Rédemption - Tome 2

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La famille, c’est vraiment une plaie ! Ça n’est pas Théobald ou Irina qui diront le contraire. Le chien enragé qui sert de mère au vampire n’a pas dit son dernier mot et lance une nouvelle attaque. Un assaut qui ramène dans leurs vies les Alphas, une meute de loups censée être décimée depuis bien des siècles. Irina, qui combat désormais aux côtés de Théobald, l’assiste dans la bataille et découvre une nouvelle part de son passé. Une part qui lève les derniers secrets sur sa vie et qui la forcera à prendre une décision déterminante pour son avenir...Et si l’amour le plus pur pouvait naître dans la haine la plus sombre ?

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EAN13 9782819101475
Langue Français

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Rédemption

 

 

Partie 2

 

 

 

 

 

 

 

Enel Tismaé

 

 

 

 

Rédemption

 

 

Partie 2

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« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »

 

 

© 2017 Les Editions Sharon Kena

www.leseditionssharonkena.com

 

 

 

Mes chers lecteurs,

Vous avez patiemment attendu la suite et fin des aventures d’Irina et Théo (oui,moi aussi j’ai le droit de l’appeler comme ça, je suis l’auteure, non mais !) et la voici enfin. Pour vous remettre un peu dans l’histoire, voilà un bref résumé du chapitre final de la première partie.

Théo et Irina se tournent toujours autour, même si l’attirance de cette dernière pour le bel hybride a quelque peu été refroidie quand il a décapité un de ses hommes, le traître qui informait sa mère.

À la suite de ce petit « incident », Kiara, la chef du clan de sorcières de Grawindall, contacte Irina par le biais de ses rêves afin de savoir comment elle avance dans sa mission. Mission qui lui a été confiée, rappelons-le, par la mère de Théo : le tuer grâce à l’aide d’un pieu ensorcelé.

Irina, la tête complètement dans le brouillard, perdue entre les sentiments contradictoires que l’hybride lui inspire, apprend ensuite que c’est l’anniversaire d’Angela, la pupille de Théobald. La jeune femme lui organise alors la plus belle des fêtes. Tout le monde s’amuse et flirte quand l’enfer se déchaine soudain sur la maison.

Et, cruelle que je suis, je vous ai laissés sur ce cliffhanger à s’arracher les cheveux. Il est temps pour vous de découvrir ce qu’il se passe ensuite.

Bonne lecture.

 

Table des matières

 

 

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Épilogue

 

Chapitre 1

 

 

Vers une heure du matin, la fête d’anniversaire d’Angie battait toujours son plein.

Angela, plus heureuse que jamais, s’amusait comme une folle. Irina et Théo dansaient un tango ensemble, s’aguichant l’un et l’autre tout en riant.

Soudain, la maison trembla. Un bruit similaire à une explosion retentit dans la cuisine. En un clignement d’œil, Théobald fut près d’Angela, entraînant Irina dans son sillage, pendant que les gars se mettaient en position de défense autour d’eux.

— Bon Dieu, mais qu’est-ce qui se passe ? hurla un des amis d’Angela.

Les convives ! Des humains étaient présents et venaient de voir des vampires se déplacer à grande vitesse.

— Théo ! couina Irina, en panique.

— On s’occupera de ça après, grogna-t-il. Vous, dit-il à trois de ses hommes, vous me rassemblez tous les humains dans une pièce et vous les protégez. Qu’aucun d’eux ne sorte de là !

Immédiatement, ceux qu’il avait désignés réunirent les invités dans un coin de la salle de réception.

— Irina, tu restes avec Angie. Derek, avec les filles. Il vaudrait mieux pour toi qu’il ne leur arrive rien. Les autres, avec moi.

Tous se dirigeaient vers la cuisine quand un loup gigantesque en émergea. Très vite, il fut suivi d’un autre, et encore un autre.

Puis l’enfer éclata dans la maison.

Irina se figea une seconde avant de se reprendre. Elle bondit vers le meuble où elle avait laissé son sac et saisit son automatique. Un des couteaux sur sa cuisse trouva seul sa main.

