Passionnément

Passionnément

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Livres
480 pages

Description

Et si on jouait au docteur ?

Mallory en a assez d’être la gentille petite infirmière dévouée. Elle rêve du grand frisson. Ty traîne dans les parages de Lucky Harbor, et pourrait bien exaucer son rêve le plus cher...

Le « beau gosse » de service n’est que de passage, ce qui convient parfaitement à Mallory. La jeune fille bien rangée laisse place à une séductrice délurée et réveille en lui des désirs inavouables. Pour la première fois de sa vie, Ty ne peut se résoudre à mettre les voiles. Depuis quand le hasard fait-il si bien les choses ? À Lucky Harbor, tous les espoirs sont permis...

« Jill Shalvis nous embarque dans une aventure aussi drôle que sensuelle. » - Cherry Adair, auteure best-seller.
« Du suspense, de l’humour et du cœur – Jill Shalvis ne déçoit jamais. » - Donna Kauffman, auteure best-seller de la série Cupcake Club.


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Date de parution 13 février 2013
Nombre de visites sur la page 199
EAN13 9782820508829
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Jill Shalvis
Passionnément
Lucky Harbor – 4
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Huitorel
Milady Romance
À Laurie, Melinda et Mary, qui ont repéré toutes mes erreurs. S’il en reste, elles sont de mon seul fait. À Helenkay Dimon, Susan Anderson, Kristan Higgins, et Robyn Carr pour la meilleure ballade en limousine de toute ma vie – d’accord, la seule ballade en limousine –, le lendemain du jour où j’ai rendu mon manuscrit. Et avoir remporté un Rita Award ce soir-là a été la cerise sur le gâteau. À Jolie et Debbie pour m’avoir aidée à créer le personnage de Ty. À Robyn Carr, merci encore pour tout le reste. Je vous aime !
Prologue
All you need is love. Mais un peu de chocolat de temps en temps ne fait pas de mal. Les Accros du chocolat Un éclair scintilla derrière les paupières closes de Ty Garrison. Le tonnerre gronda, la terre trembla, et il se redressa brusquement dans son lit, le souffle court, comme s’il venait de courir un marathon. Un cauchemar… Ce n’était que ce foutu cauchemar, le même qu’il faisait depuis quatre ans. En nage, tremblant comme une feuille, il se frotta vigoureusement les mains sur le visage. Pourquoi ne pouvait-il pas rêver de quelque chose d’agréable, comme faire l’amour avec des triplées ? Il repoussa les couvertures et, dans le plus simple appareil, clopina jusqu’à la fenêtre, qu’il ouvrit d’un coup sec. La brume fraîche de l’orage printanier effleura sa peau brûlante, et il lutta contre une furieuse envie de fermer les yeux. S’il se laissait aller, il replongerait. Mais les souvenirs resurgirent malgré tout. «Atterrissage dans dix secondes », annonça le pilote tandis que l’avion glissait juste en dessous de l’orage qui se déchaînait dans la nuit. « Huit secondes » : l’avion commença à vibrer. « Six secondes » : un éclair craqua. Puis une explosion, tellement violente qu’elle me déchira presque les tympans. Ty pencha la tête en arrière, laissant la pluie lui cingler le corps à travers la fenêtre ouverte. Il entendait les vagues du Pacifique déferler au pied des falaises. C’était le mois d’avril, mais le parfum des pins qui embaumait l’air lui rappelait Noël. Toujours tremblant, il se força à prendre une profonde inspiration. Il n’était plus le secouriste des forces spéciales de la marine qui se traînait piteusement hors d’un avion en flammes avant de se mettre à suffoquer en prenant conscience qu’il était le seul survivant, qu’il n’avait même pas été capable de sauver une seule vie. Il se trouvait dans l’État de Washington, dans la petite ville balnéaire de Lucky Harbor. Devant lui s’étalait l’océan, et dans son dos s’élevait la chaîne des montagnes Olympiques. Pourtant, le coup de tonnerre qui suivit le fit bondir au plafond. Exaspéré par cette faiblesse, Ty referma la fenêtre. On ne le reprendrait plus jamais à avaler une pizza entière avant d’aller se coucher. Sauf qu’il savait qu’une simple pizza ne suffisait pas à causer des cauchemars. C’était la nervosité causée par son oisiveté, par le fait de ne pas pouvoir travailler. Il faisait toujours partie des forces spéciales mais n’avait pas repris son activité de secouriste spécialisé en traumatologie. Au lieu de ça, il travaillait désormais pour un entrepreneur privé au service du gouvernement, ce qui lui procurait de bonnes décharges d’adrénaline. En outre, ce job lui plaisait – du moins, c’était le cas jusqu’à cette mission où il avait été obligé de sauter d’une fenêtre au premier étage pour esquiver des coups de feu. Résultat : il s’était de nouveau blessé la jambe, et, six mois
