Rock
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Rock'n'roll, bébé !

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Description


Et si vous vous retrouviez plongé dans la tête d’une groupie complètement barrée et mythomane ?


Avril est une fan incontestable des Rock Travelers, le groupe le plus en vue du moment. Elle pense tout savoir à leur sujet jusque dans les moindres détails. Mais lorsqu’elle gagne une rencontre avec ses idoles, elle va vite déchanter.


Drew, chanteur du groupe, voit sa vie basculer quand la tornade Avril débarque. Il n’a pas besoin d’une groupie de plus à son tableau de chasse vu sa situation actuelle...


Mais Avril serait-elle finalement sa sortie de secours ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 4
EAN13 9782378162221
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Rock'n roll, bébé !
 
 

 
 
[Sessy Fernandez]
 
 
 
 

www.somethingelseeditions.com
 
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 
Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait que pure coïncidence.
 
© 2020, Something Else Editions.
Collection Something New, romance contemporaine
 
© 2020, Sessy Fernandez.
Tous droits réservés.
 
ISBN papier : 978-2-37816-221-4
ISBN numérique : 978-2-37816-222-1
 
Suivi éditorial : Something Else Editions
 
Conception graphique de couverture :
Something Else Editions et la photographe Fanny P.
Prologue
 
 
Avez-vous déjà senti l'adrénaline parcourir chaque parcelle de votre corps ? Cette sensation d'être en transe et de crier à pleins poumons ? Cette manière de bouger ses membres dans tous les sens jusqu'à en avoir le tournis et presque s’évanouir ? Vouloir tout abandonner, tout de suite, et profiter des quelques heures qu'on nous offre pour quelques billets ?
Non, jamais ? Eh bien, c'est ce que le rock me procure ! Je le sens bouillonner dans mes veines, il est une dose de drogue dure à lui tout seul. J'aimerais que leur musique ne cesse jamais ! Je veux vivre ce moment toute ma vie. Que leur chanson m'emmène au plus profond des flammes de l'enfer !
Ouais, le rock, c'est ça ! Ça se vit puissance mille ! Ça se hurle ! Ça donne de l'énergie que jamais vous n'auriez cru avoir ! Ça se ressent au tréfonds de votre être, tellement que vos poumons se libèrent en un cri. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait tant que vous n'y avez pas goûté.
Je sens mes pieds vibrer à chaque son émanant de la guitare électrique, mon cœur cogne à chaque battement sur la batterie, ma tête se balance à chaque hurlement de corde vocale et mes doigts forment ce signe démoniaque qui se lève le plus haut possible dans cette foule.
Je me retrouve au premier rang, collée à la barrière. Oui, j'ai dormi sur place pour être sûre d'avoir ma tête affichée aux premières loges. Je veux qu'il me voie parmi ces milliers de gens. Je suis sûrement une fourmi écrasée entre ces filles hystériques ou bien un clown, tout dépend comment vous me voyez, vu l'état de mon maquillage dégoulinant.
Si je me retrouve ici ce soir, c'est parce que j'ai en face de moi mon idole, l’homme de ma vie, mon grand et puissant Drew Becker ! Yeah, DREW BECKER ! Ouais, je sais, ça fait très rock n’roll ! Je le regarde se trémousser sur scène et ça m'émoustille. Je saute comme une sauterelle dans tous les sens. Vient le solo du guitariste, Josh Wall ! Il fait courir ses doigts sur sa gratte tellement vite que le son qui en sort est juste époustouflant ! J'imite l'air de guitare comme si c'était moi qui le jouais. Le bassiste vient l'accompagner et j'ai nommé : Keith Wolf ! Et celui à la batterie, celui qui fait percer mes tympans à coup de baguette, c'est Summer Money. Et ouais, je vous présente mon quotidien, toute ma vie... Les Rock Travelers ! Ça claque, hein !
Si seulement le temps pouvait s'arrêter ici pour l'éternité ! Si seulement je pouvais les approcher et leur dire à quel point ils sont tout pour moi !
Chapitre 1
 
