Panique pas, Oli !

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227 pages
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Jeune femme de trente-cinq ans, Oli ne croit plus en l'amour.
Elle fuit les hommes et les voit tous à l'image de son ex, jusqu'à sa rencontre avec Isaac, un homme qui n'a pas l'intention de laisser passer sa chance.
Maggie et Emma, ses meilleures amies, vont l'aider à aller de l'avant...



Une romance érotique certes, mais surtout une tranche de vie où se mêlent humour, situations loufoques et moments d'émotions.

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EAN13 9791096785889
Langue Français

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Panique pas Oli ! [Karine Anselme]
© 2017, Karine Anselme. © 2017, Something Else Editions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Illustration : © Sarah et Melyne Anselme ISBN numérique : 979-10-96785-88-9 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
PROLOGUE Putain, j'ai mal au crâne ! J'ai l'impression que ma tête est restée coincée trop longtemps entre les fesses d'un hippopotame. Manquerait plus qu'il lâche un pet et j'aurais certainement un aperçu de mon haleine, un lendemain de beuverie. Ça craint. Impossible d'ouvrir les yeux. Trop risqué. Si ça se trouve, je ne suis même pas chez moi. Merde. J'en étais sûre, cette soirée était une très mauvaise idée. Mais pourquoi je me laisse toujours convaincre par ces deux merdeuses d'Emma et Maggie ? Meilleures amies ou pas, elles ont tendance à m'ent raîner dans leurs délires. Et c'est rarement une bonne idée. Les paupières toujours closes, je prends une grande inspiration. L'odeur de mes draps me rassure, je suis donc chez moi. OK. Je bouge les jambes avec hésitation. Vue de l'extérieur, je dois vaguement ressembler à une étoile de mer échouée sur mon lit. Aucun inconnu ne s'y trouve. J’ai eu chaud ! J'ai la gerbouille rien qu'en imaginant trouver un mec, ou une meuf sous la couette sans savoir comment c’est arrivé. Bon. C'est le moment de faire le point. J’ai la vag ue impression que mon cerveau est frappé d’amnésie post-biture. Je suis incapable de me souvenir comment j'ai atterri dans mon lit. Comme à chaque fois que je picole un peu trop en fait. Je t ente de refaire le film de la soirée d'hier mais la migraine qui me martèle le crâne rend les choses compliquées. C'est carrément le bordel dans ma tête, là. De quoi vais-je me souvenir ? Trop, ou pas assez ? Je ferme les yeux, inspire profondément et me laisse plonger dans les souvenirs de la veille…
CHAPITRE 1 OLI 12 Avril - Vendredi soir 18h30 — Fais pas ta nunuche, Olivia ! C'est ton anniversaire, merde ! me toise Maggie. — Ma nunuche ? T'as conscience qu'on n'utilise plus ce mot depuis, genre… la préhistoire. — Quoi ? tu préfères que je dise « pétasse » ? — Putain j'y crois pas, Maggie… OK, ça démarre fort. À peine cinq petites minutes qu'on discute d'une virée entre filles que Maggie et Emma ont organisée pour fêter mon trente-cinquième anniversaire, et on se prend déjà la tête. Pour ma part, nunuche ou pétasse, peu importe. Je n'ai pas l'intention de me réjouir d'avoir un an de plus. Et puis, ce sera le premier anniversaire que je fête seule. Enfin, je veux dire, en tant que célibataire. Un an que Teddy et moi sommes officiellement séparés et la douleur et la colère sont encore présents. Bien sûr, je vais mieux de jour en jour mais de là à aller faire la fiesta pour célébrer le temps qui passe et les putains de rides qui s'accumulent sur mon visage… — Écoute, Maggie, je sais que tu le proposes de bon cœur mais franchement, ça ne me dit vraiment rien de