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Pandora et la rage

De
147 pages
Pandora a effectué plus de la moitié du chemin dans sa chasse des sept maux, et
il lui reste encore du temps avant de devoir les présenter à Zeus. Jusqu’ici, elle a fait un excellent travail pour sauver le monde! À vrai dire, le monde se porte assez bien, mais pour ce qui est de ses amis, c’est une autre histoire. Alcie s’est perdue dans les Enfers et Homère jette le blâme sur Pandie, et Iole tombe malade en cours de route. Donc même si le cinquième mal, la Rage, ne se cachait pas dans le pays lointain de la Perse, Pandie aurait tout de même à faire face à un défi important. Heureusement, Pandie trouve de l’aide sous forme du fameux Médecin et de son fils Douban qui est vraiment… vraiment séduisant. Ils racontent à Pandie et à ses amis l’histoire du jardin des djinns ― un lieu secret où les génies dissimulent leurs trésors. Un terrible génie pourrait être la clé de la source de la Rage. Tout ce que Pandie doit faire, c’est de trouver le jardin secret, de découvrir où se trouve le génie, et de le capturer. Cela semble difficile, mais lorsque Pandie rencontre les autres obstacles qui
entravent la découverte de la Rage, elle souhaitera que la tâche ait été aussi facile.
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Copyright © 2011 Carolyn Hennesy Titre original anglais : Pandora Gets Angry Copyright © 2013 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Bloomsbury U.S.A. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Renée Thivierge Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Montage de la couverture : Matthieu Fortin Illustration de la couverture : © 2011 Weng Chen (Jade) Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-211-2 ISBN PDF numérique 978-2-89733-212-9 ISBN ePub 978-2-89733-213-6 Première impression : 2013 Dépôt légal : 2013 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Hennesy, Carolyn [Pandora Gets Angry. Français]
Pandora et la rage Traduction de : Pandora Gets Angry. « Tome 5 ». Pour les jeunes de 12 ans et plus. ISBN 978-2-89733-211-2 I. Thivierge, Renée, 1942- . II. Titre. III. Titre : Pandora Gets Angry. Français. PZ23.H447Pae 2013 j813’.6 C2013-941161-5
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
À Donald
Et à la mémoire de Harriet Shapiro, Ph.D., qui a sorti mes filles de l’eau. Et beaucoup, beaucoup plus.
CHAPITRE1
Sur un fond de ciel bleu clair
Elle est en train de nous rattraper ! cria Pandie, tendant le cou pour regarder par-dessus son épaule. — Ne regarde pas ! aboya Homère. Tire ta cape par-dessus ta tête ! — Qu’est-ce que c’est ? hurla Pandie. — Continue ! cria Homère, scrutant frénétiquement l’horizon devant lui pour quelque chose qu’il savait qu’il ne trouverait jamais : un endroit — n’importe où — où lui, Pandie et Iole pourraient se cacher. Rien. Que du sable. Poussés jusqu’à l’hystérie, leurs trois chameaux couraient à une vitesse que Pandie ne pouvait même appréhender. Même lorsqu’elle était chez elle et qu’elle observait des chevaux de course qui couraient à travers les champs, elle n’avait jamais vu quoi que ce soit se déplacer aussi vite. Avec un bras serré autour de Dido qui se recroquevillait en frissonnant devant elle, elle devait investir tous ses efforts pour rester sur sa bête qui volait à travers le désert, essayant de distancer ce qui arrivait derrière eux. Une masse sombre, brun foncé et épaisse, était maintenant à moins de cinq kilomètres de là, et fonçait durement et rapidement avec un bruit sourd. Deux heures plus tôt, en milieu de matinée, le ciel avait été d’un bleu pâle clair — presque blanc ; le soleil tapait violemment sur eux comme il l’avait fait au cours des 11 dernières journées et demie qui s’étaient déroulées sans incident. L’ennui du désert arabique n’avait été brisé que par deux choses. La première, c’était une mélancolie suivie d’une irritabilité qui s’était lentement glissée dans l’attitude d’Homère. Pendant les premiers jours de leur voyage, Homère avait été calme et courtois comme à son habitude, alors qu’ils voyageaient à partir d’Aphrodisias, à travers les terres de la Galatie, de la Cilicie, de la Syrie, et finalement dans l’immensité du désert vers Bagdad. Puis, il avait semblé à Pandie qu’Homère était devenu de plus en plus agacé par les gens qui passaient des commentaires et posaient des questions au sujet de leurs bêtes étranges. Il était devenu maussade, presque grossier, lorsqu’il répondait, même si la question ne lui avait pas été posée directement. Pandie