Risky Love
309 pages
Français

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Description

Depuis qu’elle le connaît, Poppy O’Shea est secrètement amoureuse du meilleur ami de son frère. Pour elle, Will Atkins représente tout ce qu’elle aime chez un homme. Il est sexy, mystérieux, plein de charme... mais totalement inaccessible. Aux yeux de ce séducteur invétéré, cette dernière n’a jamais été que la petite soeur intouchable de son pote, une limite à ne jamais franchir.


Résolue à l’oublier, Poppy papillonne, vit sa vie à Paris où elle s’épanouit dans le monde de la mode. Entre son travail et ses amis, elle réussit enfin à trouver un équilibre où - victoire ! - Will ne fait (presque) plus partie du paysage. Jusqu’au jour où, sur une plage des Bahamas, tout bascule.


Pour la première fois de sa vie, Will voit enfin Poppy sous un autre jour. Commence alors entre eux un jeu dangereux. Sulfureux, interdit. Un jeu risqué dont ils ne maîtrisent pas les règles et qui pourrait bien changer leur vie...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 27
EAN13 9782376523277
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Diane Hart
Risky Love



ISBN : 978-2-37652-327-7
Titre de l'édition originale : Risky Love
Copyright © Butterfly Editions 2021

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Couverture © Mademoiselle e. - Depositphotos
Tous droit réservés, y compris le droit de reproduction de ce livre ou de quelque citation que ce soit sous n'importe quelle forme.
Cet ouvrage est une fiction. Toute référence à des événements historiques, des personnes réelles ou des lieux réels cités n'ont d'autre existence que fictive. Tous les autres noms, personnages, lieux et événements sont le produit de l'imagination de l'auteur, et toute ressemblance avec des personnes, des événements ou des lieux existants ou ayant existé, ne peut être que fortuite.
ISBN : 978-2-37652-327-7
Dépôt Légal : mars 2021
29032021-VF
Internet : www.butterfly-editions.com
info@butterfly-editions.com

Je dédie ce livre au temps qui guérit toutes les blessures.
“ Je crois en la couleur rose. Je crois que le rire est la meilleure façon de brûler des calories. Je crois aux baisers, beaucoup de baisers. Je crois qu'il faut être forte quand tout semble aller mal. Je crois que les filles joyeuses sont les plus jolies. Je crois que demain est un autre jour et je crois aux miracles.”
Audrey Hepburn.
Prologue