sortir ce soir. Après tout, ce n'est qu'un an de plus dans la vie banale d'une femme ordinaire. — Ordinaire ? Tu plaisantes ! Tu n'es PAS ordi naire, Oli. Tu es une fille merveilleuse. Bon OK, tu as vraiment un caractère de merde mais ça, ça peut plaire. Y'en a qui trouve que ça donne du charme… — Moi j'adore ton caractère de merde. Tu es le reflet de ce que je ne suis pas. Et je suis sûre qu'une fois sortie, tu vas t'éclater ! — Emma… tu ne vas pas t'y mettre toi aussi. No n mais sérieusement les filles, on ne peut pas juste passer une soirée toutes les trois ici à siroter des cocktails ? — Ah mais bien sûr que si, on va faire ça, ma cocotte…. Et après on sort ! Tu vas me faire le plaisir de bouger tes jolies petites fesses et d'al ler te préparer. Emma et moi, on s'occupe d'aller acheter tout ce qu'il faut pour les Mojitos. Et ce soir, pas de discussions, on sort ! J'ai à peine le temps d'ouvrir la bouche pour répondre que j'entends la porte d'entrée claquer. Elles sont déjà parties. Voilà comment je me retrouve à accepter de sortir pour fêter mon anniversaire sans même connaître un seul détail de ce qui est prévu. Putain, parfois j’ai envie de me foutre des claques ! De nature plutôt casanière et solitaire – même un peu insociable –, j'ai la chance d'avoir deux amies en or qui m'acceptent telle que je suis. En temps normal, elles viennent me voir chez moi ou m'invitent à passer une soirée tranquille chez elles. Oui, il faut que je vous explique, Emma et Maggie sont ensemble. C'est un joli petit couple. E t ce qu'il y a de bien quand vous êtes amie avec des lesbiennes, c'est qu'elles ne cherchent jamais à vo us jeter dans les bras du premier mec venu en prétextant qu'il pourra guérir vos blessures. Enfin, elles ont quand même parfois essayé mais toujours dans la délicatesse et la discrétion bien sûr…. Ces deux merdeuses, je les adore. Mais parfois, elles me sortent par les yeux. On a conclu un pacte l'an dernier quand j'étais au plus mal. Elles acceptent que je sois une amie plutôt éphémère puisque je suis du genre à aimer la solitude et le confort de mon petit chez moi. En contrepartie, je concède à sortir de temps en temps avec elles, les laissant choisir le lieu et le genre de soirée. Franchement, je me demande encore comment j'ai pu accepter le deal. Le mois dernier, elles m'ont emmenée à la Boucherie (pas celle où on vend de la viande, j'espère que vous vous en doutez). C'est un bar plutôt atypique et très animé. Les cocktails y sont à tomber, les barmans aussi d'ailleurs. Elles avaient décidé de me faire prendre l'air car, d'après elles, je commençais à devenir plus blanche que le cul d'une vierge. Et surtout, je leur manquais. J'avais passé les dernières semaines enfermée chez moi à lire, ne sortant que pour aller bosser. Je n'étais pas vraiment seule puisque mes filles, Ysilde et Athéna, vivent avec moi – ne s'absentant qu'un week-end sur deux pour le passer chez leur père. Mais, entre leurs cours, leurs amis – leur propre vie quoi – je ne les vois pas beaucoup ces temps-ci. J'avais donc fini par accepter de sortir. Encore aujourd'hui, même si je souris aux souvenirs de cette mémorable soirée, je regrette aussi certains détails que je