— Rina, hoqueta Angie, terrorisée.

La jeune femme se tourna vers son amie et aperçut alors le monstre qui venait droit sur elle, babines retroussées, la bave à la gueule. Derek intervint plus rapidement qu’Irina et fut sur lui avant qu’elle ne l’ait vu bouger. 

Elle rejoignit Angela et se posta devant elle, bien campée sur ses pieds, qu’elle dégagea de ses escarpins. Pieds nus, elle servit de bouclier humain à la sorcière alors qu’une seconde bête approchait. Irina lui tira plusieurs fois dans le crâne, mais la saleté était coriace et resta debout.

Une fois de plus, Derek leur sauva la mise. Il agrippa l’animal par la peau du cou et y planta ses dents, avant de le décapiter. Derek se releva, ravi de réussir sa mission, et sourit à Irina et Angie, leur assurant qu’elles ne risquaient rien tant qu’il était là.

Trois secondes plus tard, ce n’était plus le cas.

Un loup, légèrement plus grand que ses congénères, lui avait bondi sur le dos avant d’enserrer sa tête dans sa gueule. La pression fut si forte que la boîte crânienne de Derek explosa comme une pastèque, inondant les filles d’hémoglobine.

Angela hurla de terreur et Irina fit feu, vidant son chargeur, mais cela ne suffit pas. Il s’approchait toujours, étirant ses babines pour laisser entrevoir des crocs dégoulinant du sang de Derek.

— Même pas en rêve ! cracha Irina quand il avança encore.

Elle dégaina son second couteau de sa cuisse et lança le premier en pleine poitrine de l’animal. Celui-ci s’immobilisa enfin, mais un autre prit les filles à revers et se jeta sur Angela, lui broyant le bras de sa puissante mâchoire. Une lame à la main, Irina sauta sur la bête et la poignarda jusqu’à ce qu’elle lâche et s’écroule, morte. 

Angela, en état de choc, n’avait plus la force de crier et contemplait son membre déchiqueté d’un air absent. Irina la traîna dans un coin de la pièce, attrapa une des épées qui décoraient les murs au passage et se tint prête pour la suite.

Très vite, elle se rendit compte de quelque chose : tous les loups semblaient en avoir après Angela, qui les attirait irrémédiablement vers elle. Partout où elle posait les yeux, des vampires étaient aux prises avec des ennemis et, pourtant, il en venait toujours.

Mais combien étaient-ils, à la fin ?

Deux nouveaux monstres arrivèrent vers Angela. Irina en décapita un rapidement, mais le second lui donna du fil à retordre. Elle termina couchée sous lui lorsqu’enfin elle réussit à le blesser mortellement. La bestiole s’effondra sur elle, lui coupant la respiration, avant que le cadavre vole au loin et que le visage de James apparaisse.

— Ça va ? l’interrogea-t-il en l’aidant à se lever.

— Oui.

— Derek ?

— Plus de ce monde, souffla-t-elle en regardant ce qu’il restait du corps du malheureux. Théo ?

— En train de faire un massacre.

— Angie a besoin de soin, elle est en état de choc, il faut la sortir de là.

James s’approcha d’Angela et grimaça à la vue des flots écarlates qui s’écoulaient de la plaie.

— Donne-moi ton holster, ordonna-t-il à Irina.

Celle-ci défit la sangle de sa cuisse qui lui servait à porter ses armes et la lui jeta. Il la plaça au bras de la sorcière pour en faire un garrot pendant qu’Irina affrontait encore un loup, puis tout sembla se calmer petit à petit.

Le silence envahit la maison, et les survivants, tous couverts d’hémoglobine, immergèrent d’un peu partout pour se rassembler dans le living. Quelques secondes plus tard, ils s’écartèrent pour laisser passer Théobald, méconnaissable.

L’hybride marcha droit sur les filles, les traits déformés par la fureur, plus effrayant et puissant que jamais. Son costume était déchiré à plusieurs endroits, il avait d’ailleurs perdu son veston dans la bagarre, et chaque centimètre carré de sa peau était écarlate.

— Tu vas bien ? demanda-t-il à Irina.