♪ Steelheart - Stand up and shout
 
J'émerge doucement du sommeil. Les paupières mi-closes, je cherche mon réveil pour l'éteindre. La douce voix de Drew me perce les tympans. C'est dans la bonne humeur que je saute de mon lit. Le concert d'hier soir a tout déchiré ! J'aimerais revivre cet instant encore et encore. Malgré moi, une partie se sent vidée. C'était tellement incroyable (comme à chaque fois, d'ailleurs) que je n'arrive pas à croire que ces deux heures de concert soient passées si vite. J'ai voulu prolonger ça en les attendant à la sortie de la salle, mais je n'ai pas eu la chance de les apercevoir. Je parcours leurs réseaux sociaux, ils n'ont encore rien postée sur la soirée de hier. Oui, j'épie leurs faits et gestes mais c'est plus fort que moi, j'ai besoin de savoir ce qu'ils font pour me sentir plus proche d'eux.
Ça y est, maintenant on croirait entendre une tarée !
Je finis par me lever du lit et courir jusqu'à la chambre de ma coloc, Alice.
— DEBOUT ! crié-je en sautant sur elle.
— Avril, dégage !
— Allez debout, feignasse ! On va arriver en retard !
Je lui donne une claque sur les fesses et me lève de son lit pour mettre la musique à fond. Les Rock Travelers remplissent la pièce. Ma coloc' me regarde et secoue la tête légèrement. Je suis irrécupérable, je sais !
— Allez, chante avec moi !
Je saute dans tous les sens et fais tournoyer mes cheveux bruns de gauche à droite.
— Laisse-moi, il est sept heures du mat’ ! Ta bonne humeur me donne la migraine.
— Allez, Alice, tu la connais ! l’incité-je en la montrant du doigt.
Un sourire apparaît sur son visage. Elle lève les yeux au ciel et se met debout sur son lit. Nous chantons Stand up and shout à pleins poumons.
Je ne vous ai pas présenté ma meilleure amie, Alice. Elle et moi sommes l'opposé : j'aime le rock pur et dur, alors qu'elle préfère le classique, je suis brune quand elle arbore un blond vénitien. Question look, nous sommes très loin d'avoir les mêmes goûts ! Je suis plutôt bottes noires, bas résilles et jupette en cuir. Enfin, vous voyez le dessin quoi... Mais les opposés s'attirent, n'est-ce pas ? Notre caractère pourtant est tout à fait compatible, c'est ce qui fonctionne entre nous. Et je ne vais pas vous cacher que j'envie sa petite vie bien rangée et sa famille parfaite.
En ce moment, elle chante et danse avec moi, car à force d'entendre toutes mes musiques, elle est forcée d'aimer. Nous avons emménagé ensemble à nos dix-huit ans, enfin j'ai plutôt débarqué chez elle, un sac à la main. Elle cherchait une colocataire et c'est là que je suis arrivée dans sa vie. Ça fait quatre ans que nous sommes inséparables. Je ne vous dis pas sa tête lorsqu'elle m'a rencontrée pour la première fois : piercing à la lèvre, maquillage ultra-prononcé, veste en cuir et chewing-gum à la bouche. J'aurais dû immortaliser cet instant en photo !
Nous nous préparons pour aller au travail. Nous sommes femmes de ménage dans un hôtel. Je ne fais que quelques heures, entre quatre et six par jour. Bien évidemment, j'ai dû retirer mon piercing car ce n'était pas toléré... bande de coincés du cul !
— On y va, Avril ?
Avant de partir, j'embrasse la photo de Drew.
— À plus, mon amour !
J'ai encore le sang chaud d'hier soir. Je suis persuadée qu'il m'a vue ! Il m'a fait un signe du doigt et puis il m'a adressé un clin d’œil. Depuis, je suis encore plus tombée amoureuse. Je connais tout de lui, les moindres petits détails qui le constituent. Un jour, il me connaîtra ! Ceci est une putain de promesse !