préfère oublier, comme par exemple celui de m'être retrouvée sur le bar à danser de la country… Et je me demande comment finira celle-ci. Putain, en fait je flippe carrément ! La porte claque violemment, me sortant de ma rêverie. — Salut Maman ! chantonnent en chœur Ysilde et Athéna. — Oh les filles ! Salut mes grandes. — T'as pas l'air dans ton assiette Maman, ça va ? — Oui Athéna, t'en fais pas, c'est juste que je suis en train de me demander si j'ai eu raison d'accepter de sortir ce soir avec les merdeuses. — Tu plaisantes ? Mais c'est génial, Maman ! approuve Ysilde. — Ysilde, crois-moi, parfois, il vaudrait mieu x que je m'abstienne de les suivre dans leur délire. — Dis pas n'importe quoi, Maman. Chaque fois c'est la même chose. Tu flippes avant de partir mais le lendemain t'as le sourire aux lèvres et tu reconnais que tu t'es bien amusée. — Oui. Mais ça c'est parce que je ne vous raconte pas tout ! — Eh bien, on pourrait venir avec vous pour une fois ? Comme ça on saurait ! tente Athéna. — Même pas en rêve, ma chérie ! Il est hors de question que tu assistes au désastre de ma vie, lui dis-je, un sourire en coin. Et puis, vous n'avez que dix-sept ans et je ne crois pas que Maggie m'emmène dans un endroit pour vous. — Pff... Tu dis ça mais on n'est plus des bébés. — Oui je sais. Mais laissez-moi encore un peu de temps. Je crois que je ne suis pas encore prête à vous voir évoluer dans le monde des adultes dépravés telles que le sont Emma et Maggie. Ma remarque nous fait pouffer de rire toutes les tr ois. C'est vrai qu'elles ont bien grandi. Dans quelques mois, elles souffleront leurs dix-huit bou gies. Je me sens vieille… Par chance – ou pas –, je les ai eues jeune. Mais être maman de jumelles à dix-huit ans n'a pas été facile. J'ai dû grandir et mûrir pour assumer. Pour autant, je n'ai jamais vraiment passé le cap des vingt-cinq ans – mentalement s'entend. Je suis restée figée dans le temps, refusant de me soumettre aux dictats de la vie d'adulte. À quelques heures de mes trente-cinq ans, j'agis et réagis encore comme une vraie gamine. Mais j'assume ! Je suis telle que je suis, à la fois forte et fragi le, malléable mais tout aussi bornée, selon mes humeurs en fait – et mon taux d'alcoolémie. Avec mes filles, nous avons une vraie complicité – parfois plus copines que mère-filles. On pourrait nous prendre pour des sœurs si mon corps avait accepté de ne pas vieillir lui aussi. Bon, soyons honnête, je n'ai pas à me plaindre. Même si le temps a fait son œuvre, je reste quand même une femme plutôt agréable à regarder. Bien sûr, j'ai des défauts, comme tout le monde. Je hais mon nez légèrement de travers et mes abdos sont cachés sous mon p'tit ventre malgré les séances de torture que je lui inflige plusieurs fois par semaine. Mais si je fais le bilan, je suis plutôt pas mal. J'ai un corps harmonieux. Je ne suis ni petite, ni grande. Mes seins tiennent pas mal le coup face à la gravité. Mon p'tit cul est plutôt sexy, je trouve, et mes hanches sont joliment arrondies. Mon visage – hormis mon putain de nez ! – est assez mignon. J'ai de beaux yeux bleu-gris que je parviens aisément à rendre irrésistibles rien qu'avec un peu de crayo n et de mascara noir intense. Mes lèvres sont régulières, ni trop épaisses, ni trop fines. Par contre, j'ai des rides… mais ça, j'ai beau essayer, ça veut pas partir ! Mes cheveux sont d'un joli noir ébène. Bon, OK. Ils sont merdiques. Pour faire simple, mon humeur dépend du comportement de mes cheveux au réveil. Et croyez-moi, se retrouver devant le miroir, face au sosie capillaire de Tina Turner au saut du lit, ça craint. Me sentant plus ou moins bien dans ma peau malgré tout et faisant fi de l'âge qu'affiche ma carte d'identité, je persiste à être celle que je suis au fond de moi. Alors « parle sur mon dos, ça glisse sur mon cul » ! Oui, je porte des mini jupes, des jeans slims et des décolletés plongeants, et alors ? On s'en fout de l'âge tant qu'on se sent bien, non ? Les grumelles – comme je les appelle – finissent par me convaincre que j'ai fait le bon choix en acceptant cette soirée road-trip. Demain soir, nous irons ensemble au restaurant pour fêter dignement mon anniversaire rien que toutes les trois. Je file sous la douche, tentant d'imaginer ce qu'ont bien pu préparer les merdeuses pour rendre cette soirée si importante. Je n'en mène pas large. Non, en réalité je panique total. Une heure plus tard, figée devant mon dressing, je repense à ma vie d'avant. Avec Teddy, nous avons été si heureux ! L'avoir perdu m'a complètement détruite. J'ai dû réapprendre à vivre. Il m'a
