Pile ou Face

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Description

Il y a dix ans, Morgane a décidé de partir, de fuir sa vie et de la recommencer en jouissant de tout ce dont on l’avait privée.


La journée, elle dirige son agence immobilière avec l’aide de son meilleur ami. Le soir, elle profite de la vie notamment du côté charnel et du plaisir qu’il apporte.


« Ne jamais s’attacher, juste profiter pleinement. »


Voilà sa devise jusqu’à ce qu’il entre dans sa vie et que son passé et ses craintes refassent surface.


Les apparences ont beau faire de Morgane une femme forte et sûre d’elle, la réalité en est tout autre surtout depuis que le regard de cet homme a croisé le sien.


Cependant, est-elle capable de surmonter ses peurs et de lui accorder assez de confiance pour le laisser entrer dans sa vie ?

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Date de parution 02 novembre 2015
Nombre de visites sur la page 442
EAN13 9782374403069
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Pile ou Face

Romance

 

 

 

S’telle

 

 

 

 

 

 

 

Pile ou Face

Romance

 

 

 

 

 

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ISBN978-2-37447-036

Dépôt légal Novembre 2015

© Erato–Editions

Imprimé en France Tous droits réservés

Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales

 

S’telle

 

Née dans les Yvelines en août 1982. S’telle vit actuellement dans un petit village de l’Eure.

L’écriture est un besoin et une thérapie. Mon premier roman m’a permis d’acquérir un peu de confiance en moi et de poursuivre.

 

Autre roman :

M… - Erato-Editions - septembre 2014

 

Actualités :

https://www.facebook.com/pages/Stelle/699689200052935

http://stelleauteure.wix.com/stelle

 

 

 

Résumé

 

Il y a dix ans, Morgane a décidé de partir, de fuir sa vie et de la recommencer en jouissant de tout ce dont on l’avait privée.

La journée, elle dirige son agence immobilière avec l’aide de son meilleur ami. Le soir, elle profite de la vie notamment du côté charnel et du plaisir qu’il apporte.

« Ne jamais s’attacher, juste profiter pleinement. »

Voilà sa devise jusqu’à ce qu’il entre dans sa vie et que son passé et ses craintes refassent surface.

Les apparences ont beau faire de Morgane une femme forte et sûre d’elle, la réalité en est tout autre surtout depuis que le regard de cet homme a croisé le sien.

Cependant, est-elle capable de surmonter ses peurs et de lui accorder assez de confiance pour le laisser entrer dans sa vie ?

 

 

 

 

 

 

Ce roman est de pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé, des événements ayant eu lieu, n’est que pure coïncidence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Àtoi, qui je pense, te reconnaîtras à travers ces lignes sans que je n'ai besoin de te nommer


 

 

 

 

 

Manipulation :

 

La manipulation est un acte consistant à modifier l’état d’un sujet ou d’un objet.

Action d’orienter la conduite de quelqu’un dans le sens qu’on désire et sans qu’il s’en rende compte.

Quand elle est forte, elle peut aller jusqu’à la perception d’une réalité éloignée du réel. Elle peut être obtenue en usant d’un rapport de pouvoir, de séduction, de suggestion, de persuasion, de soumission non volontaire ou consentie.

Quand ce pouvoir s’exerce sur une personne, on exerce sur elle une possession et un contrôle total.

 

 

Assujettissement :

 

État de dépendance et de soumission.

Faire passer les autres avant soi, ne pas penser à son bien-être personnel, rester toujours en arrière-plan.

Accepter de faire les choses simplement pour faire plaisir, être toujours disponible et prêt à rendre service.

Avoir le sentiment que contredire quelqu’un ou donner son avis peut amener à un manque d’amour et au délaissement.

 

 

Pardonner:

 

Accorder à quelqu’un son pardon pour son acte, ne pas lui en tenir rigueur.

Ne plus ressentir ni colère ni rancœur à l’encontre de celui qui nous a fait souffrir. Lorsque tout sentiment de culpabilité pour ce qui s’est passé a disparu.