— Tu devrais venir avec moi la prochaine fois, Alice !
Nous courons pour choper notre bus.
— C'est pas trop mon truc, Avril.
Nous montons dans véhicule et prenons place sur des sièges libres.
— Tu verras qu'une fois mélangée à la foule, tu ne diras pas ça !
Elle se met à rire et me fait le signe démoniaque avec ses doigts et sort sa langue pour la remuer. Nous nous esclaffons et tous les voyageurs nous dévisagent. Une rockeuse et une fille sage, ça peut choquer, je le conçois.
— Tu vois, tu as déjà la base !
Nous quittons notre carrosse en nous bidonnant. J'aperçois devant moi l’établissement The Hotel , un building sur plusieurs étages, mon lieu de travail. La journée de l'enfer va pouvoir démarrer.
Après avoir enfilé ma tenue de femme de chambre, qui n'est pas sexy soit dit en passant, je file au quatrième étage changer les literies, pendant qu'Alice s'occupe du troisième.
Je change les draps, replace les coussins et dépose un petit bonbon dessus – sans oublier un deuxième dans ma bouche. Je passe dans la salle de bains qui est vraiment dégueulasse ! Beurk, on dirait qu'un yéti s'est épilé dans la douche ! Mais qui a de si longs poils ? Il y a assez de touffes pour faire une perruque à un chauve ! Je mets mes gants et désinfecte la baignoire. Le type ou la nana qui a utilisé le rasoir posé sur le rebord devrait organiser les funérailles de ce pauvre petit objet qui n’a pas survécu ! Je crois que je vais gerber ! J'attrape le rasoir du bout des doigts et le jette dans la corbeille. Je fais de même pour les longs cheveux coincés dans le tuyau d'évacuation.
Il y a du bon comme du mauvais dans ce métier. Je n'ai pas encore trouvé le bon, à part mon salaire à la fin du mois. Je referme la porte 483, la boîte de sucrerie en main jusqu'à ce que j'entende la conversation de deux filles.
— Tu vas aussi participer au concours pour rencontrer Drew Becker ?
— Trop ! J'ai hâte qu'il annonce la gagnante !
Ma boîte de bonbons est tombée d'entre mes doigts, et mon cœur s'est arrêté. Les filles me fixent et me proposent leur aide. Je ne réponds rien, tout ce que je fais, c'est courir jusqu'à l'ascenseur et rejoindre Alice un étage plus bas. Mes tympans pompent rapidement dans mes oreilles.
— Alice ! hurlé-je.
— Avril ? Mais qu'est-ce que tu fous ici ! Avril, ça ne va pas ?
Vu mon état de panique et de transe, elle ne doit pas comprendre.
— Non ! Il y a un putain de concours pour rencontrer Drew Becker, et je ne suis pas au courant, bordel ! Mais pour quel genre de fan je passe ! Pourquoi je ne le savais pas ?
C'est la crise assurée ! Je pense que je vais faire un malaise.
— Ça va, calme-toi ! T'exagères, là !
— Mais je n'exagère rien ! Imagine, ce concours est fini et moi je suis là comme une pauvre débile à nettoyer les poils d'un yéti dans une foutue chambre d'hôtel ! On n'a même pas le droit à nos portables !
— OK... Respire, tu vas finir par me faire stresser ! Et je veux plus de détails sur le yéti !
— C'est tout ce que tu as retenu de ce que je viens de dire ? Tu es sérieuse, Alice !
— Pardon mais tu pourrais remporter un point pour avoir découvert la chambre la plus dégueulasse. Moi tout ce que j'ai trouvé dans mes chambres ce sont des taches de sperme sur la literie !
J'inspire et expire doucement. Je ferme les yeux et secoue la tête. Alice et moi nous nous lançons des concours bizarres pour faire passer le temps au travail. La dernière fois c'est elle qui a gagné. Elle avait trouvé le plus de capotes usagées. Nous avons une petite liste que nous avons faite et chaque semaine on choisit notre thème. Ça m'était complètement sorti de la tête ce petit jeu mais là je n'ai pas que ça à faire ! Il faut que je trouve un plan pour participer au concours à temps !
