Résurrection

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72 pages
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Adenora a fui Damien, son mari, qui peu à peu l’a dépouillée de son identité. Jusqu’au jour où elle décide de l’affronter et de récupérer sa vie.


Réussira-t-elle à s’en libérer enfin et à redevenir celle qu’elle était ?

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EAN13 9782378160005
Langue Français

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Résurrection
[Selena Dubh]
© 2017, Selena Dubh. © 2017, Something Else Edition s. Tous droits réservés.
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : ©123rf Illustration : ©Caly Design ISBN papier : 979-10-96785-XX-X Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les p ersonnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination des auteu rs ou utilisés fictivement. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes o u mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait q ue pure coïncidence. Résurrection
Lentement, j’émerge d’un sommeil lourd et angoissan t. Je sais que je viens encore de faire ce cauchemar et comme à chaque fois, il ne m’en reste qu’une impression de panique… Je regarde autour de moi, tout est noir et sale… Et puis tout me revient… La fuite, la cave où je me suis réfugiée et où je vis depuis mai ntenant quelques années. Sans doute qu’il ne me cherche plus, peut-être même est- il mort maintenant mais je me suis habituée à cette vie-là et je ne veux pas prendre l e risque de redevenir sa proie. Je sors de mon antre, dans l’air frais du soir. Com me l’établissement de bains publics où j’ai mes habitudes va bientôt fermer, je me hâte. Une fois décrassée, je me sens redevenir humaine… Enfin presque, si on fait a bstraction du costume de monstre qu’il m’a obligée à endosser… Et qu’on oublie qu’il m’a forcée à me battre encore et encore pour conserver ma liberté… Les premières batailles ne furent pas difficiles, l a peur de me faire prendre à nouveau et de redevenir son esclave m’a aidée à me débarrasser des chiens qu’il avait lancés sur mes traces. Au fil du temps, c’est deven u comme une seconde nature … Mais peu à peu, les recherches se sont calmées et s es limiers devenus bien moins nombreux… Voilà bientôt deux ans que je n’en ai plu s croisés. Se serait-il enfin lassé ? Aurait-il renoncé ou trouvé une autre victime à man ipuler, un autre jouet à torturer ?
Prépare-t-il une nouvelle offensive, espérant que j e baisse ma garde ? Je me souviens de ses sbires… Après ma première fui te, ils n’avaient eu aucun mal à me retrouver. Je n’étais pas organisée. J’avais u tilisé ma carte bancaire tout au long de mon trajet et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’avais fini dans une voiture, encadrée de deux malabars qui m’avaient ra menée de force à la maison. La seconde fois, je m’étais mieux préparée. Dans la ville voisine, j’avais vidé le
compte en banque où je conservais l’argent hérité d e mes parents et tout ce que j’avais pu grappiller. Je n’avais pris que peu de bagages. Les vêtements qui me restaient d’avant mon mariage, quelques tenues confortables, et une ou deux toilettes « habillées » mais simples, au cas où. À l’étape suivante, j’avais changé de coiffure et d e couleur de cheveux, refait des photos d’identité. Au bout de quelques jours, je m’étais arrêtée dans une ville de moyenne importance, histoire de me fondre plus facilement dans la masse . Au hasard de mes pérégrinations, j’entrais dans un bar. Une annonce sur la porte offrait un emploi de serveuse pour le service du so ir. Avisant le patron, je proposai ma candidature. Son épouse, enceinte, assurait la journée mais était trop fatiguée pour tenir jusqu’à la fermeture de l’établissement. Obtenir un coup de main pour la seconder étant deve nu indispensable, il accepta de suite. Comme je lui demandai où trouver un logement pas trop cher, il me proposa d’emménager dans un studio à l’arrière du bar, doté d’une entrée indépendante. Je m’installai donc. Au fil des jours, je sympathisai avec le couple et finis par leur avouer que je