On a gagné, putain de merde !
Le buzzer qui marque la fin du match retentit dans l’immense patinoire de la British Columbia University où nous nous entraînons habituellement quatre fois par semaine. Le panneau du score clignote, m’éblouissant presque. Mon cœur bat à toute vitesse, encore secoué par la traversée spectaculairement rapide de la glace jusqu’au filet ennemi. Le public est en liesse et leurs hurlements de joie retentissent dans ma tête comme le feu d’artifice du 1 er juillet 1 . Les banderoles rouges et blanches s’agitent autour de nous dans tous les sens, créant ainsi un raz de marée coloré qui m’étourdit.
4-3 pour St. George. On a lutté, mais on a finalement réussi à les niquer, et à domicile en plus. Je souris comme un imbécile heureux avant d’enlever mon casque quand Parker, l’un de mes coéquipiers et accessoirement meilleur ami, fonce sur moi pour me sauter dessus. Très vite, il est rejoint par Roy et Tanaka. Les trois enfoirés me secouent comme un prunier, me tapent dans le dos et, malgré les gnons que je me suis pris tout au long du match, je m’esclaffe, le cœur léger. J’ai marqué à la dernière seconde dans un lancer frappé décisif, scellant définitivement le sort de l’équipe adverse.
— Mec, t’es un Prince ! s’exclame Parker en ébouriffant ma tignasse brune, ruisselante de transpiration.
Notre démonstration de franche camaraderie déclenche une nouvelle salve d’acclamations dans les gradins. Je les cherche des yeux dans la foule extatique, mais avant que je puisse y parvenir, je suis tiré vers les bancs où nous attendent le Coach Brody et son adjoint, Carriker. C’est la troisième victoire de la saison, de quoi finir l’année en beauté. Je suis fier de notre équipe, plein d’espoir pour la suite et à voir l’expression du Coach Brody, je ne suis pas le seul. Ce dernier me tape sur l’épaule et me congratule tout sourire, seulement mon esprit est déjà ailleurs. Auprès d’eux, d’elle.
Je vais fêter cette victoire entre ses cuisses et ne plus en sortir pendant des jours. Ça sera elle, mon cadeau de Noël. Je me retourne brièvement dans l’espoir d’enfin les entrevoir, en vain. Bizarre. Ils ont pourtant toujours l’habitude de s’asseoir au même endroit dans les tribunes. Convaincu qu’ils ont dû changer de place pour une raison x ou y, je me dirige vers les vestiaires avec les autres. La bonne humeur générale explose dans ce lieu clos qui nous est réservé. Les rires et les blagues fusent alors que nous commençons à enlever notre lourd et encombrant équipement.
— Putain, mon pote, je vais me mettre une bonne grosse race pour fêter ça !
Je ris en regardant les petits pas de danse ridicules de Kowalski avant qu’il ne se laisse tomber lourdement à côté de moi sur le banc. Ce type est un ogre. Deux mètres dix de muscles et un lancer balayé de malade mental. C’est un attaquant hors pair qui fout la trouille à tous nos adversaires.
— On va tous chez Roy, tu en es ?
Désormais torse nu, je secoue la tête.
— Désolé, je passe mon tour ce soir, j’ai autre chose de prévu.
— Lizzie ?
Je lui fais un clin d’œil avant d’enlever ma culotte et mes bas.
— T’es un connard de chanceux ! se marre-t-il, en balançant son maillot dans son sac.
Nous sommes interrompus par l’arrivée du Coach qui, après un bref discours de félicitations et d’encouragements, nous laisse filer sous la douche. Pressé, je ne m’attarde pas et alors que je me rince à l’eau brûlante, un étrange sentiment m’enserre la poitrine. Une douleur insidieuse, comme celle d’une aiguille très fine que l’on enfoncerait dans mon sternum. Surpris par cette sensation désagréable, je m’appuie contre la paroi carrelée des douches communes, laisse tomber ma tête entre mes deux bras tendus tout en tentant de reprendre mon souffle. Seulement, au lieu de s’atténuer, cette dernière s’intensifie.