fallu des mois rien que pour oser sortir et parler aux gens. Bon, il faut dire que j'ai toujours été comme ça. Pour faire simple, je n'aime pas les gens . Enfin, disons que j'ai toujours détesté les donneurs de leçons, de conseils inutiles et je hais plus que tout ceux qui osent te balancer « j'te l'avais dit ! » alors que putain, non ! Tu ne l'avais pas dit, merde ! Ma mère m'a toujours répété qu'il vaut mieux être seul que mal accompagnée. C'est sûrement le seul conseil sensé qu’elle ne m’ait jamais donné. Je trouve que ça vaut autant en amour qu'en rapports humains tout court. Il m'a donc fallu un temps d'adaptation pour reprendre une vie sociale, la mienne ayant toujours été plus ou moins inexistante. Au final, en y repensant, ça n'a pas vraiment changé. Je n'ai pas plus d'amis qu'avant. J’en ai même un peu moins. Dommage collat éral d’une séparation. Quant à Maggie et Emma, je les connais depuis longtemps. Elles ont un fils de l'âge des grumelles, je les ai donc tout simplement rencontrées à la sortie de l'école primaire, il y a un million d'années… Ce qui a changé, c'est qu'à présent je suis un peu plus civilisée. Je réponds aux sourires qu'on m'offre. Et si on me demande l'heure, je… Eh bien je donne l'heure au lieu de répondre « t'as pas de montre ? ». Oui je sais, il fut un temps où j'étais très sociale… Pour ce qui est de la confiance, en un an je n’ai pas fait beaucoup de progrès. J’ai énormément de mal à accepter la sincérité des gens. Mais j’y travaille. Teddy et moi nous sommes connus à l'âge de quinze ans. On est tombé amoureux presque comme dans les films. Si, si, vrai de vrai. Comme ça, au premier coup d'œil. Mais il était déjà pris. J'ai donc patienté, tout en menant une vraie opération séduction. Ça a marché ! Il ne pouvait plus se passer de moi. Il faisait en sorte d'aller aux mêmes endroits que moi, de me croiser par hasard à la sortie du lycée (alors qu'il en fréquentait un autre). Quelqu es mois plus tard, il laissait tomber sa copine et fourrageait ma bouche pour la première fois. J'étais aux anges. Tout est allé très vite. Au bout de six mois, on emménageait tous les deux dans un petit st udio et l'année suivante je tombais enceinte. Nous avons accueilli la nouvelle avec un peu de panique mais une immense joie. Pour nous, nul besoin d'attendre, la vie devait se vivre à fond. O n passait notre temps à regarder des séries, des films. À se goinfrer de cookies et autres conneries. On était des parents mais aussi de grands enfants. On était bien, heureux. Et durant toutes ces années de vie commune, j'ai toujours cru que ça lui suffisait, que JE lui suffisais. Il faut croire que non. Et j'ai dû accepter que la vie est faite de changement, que rien ne reste figé et qu'il faut choisir. Continuer ou laisser tomber. Encore aujourd'hui je me demande si je serais capable de m'en remettre totalement. Il m'arrive parfois de rêver de lui revenant vers mo i. Mais suis-je prête à le laisser entrer à nouveau dans ma vie ? À prendre le risque d'avoir à nouveau le cœur brisé ? À croire en lui ? En nous ? — Tu comptes y aller en tanga, ma