plus tard, elle le faisait toujours souffrir. Il voulait retourner travailler. Il en avait besoin. Il avait également besoin de l’autorisation de son médecin. Après avoir enfilé un jean, il attrapa un tee-shirt sur le dossier d’une chaise et quitta la pièce tandis que l’orage se déchaînait autour de lui. Il passa le tee-shirt, l’ajusta d’un mouvement d’épaules, puis traversa la grande maison presque vide, qu’il avait louée pour une durée indéterminée, en direction du garage. Il allait devoir se contenter d’un tour en voiture à cette heure indue, et peut-être d’un arrêt rapide au restaurant ouvert toute la nuit pour y manger une part de tarte. Mais d’abord… Tout en allumant la lumière d’une chiquenaude, Ty inspira une profonde bouffée réconfortante ; l’air était empreint de l’odeur de l’huile de moteur, des outils bien graissés et des pneus en caoutchouc. À sa gauche se trouvait un GMC Jimmy de 1972, qu’il avait accepté de réparer à la volée. Il n’avait pas besoin de l’argent. Pour tout dire, les talents des forces spéciales étaient très bien indemnisés, mais ce job était une diversion bienvenue à ses problèmes. La Shelby Mustang de 1968 à sa droite n’était pas un travail d’appoint. C’était son bébé, et elle l’appelait. D’un coup de pied, il décrocha du mur le sommier roulant et le fit glisser vers la grosse cylindrée de collection. Ty se baissa pour s’installer sur le chariot et grimaça de douleur avant de rouler sous la voiture, repoussant ses problèmes, les niant, les évinçant. À la recherche de son refuge dans l’orage.
Chapitre premier
Ceci est un hold-up. Mettez le chocolat dans le sac, et il ne vous sera fait aucun mal. Les Accros du chocolat Un éclair étincela vivement, aveuglant momentanément Mallory Quinn tandis qu’elle quittait sa voiture dans la nuit sombre et pluvieuse pour courir jusqu’à la porte d’entrée du petit restaurant. Un crocodile. Deux crocodiles. À « trois crocodiles », le tonnerre gronda et secoua le sol. Une violente rafale fit presque décoller la jeune femme. Elle avait oublié son parapluie ce matin-là, et ce n’était pas plus mal ; autrement, elle se serait envolée comme Mary Poppins. Un deuxième éclair, plus brillant, déchira le ciel, et Mallory eut le souffle coupé lorsque tout fut brièvement éclairé comme en plein jour : la jetée derrière le restaurant, l’océan moutonnant, le ciel menaçant. Puis tout redevint noir et, hors d’haleine, elle entra en trombe dans leLucky Harbor Diner, avec l’impression d’avoir le chien des Enfers sur les talons. Sauf qu’elle ne portait pas de talons, mais de fausses Ugg. Les rues de Lucky Harbor avaient tendance à être désertées après 22 heures, et ce soir-là n’échappait pas à la règle. L’endroit était vide à l’exception d’une cliente solitaire installée au comptoir et de la serveuse. Cette dernière était une amie de Mallory. Aussi drôle que cynique, Amy Michaels avait une silhouette toute en jambes qui rappelait Xena, la guerrière. Et c’était bien pratique, puisque Amy avait une attitude belliqueuse envers la vie en général. Comme d’habitude, ses cheveux bruns étaient légèrement ébouriffés, et une lueur d’amusement éclaira ses yeux noirs devant l’entrée extravagante de Mallory. — Salut, dit Mallory en luttant contre le vent pour refermer la porte derrière elle. — Tu as l’air un peu effrayée, dit Amy en essuyant le comptoir. Vous avez recommencé à lire du Stephen King pendant les heures creuses de votre service, chère infirmière ? Frissonnante, Mallory prit une profonde inspiration et s’épousseta du mieux qu’elle pouvait pour se débarrasser de la pluie glaciale. Sa journée avait démarré un million d’années plus