Rédemption

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180 pages
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Après une relation passionnée et sensuelle, le jeune révérend, Jesse Dickson a avoué à Maria Guerra qu’il était marié et père. Alors qu’il souhaite s’investir davantage dans leur couple, elle n’a d’autre moyen que de le quitter afin de l’obliger à faire face à ses responsabilités. Maria s’installe à Londres et se reconstruit sans parvenir à l’oublier. Décidé à la reconquérir, Jesse, chargé d’une mission confidentielle par l’organisation secrète pour laquelle conjointement il travaille, va être contraint à se remettre en question. Un événement dramatique va le forcer à adopter un nouveau mode de vie, et lui permettre de renouer avec Maria.


Mais Maria va être amenée à accepter l’homme qu’elle aime dans toute sa complexité et découvrir dans la douleur le mal dont il souffre. Un événement difficile impliquant Edward, le patron de Maria va replonger Jesse dans son passé tumultueux.


Marjorie, l’amie d’enfance de Jesse, parviendra-t-elle à leur venir en aide ? Jesse tourmenté et sans cesse en proie au doute, supportera-t-il une si longue séparation ? Ou est-ce que la passion exclusive qui le lie à Maria et le fragilise sournoisement le privera de son énergie vitale et le détournera de son engagement religieux ? Et s’ils sont confrontés à cette nouvelle épreuve, Jesse et Maria réussiront ils à vivre loin l’un de l’autre sans se trahir, en protégeant leur couple et en surmontant l’inéluctable ?

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EAN13 9791034808182
Langue Français