Le pardon n’est pas un oubli, mais un acte libérateur dans lequel la douleur se dissout et qui permet à la victime de redevenir acteur de sa vie, de ne plus subir, voire même de revenir plus fort.

C’est grandir, c’est laisser en soi la place pour accueillir l’autre comme si nous n’avions jamais été blessés.

 

Confiance:

 

Sentiment de celui qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre.

Avoir confiance en quelqu’un, c’est pouvoir se confier à lui sans aucune crainte. Si elle est mutuelle et sincère, c’est lui raconter tout, jusqu’à ses pires secrets sans avoir peur du jugement, de la moquerie ou de la trahison.

C’est une chose rare qui, une fois accordée, permet de comprendre l’autre sans parler en un simple regard, un simple geste. Qui peut aller jusqu’à confier sa vie à une autre personne.

La confiance est primordiale en amitié comme en amour.

Chapitre 1

 

 

Morgane, tu m’emmerdes là ! crie-t-il quand je franchis la porte de son bureau.

– Oui, comme toujours... Mais tu sais comme moi que ce n’est pas notre métier.

T’inquiètes, je gère.

– Bien sûr… nous ne sommes pas assez dans le pétrin !

Je me retourne vers lui, folle de rage.

– Tu sais comme moi que c’est la dernière chance que nous avons. Si rien ne rentre dans les caisses, dans deux mois, nous mettons la clé sous la porte, rajoute-t-il.

– Oui, pas la peine de me le dire. C’est moi qui tiens la comptabilité je te rappelle ! m’énervé-je.

– Allez Clochette, ne fais pas ta tête des mauvais jours ! Je suis sûr de moi, ça va marcher.

– Jeff, tu ne penses pas que tu aurais pu m’en parler avant ? Tu m’annonces ça à sept heures du soir et le rendez-vous est pour demain dix heures.

– J’ai tout préparé, Clochette ! Je gère, c’est moi le commercial après tout !

– Arrête de m’appeler Clochette ! C’est débile et ça ne ressemble à rien. J’ai un prénom !

– Oh, ça va ! Tire un coup, ça te fera du bien.

– Et toi réfléchis avant de te servir de ta queue ! Ça nous changera !

Il m’observe bouche bée, les yeux grands ouverts.

– Quoi !?

– Morgane Delacroix ! Tu viens de dire un mot vulgaire !

Il prend son air choqué et me regarde, je suis même sûre qu’il l’est.

– Ça va Jeff, tu me gonfles.

Je fais demi-tour, pars dans mon bureau et récupère mon sac. Il gère ! Il va se démerder alors !

– Morgane, reviens. J’ai besoin d’aide !

Non, trop facile. Je suis toujours là pour réparer ses plans foireux. J’ai juste envie de rentrer chez moi, me changer et m’envoyer en l’air.

Il me rattrape devant la porte et me prend dans ses bras.

– Navré, j’arrête de me moquer de toi. Mais tu sais comme moi qu’il faut qu’on trouve une solution.

– Je sais Jeff. Mais j’en ai marre que tu me prennes pour une pimbêche coincée. J’ai juste plus de vocabulaire que toi, je ne me sens pas obligée de sortir une insanité à chaque phrase.

– Je sais, dit-il. Mais tu me connais, ça fait quinze ans que tu me supportes.

Il resserre son étreinte et pose sa tête sur la mienne.

– Oui. Mais pas ce soir.

Je détache mon corps du sien, il me regarde avec son air de chien battu, mais je ne cède pas. Je franchis la porte en lui lançant un « à demain » et monte dans ma voiture.

*

* *

J’ai oublié de vous parler de moi, avec cette engueulade. Donc je suis Morgane Delacroix, trente ans dans quelques semaines. À la mort de mes parents, j’ai hérité de l’agence immobilière familiale. Elle était dans un sale état financier, j’ai réussi à la remettre à flot avec l’aide de Jeff Mercier. Mais suite à la crise, nous frôlons la catastrophe.