pensa qu’elle l’avait entendu dire quelque chose comme : « Nous montons ces bêtes à cause d’elleet il avait fait un », mouvement rapide de la main dans sa direction. L’autre chose, c’était le fait que deux jours plus tôt, Iole était devenue très malade. Elle était pâle, elle transpirait, et elle ne pouvait garder aucune nourriture dans son estomac. Elle était devenue si malade que Pandie avait très peur pour la vie de son amie. Les pouvoirs de guérison de l’œil enchanté d’Horus n’avaient pas fonctionné, et faire appel au minuscule buste d’Athéna pour recevoir des conseils s’était avéré inutile ; Pandie n’avait pu en sortir le moindre son. Il n’y avait pas de prêtresse aux alentours pour plaider en faveur d’Iole auprès d’Apollon, le dieu de la guérison, et Pandie savait que ses propres prières, si jamais elles arrivaient à bon port, ne feraient pas beaucoup de différence. Même si Apollon avait été très épris d’Iole lorsqu’il l’avait rencontrée à Alexandrie, il lui avait déjà sauvé la vie lorsqu’elle était toute petite, et il aurait peut-être l’impression qu’on l’exploitait si on lui demandait de le faire à nouveau. Ce n’avait été que lorsqu’elle s’était retournée pour la énième fois ce jour-là pour voir comment Iole se portait que Pandie l’avait aperçue : la mince ligne brune qui ne cessait de grandir pour devenir une large masse brune qui se dirigeait droit vers eux. — Homère ! avait-elle hurlé à ce moment-là, pointant la chose.
Avec juste un rapide coup d’œil en arrière, Homère avait reconnu ce qui se dirigeait vers eux. — Fais monter Dido ! avait-il crié. Pandie avait appelé son chien, qui jusque-là marchait à ses côtés, et immédiatement Dido avait fait un énorme bond. Instantanément, Homère avait éperonné son chameau, puis les autres avaient suivi. Maintenant, il le savait, ils étaient en train de courir pour leur vie. Et ils allaient probablement perdre. Soudain, un morceau de mousse frappa la joue droite de Pandie. Pendant qu’elle l’essuyait, un autre lui tomba dans l’œil, puis un autre attrapa le bout de l’oreille de Dido. Elle regarda son chameau, sa bouche couverte de bave blanche crémeuse, alors que la créature commençait à se fatiguer. Elle regarda le chameau d’Homère ; ses yeux étaient bordés de rouge, preuve que son cœur battait trop fort. Hermès avait dit qu’un chameau était la plus robuste des bêtes, capable de passer des semaines sans nourriture ni eau dans des conditions désespérées, mais ces trois bêtes avaient couru à fond pendant des heures et elles n’étaient pas immortelles ; de toute évidence, elles étaient surmenées. — Nous ne pouvons plus continuer ! hurla-t-elle. — Il le faut ! hurla Homère à son tour, pressant son chameau à aller plus vite. Pandie revit dans son esprit le pont du bateauLePaonalors qu’il traversait la mer Ionienne en route vers l’Égypte, essayant désespérément de distancer un entonnoir noir tourbillonnant qui avait finalement détruit le navire et son équipage. Puis, elle songea à la grande masse des cieux formant un mur impénétrable autour de l’Atlas, sous lequel elle avait dû se glisser. « Oh, dieux ! pensa Pandie en colère, alors que d’autres crachats atterrissaient sur son menton. J’en ai assez de tous ces grands murs et ces masses solides qui essaient de nous détruire ! » Soudain, Pandie entendit un son différent : quelqu’un qui toussait et s’étouffait en vomissant. Jetant un coup d’œil à sa gauche, elle vit Iole, ayant peine à se tenir sur son chameau, et dont les bras pendaient, sans force, parce qu’elle n’était plus assez forte pour tenir les rênes. Sa tête branlait violemment de haut en bas à chaque foulée, et son minuscule premier repas de pain plat et de dattes remontait et coulait en sortant de sa bouche. Soudain, les mains d’Iole volèrent haut dans les airs pendant qu’elle était lancée à l’arrière et jetée violemment par terre. Attention! hurla Pandie alors que le chameau d’Homère manquait de piétiner la tête d’Iole où elle était étendue sur le sable. Immédiatement, Pandie et Homère firent faire demi-tour à leurs chameaux et descendirent de leurs montures en quelques secondes. Sans prévenir, le chameau de Homère s’agenouilla sur le sol, ferma les yeux et se mit à hennir vers les deux autres bêtes. C’était un signe certain que les trois chameaux savaient qu’ils ne réussiraient pas à distancer la masse et qu’ils n’iraient pas plus loin. Mais pendant que Pandie regardait, les deux autres chameaux s’approchèrent du premier et s’agenouillèrent à côté de lui, formant un petit demi-cercle — et une barrière