Merde, c’est quoi ce bordel ?
Je serre la mâchoire pour la repousser. Je me fais soudain l’effet d’un chien qui halète. Je sens sur moi le regard inquiet de Parker, et quand j’esquisse malgré moi une grimace, il s’avance pour poser doucement sa main sur mon épaule.
— Hé, Mec, tout va bien ?
À son contact, je sursaute, puis m’écarte brusquement.
— Me touche pas, putain !
Il lève les mains en signe d’apaisement.
— Désolé, désolé ! Tu n’avais pas l’air bien…
— Les meufs, ce n’est pas le moment de vous crêper le chignon ! se moque l’un des gars au fond du vestiaire.
Nous l’ignorons et je prends conscience avec un certain amusement de l’aspect humoristique de notre situation, autrement dit celle de deux types sous la douche, bâtis comme des armoires à glace, la bite à l’air, qui discutent de leurs sentiments… Mon meilleur ami me lance un regard perplexe et je détourne les yeux.
— Ça va, t’inquiète, grogné-je en coupant l’eau et en attrapant une serviette que j’enroule autour de ma taille.
Il n’insiste pas et j’en profite pour filer. Je m’empresse de me sécher, de m’habiller et de rassembler mes affaires. Je vérifie mon téléphone dans l’espoir d’y voir leurs messages ou leurs appels manqués. Rien. J’ai un très mauvais pressentiment. Je ne sais pas comment l’expliquer, ni à quoi cela est dû – c’est la première fois que cela m’arrive –, mais je ne le sens pas du tout.
Je le range avec fébrilité dans la poche de mon jeans, enfile mon blouson bleu marine et enroule mon écharpe en laine grise autour de mon cou. En ce début de mois de décembre, les températures sont déjà bien descendues en dessous des dix degrés. En clair, on se pèle le cul et l’on sait qu’après un effort physique, il est conseillé de bien se couvrir pour ne pas attraper la mort – même si en réalité, avec toutes les endorphines que j’ai sécrétées en jouant, je meurs de chaud sous mes trois couches de fringues.
Une fois dans le couloir encombré, je m’avance difficilement vers la sortie. Évidemment, on m’arrête à plusieurs reprises pour me complimenter et je joue le jeu à contrecœur. L’impatience me gagne ainsi qu’une sorte d’angoisse pernicieuse.
Bon sang, je ne vais jamais y arriver.
Enfin parvenu dans le hall, je les cherche du regard. J’aperçois McNulty, le doyen de St. George qui me fait signe et je lui réponds mollement, trop concentré pour y prêter une quelconque attention. Mes yeux balayent la pièce.
De gauche à droite. Une fois. Deux.
Je m’avance encore un peu et recommence le même manège.
Où sont-ils ?
Puis enfin, mon téléphone se met à vibrer dans ma poche. Soulagé, je souris et décroche avant d’avoir pu vérifier l’identité du correspondant.
— Où êtes-vous ? demandé-je d’une voix rauque.
Une seconde, peut-être même plus, s’écoule avant qu’une voix masculine retentisse dans mon oreille.
— Bill Atkins ?
La surprise me coupe le souffle et je dois prendre sur moi pour réussir à articuler une réponse.
— Oui. Qui est-ce ?
— Je suis l’inspecteur Fitzgerald de la VPD 2 …
La suite de sa phrase s’imprime dans mon cerveau avec la même force et intransigeance qu’une multitude de coups de poing dans le ventre. Le sol se dérobe sous mes pieds, mes genoux se mettent à trembler. Moi qui avais chaud, me voilà gelé. C’est impossible, je ne comprends pas. Il fabule, j’ai mal entendu, ce ne sont pas eux, ils ont dû se tromper.
Non.
Sa voix continue de débiter des informations que je n’entends pas. Un seul mot tourne en rond dans les brumes effroyables de mon esprit.
Morts. Ils sont morts.