fuyais un mari violent. Marc, le patron, était un ancien Marine. Suite à un e agression d’un envoyé de Damien, dont il m’avait sauvée de justesse, il entr eprit de me donner une formation sommaire, mais suffisante, pour me défendre. Techni ques de combat, entraînement sévère pour augmenter ma résistance, ma vitesse, cr ocheter rapidement une serrure pour m’échapper, mais aussi une série de réflexes t els la reconnaissance de mon environnement, les possibilités de fuite, me tenir toujours prête à un départ rapide sans abandonner chaque fois mes maigres possessions. Com me j’étais motivée, j’apprenais vite… Au bout de quelques mois, je mis mon entraîne ur presque KO. Pour lui j’étais prête… Après la visite d’un quidam déterminé à me ramener à la maison, j’ai décidé de quitter Marc et Suzanne et de continuer mon chemin. Pour brouiller les pistes, Marc m’a aidée à me procurer de faux papiers, à changer de v oiture. Je repris ma route, m’installant provisoirement dans une ville après l’ autre, y restant jusqu’à l’arrivée d’un nouvel envoyé de Damien… Je les laissais souvent en triste état puisqu’au moins au début, ils ne s’attendaient pas à ce que je leur ré siste… Puis leurs apparitions se sont espacées jusqu’à ce que je puisse vivre ces deux de rnières années dans une fausse quiétude Pour brouiller les pistes, je squattais les caves d ’un immeuble abandonné. Une pièce me servait de chambre, l’autre de cuisine. J’avais fait l’acquisition de matériel de
camping, facilement démontable et que je pouvais ra pidement ranger dans le vieux break acquis lors d’une précédente étape. La majori té de mes possessions ne quittaient d’ailleurs jamais le coffre, m’assurant une fuite rapide si nécessaire… Damien ne m’a jamais fait de mal au sens où on l’en tend, pas de coups, pas de cicatrices visibles… Simplement, il m’a appris ce q u’est la peur, inoculant cette terreur jour après jour dans mon quotidien, m’enchaînant ai nsi à lui par des fils invisibles et détruisant pierre par pierre celle que j’étais. Je suis devenue son esclave, soumise à ses moindres caprices, subissant ses foudres à la m oindre résistance, torture insidieuse et répétitive… J’avais droit à une prison dorée, rien de trop beau pour son odalisque… Je l’attendais à chacun de ses retours, d’abord avec b eaucoup d’amour et puis la peur au ventre. Les fleurs étaient-elles assez belles, les bibelots bien à leur place, le tapis impeccable, le repas assez somptueux ? Autant de qu estions dont je n’avais la réponse que dans ses yeux qui jaugeaient tout d’un seul reg ard méprisant… Et jamais un cri… Seulement de petites pointes… Remarques incisives… — Ma chérie c’est très joli mais pourquoi cette cou leur ? Tu trouves vraiment que ça va avec le reste ? Instiller le doute savamment… Mais le pire ce n’éta it pas encore cela… Le pire c’était la nuit, quand doucement il s’insin uait dans la chambre… Maintenant encore, les souvenirs refusent de remonter à la sur face, et ne se laissent pas exorciser… Que m’a-t-il fait pour que chaque matin je me sente souillée à ce point ? Dès que j’essaie d’évoquer ces moments, je me mets à trembler, mon corps se recroqueville… Et puis j’explose, prise d’une rage aveugle contre cette femme dure et froide, remplie de haine, contre ce monstre que j’u tilise pour survivre... Le premier homme qui passe se superpose à son image et de vict ime je deviens bourreau. J’endosse mon costume de reine de la nuit… Je sédui s puis torture sans relâche… Mais d’où me viennent toutes ces caresses perverses ? Me les a-t-il apprises ? Sans doute puisque je me souviens avoir été douce et ten dre, il y a bien longtemps… Mais je ne partage plus… Les caresses c’est moi qui les don ne, aucun homme ne me touche plus. Ils demandent, ils supplient et subissent ma loi mais de moi ils n’ont rien d’autre que le bout de mes doigts ou de mon fouet qui les d irigent jusqu’aux limites de ma vengeance. Qui reconnaîtrait maintenant, dans ce que je suis d evenue, cette femme calme et insignifiante tombée dans les griffes d’un fauve ? Dans cette furie la douce, la soumise ? Je suis un prédateur et...