tôt, à l’aube, lorsque, pressée comme à son habitude, elle avait quitté sa maison sans veste. Un service incroyablement long aux urgences, et, dix-sept heures plus tard, elle portait encore sa blouse avec seulement un fin pull-over par-dessus, le tout la collant à présent comme une seconde peau. Elle ne ressemblait pas à une princesse guerrière. Peut-être à une dame de compagnie trempée comme une soupe. — Ce n’est pas la faute de Stephen, répondit-elle. J’ai dû le laisser tomber. Relire Shiningle mois dernier, ça m’a achevée. Amy hocha la tête. — Les services d’urgence en avaient marre que tu les appelles pour leur dire qu’il y avait une ombre devant ta fenêtre ? — Hé ! Ce n’est arrivé qu’une seule fois ! (Renonçant à s’essorer les cheveux, Mallory ignora le ricanement d’Amy.) Et, pour ta gouverne, il y avait vraiment un
homme devant ma fenêtre. — Ouais. M. Wykowski, soixante-dix ans, qui s’est paumé en faisant son tour dans le quartier. Malheureusement, c’était la vérité. Et même si Mallory savait que M. Wykowski était un homme très gentil, il ressemblait vraiment beaucoup à Jack Nicholson dans Shining. — Ça aurait pu être une situation très sérieuse. Amy secoua la tête tout en remplissant des distributeurs de serviettes. — Tu vis sur Senior Drive. Ta pire « situation », c’est quand le service de minibus n’est pas à l’heure pour venir chercher tes voisins et les emmener à la soirée Bingo. C’était vrai aussi. La minuscule maison du genre ranch de Mallory était en effet entourée par d’autres petites propriétés du même style, principalement occupées par des retraités. Mais ce n’était pas si mal. Ils étaient très gentils et avaient toujours un gâteau à partager. Ou une histoire ou deux – ou mille – sur leurs divers petits maux. Mallory avait hérité la maison de sa grand-mère, avec un prêt hypothécaire qui l’aurait presque obligée à vendre son premier-né. Si elle avait eu un premier-né. Mais, pour cela, elle aurait préféré être mariée et, pour être mariée, il fallait un prince charmant. Sauf qu’elle avait été larguée par ses deux derniers princes charmants. Le vent et quelque chose de lourd fouettaient violemment les fenêtres du restaurant. Mallory n’en croyait pas ses yeux. De la neige. — Waouh ! La température a dû chuter brutalement. C’est arrivé vite. — C’est le printemps, grommela Amy. Fait chier ! Pourquoi est-ce qu’il neige au printemps ? J’ai déjà changé mes pneus d’hiver. La cliente solitaire au comptoir se retourna et contempla la vue. — Merde ! Je n’ai pas de pneus neige non plus. Elle devait avoir vingt-cinq ans et avalait ses syllabes comme dans le Nord-Est. Si Amy était Xena et Mallory la dame de compagnie, alors la jeune femme était la petite sœur de Barbie, en plus jeune, plus jolie et bien plus naturelle. — Je conduis une Coccinelle de 1972, ajouta-t-elle. Les pneus de Mallory étant eux-mêmes élimés et sur le point de la lâcher, elle se mordilla la lèvre inférieure et regarda par la fenêtre. Peut-être que si elle partait tout de suite, ça irait. — On devrait attendre que ça passe, suggéra Amy. Ça ne va pas durer, c’est impossible. Mallory n’était pas aussi confiante, mais c’était sa faute. Cela faisait une semaine qu’elle ignorait les prévisions météo, depuis ce jour où le présentateur avait promis une température de trente-deux degrés et que finalement il en avait fait à peine plus de dix. Résultat : elle avait passé une très longue journée à se geler aux urgences. Ses tétons ne le lui avaient toujours pas pardonné. — Je n’ai pas le temps d’attendre. Elle avait rendez-vous avec huit bonnes heures de sommeil. La conductrice de la Coccinelle portait une jupe d’été légère ainsi que deux caracos superposés l’un sur l’autre. Mallory n’était donc pas la seule à s’être fait surprendre. Mais cela n’avait pas l’air de trop préoccuper la jeune femme, qui s’employait à dévorer un énorme brownie, faisant saliver Mallory. — Désolée, dit Amy en lisant dans ses pensées. C’était le dernier. — C’est aussi bien. Mallory n’était pas venue pour elle de toute façon. Complètement à plat, elle ne s’était arrêtée que pour rendre service à sa mère. — Je suis seulement passée prendre le gâteau de Joe.