« Sur le coup », d’après le type. Mais qu’est-ce que ça change au juste, putain ?
Je suffoque, la nouvelle me prend à la gorge, mes paupières me brûlent et je tombe à genoux, au milieu du hall bondé, le téléphone collé contre la poitrine. Je l’agrippe comme si ma vie en dépendait et finalement, c’est peut-être un peu le cas. Je sens des gens se presser autour de moi, me parler, me secouer gentiment, mais je suis déjà loin. On m’arrache mon mobile et je me laisse faire. À quoi bon lutter ? À quoi bon me relever ? J’ai dix-huit ans et mon monde vient de partir en fumée. Les larmes coulent le long de mes joues. Je crois que c’est la première fois que je pleure depuis que je suis enfant. Je ne peux pas m’en empêcher, ça fait trop mal, c’est trop soudain – insupportable – pour rester insensible. Et puis merde, pourquoi le serais-je ? ILS SONT MORTS.
Eux, elle… merde.
Un sanglot déchirant s’échappe de mes lèvres et je m’effondre comme une masse sur le carrelage sale, glacé, piétiné par la Terre entière.
Soudain, des petits bras me rattrapent et je relève la tête, la vision brouillée, le cœur en total désespoir. C’est ma sœur. Kate. Putain, Kate ! Elle est là. Avec moi. Nos yeux noirs, parfaitement identiques, se croisent, les siens sont aussi larmoyants et affligés que les miens. Comment est-ce possible ? Pourquoi est-elle là ? Je ne comprends rien or, malgré l’abominable tourment qui ronge doucement mon être, je suis heureux de la sentir contre moi. Une lueur d’espoir au milieu de toute cette horreur. Ses mains froides entourent mon visage, s’accrochent désespérément avant qu’elle ne gémisse un :
— Oh, Billy, mon Dieu…
Elle s’abat dans mes bras et je l’enlace du mieux que je peux, me laissant aller à mon tour. La comprimant contre moi pour palper du bout des doigts la vie qui l’habite et qui les a quittés. Pour la sentir, l’absorber, pour me donner la virulence nécessaire de tenir – pour elle. Je respire son odeur entre deux hoquets de supplice. C’est celle de la maison. Les souvenirs qu’elle évoque me déchirent le bide, je les repousse. Non, je ne peux pas me le permettre.
Nous ne sommes plus que deux pauvres naufragés se raccrochant l’un à l’autre au beau milieu de la marée de désolation qu’est devenue notre existence. Autour de nous, le reste du monde s’est éclipsé, toutefois, je sais que nous sommes au centre de toutes les attentions. On nous regarde, nous observe, curieux, désolés, sous le choc pour certains. Deux foutues bêtes de foire.
J’ai tellement de questions dont il me tarde d’avoir les réponses. Pourquoi ? Comment ? Qui ? Seulement, je dois prendre mon mal en patience, la vérité viendra bien assez tôt et, je le sais, me fera un mal de chien, me bousillera – stricto sensu .
Ma sœur continue de pleurer, le nez enfoui dans mon écharpe et en dépit du chaos qui m'asphyxie, je m’oblige à museler mes propres sentiments. Je me fais la promesse solennelle de survivre pour elle. D’être là, quoi qu’il arrive. De mettre ma peine de côté pour nous porter, pour avancer. Elle compte sur moi, je suis l’aîné. Le seul homme qui reste de cette famille. Doucement, j’érige la plus haute des murailles possibles autour de ma tristesse, j’entends le bruit des briques qui s’amoncellent les unes sur les autres avec une minutie d’horloger et bientôt, j’arrive presque à respirer.
Le déni, c’est fou ce que ça peut être salvateur.
Tout ce que je croyais connaître de la vie, tout ce que j’espérais de cette dernière vient de voler en éclats. Mes rêves, mon avenir. Fini le temps de l’insouciance. Rien ne sera plus jamais pareil, je le sais.
À partir de maintenant, c’est elle et moi contre le monde entier.