Elle fut tellement perturbée par l’image qu’il renvoyait qu’elle ne put que hocher la tête pour lui répondre.

— Angie… Angie a besoin de soin, dit-elle quand elle eut retrouvé l’usage de la parole.

Elle abandonna son épée rougie et le suivit aux côtés d’Angela. Celle-ci était sortie de sa torpeur et pleurait désormais à grosses larmes, horrifiée par la vision de sa blessure. Théobald y jeta un œil et feula devant ce qu’il vit. Irina manqua de tourner de l’œil. Le bras d’Angela avait été réduit en charpie, un os fracturé était visible de tous.

— Je vais t’arranger ça, ma puce, souffla Théo en se mordant le poignet. Bois.

Dans un premier temps, Angela refusa, puis elle comprit qu’elle n’aurait pas le choix, sauf si elle voulait finir à l’hôpital. Elle avala quelques gorgées avant de repousser l’hybride. Irina tiqua. Elle avait été suffisamment amochée pour savoir que le sang de vampire faisait des miracles, à condition qu’il soit présent en quantité suffisante dans l’organisme. Ce n’était clairement pas le cas cette fois !

Angela avait besoin du double de la dose qu’elle venait d’ingurgiter. Théobald soupira, mais accepta néanmoins de ne pas lui en donner plus, puis il l’emporta dans ses bras et disparut dans les étages avec elle.

Irina resta seule avec James à regarder l’étendue des dégâts. Le living, ainsi que le hall, était jonché de cadavres, les murs maculés de pourpre, les meubles renversés.

— Bon Dieu, mais qu’est-ce qui s’est passé ? murmura-t-elle alors, prenant enfin la mesure de la violence de l’attaque.

— Des loups sont entrés par la porte arrière de la cuisine. Elle a été complètement arrachée, lui apprit-il.

— Beaucoup de morts parmi les nôtres ? s’enquit-elle, la gorge serrée.

— Honnêtement, je ne sais pas.

Irina et lui quittèrent le coin de la salle où elle s’était retranchée et partirent s’enquérir de l’état des humains, en espérant que tout le monde se porte bien. Elle ne voyait vraiment pas comment expliquer aux parents ce qui était arrivé à leurs enfants dans le cas contraire. Par chance, tous semblaient aller pour le mieux. Irina les trouva recroquevillés dans un petit salon, étrangement silencieux.

— On les a hypnotisés pour qu’ils se tiennent tranquilles, l’informa un des hommes assignés à leur protection.

— Vous avez bien fait. Hypnotisez-les de nouveau, et effacez tout ce qui concerne l’attaque, ordonna Irina. Ils sont tous rentrés chez eux après avoir passé la nuit à danser, c’est tout ce dont ils doivent se souvenir.

Le type se demanda s’il devait lui obéir ou non et consulta James du regard. Celui-ci acquiesça avant de se tourner vers la jeune femme.

— Je me charge des invités et de les faire raccompagner chez eux. Va te rafraîchir un peu. 

Irina approuva son idée et rejoignit la cuisine, qui était dans un état plus désastreux que le reste de la maison. On devinait aisément que le plus gros du combat avait eu lieu ici. Elle enjamba les cadavres de loups et se dirigea vers l’évier pour se laver les mains. Elle tressaillit en apercevant son reflet dans une vitre. Ses paumes n’étaient pas les seules à être couvertes de sang ! Son visage et son buste en étaient aussi maculés. Dégoûtée, elle attrapa un torchon qu’elle mouilla puis se nettoya comme elle put.

Très vite, l’espace fut envahi de vampires qui s’appliquèrent à débarrasser les morts. Pour ne pas les gêner, elle quitta la pièce et sortit sous le porche. Elle s’assit sur les marches du perron et observa les va-et-vient des hommes de Théo. Ils empilaient les dépouilles dans le jardin devant la demeure en attendant de savoir quoi en faire.

Ils finiront sûrement brulés, pensa Irina, horrifiée par le nombre toujours grandissant de corps. Mais combien de loups les avaient attaqués ? Une meute entière ?

