106 pages
Français

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Plume, l’integrale

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Description

Plume, sirène intrépide et peu loquace, se passionne depuis toujours pour le monde terrestre. Toutefois, suite à d’anciennes querelles, son peuple fuit les va-pieds autant que possible. Rien ne semble pourtant pouvoir la retenir. Plume souhaite en découvrir toujours plus sur cet univers inconnu qui l’attire sans cesse.
Ses escapades la conduiront à faire des rencontres incroyables, qui changeront sa vie de manière définitive. Malgré les difficultés qu’elle affrontera, parviendra-t-elle à trouver l’équilibre entre terre et océan ?



Cette version papier comprend :
- Un Noël Océan (paru dans The Christmas codex)
- Plume, merveille de l'océan (paru en ebook)
- Plume, entre Terre et Océan (texte inédit)

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782379600500
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

© Mélodie Smacs&Livresque éditions, pour la présente édition – 2018 ©Thibault Benett, Designer graphiste pour la couverture ©Kerry Le Gras, Correctrice ©Jonathan Laroppe, Suivi éditorial & Mise en page ISBN : 978-2-37960-049-4 Tous droits réservés pour tous pays Conformément au Code de la Propriété Intellectuelle, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, et ce, par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation préalable de l’éditeur et de l’auteur.
À Killian et Maxence, pour qu’ils sachent que l’impossible reste possible.
I Un Noël Océan .
Des flocons cristallins qui tombent du ciel, un long manteau blanc sur les arbres, les maisonnettes et le sol. Des batailles de boules de neige, les joues roses qui se réchauffent grâce au doux fumet du chocolat à la cannelle, l’excitation et la joie. Des guirlandes aux fenêtres, des illuminations dans les rues et des sapins décorés. Noël approche. L’effervescence de chacun se lit dans les regards brillants et les sourires qui se répondent. Des gens qui ne se connaissent pas se saluent et se souhaitent de joyeuses fêtes, les têtes sont remplies de rêves et d’espoirs. Comment une simple festivité peut-elle rendre si heureux ? Assise sur un rocher, dissimulée par la nuit, une sirène se pose cette question en observant l’agitation du petit port de plaisance. Sa longue chevelure d’ébène flotte au gré du vent glacial au même rythme que les plumes qui partent de chacune de ses tempes. Une queue cyan baigne en partie dans l’océan calme. La créature marine ferme un instant les paupières, bercée par un chant qui provient de la jetée. Une chorale entonneDouce nuit, sainte nuit. La mélodie s’élève vers le ciel, enveloppant la demoiselle de l’eau d’une tendre chaleur. — Plume, te voilà ! la sort de sa rêverie l’une des siennes en s’appuyant sur le récif. Que fais-tu encore près des va-pieds ? — Silence, Nami !Habituée à ce type de réponse, la rousse ne bronche pas et écoute ce qui lui échappait jusqu’alors. Les notes s’envolent et ricochent contre le fin bruissement des vagues. Créatrices de sourires, les voix se mêlent en un parfait assemblage. D’autres les rejoignent, d’abord timidement, puis avec davantage de conviction. Celle de Plume y compris. La distance entre le ponton et son poste d’observation suffit tout de même à assurer sa discrétion. Les paroles viennent comme une évidence. Depuis le temps qu’elle étudie les peuples de la terre, elle connaît un grand nombre de leurs traditions. Les minutes passent comme un fil de soie sur la pea u d’un nouveau-né. Une extrême douceur embrasse ce délicieux instant. Quand le chant s’interrompt pour laisser la place à un autre, la seconde sirène pose sa main sur celle de Plume. — C’était magnifique, mais il nous faut rentrer, annonce-t-elle. À regret, la créature marine hoche la tête avant de plonger dans l’abîme. Là, seul un bruit sourd accompagne son avancée dans les méandres obscurs de l’océan. Pourtant, le duo n’éprouve aucune difficulté à voir. Les sirènes nagent à bonne vitesse, slalomant entre les bancs de poissons encore actifs, les coraux de taille extravagante, et les volcans sous-marins qui peuplent en quantité cette partie de la planète. Lorsqu’elles rejoignent une cité engloutie, un dauphin-ballon percute Plume. Un sourire s’étire sur le
