing avec les filles ». Ça, c’est le pire. Si j’aime ma famille, je ne peux m’empêcher de les maudire, dès que l’occasion se présente. J’ai toujours su que, d’une certaine manière, j’avais de la chance de vivre entourée de toutes les femmes de ma vie. Ma mère, ma grand-mère et ma tante. Ma cousine, Thelma, complétait le tableau avant qu’elle n’aille migrer en Australie, m’abandonnant sans remords, la morue. Voilà avec qui j’ai grandi. Du plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais connu que ça. À la mort de mon grand-père, ma mère et ma tante ont, toutes deux, vécu des histoires d’amour similaires. Enfin, plutôt des histoires de désamour. Ma grand-mère raconte souvent qu’elle a vu débarquer ses filles un matin d’hiver, valises aux mains et marmots dans les jupons, et qu’elle n’a pas eu le cœur de les envoyer promener. Elle ne l’avouera jamais, mais je sais que c’est ce jour-là, qu’elle a retrouvé le sourire. À la mort de mon grand-père, elle s’est retrouvée toute seule avec ses souvenirs. Ses regrets. Et la mélancolie qui remplissait les silences d’une maison bien trop grande et trop vide pour elle. J’ai grandi avec Thelma, ma cousine, comme si nous étions sœurs. Ma grand-mère nous a chouchoutées. Nos moments préférés étaient nos soirées au coin du feu alors qu’elle nous racontait l’histoire de sa vie. Et lorsque Thelma est partie, il y a quelques mois, j’ai eu un peu de mal à supporter le côté envahissant des femmes qui m’entourent. Malgré tout, je suis incapable de me résoudre à quitter la maison. Ici, je me sens à l’abri. Je n’aime pas les gens. Enfin, pas vraiment. Je déteste la foule, le bruit, et tout ce que la vie nous impose. Être polie, garder le sourire, ne pas dire ce qu’on pense. Pour être honnête, je crois que c’est en devenant auteure que j’ai découvert mon
côté sociable. Un peu trop, d’ailleurs. D’ordinaire, je vais bosser, fais quelques courses, et je rentre à la maison. La plupart du temps, après avoir passé une partie de la soirée avec mes proches, je grimpe dans ma chambre, au dernier étage de la grande maison familiale, et je m’y enferme pour lire ou écrire. Mais depuis que je suis auteure, il m’arrive de me rendre dans des salons ou des librairies pour y dédicacer mes livres. J’adore ça. Rencontrer les lectrices, échanger sur les passages qui leur ont plu, ce qui les a fait pester, hurler ou pleurer. J’ai souvent un peu de mal à trouver mes mots. Je suis toujours gênée et intimidée face à ces inconnus qui me parlent comme si nous étions des amis d’enfance, alors que je peine souvent à remettre le prénom sur le visage adéquat. Mais je rentre chez moi le cœur rempli d’amour et de bons souvenirs. Enfin… pas tout à fait. Disons qu’avant de rentrer, je passe la soirée ou le week-end avec mes copines auteures et les lectrices qui sont devenues plus que ça. Le problème, c’est que je ne passe jamais par la phase pompette. Moi, c’est direct l’étape bourrée. Histoire de faire les choses à fond. Et ces soirées-là… c’est un peu comme accepter de grimper dans un manège à sensations parce que tu t’es laissé convaincre par les copines. Tu ne maîtrises absolument rien. Tes cheveux partent en voyage sans toi. Tu perds la notion du temps et la terre semble avoir inversé son sens de rotation. Il se peut que, lorsque le tour est fini, tu aies la migraine et la gerbouille. Et il te faut des jours pour t’en remettre.Je vous le dis, comparaison tout à fait appropriée… C’est l’odeur du café qui me motive à glisser les jambes hors du lit. Je me frotte le visage et me lève, persuadée d’être capable de ne plus jamais céder au chant des sirènes de la nuit. Celles qui m’ont, encore une fois, fait passer la soirée à faire et dire n’importe quoi. Et je me félicite de me souvenir de presque tout ce qu’il s’est passé. J’enfile mon gilet de mémé (celui qui me donne l’air ridicule, mais dans lequel je me sens bien), saisis mon ordinateur sous le bras, et descends. Bien entendu, le brouhaha ambiant me fait plisser les yeux, résonnant dans mon crâne pour me rappeler des abus de la veille. — Salut. — Oh, ma chérie, vient par ici, s’affole ma mère, toujours aux petits soins, comme si j’étais restée une gamine de cinq ans. Elle remet mes cheveux en place et je la laisse faire. Toutes mes forces m’ont abandonnée entre le bar et la maison et j’hésite à partir à leur recherche ou à laisser tomber. Je me traîne jusqu’à la cuisine où je me vautre sur une chaise sous le regard amusé de Suzy. À n’en pas douter, c’est celle dont je me méfie le plus. Et pour me donner raison, la première chose qui sort de sa bouche me donne envie de recracher ma première gorgée de café. — Dis-moi au moins que tu as conclu, cette nuit, ma chérie. — C’est vraiment nécessaire de me poser ce genre de question ? — Carrément ! Je te rappelle que tu es la seule de la famille à avoir un utérus en état de marche. Enfin… j’espère, marmonne-t-elle. — Putain… — Louise, minaude-t-elle.