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Ainsi soit-il Tome 2 Rédemption
Sylvie Lopez Ainsi soit-il Tome 2 Rédemption Couverture :Maïka Publié dans laCollectionVénus Rouge, Dirigée parElsa C. etMarie-LaureVervaecke
©Evidence Editions2018
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Maria Que suis-je devenue ? Je ne suis plus cette jeune lle candide, prête à orir son âme à cette créature damnée œuvrant publiquement pour Dieu, Jesse. Je suis une jeune femme déterminée et avisée qui vit pleinement sa métamorphose, sans peur de se retourner sur les lambeaux de son passé. Il y a deux mois, je débarquais à Londres, Edward avait des contacts sur place et je lui avais demandé s’il pouvait m’aider. Deux ou trois appels et je n’avais plus qu’à m’y présenter. Ma requête ne lui avait pas paru insolite, tandis que je m’épanchais, il n’avait pas cherché à savoir et m’avait tendu avec bienveillance un paquet de mouchoirs en papier. Inutile qu’il tente une dernière fois de me retenir, j’avais refusé les clefs de son appartement qu’il avait repris en esquissant un petit sourire perde. Bien tenté ! La seule chose que j’avais acceptée était la réservation à son nom dans un hôtel situé près du quartier d’aaires, pour un temps très court an que je trouve une auberge de jeunesse convenable, puis une colocation. En vingt-quatre heures, mon avenir était tout tracé ou presque. Les premiers jours furent très durs, je ne voulais pas rester à l’hôtel trop longtemps pour ne pas lui être trop « redevable ». Je trouvai une auberge de jeunesse correcte et dans la foulée une colocation sympa, un peu éloignée de mon boulot, mais surtout propre et abordable pour moi. À part la barrière de la langue, j’arrive à présent à me faire comprendre et je progresse constamment. Je suis secrétaire dans une agence privée immobilière ne recevant que sur rendez-vous. Nous proposons des produits un peu originaux et hors de prix à des personnalités ou plutôt des mandataires œuvrant pour des VIP, des hommes d’aaires. Mon salaire est nettement plus élevé qu’en France, même si la cherté de la vie me rattrape, je réussis à économiser un peu. Virginie me fait parvenir régulièrement mon courrier, en omettant, je pense, volontairement de me donner des nouvelles de Jesse. Je suppose qu’il a dû tenter de me localiser, en tout cas, il semblerait qu’il ait échoué. Je lui ai demandé de ne pas lui donner mes coordonnées ni de l’informer sur ma nouvelle vie. Mes sorties sont quasi nulles, je ne fréquente personne hormis mes deux colocs. Valentin est français, il s’est installé ici il y a six ans et travaille de nuit comme inrmier à St <omas’Hospital, je ne le vois que le soir, nous avons en commun notre âge et notre patrie. L’autre garçon, Andréa, est italien, venu faire une saison ici, il n’en est jamais reparti. Il a dix ans de plus que nous et bosse en qualité de manager dans une boîte de nuit. Je ne regrette pas de partager la salle de bain et la cuisine, c’est mieux que d’être seule dans une pièce de 10 m² avec cuisine et w.c. inclus, dans le meilleur des cas, car c’est presque exclusivement ce que peut trouver un jeune étranger dans la capitale. Nous arrivons à dîner parfois ensemble à l’appart, ce qui nous permet d’entretenir une relation amicale primordiale dans une vie communautaire. Ils ont les mêmes fréquentations, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de m’ambiancer avec eux, cela me tente, car la solitude n’est définitivement pas mon amie.
J’avais toujours rêvé de venir en vacances ici, m’y installer restait utopique. Les premiers temps, je passais mes week-ends à visiter et revisiter les musées et arpenter les trottoirs des quartiers populaires, je me sens en adéquation parfaite avec cette culture. Il ne me manque plus qu’une main pour y enlacer mes doigts et Jesse… Mais c’est terminé.
Jesse Quand Maria est partie, j’ai été dévasté, un vide désertique a recouvert d’une chape de glace l’ardeur de mes sentiments, de mes désirs. Elle s’est enfuie, alors que je m’enfuyais en quelque sorte moi aussi, loin de mes responsabilités. J’ai repensé à tout cela avec plus de recul, était-ce inconsciemment la peur de m’engager qui me rendait lâche, alors que je lui proposais un rapprochement intime ? Est-ce qu’au fond de moi, je la voulais vraiment ? J’ai douté, je n’ai vu que les faits, mais bien vite ma raison a fait vibrer chaque parcelle de mon être. Je ne pensais pas qu’un muscle pouvait faire autant mal. Mon corps est en perpétuel manque. Je me réveille anéanti de constater ma réalité quotidienne. Comme un volcan en sommeil dans l’océan austral, ma &amme s’est éteinte en surface pour transformer mon cœur en braise incandescente, j’avance comme un convalescent, tout me paraît être une épreuve, même mon engagement spirituel ne sut plus à nourrir mon âme. Il est huit heures du mat, je croise des gens en costard-cravate, leur regard ne se pose pas sur moi, ici, on côtoie tous les styles, on vit avec une population hétéroclite. Je pourrais avoir les cheveux verts et une jupe, ça serait pareil. Je dois empester l’alcool, j’ai une mine eroyable avec ma barbe de deux mois. Finalement, elle me plaît bien, je m’y suis fait, ça fait missionnaire « hipster » et ça me démarque de mes semblables. Quand je célèbre une messe, mes paroissiennes se bousculent pour y assister et elles viennent souvent accompagnées, de ce fait, j’ai un taux d’audience qui épate mes supérieurs et fait pâlir d’envie mes collègues. Je retrousse mes manches, les deux anges tatoués sur mes avant-bras attirent tout de même le regard ! 