Joe, son petit frère, fêterait ses vingt-quatre ans le lendemain. Il avait envie de tout sauf d’une fête de famille, mais, en tant que soudeur, il ne gagnait pas des mille et des cents et n’avait pas pu s’envoler pour Las Vegas avec ses amis. Leur mère avait donc pris les choses en main et chargé Mallory d’apporter un gâteau. En fait, Mallory était censée faire le gâteau elle-même, mais elle avait déjà du mal à faire chauffer de l’eau, alors elle trichait. — S’il te plaît, dis-moi que personne de ma famille de fous n’a vu le gâteau et que je pourrai prétendre l’avoir fait. — La gentille fille de Lucky Harbor qui ment à sa maman. Honte à toi, la gronda gentiment Amy. C’était la blague du moment en ville, Mallory, la « gentille fille ». OK, très bien, en toute justice, elle jouait le rôle. Mais elle avait ses raisons – de bonnes raisons – sur lesquelles elle ne tenait pas à se pencher pour le moment. Ni jamais. — Ouais, ouais. Donne-le-moi. J’ai un rendez-vous. — C’est faux, répliqua Amy. J’en aurais entendu parler si ça avait été le cas. — C’est un rendez-vous secret. Amy éclata de rire. Assurément, c’était un peu tiré par les cheveux. Lucky Harbor était une petite ville merveilleuse où les gens prenaient soin les uns des autres. On pouvait laisser un magot sur la banquette arrière sans craindre qu’il ne soit volé. Mais les secrets n’y avaient pas leur place. — J’ai rendez-vous avec mon lit, convint Mallory. Tu es contente ? Amy garda judicieusement pour elle toute remarque sarcastique et se tourna vers la cuisine s’apprêtant à aller chercher le gâteau d’anniversaire. À ce moment-là, un éclair brilla, suivi immédiatement par un grondement assourdissant. Le vent hurla, et le bâtiment tout entier trembla, pris dans la tourmente. Cela sembla durer des heures, pendant lesquelles les trois femmes gravitèrent aussi près que possible les unes des autres, avec Amy toujours de l’autre côté du comptoir. — OK, maintenant, je ne peux pas m’empêcher de penser àShining, murmura la blonde. — Ne vous en faites pas, la rassura Amy, dure à cuire. Ce genre de cliché de film d’horreur arrive rarement par ici. Toutes trois émirent un rire hésitant, qui s’éteignit lorsqu’un craquement fracassant résonna, aussitôt suivi par le son du verre qui vole en éclats tandis que la fenêtre et la porte explosaient. Dans le silence choqué, une branche de l’arbre qui venait de tomber se balançait de façon obscène dans leur direction à travers la nouvelle ouverture. Mallory attrapa la femme à côté d’elle et l’entraîna sous le comptoir, où s’était réfugiée Amy. — Juste au cas où d’autres fenêtres éclateraient, dit-elle en prenant la situation en main. On est plus en sécurité ici, loin des débris de verre. Amy déglutit bruyamment. — Je ne me moquerai plus jamais de ton histoire avec M. Wykowski. — Je veux ça par écrit. Mallory se redressa sur ses genoux pour jeter un coup d’œil à l’arbre qui bloquait à présent la porte d’entrée. — Je ne peux pas attraper mon brownie d’ici, se plaignit Blondie en tremblant. J’ai vraiment besoin de mon brownie. — Il faut qu’on se tire d’ici, dit Amy. Mallory secoua la tête. — Ça souffle trop fort, il vaut mieux attendre. Ce n’est pas prudent de partir. Mais on devrait appeler quelqu’un pour les dégâts.