Jeff et moi étions au lycée ensemble, il a un an de plus que moi. Brun assez mignon, très bon commercial, mais coureur de jupons. Il reste malgré tout mon meilleur ami et surtout le seul que j’aie.

Moi je parais plutôt coincée, comme il dit, tailleur-pantalon, chignon et petits talons, le tout agrémenté d’un léger maquillage. À l’agence, je m’occupe de toute la partie comptable et administrative, ainsi que de nos deux salariés. Frédéric qui seconde Jeff dans son travail et prend le même chemin que lui concernant sa vie privée, et Léa, en apprentissage chez nous, qui m’assiste.

Je vis seule dans une petite maison à proximité de l’agence et sors rarement de chez moi, enfin en apparence…

Nos bureaux se situent dans la ville de Vouvray, à quelques kilomètres de Tours. Nous sommes spécialisés dans la vente et la location de biens immobiliers et non dans la promotion immobilière ou la construction, comme Jeff semble le croire.

Ses clients potentiels, une grosse multinationale américaine qui veut bâtir un immense complexe hôtelier dans la région. Je me demande bien pourquoi d’ailleurs, il n’y a vraiment rien d’intéressant dans le coin.

Enfin bref, s’il veut jouer les grands patrons avec les financiers, qu’à cela ne tienne. Nous ne sommes plus à ça près. Effectivement, un contrat de ce type pourrait nous sauver la mise.

Une fois chez moi, je file rapidement sous la douche. C’est à partir de là que le changement s’opère. Je troque le tailleur et les talons bas contre une jupe relativement courte, des talons aiguilles, une paire de bas et un top très moulant. Mes cheveux d’ordinaire bien attachés flottent maintenant sur mes épaules, ils sont bruns plutôt longs et bouclés. J’accentue nettement le maquillage et recouvre mes lèvres d’un rouge intense. Rien à voir avec une prostituée, je n’en suis pas une. J’aime juste profiter de la vie et surtout des plaisirs charnels.

Je remonte dans ma voiture et prends la direction de Tours. Ville assez festive et remplie de pub. On est jeudi soir. D’ordinaire, j’évite ce genre de sortie dans la semaine. Mais là, j’ai besoin de me détendre. Et quoi de mieux que le sexe pour ça...

Je me dirige vers l’un de mes endroits habituels, le Island. Il y a toujours du monde, des hommes d’affaires, mais aussi des étudiants, tous majeurs, je précise.

Comme à mon habitude, je m’installe au bar et commande une coupe de champagne. En général, je n’attends pas bien longtemps avant que l’on vienne m’aborder. Sauf que ce soir, c’est relativement calme. Je m’apprête à rentrer chez moi, quand un jeune homme s’installe à ma droite et commence à me parler.

– Bonsoir, Madame.

Déjà avec le Madame, c’est mal barré...

– Bonsoir.

– Je peux vous offrir un verre ?

– Avec plaisir, dis-je en lui offrant mon plus beau sourire.

Il est jeune et assez mignon, bien foutu même. À cet âge, ils sont encore dociles. Il commence à me parler de lui, je l’écoute avec un semblant d’attention. Pour ma part, je ne raconte jamais rien. Je cherche une histoire sans lendemain et surtout pas l’homme de ma vie.

Jusqu’ici j’ai toujours eu de la chance, je ne suis jamais tombée sur un cinglé. Je suis bien consciente du danger, mais j’aime cette partie de ma vie. Il y a la catégorie d’hommes qui veulent savoir combien ils me doivent quand je pars, ceux qui ont la même vision que moi, et les autres qui me demandent mon numéro de téléphone ou qui me supplient de rester avec eux pour la nuit. Chose que je refuse toujours.

Concernant ce qui se passe au lit, je n’accepte pas les rapports non protégés. En général, quand tu leur demandes le montant qu’ils comptent verser pour la pension alimentaire, ils ne disent plus rien. Pour le reste, je fais dans le traditionnel.

Aucun jeu malsain, aucun accessoire, mais surtout pas de sentiments.

Je profite de ce que la nature m’a donné, un corps plutôt agréable, des seins généreux et des fesses bien faites.