Elle perçut une présence à ses côtés peu avant que Théobald ne prenne place à son tour et lui tende une bouteille de bière fraîche. Ils trinquèrent, puis burent quelques gorgées en silence, fixant le spectacle macabre.

— Comment va Angie ? s’enquit-elle enfin.

— Elle se rétablira, répondit-il. Grâce à toi. Tu lui as sauvé la vie, Irina.

— Tu n’imaginais quand même pas que je la laisserais se faire bouffer, non ? Tu les as tous eus ? l’interrogea-t-elle en désignant les dépouilles.

— Certains se sont échappés. Mais je les aurai, ce n’est qu’une question de temps. On n’attaque pas ma maison sans en subir les conséquences.

Un frisson glacé traversa Irina. La voix de Théobald était calme et pourtant il réussit à lui coller la frousse du siècle. Si elle avait été dans le camp ennemi, elle aurait commencé à courir, histoire de mettre le plus de distance possible entre l’hybride et elle. Son ton promettait un massacre. Il serait sans pitié quand il croiserait la route des responsables de ce qui s’était produit cette nuit.

— Tu devrais monter prendre une douche et te coucher. Tu es couverte de sang.

— Est-ce que tu t’es seulement regardé dans un miroir ? C’est toi qui dégoulines de sang, pas moi.

Bien qu’il ait eu la même idée qu’elle et se soit nettoyé les mains et le visage, il portait encore des traces du combat. Et à y regarder de plus près, c’était également son cas. Leurs beaux vêtements étaient fichus. Sa robe, déchirée et maculée, tout comme le costume de Théo, était bonne à jeter.

— Tu as l’art d’organiser des soirées, railla-t-elle en mettant un coup d’épaule au vampire assis à ses côtés.

— Hey ! On s’amusait bien avant que les loups ne débarquent ! Quoique, selon ton point de vue, j’imagine qu’ils ont eu un parfait timing. Ils t’ont évité de me tomber dans les bras.

— Pardon ? s’offusqua Irina.

— Tu étais bien avec moi. Je le sais et tu le sais aussi, répondit-il avec un clin d’œil.

Il but sa bière et Irina eut envie de lui faire avaler la bouteille pour qu’il cesse de dire des âneries. Elle s’était éclatée, c’était vrai, ça avait été génial comme fête. Et elle avait dansé avec l’hybride, se rapprochant encore un peu plus de lui. C’était vrai également. Elle aurait sûrement fini par l’embrasser, ou par lui demander de le faire, si les loups n’étaient pas intervenus. Bordel, il avait raison !

— Tu vois, railla-t-il.

— Arrête de lire dans mes pensées ! s’énerva-t-elle.

Théobald s’esclaffa et passa un bras autour des épaules de la jeune femme pour l’attirer contre lui.

— Je refuse, c’est bien trop distrayant, lui susurra-t-il à l’oreille, provoquant de délicieux frissons chez elle.

La panique l’envahit alors. Elle sentait son souffle chaud dans son cou et cela lui donna immédiatement envie de se coller à lui pour qu’il plante ses dents dans sa gorge.

Merde ! Elle était en train de succomber. Un plan de secours, vite ! Elle chercha du regard n’importe quoi pour servir de diversion et fixa la Lune qui était encore pleine.

— Pourquoi tu ne te transformes pas ? demanda-t-elle soudain en repoussant son bras.

— Je suis un hybride, ma douce, je ne dépends plus de la Lune, répondit-il, amusé par le tourment qui habitait Irina. 

— Je suis au courant, mais ça ne te manque pas ? Après tout, ça doit être cool, non ? Courir à toute allure dans la forêt, complètement libre. Ça doit être génial, murmura-t-elle, rêveuse. Comment est ton loup ? Je parie que tu es noir.

— Pourquoi noir ? s’étonna-t-il.

— Parce que tu es le diable en personne et que c’est une couleur qui te va bien, répliqua-t-elle avec un sourire en coin.

Théobald écouta ses pensées et se renfrogna quand il constata que celles-ci n’étaient plus du tout lubriques. Irina était désormais vraiment curieuse d’en apprendre plus sur son côté lupin et avait abandonné toute idée sensuelle. Qu’à cela ne tienne, il n’avait pas dit son dernier mot !

