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P comme Passionnément

De
48 pages
Sable fin, mer turquoise et cocktails gratuits… tout serait parfait si Kendall n’était pas là en congés forcés… et en  compagnie du dernier homme qu’elle ait envie de voir : Zade Vincent, l’agent spécial responsable de la fusillade dans laquelle son partenaire vient de perdre la vie. Un homme qu’elle devrait détester, mais sous le regard duquel elle sent son corps trembler d’un désir aussi violent que sa peine.
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— Bienvenue dans le lieu de mon fantasme !

Kendall marqua une pause pour aspirer l’air richement parfumé, avant de descendre l’escalier mobile du petit jet privé.

— Pardon ? fit l’hôtesse.

— Il est où, Tattoo ?

Le sourire insipide de la jeune femme se changea en une moue perplexe.

— Qui ?

Apparemment, elles n’avaient pas les mêmes références. L’Île fantastique, c’était pourtant une série culte !

— Aucune importance. Merci.

Elle regarda le tarmac craquelé, le long bâtiment blanc du terminal tout au bout, puis descendit enfin les marches pour s’y diriger.

Une brise chaude et humide la caressait, chargée de senteurs mystérieuses. Sauf pour l’océan. Son odeur l’assaillait de toutes parts. Elle s’arrêta encore une fois, yeux fermés, visage vers le ciel, et inspira avec délice.

— Tu vas prendre un sacré coup de soleil, si tu restes là !

Elle se retourna brusquement. Zane Vincent avait passé presque tout le vol dans les toilettes, mais il semblait à présent s’en être remis, même si son visage, d’habitude hâlé, était encore pâle. Il lui décocha un sourire qui aurait fait fondre la plupart des femmes, mais qui la laissa, elle, aussi froide qu’un ours polaire sculpté sur la paroi d’un glacier.

— Un peu de couleurs ne vous feraient pas de mal, agent Vincent, répondit-elle en le toisant.

Il eut le bon goût de prendre l’air accablé, puis porta la main à sa tête, comme si sa remarque était à prendre au premier degré.

— Je ne brûle pas.

Elle haussa les épaules et lui adressa une grimace de dédain qui, l’espérait-elle, exprimait sans ambages ce qu’elle pensait de lui.

— Et c’est bien dommage !

— Kendall…

— Agent Frasier, pour toi.

Puis elle tourna les talons et continua vers les portes du terminal.

Son cœur battait à tout rompre lorsqu’elle arriva devant le vieux comptoir. Vincent lui avait emboîté le pas, mais elle fit comme s’il n’était pas là et offrit à l’employé de l’aéroport un sourire plein d’entrain qui parut le décontenancer. Elle essaya d’avoir l’air naturel.

— Agent Kendall Frasier, se présenta-t-elle.

Il hocha la tête et consulta la liste sur le porte-documents devant lui. Pas d’ordinateur. Cette île était effectivement le bout du monde. L’employé barra une ligne avec un crayon et lui sourit.

— La navette part dans quelques minutes. Vous la trouverez en sortant par cette porte, là-bas. Elle vous amènera à Corazon del Mar, où votre guide vous indiquera où vous installer et répondra à toutes vos questions.

Son accent langoureux était charmant, et tranchait avec le reste du décor, plutôt spartiate.

— J’espère que vous apprécierez votre séjour chez nous, miss Frasier.

Elle détestait qu’on l’appelle « miss », un mot qui lui faisait penser à des gants blancs et des bouquets de corsage fanés, mais elle ne se donna pas la peine de le corriger. Elle s’installa sur une chaise délabrée à proximité de la porte qu’il lui avait indiquée. Le siège craqua de façon alarmante lorsqu’elle s’y assit, mais au moins ne s’écroula-t-il pas sous son poids. Qualité appréciable, pour une chaise.

— Confort grand luxe, hein ?

Vincent s’assit à côté d’elle, comme s’il n’avait pas remarqué son expression hostile.

— J’ai hâte de voir l’hôtel qu’ils nous ont trouvé, ajouta-t-il.

— Des vacances tous frais payés, Vincent. Ne te plains pas.

Il étira ses jambes interminables et replia ses bras musclés derrière la nuque.

— Agent Vincent pour toi, agent Frasier.

Et ce fut la goutte qui fit déborder son indignation.

— Ecoute, j’ignore à la suite de quelle sale blague bureaucratique on se retrouve ensemble ici, mais je vais te dire une chose : une semaine à la plage ne me fera pas oublier ce qui s’est passé à Lancaster. Mon partenaire est toujours mort. Alors, j’apprécierais que tu arrêtes de jouer au mec sympathique et que tu me foutes la paix.

Elle était debout avant même d’avoir fini sa tirade, ce qui ne l’empêcha pas de remarquer qu’il pinçait les lèvres avec un air de colère.

— Kendall…

L’ignorant, elle poussa la double porte vitrée pour attendre sur le macadam brûlant. Une navette décrépite dont les multiples couches de peinture s’écaillaient s’approcha du trottoir en cahotant. Kendall y monta, encore troublée par l’altercation, et avança jusqu’aux sièges du fond. Elle ne connaissait presque aucun des collègues qui étaient avec elle dans l’avion et se contenta de regarder par la vitre pendant qu’ils remplissaient peu à peu le petit bus. Elle serrait les anses de son sac si fort que ses doigts finirent par s’engourdir. Tandis qu’elle les frottait discrètement, elle sentit de nouveau cette drôle de sensation dans la gorge. Elle prit une inspiration pour essayer de chasser la colère. Elle était en vacances, après tout.

Des vacances forcées, certes, mais elle avait tout de même envie de passer quelques jours à la plage. Parce qu’elle avait participé à une opération qui s’était soldée par la mort de son coéquipier, ses supérieurs avaient insisté pour qu’elle prenne un congé de deux semaines afin de bénéficier d’un examen psychologique et de passer l’évaluation qui allait avec. Elle avait choisi cette semaine à Corazon del Mar, un endroit que l’agence avait libéré de l’emprise d’un petit seigneur de la drogue récemment mis sous les verrous.

La mer. Le sable. Et… l’agent Zane Vincent. Encore un exemple de l’incompétence du gouvernement. Elle n’était pas encore folle, mais ils semblaient déterminés à lui faire perdre la raison.

Avec un hoquet, le bus s’arrêta devant un bâtiment blanc à deux étages qui avait connu des jours meilleurs. La beauté luxuriante de la végétation tropicale ne parvenait pas à cacher le délabrement de l’hôtel, ni le fait que la plupart des trous sur la façade étaient des impacts de balle.

— Corazon del Mar, s’esclaffa la femme assise devant elle. Toute ressemblance avec les photos de la brochure serait purement fortuite !

— L’Agence sait gâter ses agents, commenta l’homme qui l’accompagnait. Viens, Stella. La plage nous attend.

Stella roula des yeux et regarda Kendall.

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4eme couverture