— Il nous reste deux heures de travail encore aujourd’hui, tu crois qu'on peut attendre ? me demande-t-elle, sachant très bien que c'est impossible.
— Tu rigoles, j'espère ! J'ai un plan !
— Oh la la, je déteste quand tu as des plans !
Je souris malicieusement.
— Tu vas me couvrir le temps que je descende aux casiers chercher mon portable pendant que je fais le nécessaire pour trouver ce putain de concours !
— Et si on te voit ? Je te signale que le boss est là aujourd’hui !
— Mais c'est une question de vie ou de mort !
Elle se met à rire.
— Tu es vraiment irrécupérable ! Tu exagères là, tu joues à la groupie hystérique !
— Mais tu m'aimes comme je suis ! Et je ne suis pas encore au stade de la groupie, là c'est toi qui exagères !
— Oui, allez, monte dans le chariot, mademoiselle anti-groupie !
Voilà, elle et moi, on se comprend ! Je me cache dans le linge pendant qu'elle accède à la pièce « Buanderie » qui se trouve juste à côté des casiers.
Une fois arrivée, je sors immédiatement du linge puant, me souvenant trop tard qu'elle avait trouvé des draps avec du foutre, bordel ! Drew, je fais vraiment ça pour toi, j'espère que tu te rends compte que tu m'en dois une ! Je fonce vers les casiers et récupère mon portable. Merde, je n'ai pas de réseau ici ! Je passe la tête par la porte et regarde si la voie est libre.
— Alice !
Elle s'avance doucement vers moi, ni vu ni connu.
— Dépêche-toi !
— Mais je n'ai pas de réseau ! Putain, je fais quoi ?
— Suis-moi !
Elle me tire par le bras et nous courons comme des gamines.
— Hé, il est interdit de courir dans les couloirs ! Vous n'avez rien à faire ici !
Merde, le boss ! Nous nous précipitons vers l'ascenseur et les portes se ferment aussitôt devant son visage. On va avoir des problèmes, je le sens !
— Mince, on a failli être bon ! dit Alice prise en flag.
— C'était cool, tu veux dire ! Bon, j'ai toujours pas de réseau ! Maudit téléphone !
— Tu crois qu'on va être virées ? demande mon amie un peu paniquée.
— Mais non reste calme, Alice.
Je tape comme une malade sur le bouton du quatrième étage.
— Et si jamais il nous vire, tu sais ce qu'il te reste à faire ! Tu n'auras plus qu'à aller l'astiquer dans son bureau pour éviter le drame ! me moqué-je.
— Avril ! C'est dégoûtant ! Je crois que je vais gerber !
J'explose de rire, c'est si facile de la taquiner.
Une fois les portes ouvertes, nous nous faisons agresser par une pimbêche.
— Il y a un tas de bonbons sur le sol ! Vous pensez que ça va se ramasser tout seul !
Pour qui elle se prend celle-là ?
— Vous avez qu’à les bouffer, s'ils vous dérangent !
Alice me réprimande tandis que mon sourire nargue cette nana. J'attrape la main de ma copine pour nous enfermer dans une chambre vide que j'étais censée nettoyer. Vous auriez dû voir la tête de cette femme botoxée ! C'était super marrant ! Et son air hautain et outré ! Petite conne.
Je me connecte à Internet et pianote sur mon écran. Pourquoi il rame à chaque fois que j'en ai besoin ? Et puis, miracle, la page qui m’intéresse s'ouvre.
— J'ai trouvé ! Le concours se passe sur la chaîne radio Fame ! Putain mais qui de nos jours écoute encore la radio !
— Tout le monde, Avril, sauf toi il faut croire. Bon, tu dois faire quoi ?
— Envoyer un message.