Depuis qu’elle était de retour auprès de lui, il n’avait cessé de la surveiller, s’attendant à moitié à ce qu’elle le trahisse. Elle le séduisait, certes, mais il n’était pas stupide pour autant. Il n’oubliait pas qu’Irina avait rencontré sa mère. Et puis, malgré lui, Irina l’avait de nouveau attiré à elle comme un aimant. C’était inexplicable, cette attraction qu’il éprouvait.

Torturé entre ses sentiments et la prudence, il avait fini par demander à Angela de concevoir une sorte de potion de vérité qui passerait inaperçue. La sorcière avait, dans un premier temps, refusé avant de se ranger à l’avis de Théo : il fallait être sûr de l’honnêteté d’Irina. Si elle servait de diversion, ils devaient se préparer.

Angela avait donc confectionné un philtre qu’elle avait ajouté il y a quelques jours dans le jus d’orange d’Irina. Si la jeune femme était sincère, elle développerait une aura rouge. Si elle mentait sur ses intentions, elle serait bleue. Tout cela uniquement visible pour Angela, bien sûr.

Irina, qui ne se doutait de rien, avait avalé le contenu de son verre sous le regard attentif de Théobald et de sa protégée. Au sourire qui avait illuminé le visage de cette dernière, l’hybride avait compris qu’une lueur écarlate venait d’apparaître. Irina était vraiment là sans arrière-pensée.

Depuis, il avait commencé à se détendre un peu. Il était toujours autant attiré par elle après tout, alors, si elle était honnête, il ne courait aucun risque à se laisser aller. C’était d’ailleurs dans ce but qu’il l’avait monopolisée toute la soirée, la faisant rire et danser. Il savait qu’elle finirait par craquer.

Et cette putain de meute avait attaqué !

Désormais, Irina était plus intéressée par son côté lupin que par lui. Mais ça pouvait changer.

— Je peux te montrer, si tu veux, proposa-t-il soudain.

— Quoi, maintenant ?

— Tu as peur ? dit-il pour la provoquer.

— Ça te ferait trop plaisir. Vas-y, fais voir !

Pile comme il l’espérait !

Il lui tendit sa bouteille de bière et se leva. Il défit sa cravate qu’il passa au poignet de la jeune femme.

— Un loup n’a pas la même faculté de réflexion qu’un humain. Il se laisse guider par ses instincts. Il est possible qu’une fois sous ma forme animale j’aie du mal à te reconnaître ou à me maîtriser. Ça aidera si tu portes mon odeur.

— Et si tu m’attaques quand même ? demanda-t-elle, sceptique.

— Cours, répondit-il en souriant.

Son rictus éclatant fut soudain tranchant et prédateur. Irina pensa au petit chaperon rouge : « comme vous avez de grandes dents, mère-grand ! » Elle comprenait mieux ce qu’il avait ressenti !

Théobald noua le tissu autour de sa main et déposa un léger baiser dessus. Irina se sentit fondre immédiatement. Sensation qui s’accentua quand il retira sa chemise et qu’il commença à jouer avec la boucle de sa ceinture.

— Whooo, tu fais quoi là ? s’exclama-t-elle en se redressant d’un bond.

— C’est plus facile et agréable de me transformer si je ne porte aucun vêtement.

— Tu ne pouvais pas le dire avant ? 

Elle l’observa enlever ses chaussures et ses chaussettes, puis son pantalon, avant de se reprendre et de détourner le regard. Il éclata de rire, parfaitement conscient de ce qu’il faisait. Presque malgré elle, Irina retourna légèrement la tête vers lui afin de pouvoir l’observer du coin de l’œil. Il se débarrassa de son boxer et elle se força à garder son torse dans son champ de vision. Et ça n’était pas très compliqué, avec un buste comme le sien. 

Puis, soudain, il disparut et, quelques instants plus tard, un énorme loup blanc aux reflets d’argent s’avança vers elle. Incrédule, elle descendit les quelques marches du perron pour venir à sa rencontre et le laisser approcher. Il devait la reconnaître, car jamais il ne se montra menaçant.