Fabien... enfin je pense, continue son monologue. Je lui souris de temps en temps pour qu’il pense que je l’écoute. Mais la réalité est tout autre, je sens un regard posé sur moi.

Je lève la tête. L’homme qui est assis au bout de la salle me déshabille des yeux sans la moindre retenue. Il est entouré de « costards-cravates », qui ont tous l’air plus lèche-cul les uns que les autres. Lui, en costume gris et chemise blanche ouverte sur plusieurs boutons, laissant apparaître une partie de sa peau.

Quand je relève les yeux, je plonge dans les siens. Son regard est profond, fier, sûr de lui, voire dominateur. Tout le contraire de ce que je recherche. Mes sens se mettent immédiatement en alerte. Il faut que je sorte d’ici et vite ! Je me lève en proposant à Fabien de venir avec moi, il me suit avec un grand sourire.

Au moment où je m’apprête à sortir, un homme se place sur mon chemin, la main posée sur le chambranle de la porte pour me barrer la route. Je lève la tête et tombe sur le dangereux inconnu du bout de salle.

– Bonsoir, Miss.

– Euh... bonsoir.

– Je peux vous offrir un verre ?

Sa voix est d’une sensualité à faire rêver toutes les femmes, et son accent à croquer.

– Merci, mais pas ce soir.

Il dévisage Fabien avec un regard noir et un sourire aux lèvres.

– Permettez-moi d’insister.

– Non.

Ma voix est sèche, mon intention : juste retirer ce rictus suffisant qu’il affiche avec insolence. J’incline la tête et passe sous son bras. J’ai à peine posé le pied sur le trottoir que sa main saisit la mienne. Il me fait faire volte-face sans que j’aie le temps de comprendre réellement ce qu’il m’arrive.

– Si jamais vous changez d’avis, miss.

Son ton est ferme, l’accent que je trouvais si charmant a totalement disparu, ses yeux sont remplis de rage. Visiblement Monsieur n’a pas l’habitude qu’on lui dise non. Il me tend une carte de visite. Je le regarde de la tête aux pieds, mon corps réagit instantanément à l’attraction du sien. Je me ressaisis rapidement et masque mon trouble par un air indifférent.

– Je ne pense pas, non.

Je me dégage de sa main et tourne les talons, suivie par Fabien. Je traverse simplement la rue pour entrer dans l’hôtel d’en face. D’habitude, j’en choisis un plus loin. Mais là, sentir son regard rempli de rage dans mon dos me fait juste jubiler. J’ai horreur des hommes qui se croient tout permis, sous prétexte qu’ils sont irrésistibles.

Fabien paye la chambre et nous montons dans l’ascenseur. Je suis encore plus énervée qu’à l’arrivée.

Je me retourne vers lui et le plaque contre la paroi de la cabine. Il commence à poser ses mains sur mes hanches, je les enlève tout en délicatesse.

– Laisse-moi faire, murmuré-je dans son cou.

Il acquiesce bien sagement.

Je retire les boutons de sa chemise un à un. Nos corps sont toujours collés l’un à l’autre quand nous entrons dans la chambre. Je le fais reculer jusqu’à ce qu’il se laisse tomber sur le lit. J’attrape rapidement un préservatif dans mon sac, commence à me déshabiller et viens m’installer près de lui.

Je m’empare de la ceinture de son pantalon et le lui retire, en même temps que son caleçon. Au moment où je me place sur lui, il relève le torse pour m’embrasser. J’ai juste le temps de tourner la tête, ses lèvres viennent effleurer mon cou.

Je pose mes mains sur ses épaules pour le plaquer sur le matelas. Ma langue parcourt son corps pendant que ma main enfile la capote sur son sexe en érection. Je remonte et m’installe sur lui, ses yeux me scrutent pour me demander l’autorisation de me toucher. J’attrape ses mains et les pose sur mes cuisses, tout en commençant mes va-et-vient.