— Qu'est-ce que tu attends ! s'impatiente mon amie.
J'écris rapidement un message, les mains tremblantes. J’ai combien de chances pour gagner ce concours ? Probablement aucune...
— Envoyé ! On n'a plus qu'à attendre jusqu'à ce soir.
— Cool ! Maintenant, au boulot ! Je t'aime bien mais on a besoin de ce job et j’ai aucune envie de branler le boss pour le garder !
Je retourne à mon ménage. Mais je suis tellement stressée ! Un tas de scénarios passe dans ma tête. Moi, Drew à mon bras, sa bouche sur la mienne, ses cheveux longs et lisses, ses yeux bleu azur... Oh, mon Dieu, je vais défaillir !
Ma fin de service est enfin arrivée, je cours jusqu'à la maison. Alice prépare le dîner tandis que j'ai le temps de prendre une douche, me démaquiller et me mettre en pyjama. Pendant tout ce temps j'essaye de ne pas trop penser à Drew mais c'est compliqué. Je suis une boule de nerf sur pattes ! Il ne reste plus que quelques minutes avant qu'ils annoncent le grand gagnant du concours. J'ai allumé la radio et mon cul est posé devant. Je pense que je n'aurai plus d'ongles si je continue à les ronger, je vais y laisser ma peau !
— Ils annoncent le vainqueur quand ? me demande Alice.
— Dans quelques minutes.
— Viens manger alors. C'est pas parce que tu es collée à la radio que tu entendras mieux, se moque-t-elle.
— Tu crois que j'ai faim, là !
Elle se met à rire et lève les yeux au ciel. Elle ne peut pas comprendre. Ils m'ont sortie des ténèbres, ils ont été ma lumière pour me faire remonter à la surface. J'avais besoin d'un signe et c'est eux que j'ai trouvé.
Mais je cède à mon ventre qui gargouille et m'assois à table pour dévorer mes spaghettis.
« Vous attendiez tous le résultat de la rencontre avec Drew Becker ! Nous allons tout de suite tirer au sort et appeler le ou la gagnante ! »
Ma fourchette m'échappe des doigts. Je me tourne vers ma coloc', hyper angoissée. Elle se mord la lèvre et nous regardons dans le vide, espérant que mon téléphone sonne.
« Ah, ça sonne... »
Je regarde mon portable. Ce n'est donc pas moi. Je souffle de désespoir et me jette sur le canapé. J'ai la poisse, à quoi je m'attendais ? Pourquoi une fille comme moi aurait le droit à ce genre de privilège ?
— Eh… c'est rien, ma puce. Tu auras d'autres chances, me console Alice.
— Quelles autres chances ? C'est impossible. Je dois me faire à l'idée que je resterai dans l'ombre. Il ne me connaîtra jamais.
«  Bon, étant donné que la personne ne répond pas, nous allons devoir appeler quelqu'un d'autre ! Biiiiip Biiiiiiip »
Et là, quelque chose se produit ! Quelque chose que je pensais ne jamais vivre. Mon téléphone chante les Rock Travelers.
— Aaaah ! Réponds, bordel ! hurle Alice.
Je décroche, la main tremblante comme une feuille. Mon cœur joue de la batterie.
— Allô ?
— Quel est ton nom ?
— Je m'appelle Avril !
— Félicitations, Avril ! Tu viens de remporter une rencontre de trois jours avec le super Drew Becker !
— Aaaaaaaah !
Là, je pense que je viens d'exploser les tympans de l'animateur radio. Je saute partout comme une dingue !
— Merci, merci, merci ! Aaaah ! Je suis trop contente ! Vous êtes les meilleurs, Fame radio !
— Ça fait plaisir à entendre ! Vous avez entendu ça, nous sommes les meilleurs ! Et rien que pour toi, Avril, nous allons jouer le dernier hit des Rock Travelers.
Ma vie va changer ! Je ne serais plus jamais la même. Je vais rencontrer mes idoles, mes rois, ma drogue au quotidien ! J'ai envie de chialer tellement je suis heureuse !
Vous me suivez dans cette aventure ?
 