Irina se mit à genoux pour être à la bonne hauteur et toucha un pelage aussi doux que de la soie, avant que l’animal ne se frotte contre son bras. Ses doigts coururent longuement dans cette fourrure duveteuse pour le caresser. Puis elle ramena les mains vers la gueule de la bête et le fixa.

Oh oui, pas de doute possible ! Ses deux pupilles jaunes qui la scrutaient avec intelligence et une pointe d’arrogance, c’était bien Théobald ! Et il le lui prouva en lui léchant la joue.

— Tu sais, déclara-t-elle en riant, je crois que je te préfère comme ça, en fait. Tu es d’une compagnie beaucoup plus agréable.

Il gronda légèrement et lui assena un coup de tête suffisamment puissant pour qu’elle perde l’équilibre et se retrouve étalée sur le dos. Il lui sauta alors dessus et planta ses pattes de chaque côté de son crâne, avant de lui montrer les crocs et de grogner.

— Heu non, tout compte fait, je préfère l’autre toi, dit-elle en essayant de le repousser.

Mais il était bien plus fort qu’elle, sans compter que sa capacité de mouvements était entravée par le loup sur elle. Cela ne s’arrangea pas quand il se retransforma en homme. 

Irina, qui n’avait pas quitté la bête du regard, eut la stupéfaction de voir les prunelles jaunes redevenir bleues. Tout comme la gueule qui la menaçait peu avant devint un rictus moqueur. Théobald était réapparu exactement dans la même position que son animal : les bras encerclant la tête d’Irina, allongé contre elle… et complètement à poil !

La jeune femme fut tellement surprise par la mutation qu’elle ne remarqua pas tout de suite le manque de vêtements sur lui. Elle aperçut d’abord ses épaules à la musculature parfaite. Ce n’est qu’en s’attardant sur son torse qu’elle comprit.

— Bordel, Théo, qu’est-ce que tu fous ? s’exclama-t-elle, le souffle soudain court.

— Mais rien, ma douce, répondit-il avec un sourire en coin.

— Pousse-toi ! lui ordonna-t-elle en le touchant pour l’éloigner.

Elle sut alors qu’elle était perdue.

Sa respiration se fit haletante, son cœur se mit à battre la chamade et ses doigts se figèrent au contact de cette peau nue. Elle était si douce et chaude. Ensanglantée aussi, mais à l’heure actuelle, Irina s’en foutait royalement. Lentement, elle laissa ses paumes glisser sur les pectoraux de Théobald, caressant son corps avec une tendresse infinie. Cette fois, ce fut au tour de l’hybride d’être surpris.

— Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il.

Irina releva les yeux vers lui et, pendant un court instant, ils restèrent à se fixer sans oser bouger. Puis elle passa les mains dans le cou de Théo et lui agrippa les cheveux avant de l’embrasser.

Elle avait succombé.

Le vampire sourit quand il sentit ses lèvres se poser contre les siennes. Il effleura du bout des doigts le visage d’Irina, descendit sur sa gorge et ses épaules. Elle frissonna et le colla au plus près d’elle, sa langue toujours perdue dans la bouche du loup, gémissant quand il pressa son bassin contre le sien.

En retour, un grondement rauque, presque animal, enfla dans la poitrine de Théobald. Si elle ne le repoussait pas, il ne s’arrêterait pas. Cette fois, il ne pourrait se maîtriser et qu’importaient les conséquences. Il la désirait et il allait la posséder ! 

Mais pas ici.

Une bourrasque de vent lui rappela qu’ils étaient tous les deux étendus dans les graviers du chemin, à la vue de tous, et lui complètement nu.

D’un geste souple, il se releva, redressant Irina par la même occasion, et mit son pantalon à la vitesse de l’éclair. Il désirait prendre son temps avec elle, mais il n’était pas certain d’y parvenir.

Le regard aguicheur qu’elle posa sur lui lui permit de comprendre qu’Irina ne l’aiderait pas à ralentir le rythme. Loin de là même, puisqu’elle le plaqua sur la porte de l’entrée pour le dévorer de baisers.