En agissant ainsi, il respecte mon besoin de contrôle, chose que j’apprécie énormément. Il ne me faut que très peu de temps pour atteindre mon plaisir, si discret soit-il. Il me rejoint immédiatement. Ses doigts se crispent sur moi et j’attends de reprendre pleinement mes esprits pour me relever. Je m’installe sur le bord du lit pour enfiler mes bas, me lève, remets ma jupe, mon top et glisse mon string dans mon sac.

Fabien me regarde hébété.

– Tu t’en vas ?

– Oui, j’ai une grosse réunion demain.

– Euh... OK. Peut-on se revoir au moins ?

– Peut-être, dis-je en récupérant mon sac et en claquant la porte.

Quand je sors de l’hôtel, le costume gris pose le pied sur le trottoir d’en face. Il me dévisage, je lui souris en faisant mine de me recoiffer. Je remonte dans ma voiture et rentre me coucher.

 

 

 

 

Chapitre 2

 

 

J’arrive à l’agence à huit heures en ayant pris soin de passer à la boulangerie avant. Jeff prévoit beaucoup de choses niveau présentation, mais ne pense jamais à l’accueil de nos clients. Je dispose les croissants dans une corbeille, sors du jus d’orange et prépare le café. Je m’occupe également des dossiers qui sont restés dans la photocopieuse et dépose la pile sur la table de réunion.

Jeff arrive vers dix heures moins le quart, j’en profite pour me servir une tasse de café avant que les clients ne débarquent.

– Morgane, tu es vraiment géniale !

– Tu en doutais ?

– Non.

Il m’enlace par la taille et dépose un baiser sur ma tête. Mon corps se crispe immédiatement, mais se détend en se rappelant que ces mains sont celles de Jeff.

– Ça va, ma Fée ?

– Fée ?

– Bah, tu n’aimes pas Clochette, s’amuse-t-il.

Ah, Jeff et ses surnoms à coucher dehors !

Je me retourne pour lui faire face.

Au moins niveau esthétique, il n’y a rien à redire. Mon regard parcourt son corps, il me sourit quand je relève la tête.

– Je te plais ?

J’ouvre la bouche pour répondre quand Léa frappe à la porte.

– Vos clients sont là et je ne parle pas anglais, nous dit-elle paniquée.

– Jeff arrive, calme-toi !

Je récupère ma tasse et m’apprête à sortir de la pièce quand il tente de me rattraper par la taille.

– Tu n’as pas répondu à ma question !

– Et je ne le ferai pas.

Tout en continuant à avancer, je tourne la tête pour lui sourire. Au moment où je regarde devant moi, je me retrouve face à mon Monsieur Arrogant d’hier.

J’ai souvent rencontré des clients lors de mes petites sorties nocturnes et aucun ne m’a jamais reconnue. Donc aucune raison de stresser. Je relève simplement la tête et croise son regard. Ses yeux sont bleus transparents, parfaitement harmonisés avec son costume Armani, si je ne me trompe pas. Je plaque un joli sourire commercial sur mes lèvres et lui tends la main pour le saluer.

– Bonjour, monsieur.

– Bonjour, miss.

Nos paumes restent en contact pendant plusieurs secondes, la sienne est grande et douce. J’en arriverais presque à rêver qu’il les pose partout sur mon corps. Ah non pardon ! Que je pose mes mains sur lui. Quand je relève la tête, il me regarde attentivement, les yeux légèrement plissés. Je dégage rapidement mes doigts, le contourne et salue les autres avant de m’enfermer dans mon bureau.

Je me plonge dans la comptabilité mensuelle avec Léa. Effectivement, une grosse rentrée d’argent ne nous ferait pas de mal. Si ça continue comme ça, je vais être obligée de me séparer de l’un de mes salariés.

Je relève la tête à treize heures quand mon ventre crie famine. Je m’apprête à sortir de mon bureau, mais les bruits de pas dans le couloir me font faire marche arrière.

– Fée, me lance Jeff en ouvrant la porte. Tu déjeunes avec nous ?

– NON ! dis-je sèchement en voyant le beau ténébreux rire derrière lui.