cocotte ? Tellement absorbée dans mes pensées, je n'ai pas entendu Maggie entrer dans ma chambre. Elle est magnifique, comme toujours. Une belle rouquine aux yeux verts. Son carré plongeant entoure son visage mutin et son corps est à tomber. Tout comme pour moi, on peut voir que les ravages du temps ne font pas toujours de cadeaux. Mais cette merdeuse n'ayant jamais porté d'enfant peut se vanter d'avoir un ventre plat et musclé. Je la hais ! — Putain, tu m'as fait peur, Maggie ! On t'a jamais appris à frapper avant d'entrer ? — Dis plutôt que tu rêvassais et que tu ne m'as pas entendue entrer. — Ouais ben tu pouvais quand même frapper, non ? — Pour quoi faire ? C'est pas comme si je risquais d'interrompre une partie de jambes en l'air. À moins que tu ne caches un Adonis quelque part sous ton lit ? Ou un gode ! Un gode géant ! J'éclate de rire avec elle. Connasse. — Pff, arrête tes conneries ! — Dis-moi, t'es passée chez l'esthéticienne récemment ? J'ai l'impression que ta chatte est 1 devenue chauve. T'as fait la coupe à la Kojak ? Si ton tanga était blanc, je suis sûre que je verrais tout ! — Maggie ! — Fais voir. — Non ! Et d'ailleurs, ne l'appelle pas « chatte ». Je te rappelle que c'est une déesse qui se cache sous mon tanga. — Ouais, ben ta déesse a besoin de se faire rapidement un dieu de l'olympe. Ça fait un bail qu'elle n'a pas vu le jour. Un an à jouer la pucelle, ça devrait être interdit, ma belle. Surtout avec un
corps comme le tien. — Ferme-la, putain ! — Allez ma belle, dis-moi ce qui ne va pas. — Rien, ça va. — Oli… Je soupire. Maggie est capable de me percer à jour, rien ne sert de lui mentir. — Je… je pensais à Teddy. À la vie qu'on avait avant. — Olivia, se lamente-t-elle. Tu sais que je t'aime et que je serai toujours là pour toi ? — Oui, je le sais. — Et tu sais que je ne me gênerai jamais pour te dire ce que je pense ? — … Oui. Elle fait quelques pas et pose ses mains sur mes épaules, me forçant à la regarder en face. Son regard est empli d’affection pour moi. Mais une pointe de détermination fait briller ses iris. — Alors écoute bien, ma belle. Teddy et toi, c'est terminé. Vous avez eu une belle vie et deux magnifiques mini-Olivia mais ça s'arrête là. Il ne reviendra jamais. Et même si ça devait arriver, tu sais qu'il te faudra le repousser. Vous êtes devenus incompatibles. Tu te souviens ? — Oui je sais. C'est juste que… j'ai parfois l 'impression que ma vie n'avance pas. Je me demande où je vais, qui je… — Olivia… tu te trompes. Ta vie avance. Tu as beaucoup changé depuis un an. Tu ne t'en rends peut-être pas compte mais nous si. Tu es plus ouverte, plus gaie même, je dirais. Tu as un nouveau boulot qui t'aide à t'ouvrir aux autres et tu sors certainement beaucoup plus qu'avant. — Oui, tu as sûrement raison. Mais parfois, j' ai peur. J'ai peur de finir ma vie toute seule. Quand Ysilde et Athéna seront parties, je ferais qu oi moi ? Je serai une vieille merdeuse avec ses chats ? Tu crois que je dois envisager d’adopter un chat ? C'est quoi cet avenir de merde, franchement ? — Dis pas de conneries, cocotte. Tu ne vas pas finir ta vie toute seule. Et puis, rien ne dit que tu n'es pas allergique aux poils de chatte. Tu rases bien la tienne. — Connasse. — Merci. Je le prends comme un compliment. Et pour les hommes, laisse-toi le temps. Ça viendra quand tu seras prête. Et qui sait, ce ne sera peut-être pas un homme, me dit-elle en jouant avec ses sourcils. — Maggie, je t'adore. Mais j'ai beau kiffer to n corps de rêve, il ne me fait aucun effet, crois-moi. — T'es sûre ? Hum... même pas là ? Elle se déhanche en caressant langoureusement son