Puisqu’il était le mâle dominant, il inversa les rôles et la colla contre le battant, lâchant sur place les vêtements éparpillés qu’il avait ramassés quelques instants plus tôt. Il embrassa Irina à en perdre haleine, suçotant ses lèvres si tentatrices avant de s’écarter pour qu’elle respire. Elle était humaine et, contrairement à lui, avait besoin d’oxygène pour vivre.

Alors qu’elle reprenait son souffle, il baisa sa mâchoire puis descendit dans sa gorge. L’effluve de son sang lui inonda les narines. Il voyait sa carotide s’affoler juste sous son nez. Il ne souhaitait pas la mordre, mais, malgré tout, ses canines s’allongèrent. Irina tira sur ses cheveux pour l’éloigner de son cou et le rapprocher de sa bouche. Théobald ne se laissait pas souvent diriger, pourtant, cette fois, il obéit sans difficulté. Une femme qui exigeait qu’on l’embrasse… il ne pouvait décemment pas dire non !

Ses mains passèrent dans le dos d’Irina, puis sous ses reins et sur ses jambes fuselées dans cette robe divine qui était désormais bonne pour la poubelle.

Puisqu’elle ne craignait plus rien, Théobald n’eut aucun scrupule à la déchirer davantage pour qu’elle tombe au sol. Enfin, il la touchait sans cette barrière de tissus.

Ses doigts furent attirés par les fesses d’Irina et il ne se priva pas pour les abandonner sur ces formes rebondies qui lui avaient toujours tant fait envie. Il la colla à lui, lui faisant sentir combien il la voulait, et Irina lui sauta littéralement dessus, enroulant ses cuisses autour de sa taille. Théobald sourit contre sa bouche. Il mit fin à leur baiser et la regarda dans les yeux.

Elle était si belle.

Même ainsi couverte du sang de ses ennemis, elle était sublime. Si désirable. Totalement inconsciente du pouvoir qu’elle avait sur lui à l’heure actuelle. Il ne laissait personne le contrôler, mais elle… il consentait à l’y autoriser. Le souffle court, le visage écarlate, les prunelles luisantes d’une faim qu’il ne comprenait pas, elle était magnifique. Il caressa sa joue, elle lui adressa un rictus à le rendre fou, il l’emprisonna dans ses bras et monta dans sa chambre. Irina se retrouva sur le lit de Théobald avant qu’elle s’en soit aperçue.

— Si tu dois me repousser, lui dit-il, la voix rauque, c’est maintenant ou jamais.

En réponse, Irina lui saisit une main et la posa sur son sexe frémissant d’envie et si humide que son string en était trempé.

— Ai-je l’intention de te repousser, selon toi ? lui susurra-t-elle à l’oreille tout en lui mordillant la mâchoire.

Théobald était incrédule. Il avait enfin réussi à la séduire pleinement.

Il se ressaisit quand la langue de la jeune femme lui aguicha la bouche. Il lui agrippa la chevelure d’une poigne de fer et l’éloigna légèrement pour la regarder. Le désir qu’il perçut dans les prunelles d’Irina le fit complètement basculer. Un grondement purement animal lui échappa et il sentit ses pupilles changer de couleur et ses crocs s’allonger.

Irina l’observa perdre le contrôle de lui-même pendant quelques instants. Quelques moments précieux où elle put entrevoir ses yeux de loups, puis il se reprit et la plaqua contre le matelas pour lui dévorer les lèvres. Elle le lui rendit bien.

Irina l’embrassait avec une telle passion que Théo crut son cœur ressuscité d’entre les morts. Il avait l’impression qu’il battait de nouveau dans sa poitrine. Elle l’écarta pour retrouver son souffle, il en profita pour baiser son cou.

Du bout de la langue, il suivit le tracé des veines et artères d’Irina alors que ses mains s’aventuraient sur son ventre. Elle s’arqua sous ses caresses pour les accentuer et passa les doigts dans ses cheveux. Cette fois, elle ne l’éloigna pas, au contraire même puisqu’elle l’incita à s’approcher davantage.