. Jour de la fête nationale Canadienne. ↩︎
. Vancouver Police Departement. ↩︎
1


Poppy

Bip-bip-bip-bip. Bip-bip-bip-bip. Bip-bip-bip-bip…
J’entrouvre un œil pour regarder l’heure sur mon téléphone : sept heures quinze du matin. J’appuie maladroitement sur la touche « rappel » du réveil pour la seconde fois alors qu’un long bâillement me secoue la poitrine. Les yeux mi-clos, encore brouillés par le sommeil, je me retourne lourdement sur le dos et tente, entre deux clignements, de fixer avec bravoure les moulures du plafond pour rester éveillée.
Autour de moi tout est parfaitement silencieux et les premiers rayons du soleil hivernal filtrent à travers les lourds rideaux en velours bleu layette de ma chambre à coucher. Mon regard s’attarde paresseusement sur ces derniers. J’adore ces rideaux. Ils sont parfaits pour la jolie chambre de mon petit, mais très coquet appartement parisien de la place Furstemberg. Enfin petit… il fait tout de même soixante-dix mètres carrés « loi Carrez », comme disent les français. Ne me demandez pas ce que cela signifie, je n’y ai jamais vraiment rien compris. Tout ce que je sais, c’est qu’en arrivant sur cette charmante petite place en plein cœur de Paname, je suis tombée immédiatement sous le charme. Je crois que même si l’agent immobilier m’avait proposé une tente à planter sur cette dernière, j’aurais accepté son offre.
Alors que la plupart de mes collègues vivent « fièrement » rive droite – allez savoir pourquoi ! –, j’affectionne, pour ma part, ce bon vieux quartier de Saint-Germain-des-Prés et tous ceux qui le borde. Avant de venir m’installer en France pour des raisons professionnelles, il y a presque deux ans de cela, je connaissais déjà bien la ville. Je n’ai donc pas eu de mal à m’y adapter même si, avouons-le, la bonne humeur et la décontraction de mes compatriotes n’auront jamais d’égal que la mauvaise humeur et grossièreté de certains Parisiens.
Après être sortie diplômée du London College of Fashion 1 , je me suis naturellement tournée vers la capitale de la mode. Quoi de mieux que Paris pour faire ses armes ? Je n’y connaissais pas grand monde, mais l’inconnu ne m’a jamais fait particulièrement peur. J’ai donc aussitôt sauté le pas et par chance – merci Papa et sa renommée internationale –, j’ai rapidement décroché un premier stage chez Balanciaga, puis un autre chez Balmain avant d’être enfin embauchée à long terme chez Organza. Une petite maison de mode en pleine expansion, menée par le très brillant et tyrannique directeur artistique, Alexandre de Prémonville.
J’y suis entrée comme son bras droit et mon principal rôle consiste à donner vie à ses exquis croquis avec l’aide des différents ateliers de la maison. Très honnêtement, j’adore ce que je fais. C’est épuisant, relativement stressant, pourtant j’apprends beaucoup auprès d’Alexandre qui, en ce qui le concerne, ne me ménage strictement jamais. Il a beau n’avoir que dix ans de plus que moi et travailler à mes côtés depuis plus d’un an, mon mentor continue de me vouvoyer et de me donner du « Mademoiselle O’Shea » – prononcé maladroitement « O’Chi » avec son adorable accent frenchy –, comme la toute première fois. C’est un véritable connard autoritaire dont le génie et la créativité me fascinent énormément. Il fait partie de ces personnalités dont le charisme ainsi que l’influence vous attirent comme un aimant et vous laissent toute chose à chaque fois qu’il vous accorde l’un de ses rares, mais magnifiques sourires. Oui, parce que Monsieur Alexandre Melchior Honoré de Prémonville, troisième du nom, est un vrai canon, en plus d’être hétérosexuel – une vraie rareté dans le monde du prêt-à-porter et de la haute couture !
C’est bien ma veine...
Le jour de mon entretien d’embauche, j’avoue avoir eu du mal à me concentrer sur autre chose que sur ses cheveux blond cendré parfaitement coiffés, sa bouche sensuelle et son sublime petit cul musclé. Je me demande même encore comment j’ai réussi à décrocher le job...
Ah si, je sais : en lui faisant exactement le même effet !
Travailler dans la mode a tout de suite été une évidence. Je ne me voyais pas évoluer dans autre chose que ce milieu très particulier, intimidant, parfois anxiogène, mais passionnant. Contrairement à certains, y pénétrer ne m’a jamais effarouchée, je me suis donc vite sentie légitime. De fait, j’ai la chance de faire partie de ces filles qui n’ont pas particulièrement de problème à s’imposer parmi les autres. Mon caractère affirmé, ma détermination sans faille et mon enthousiasme communicatif m’ont jusqu’alors permis d’obtenir ce que je voulais, bien qu’il faille admettre que l’on m’a toujours plus ou moins facilité les choses. J’en suis d’ailleurs tout à fait consciente (et surtout reconnaissante !), contrairement à ce que peuvent parfois penser certaines mauvaises langues.