corps, le regard sensuel. — Non, même pas là. Désolée. — Hum. T’as pas toujours dit ça. Pas grave, répond-elle en reprenant son sérieux. Le principal c'est que tu comprennes que ta vie n'est pas finie, loin de là. Tu as encore beaucoup de choses à découvrir sur toi-même. Quand tu te connaîtras vraiment, tu sauras ce que tu veux faire de ta vie. Mais en attendant, laisse-toi aller, vis au jour le jour, ma belle. Je lui souris, prenant ses conseils en plein cœur. C'est agréable d'avoir quelqu'un qui trouve les mots pour vous empêcher de devenir une pathétique dépressive. Je décide donc de me ressaisir et me tourne vers le dressing. Objectif : choisir ma tenue pour la soirée. — Je te laisse, cocotte, j'ai des Mojitos à préparer. Si Emma prend le contrôle de l'apéro, on risque de boire plus de rhum qu'autre chose. C'est pas que ça me dérange, mais on doit sortir après ! À tout à l'heure ! — OK. À tout de suite, je n'en ai pas pour longtemps. Je fais mon choix assez rapidement. Une jupe en jean usé descendant à mi-cuisses, un marcel beige bordé de dentelle, des guêtres en fine laine assorties à la couleur de mon haut, elles aussi ornées d'une bordure dentelée et mes bottes en daim. Quelques co lliers breloques, bracelets et boucles d'oreilles complètent ma tenue. J'applique mon antiride – bien que je doute vraiment de son efficacité – et me maquille en toute simplicité – de la poudre pour unifier mon teint, un coup de crayon noir et de mascara. Une touche de mon parfum préféré et je suis fin prête ! Je descends les marches de l'escalier telle une jeune fille en fleur prête à se rendre au bal de promo devant les regards admiratifs de mes amies et des grumelles. Le sourire aux lèvres, fière de mon petit effet. Je m'arrête net en pleine descente.
— Euh… vous faites quoi, les filles ? J'hésite entre le fou rire et la consternation. C'est le fou rire qui l'emporte. Athéna et Ysilde, mes deux beautés dont j'envie parfois la jeunesse et le corps parfait, se tiennent en bas des marches, 2 accoutrées de leur Kigurumis . Athéna arbore fièrement un costume représentant une espèce de petit poney coloré version licorne et Ysilde porte une co mbinaison de Bisounours. Elles se sont fait un 3 délire en s'offrant ces tenues après une soirée entre filles, prétextant que c'est « swag » et les portent régulièrement. Ça me fait toujours rire de les voir ainsi, surtout quand elles décident de sortir comme ça. — Quoi ? On n'est pas jolies comme ça, Maman ? questionne Ysilde. — Oh, si bien sûr, mes chéries ! Mais vous comptez vraiment sortir comme ça ? — Ben oui. On va se commander des kebabs. C'est juste à côté. On en profitera pour faire rêver les gens. — Je ne comprendrais vraiment jamais ce concept de la licorne, marmonne Maggie. — Pourquoi tu dis ça ? demande Athéna. — Je sais pas. Disons qu’un poney bleu et rose c’est déjà assez perturbant. Mais si en plus, on lui met un gode sur le front… — Maggie ! — Quoi ? Tu crois qu'elle ne sait pas ce qu'est un gode ? Ou un poney ? Emma et les grumelles pouffent de rire. — Oh que si ! On sait bien ce que c'est un gode. M'man en a un, s'amuse Ysilde. — Même plusieurs, enchérit Athéna. — Putain, les meufs ! Cette soirée part déjà en couille. Maggie, tu veux bien te concentrer là ? — OK, OK… mais c'est quand même flippant ce truc su r le front. Je pense à tous ces pauvres poneys. On devrait faire quelque chose. — Comme quoi ? demande Ysilde. — Une pétition, ou un truc dans le genre. Les pauvres. — Moi j'adore les licornes, s'amuse Emma. — Ouais, ben imagine au pays des contes de fées, chérie. Jouer à saute-mouton avec une licorne, tu vois le concept ?