visage de la sirène pendant qu’elle enchaîne les to nneaux avec son compagnon de jeu. Nami secoue la tête avant de s’éloigner. Elle a ramené sa sœur chez elles, mission accomplie. Une fois stabilisé, l’animal appuie son fin museau sur l’épaule de son amie. Il la dépasse grandement en taille, et encore plus en circonférence, mais le ur association semble parfaite. Les bras de la demoiselle de l’eau entourent le large cou tandis que sa queue se pose sur le ventre rebondi. Tête contre tête, les deux compères restent ainsi un moment, co mme si le dauphin-ballon comprenait la mélancolie de la sirène qui rêve du monde terrestre. Plume continue ses escapades, nageant de baies en criques, de ports en lacs intérieurs reliés par des canaux souterrains. Sa fascination pour ce monde inatteignable la suit depuis sa plus tendre enfance. La terre représente pour elle un paradis de sons et de couleurs, bien loin du silence marin. Comme tous les ans, elle s’émerveille des préparatifs de Noël et d e leurs effets sur les gens. Humains, nymphes, changeformes, elfes et hybrides en tous genres se regroupent sous le signe du partage. La sirène a déjà vu ces peuples s’entretuer, mais à cette période de l’année, tout semble oublié. Pardonné. Seule la magie illumine les cœurs. Les mains se joignent et les âmes se lient, pour un moment, pour une éternité. Comme elle voudrait participer à cela ! Malheureusement, les siennes ne doivent pas approcher les va-pieds. Trop risqué. Suite à la grande traque, elles ont négocié une trêve, mais la peur les maintient à l’écart de la terre. Certains les chassent encore, elles n’en doutent pas. L’avidité ne quitte pas si simplement les cupides. Guidée par les horribles récits des plus anciennes, Plume reste cachée. Si proche, mais si loin de ce qu’elle aimerait toucher, vivre et découvrir davantage. La veille de Noël, la sirène approche un peu plus. Attirée comme un aimant par la jetée animée, elle prend un risque inconsidéré. Sa conscience repousse pourtant cette évidence. Toujours dissimulée, mais à portée de voix, elle entend les enfants s’enthousiasmer en espérant recevoir de somptueux présents le lendemain. Les parents tentent d’apaiser leur euphorie, mais les sourires échangés en disent long sur le déroulement de la soirée. Les chants s’échappent des bouches étirées ou des micros amplificateurs sonores. Mue par une irrésistible envie de se joindre à la joie ambiante, la créature marine avance un peu plus. Son corps à moitié hors de l’eau, elle s’accroche à un pilier du ponton. Au-dessus d’elle, des pieds et des pattes courent, dansent ou se déplacent lentement. L’odeur de pin, mêlée au sucre des pâtisseries, attise ses sens. Soudain, elle entend des exclamations briser l’enchantement du moment. Contre la balustrade, plusieurs va-pieds observent l’onde en criant des « il y a quelque chose ! ». Plume scrute les environs, mais ne distingue aucun congénère assez gros pour avoir attiré l’attention. Quand l’excitation croît, elle comprend que son sillage a été vu. Ils parlent d’elle ! Inquiète, elle cherche un moyen de s’échapper sans confirmer sa présence. Même en plongeant, la profondeur ne la cacherait pas assez aux yeux d’hybrides. Ils ne la rattraperaient pas, mais elle confirmerait la présence des siennes dans les environs et mettrait tout son peuple en danger. Alors que la panique commence à gagner la sirène, u n bruit sourd se fait entendre de l’autre côté du ponton. Un dauphin-ballon roule hors de l’eau en po ussant de petits jappements. Tous les regards se portent d’un coup sur lui, sauf celui d’une petite fille. Vêtue d’un bonnet rouge trop grand pour elle et d’un long manteau de la même couleur, elle s’appuie sur une rambarde. Joyeuse, elle baisse les yeux vers l’océan gelé. Avant que son regard ne croise celui de la demoiselle de l’eau, celle-ci se retrouve happée dans l’océan. Nami l’entraîne de force au loin, les sourcils froncés. Tu as failli être vue !la gronde-t-elle sans cesser de nager. Ses pensées cognent dans la tête de sa sœur. La colère les enveloppe, révélant la peur que la rousse a ressentie un peu plus tôt. Une enfant ne peut rien contre moi, rétorque Plume en continuant de se laisser emmener. Elle, non, mais tous les autres autour, oui ! Si Po ema savait ça… La plus ancienne de leur banc veille sur les siennes avec un amour parsemé de fermeté. Nul doute qu’elle réprimanderait durement la sirène si elle apprenait où elle se trouvait. Néanmoins, les idées de Nami s’adoucissent. Elle ne dira rien. Plus que cela, elle semble soudain joyeuse. Tu ne le mérites pas, mais nous t’avons préparé une surprise !annonce-t-elle avec entrain. Curieuse, Plume avance à présent avec le bras libéré. Elle suit sa sœur à travers l’onde, la tête pleine d’interrogations.