En effet, comme ma mère avant moi, je suis née avec une petite cuillère en argent dans la bouche. Je ne m’en vante pas particulièrement, mais j’admets volontiers, si l’on me questionne, qu’effectivement, je fais partie de ces heureux gamins qui ont eu la chance d’avoir une enfance et une adolescence idéales. J’ai grandi dans un environnement équilibré où l’écoute, le dialogue et le respect des aînés comme des plus jeunes règnent en maîtres. Mes parents s’aiment d’un amour fou, même après trente ans de mariage et deux enfants. Ils représentent, pour mon frère aîné comme pour moi, un exemple à suivre. Petite, j’ai longtemps rêvé d’avoir ce qu’ils avaient, de vivre un jour un amour transcendant comme le leur.
Douce et amère illusion… mais passons.
Par ailleurs, en plus de tout le reste, ils n’ont absolument aucun problème d’argent, et par prolongation, moi non plus. Il est aussi vrai que, dans l’ensemble, j’ai toujours pu faire ce que je voulais quand je le voulais, sans trop de restrictions. Mes parents m’ont très tôt accordé leur confiance et j’ai su alimenter cette dernière avec égard et intelligence. Ils m’épaulent pour tout – dans la mesure du raisonnable, évidemment. Et bien sûr, tout ça, enrobé d’une bonne grosse couche d’amour et de soutien inconditionnels.
Je suis ce que l’on appelle une « privilégiée » et je ne déteste pas l’être, on ne va pas se mentir. Le contraire serait une insulte à l’intelligence collective. L’argent ne fait pas le bonheur, certes, mais il y contribue et j’ai toujours essayé d’en tirer le meilleur parti. Je ne renierai jamais ce que je suis ni d’où je viens, pour satisfaire le complexe d’infériorité de ceux qui peuvent parfois m’entourer. Mes trop nombreux complexes, doutes, peurs, névroses ou frustrations, je les garde pour l’intimité de mes soirées « déprime » et fais du reste une force pour tracer ma route.
Comme dirait Marc Jacobs : « … s’habiller est une forme d’expression de soi. Il y a des indices de ce que vous êtes dans ce que vous portez. », et c’est absolument vrai. La mode est une manière pour moi de m’exprimer, de m’épanouir. J’aime dessiner, créer, assembler des tissus, coordonner des couleurs, sublimer une silhouette, et ce depuis mon plus jeune âge. Mes Barbie s’en souviennent encore, les pauvres chéries !
J’ai un peu honte de l’admettre, mais… certaines étoffes peuvent parfois me mettre en transe ! Rien n’est plus jouissif que la sensation d’une soie du Mékong coulant sur une peau nue, d’une dentelle de Calais éraflant délicatement un téton, d’un fin cachemire plissant sous le bout de ses doigts… bref, je m’égare, vous avez compris l’idée – enfin, j’espère.
Cette passion, je la tiens de ma mère, Savannah.
Maman, élégante et apprêtée en toutes circonstances – même le dimanche ! –, m’a transmis son goût des belles choses, des beaux vêtements et surtout… des chaussures. Mon Dieu, je suis li-tté-ra-le-ment folle de chaussures ! À un point quasi pathologique qui ne manque pas d’alimenter les moqueries de ma meilleure amie, Lauren. Je dois en avoir, au bas mot, 450 paires et je n’ai que la trentaine… On est bien sûr loin des dix mille de Céline Dion, or j’estime que je ne me défends pas trop mal – même si mon dressing, bourré à craquer, n’est pas franchement de cet avis.
Épuisée par ma courte nuit et l’esprit encore enfumé par les trop nombreux shots de vodka caramel de la veille, je finis par tourner la tête de l’autre côté du lit pour y découvrir avec surprise – mais délectation – les contours d’un magnifique dos sculpté.
Bon sang, combien de shots ai-je ingurgités au juste ?
Après le défilé printemps-été, nous sommes tous allés fêter ça dans un petit troquet à côté du bureau, et j'admets qu’à partir d’un certain moment de la soirée, tout est devenu plus ou moins flou. Je frotte doucement mes paupières avant de poser ma main sur la peau claire de l’Adonis qui partage mon lit. J’y exerce une légère pression, puis la déplace jusqu’en bas de ses reins. En réaction, j’entends un léger grognement de satisfaction. Sans lui laisser le temps de se retourner, je me colle contre lui et glisse ma paume jusqu’à sa queue, déjà fièrement en érection. Délicatement, je la fais coulisser avant de laisser filer mes doigts sur l’arrondi de son gland, le pressant par petits à coups qui le font soupirer.
— Poppy… continuez, murmure-t-il d’une voix encore ensommeillée. ...

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