 
Chapitre 2
 
 
Je crois rêver, me voilà en route pour Hollywood ! Pincez-moi ! Je voyage en première classe dans l'avion. Je suis même servie comme une reine. Par chance j'ai réussi à poser quelques jours de congés. Le boss ne nous a pas reconnues dans les couloirs, l'équipe a juste reçu un rappel à l’ordre. Vaut mieux ça que se faire jarreter.
Qu'est-ce que j'aurais voulu naître avec le cul dans le beurre ! Mais au lieu de ça, j'ai la minable vie d'une orpheline.
— Du champagne, mademoiselle ? me propose une hôtesse de l'air.
— Ouh, champagne ! Avec plaisir !
J'avais dit minable ? Je retire ce que j'ai dit ! Sans toute mon adolescence, je ne serais sûrement pas là, avec mes fesses assises sur ce fauteuil de luxe. Je bois ma coupe et enfonce mes écouteurs dans mes oreilles. Je dois avoir une bonne étoile là-haut, c'est pas possible autrement. Peut-être mes parents ? J'ai toujours imaginé mon père comme un dieu du rock et ma mère sa fan numéro un. Ils se seraient mariés à Marrakech, loin de la folie et des fans. Ils m'auraient eue après leur nuit de noces et j'aurais été aimée, mais par malchance, ils seraient morts dans un accident dans lequel j’aurais survécu. Oui, c'est ce que j'aime imaginer. Mais la vérité est que je ne les connais pas. J'ignore même s'ils sont vivants. Vivre sans parents et dans un orphelinat étant toute son enfance, ça craint.
Mon dieu, mais j'y pense, qu'est-ce que je vais lui dire ? Est-ce que mon t-shirt avec sa tête ça fait trop ? La panique commence à me gagner lorsque le pilote nous annonce l’atterrissage. Je suis morte de trouille !
Quelqu'un m'attend sur le tarmac avec mon nom écrit sur une pancarte, c'est trop la classe ! Je n'ai jamais quitté mon pays et là, tout me semble surdimensionné ! Et je suis juste dans un aéroport.
— Venez avec moi, Avril. La voiture vous attend.
Je suis cette femme au déhanché de Béyoncé. Elle me demande de monter dans une putain de limousine ! Purée, une limousine ! Allô ! UNE LI-MOU-SINE !
— Un peu de champagne, Avril ?
— Non, merci j'en ai déjà bu dans l'avion. Je veux être sobre lorsque je rencontrerai Drew ! dis-je, surexcitée.
— Une groupie, à ce que je vois, réplique-elle en montrant mon t-shirt.
— Merde, ça fait trop, n'est-ce pas ?
Elle grimace et hoche la tête.
— Oh non, pour qui je vais passer ! Passe-moi ton haut ! me récrié-je en pensant avoir l'idée du siècle.
— Ça va pas la tête !? s’exclame-t-elle, ahurie.
— Pardon, c'était déplacé. Mais c'est que je suis tellement angoissée ! Ça fait si longtemps que j'attends ça !
— Comme tout le monde, ma chérie. Mais écoute-moi bien, sois toi-même et profite de ton séjour ici. Il y a tellement à voir.
Y’a rien d'autre à voir à part mon futur époux, ma chère ! Bon, je garde cette réplique pour moi.
— Où est-ce que je vais dormir ? Et eux, ils seront où ? Je vais dans leur villa ?
Je la bombarde de questions et elle se met à rire.
— Du calme, moulin à paroles, on a réservé un hôtel. On ne risque pas de dévoiler où habite Drew, ce serait comme donner du feu à un pyromane.
— Je compte pas mettre le feu à sa maison, réponds-je, sarcastique.
Je crois qu'elle n'a pas aimé car elle lève les yeux au ciel. Décoince-toi, madame la bonne sœur...
Lorsque nous nous arrêtons, mon cœur commence à palpiter, mes oreilles à bourdonner. L’adrénaline est au summum. Nous descendons de la limousine. Madame coincée du cul, qui ne m’a pas donné son nom, me conduit jusqu'à un studio d'enregistrement. Nous passons par des couloirs où je peux voir inscrit sur une porte : « Drew Becker ». Je m'arrête devant, hypnotisée par l’écriteau. Je m'apprête à réaliser un de mes plus grands fantasmes.
— Tu es prête à vivre ton rêve, ma belle ?
— Oui, dis-je, déterminée.
Je souffle une dernière fois avant qu'elle ouvre la porte. Là, se trouve le sublime et talentueux Drew, torse nu, des filles pendues à son cou. Ses cheveux mi-longs coiffés vers l'arrière, ses lèvres me réclament des baisers.
— Merde, Becky ! Je voulais que personne ne me dérange ! peste-t-il.
Il se lève du canapé, les mains posées sur les hanches, la colère défigurant son visage. Aucun mot ne sort de ma bouche. Je détaille son torse nu exposé comme une œuvre d'art tant il y a de tatouages. Oh, pourquoi je n'arrive juste pas à lui dire bonjour, putain ? Peut-être parce qu'il me reluque de haut en bas en grimaçant ?
— Et ça, c'est quoi ? me désigne-t-il.
Ça ? Comment ça, ça ! Comment je dois le prendre ?
— Ça , c'est la fille qui a gagné le concours. Oh Andrew, tu te rappelles que c'était aujourd’hui qu'elle devait arriver ?
— Et merde... on est quel jour ?
— On est mardi, réponds-je.
Bordel, je lui ai parlé ! Il part se rasseoir sur son canapé où des pouffiasses sont installées. C'est maintenant que je remarque qu'il n'est pas vraiment clean. Des bouteilles d'alcool débordent et des traces de poudre blanche traînent sur la table basse. Il n'arrête pas de renifler et se pincer l’arête du nez, ses yeux bleus sont rougis.
— Bienvenue à toi alors...
—...

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