CHAPITRE2 OLI Quelques Mojitos plus tard, j'ai déjà chaud et je me sens bien plus détendue. Je soupçonne, à juste titre, que Maggie et Emma font exprès de me faire boire chaque fois avant de sortir pour être sûres de pouvoir me manipuler. Et je suis certaine qu'Ysilde et Athéna sont dans la magouille. — Allez les cocottes, on y va ! intervient Maggie, comme si elle sentait que mon esprit est assez embrumé pour qu'elle puisse faire de moi ce qu'elle veut. — Oh génial ! Je vais faire pipi d'abord ! — Emma, grouille ! Sinon je vais être obligée de resservir un verre à Oli en attendant. Je l'observe incrédule, se délecter de l'inquiétude qui recommence à se manifester sur mon visage. Elles ont refusé de me dire où nous allons. Putain, j'ai peur ! Nous sortons toutes de la maison en même temps. Tandis que je me dirige vers ma voiture bras de dessus, bras dessous avec Maggie et Emma, Ysilde et Athéna longent le trottoir en direction du Kebab-Snack, gratifiant les passants d'un sourire et faisant signe aux voitures qui passent par là. Je suis toujours impressionnée par leur spontanéité, leur sociabilité, alors que moi j'en suis incapable – sauf après avoir bu quelques verres bien entendu. U n peu groggy, je me sens bien. Je décide de me laisser aller, certaine de passer une soirée mémora ble entourée de mes deux meilleures amies, oubliant tous mes doutes, mes angoisses. — Salut, les follasses ! crie Emma à l'intention des grumelles. — Paix dans vos cœurs ! crient Ysilde et Athéna, jetant des paillettes à tout va. Où ont-elles déniché des paillettes ? — Je vous préviens, les filles, dis-je à Maggie et Emma, si je ne suis pas capable de reprendre le volant pour rentrer, je vous interdis de conduire ma voiture ! — Pourquoi ? T'as pas confiance ? demande Emma. — Euh… non. Carrément pas, non. La dernière fo is qu'on est rentrées de beuverie, Maggie a cru qu'il fallait s'arrêter en plein milieu de la rue à cause du terre-plein central, prétextant qu'elle ne savait pas s'il fallait le contourner par la gauche ou par la droite. J'éclate de rire. Maggie se justifie, expliquant qu e c'est parce qu'elle n'avait pas ses lunettes. Mais oui…. J'ai à peine posé un pied dans la voiture que je stoppe net. Quelque chose ne va pas. Mes filles se sont arrêtées devant le bar juste au coin de la rue. Nous habitons une petite ville assez animée et notre maison se trouve dans une impasse toute proche de l a rue principale, bordée de nombreux bars et quelques boutiques. Les week-ends, ces bars sont bo ndés. Bien qu'il soit encore tôt, certains clients semblent avoir déjà pris de l'avance et l'alcool les rend plus entreprenants. — Qu'est-ce que tu fous, Oli ? demande Maggie. Tu tires la même tronche que Nikki MINAJ quand elle enfile une petite culotte taille XXS qui se transforme en string sur son gros cul. La pauvre, ça lui serre tellement qu'au final, ça lui coupe la circulation sanguine au niveau du clito. — Déconne pas, Maggie. Je crois que les filles ont un problème. De là où je me trouve, j'ai l'impression qu'Athéna ne sourit plus du tout. Ysilde, avec son caractère bien trempé, semble répondre agressivement aux remarques des deux hommes qui leur barrent le passage. Je claque la portière de la voiture et me dirige d'un pas bien décidé vers mes filles. Je ne suis pas du genre à chercher les embrouilles mais jamais je ne laisserais qui que ce soit emmerder mes filles. En quelques secondes je me retrouve plantée entre les deux connards, fortement alcoolisés – vu l'odeur qui me pique au nez – et mes grumelles. — Il se passe quoi, là ? Athéna, Ysilde, ça va ? — Ils veulent toucher nos Kigurumis et refusent de nous laisser passer, répond Athéna d'une voix tremblante. — T'inquiète Maman, je gère, enchérit Ysilde. Elle a effectivement repoussé plusieurs fois l'un des deux gars le temps que j'arrive jusqu'à elles mais ces deux connards ne semblent pas comprendre le message. Je pousse le mec le plus proche des filles. — Euh, excuse-moi ducon mais t'as pas l'impression d'emmerder ton monde, là ? lui demandé-