entre elle, Homère, et Iole et la tempête. Pandie comprit que cela voulait dire qu’ils étaient en train d’aider leurs conducteurs humains. La masse brune était presque sur eux. Que faisons-nous? cria Pandie à Homère. — C’est une tempête de sable, Pandora, cria Homère au-dessus du vacarme de plus en plus envahissant, ses yeux semblant éviter les siens. Nous ne pouvonsrienfaire. Dans le milieu du désert, avec une énorme vague de sable sur le point de les frapper de plein fouet, la seule chose qui vint à l’esprit de Pandie fut qu’Homère lui avait parlé comme si elle était la personne la plus stupide au monde. Comme si elle était quelqu’un d’autre. Pendant une fraction de seconde, ce fut la seule chose sur laquelle son cerveau se concentra. — Viens ici ! cria Homère. Homère avait transporté Iole vers son chameau et il l’installait, bien blottie, dans un creux
entre ses pattes de devant et son ventre, utilisant le dos de l’animal comme un écran protecteur. — Bouge ! — Dido, viens ! ordonna Pandie, et il fut à ses côtés en une seconde. Le tenant près d’elle, Pandie se jeta contre le chameau, sentant sa chaleur, sa poitrine encore haletante de la dure course. — Donne-moi la corde ! hurla Homère, une augmentation momentanée dans l’intensité et le rugissement de la tempête noyant ses mots. Pandie ne vit que ses lèvres qui bougeaient. — Quoi ? cria Pandie. Sans prendre le temps de se répéter, Homère attrapa son étui de cuir et repêcha rapidement la corde enchantée. Il gesticula sauvagement avant que Pandie comprenne. — Corde, cria-t-elle, les premiers grains de sable se broyant contre ses dents pendant que la tempête commençait à foncer. Plus épaisse et plus longue ! Immédiatement, la corde commença à se modifier dans sa main. Elle s’épaissit, mais se raccourcit aussi. Puis, soudainement, elle se transforma en ficelle. Ensuite, la corde s’allongea, mais on aurait dit qu’elle avait été brûlée dans un incendie. Quelque chose ne va pas !hurla Pandie. — Donne-la-moi ! hurla Homère, et sans même la regarder, il lui arracha la corde des mains. Dans la poigne d’Homère, elle demeura suffisamment longue pour qu’il puisse attacher frénétiquement un bout à sa taille, puis la boucler autour d’Iole en faisant un nœud, et un autre autour de Dido, et finalement lier la dernière extrémité à Pandie. — Tiens-nous solidement ! cria Pandie à la corde, en espérant que ce qui n’allait pas plus tôt, peu importe ce que c’était, n’avait été qu’un petit problème momentané. Homère était maintenant en train de tirer furieusement sur le tapis de selle du chameau, essayant de le libérer d’en dessous de la selle où il était coincé. Avec un grognement, il l’arracha et le jeta par-dessus Iole et sur lui-même. — Pour l’amour d’Arès, cria Homère à Pandie, sa voix aussi remplie de rage et de fureur que le bruit de la tempête qui n’était qu’à quelques secondes de l’impact. Mets ta cape par-dessus ta tête et reste au-dessous ! Pandie enveloppa sa cape bien serrée autour d’elle et plongea sous la couverture avec Dido. Au même moment, l’épais nuage de sable dur et tourbillonnant les frappait avec la force d’un mur qui se faisait déchiqueter. Pandie eut l’impression qu’elle était en train de se faire battre de tous les côtés, poussée par des bâtons pointus et piquée par des millions d’abeilles. Et même si la corde les liait tous ensemble, elle sentait la poussée incroyable du vent qui battait contre ses jambes, ses épaules et sa tête. Elle savait que sans la corde, elle aurait facilement été emportée loin des autres et projetée dans le désert. Elle passa ses mains le long de la surface de la corde et découvrit des pointes métalliques minuscules en saillie. L’instant d’après, elles avaient disparu. Puis, le sable commença à se frayer un chemin à l’intérieur. Même avec une couverture épaisse qui la recouvrait, la cape de la mère de Pandie n’était pas de taille contre l’immense volume de sable fin qui tournait et tourbillonnait ; et bientôt ses jambes, ses bras, son cou, son visage et ses cheveux furent recouverts d’une couche de sable après l’autre. Elle se couvrit le visage avec ses mains, mais en vain. Le sable se frayait un chemin à travers chaque crevasse — même la plus petite — emplissant ses oreilles, poussant sous ses paupières et dans sa bouche et, pire que tout, entrant lentement, un centimètre à la fois, dans son nez. Encore une fois, une image du passé éclata dans son esprit : la chute à travers le sol du désert en Égypte et dans la chambre du désespoir, et la pensée qu’elle allait se noyer alors que