Nami les fait gagner la cité engloutie. Là, le dauphin-ballon les rejoint, attiré par la silhouette de son amie. Sur sa nageoire dorsale, des algues multicolo res ont été enroulées. Elles flottent dans son sillage comme une nuée de guirlandes chatoyantes. Bientôt, des poissons luminescents accompagnent le trio. Les couleurs se mélangent et s’illuminent au rythme des battements du cœur de Plume. Cette dernière observe avec une attention accrue les alentours, repérant des décorations marines disséminées ici et là. Sur le toit renversé d’un ancien temple, des coraux se regroupent, imitant la forme d’un sapin. Autour des piliers qui tiennent encore debout, des coquillages se lient dans un assemblage festif. Sur le sable fin, des caisses ont été disposées au gré des envie s et recouvertes de tissus dénichés dans diverses épaves. À leur sommet, des élodées forment de ravissants nœuds. L’illusion est parfaite. Plume s’émerveille de tout ce que ses yeux parviennent à voir. Là, sous l’océan, les siennes et le peuple marin lui offrent un décor de Noël ! Si elle se trouvait à la surface, des larmes rouleraient sur ses joues. Reconnaissante, elle s’apprête à remercier Nami, mais celle-ci la devance : Heureuse ? Attends de voir la suite ! Sans laisser le temps à sa sœur de répondre, elle l ’entraîne par-delà leur habitat. Les courants se refroidissent au fur et à mesure de leur avancée. B ientôt, elles passent sous une banquise translucide. Des manchots bleus se joignent à leur nage dans un ballet désordonné. Plus loin, ils se dispersent à la hâte, apeurés par l’arrivée d’un énorme orphoque. L’animal aux longues dents pointues et à la peau noire et blanche balance sa large queue de gauche à droite, tout en agitant ses épaisses pattes avant. Il contourne les sirènes en inclinant sa grosse tête en signe de respect pour ces protectrices marines. Après encore quelques minutes de nage, Nami change de trajectoire et longe un iceberg vers le haut, sa sœur à sa suite. Enfin, elles sortent la tête de l’eau et Plume découvre avec stupeur leur destination. Au cœur de la banquise, une crique naturelle s’est formée, entourée par de hautes montagnes enneigées. Sur les versants, quelques arbres laissent entrevoir leur feuillage vert et des oiseaux piaillent gaiement. Pourtant, ce qui éblouit la créature marine ne conc erne pas le paysage. Là, devant ses yeux, une vingtaine de ses sœurs sont regroupées, assises sur leur queue, des couronnes d’algues autour de la tête. Derrière elles, un petit sapin se pare d’une simple étoile de mer nacrée en son sommet. — Joyeux Noël, Plume ! entonne les sirènes avant de se mettre à chanterDouce nuit, sainte nuit, en canon. Leurs voix enchanteresses se mêlent en un harmonieux ensemble. Les ténors, les altos et les sopranos s’assemblent et se recoupent pour former une magnif ique mélodie. Habituée à contempler ces cantatrices, Plume sent toutefois une émotion plus forte monter en elle. Des larmes de joie roulent sur ses joues lorsqu’elle se joint au chœur. Là, au milieu du froid ardent de l’hiver, les sirènes offrent au silence de la nuit un peu de la magie de Noël.
À des milliers de kilomètres de la banquise, au cœu r d’une chaleureuse maisonnée, un repas de famille s’achève. Les parents et leurs deux enfants se regroupent au pied du sapin, prêts à déballer les nombreux paquets qui jonchent un épais tapis rouge. Avant de donner l’autorisation, le père a une annonce à faire : — Comme cadeau pour toute la famille, nous partons en vacances sur l’île paradisiaque d’Allawi ! La petite demoiselle sautille de joie, les yeux bri llants d’enthousiasme tandis que l’adolescent se renfrogne. — Vous plaisantez ? Il faut y aller en bateau et la traversée dure des heures ! s’offusque-t-il. — Si tu partais avec une fille, tu ne dirais pas ça, Maxime… lui reproche sa sœur cadette. — Bien sûr que si ! Je n’irai jamais sur une île, il y a bien trop d’eau ! Allez-y sans moi ! La discussion s’anime, les négociations pour un départ tous ensemble débutent, mais rien n’y fait, le jeune homme campe sur ses positions et finit par obtenir gain de cause. Pourtant, quelques années plus tard, Maxime s’y rendra bien avec une femme, et sa vie changera à jamais…
IIOcéanMerveille de l .'

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