1 C’est ma façon à moi de prêcher hors de mon église, seule la sentenceOnly God can judge mesur un de mes pectoraux reste invisible au commun des mortels. Dans ma nuque, récemment, j’ai fait tatouer une croix de Cantorbéry rappelant mes convictions, au mécréant à qui je tourne le dos, et sur mes phalanges réunies alléluia,j’ai marqué davantage mon corps de l’empreinte de Dieu. Ce sont des symboles de dévotion et de sacrifice envers lui. Je lui demande tant ! Je me dépêche de prendre une douche et d’avaler monbacon and eggs. J’ai une dalle d’enfer après avoir mixé une bonne partie de la nuit et picolé durant l’autre. C’est devenu exceptionnel, en général, en boîte, je suis sobre, mais aujourd’hui est un jour un peu spécial : je fête ma liberté. J’ai bien dû dormir six heures, l’après-midi est ensoleillée, seuls quelques nuages blancs, gris anthracite et gris perle se disputent le droit d’occulter les rayons, du seul astre qui peut encore me réchauer. Je regarde mes messages, « Mum » (trois appels), un numéro inconnu puis un deuxième, le même que l’avant-dernier, mon avocat. Je rappelle ma mère qui décroche en moins d’une seconde. — Enn, Jesse, où étais-tu ? On cherche à te joindre depuis hier soir, s’écrie-t-elle, transformant ainsi son inquiétude en réprimande et mon état léthargique en humeur massacrante. — Excuse-moi, maman, d’avoir une vie d’adulte, dis-je pour couper court à cette conversation d’un autre âge.
— Ça va ? dit-elle en se radoucissant. Tout reste relatif, ça va comme quelqu’un qui attend le Messie en matant sa montre. — Oui maman, ça va très bien, après mon oce, j’ai lé directement en boîte pour mixer, j’avais une soirée privée et je n’ai pas eu le temps de regarder mes messages, désolé. En fait, si, mais j’étais à la bourre, s’il y avait urgence, elle m’aurait rappelé en boucle toutes les cinq minutes. — Tu n’as pas besoin de faire ce job la nuit, ajoute-t-elle agacée. — Je le fais parce que j’aime et que j’ai besoin de cette transition dans ma vie. — Tu as eu des nouvelles ? — Je dois rappeler mon avocat, il a essayé de me joindre aussi. — Tiens-moi au courant, s’il te plait. — Oui, maman, bises. Je raccroche et, dans la foulée, rappelle mon dispendieux homme de loi, mais efficace malgré tout. — Maître ? Bonjour, c’est… — Ah ! Enfin ! Où étiez-vous ? À croire qu’il vient d’avoir ma mère, mêmes mots, même ton me rendant dénitivement irascible pour le restant de la journée. — J’ai deux boulots,voire trois, que se passe-t-il ? — On tente de vous joindre en vain depuis 22 h,s’il me facture des heures de nuit, je l’explose,il y a un imprévu, vous récupérez la garde de votre fille sur-le-champ, m’annonce-t-il sans ménagement. — QUOI ? La garde de ma fille ? Mais… — Votre ex-femme a fait une overdose hier soir, comme vous n’étiez pas joignable, la petite a été remise aux services sociaux. — Merde, et à quel hôpital est-elle ? — Aucun, elle était décédée à l’arrivée des secours, c’est son compagnon qui les a prévenus… Allo ?… Vous êtes toujours en ligne ? — Oui, oui… juste un peu sonné, putain, je dois récupérer la petite et j’en fais quoi après ? ânonné-je. — Vous plaisantez ou vous n’avez pas encore dessoûlé ? Vous la nourrissez, vous l’emmenez à l’école, vous l’inscrivez à l’équitation, vous surveillez ses fréquentations et tout ça, en principe, jusqu’à ses 18 ans, vous en avez la garde légale. — PUTAIN ! C’est pas vrai, c’est une blague ? — Pardon ? s’étonne-t-il piqué au vif par mon langage, alors que je tente brièvement de refouler des images alarmantes de ce que sera ma vie dans les prochaines années. Apparemment pas ! — Excusez-moi, mais vous me prenez au dépourvu, je dois aller la chercher où ? — Je vous envoie l’adresse par mail, vous passerez au bureau d’ici demain, nous devons discuter. — OK, salut ! Euh, pardon ! Au revoir. Ce revirement de situation me laisse pétrié, puis immédiatement des questions matérielles se bousculent dans mon esprit. Qu’est-ce que je vais foutre avec elle ? Je connais juste son blase et sa date de naissance, pas sûre que ce soit la bonne ! Je bosse comme un diable, en admettant qu’il existe. Qui va la garder ? J’ai une vie désaxée. Comment je vais faire, bordel ? Je la fais dormir où ? Le frigo est vide, elle mange quoi ? 2 Le texto arrive quand j’allais me recoucher, c’estdieet j’ai une messe à 18 h, deux heures pour la récupérer, faire connaissance et trouver une nounou.
— C’est encore moi, Maman, j’ai un gros problème. Je me rappelle soudain que la dernière fois que je l’ai appelée en utilisant ces termes, c’était aussi pour une garde, mais à vue celle-là. — Elle revient sur sa décision, toute façon, c’est trop tard, tu as eu gain de cause et… — Arrête, maman, c’est pire, j’ai la garde de la gosse à perpétuité. — Comment ça, à perpétuité, pour plusieurs mois ? — Non, pour toujours, sa mère est décédée hier soir d’une overdose, je pars la récupérer immédiatement, elle est dans un foyer. —… — Maman, allo ? Là, je balise grave. — Attends… J’appelle ton père, reprend-elle. — Jesse ? Que se passe-t-il ? — Je récupère la petite, j’y vais, je t’expliquerai, après. J’appelle l’assistante sociale, en tentant de me convaincre que je ne suis pas dans un monde parallèle, en attendant qu’elle décroche, mon regard se perd de l’autre côté de ma fenêtre, la vie semble être la même, rien n’a changé et cela suffit à me faire prendre conscience de la gravité de ma situation. Elle m’attend dans une heure. Je me regarde dans le miroir. Moi, père ? Est-ce que j’ai la dégaine d’un père, je ressemble à un biker, j’ai une vie incompatible avec tout type d’engagement sauf un, mais il s’est avéré caduc. Je me suis juré de ne plus renouveler ce type d’expérience, bien trop pénible, encore maintenant, à assumer. Je l’ai dans ma tête, je ferme les yeux et elle est là, je n’ai pas oublié son corps, le mien me le rappelle bien assez souvent. Je ne pourrai jamais accepter cet être miniature, car sa présence représente tout ce à quoi j’ai dû renoncer et qui m’était offert par Dieu lui-même dans sa grande miséricorde.