Blondie sortit son téléphone portable et secoua la tête. — J’avais oublié qu’on était dans un trou paumé. Pas de réseau dans la moitié de la ville. (Elle grimaça en prenant conscience qu’elle s’adressait à deux autochtones.) Désolée. Je suis arrivée seulement aujourd’hui. Je suis certaine que Lucky Harbor est un endroit très sympa. — Ce bled a ses bons côtés. (Mallory tapota ses poches en cherchant son propre téléphone avant de se souvenir.Merde !) J’ai laissé mon téléphone dans la voiture. — Le mien est mort, dit Amy. Mais le restaurant a une ligne fixe dans la cuisine, au moins tant qu’on a encore de l’électricité. À ce moment-là, la lumière vacilla avant de s’éteindre. Le moral de Mallory s’effondra. — Tu étais obligée de dire ça ? demanda-t-elle. Blondie farfouilla quelques instants, puis une lumière bleue apparut. — C’est une application briquet, dit-elle en levant son téléphone pour montrer la fausse flamme qui vacillait sur l’écran comme celle d’un Bic. On ne peut pas appeler de l’aide, mais au moins on a de la lumière. Le seul problème c’est que ça vide ma batterie très vite, alors je vais le laisser éteint jusqu’à ce qu’on ait une urgence. Elle toucha son écran, et tout redevint noir, vraiment noir. Une nouvelle bourrasque envoya tinter d’autres morceaux de la vitre brisée sur le sol, et l’application Bic se ralluma aussitôt. — Urgence, dit Blondie tandis que toutes les trois se pelotonnaient précipitamment les unes contre les autres. — Stupide gâteau, dit Mallory. — Stupide orage, renchérit Amy. — Stupide vie, conclut Blondie, toute pâle. C’est le moment idéal pour que l’une de vous deux me dise qu’elle a un grand mec baraqué qui va venir la chercher. — Ouais, ça ne risque pas, répondit Amy. Comment vous vous appelez ? — Grace Brooks. — Eh bien, Grace, vous êtes nouvelle à Lucky Harbor, alors laissez-moi vous mettre au parfum. Il y a des tas de grands baraqués en ville, mais je ne suis pas en reste quand il s’agit de soulever de la fonte. Grace et Mallory baissèrent toutes les deux les yeux vers la courte jupe en treillis d’Amy et ses rangers, le tout surmonté d’un tee-shirt ajusté qui découvrait ses bras musclés et bronzés. Un tablier rose incongru sur lequel figurait le logo duLucky Harbor Diner complétait cet ensemble sexy mais dur à cuire. Amy y avait apporté sa touche personnelle en dessinant avec du ruban adhésif rouge un cercle barré autour du logo. — Je veux bien vous croire, lui répondit Grace. — Je m’appelle Amy. (Celle-ci pointa le menton en direction de Mallory.) Et voici Mallory ; elle est tout le contraire de moi, la gentille fille dont s’enorgueillit la ville. — Ça suffit, protesta Mallory, lassée d’entendre les mots « gentille » et « fille » dans une même phrase se rapportant à elle. Mais, bien entendu, Amy ne se tut pas. — S’il faut aider une vieille femme à traverser la route, ou si un gamin avec un genou écorché a besoin d’un pansement et d’un bisou, ajouta-t-elle, ou qu’un grand mec baraqué est à la recherche d’une douce damoiselle, Mallory arrive à la rescousse. — Ah oui ? demanda Grace. Alors il est où, son grand mec baraqué ? Amy haussa les épaules. — Demandez-lui. Mallory grimaça et reconnut la vérité. — Il s’avère que je ne suis pas très douée pour garder les princes charmants. — Alors sors avec un ogre, répliqua Amy.