Secret débarque

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173 pages
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Description

Secret Mc Queen trouve que sa vie a des allures de mauvaise blague. Abandonnée à la naissance par une mère loup-garou, embauchée à l’adolescence par le conseil des vampires de New York pour tuer des hors-la-loi, Secret est à cheval entre ces deux univers sans réellement appartenir à aucun des deux. À vingt-deux ans, elle s’est forgée une vie aussi normale que possible pour une tueuse à gage.


Quand un de ses vieux ennemis ressurgit de son passé avec la ferme intention de la tuer, elle n’a plus le choix : elle doit puiser dans les ressources de son double héritage pour sauver sa peau et celle des habitants de sa ville, le seul endroit où elle se sent chez elle. Et comme si ça ne suffisait pas, il lui faut aussi gérer Lucas Rain, le Roi des loups-garous de la Côte Est, qui semble penser qu’ils sont destinés l’un à l’autre. Dommage que Secret se sente aussi attirée par Desmond, le bras droit de Lucas...


Avertissement : ce livre parle d’une tueuse à gage sarcastique qui déchire, d’un triangle amoureux avec deux loups-garous sexy, d’un conseil de vampires exigeant, le tout dans un mélange épicé de sexe et de violence.

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EAN13 9782378120368
Langue Français

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Dédicace ÀJessicaCoteetJessicaMcCarthy,quisontlesmeilleurescheerleadersqu’unefillepeutespéreravoir.
Chapitre 1
anslesheureshostilesquiprécédaientl’aube,unebrumeépaisseethumide D s’étaitposéeau-dessusdespelousesverdoyantesdeCentralPark.Unelune déclinantesurplombaitlavilletellesourireénigmatiqueduchatduCheshire.L’air printanierétaitassezfroidpourqu’unsoufflesetransformeenunnuageéphémère. Ensuivantcesnuagesavantqu’ilsnedisparaissent,onpouvaitretracerleparcours d’unpromeneurdanslanuitnoire,àtraversleparc. LelongdelacélèbreGrandePelouse,àl’intérieurdelaforêtanguleuse,faceàune rangéed’immeublesbrillants,décorlumineuxquisedétachaitdupaysagesombre, onpouvaitvoircesnuagessaccadéssedéplacerprécipitammententrelesbranches déployéesetencoredépourvuesdefeuilles.Àquelquescentimètresdecestraînées brumeuses,unejeunefemmecouraitcommesisavieendépendait. Jen’étaispaslafemmeenquestion,maisjecouraisaussi. Commeuneidiote,j’avaiscrupouvoirfaireunejolieballade,tranquilledans CentralPark,pourprofiterducalmequirégnaitavantl’aube,chosepresque impossibledansunevillecommeNewYork.D’habitude,lesseulsmomentsderépit quejem’accordaisétaientlorsquemadouchemefournissaitunminimumde solitude.Etmêmedanscesmoments-là,latuyauteriedel’immeublegrinçaità chaqueutilisation.Ladouchen’étaitsilencieusequelorsquel’eauétaitfroide. Cettenuit-là,j’avaisvouluêtreseuledanslapénombreavantdeglisserdansmon sommeilmatinalhabituel,maisc’étaittropespérerdansunevillequinedormait jamais.Mêmesi,pourmoi,unenuitcalmesignifiaitgénéralementmefaireagresser parunsaletypeoumenerlaviedureàdesdroguésquiessayaientd’effrayerdes lycéennesrebelles,j’auraisencorepréféréçaàcequej’étaisobligéedefaireence moment. Malheureusementpourmoi,etplusencorepourlafilleaprèsquijecourais,elle étaitpoursuivieparunechosequin’étaitniamicalenimêmehumaine. Elleauraiteubeaufuiràtoutevitesse,lesvaguesdepeurquiémanaientd’elle étaientsifortesquelacréaturequilatraquaitauraitpularetrouvern’importe.La peuravaituneodeurécœurante,pasvraimentsucrée,plutôtuneodeurdevieuxclou degirofleetdecuivre.Jelesavaisparcequejepouvaislasentir,moiaussi.Etcette odeurmeprovoquaitdesfrissonsquisepropageaientjusquedansmacolonne vertébrale.Enmoi,ilyavaitunprédateurquicomprenaitcequesonagresseur ressentaitenlatraquant,unepartprimitivequireconnaissaitcedésirdefondre,
victorieuse,suruneproieterrifiée. Jepouvaislesentir,luiaussi,etjepouvaisàprésentdétermineraveccertitude qu’ils’agissaitd’unmâle.Jen’iraispasjusqu’àdirequec’étaitunhomme,carilne restaitplusriendecequ’ilavaitétéautrefois.Ilavaitl’apparenced’unêtrehumain, maissouscecostumedechairsetrouvaitquelquechosedemonstrueux. Jenesentaisquesafaimirrépressible.Lafillen’avaitpaseuletempsde s’inquiéter:uneterreurfoudroyanteetsauvagel’avaitsubmergéequandill’avait priseenchassebrusquement.C’étaitsapeursoudainequim’avaitattirée.J’étaisparcequelafilleétaittrèshumaineettrèsvulnérable,etqu’ill’avaitattaquéepar surprise,cequiétaitcontraireauxrègles. Mêmesicettechoseétaitsansl’ombred’undoutemorte,jesavaisquesijen’étais pasplusrapidequelui,lafillegonfleraitbientôtleursrangs.Etunefoisqu’elleserait desleurs,cetteinfractionauxloisquirégissaientlesvampiresdecemonde deviendraitdetoutefaçonmonaffaire.Intervenirmaintenantnousferaitdonc gagnerdutemps,àmoietàquelquesvampiresbureaucrates. Aupointj’enétais,jemeseraisditn’importequoipourjustifiercettepoursuite. LafillesortitdelaforêtetpiquaunsprintenboitantàtraverslaGrandePelouse. C’estàcemoment-quejemerendiscomptequej’avaisdépassél’agresseur.Je continuaiàlessuivreàtraverslesbois,espérantquesafaimledistrairaitassezpour qu’ilnes’aperçoivepasquejem’étaisinvitéeàsapartiedechasse.L’odeurdesang dansl’airm’appritqu’elles’étaitblesséependantsafuite. Elleclopinaitàtraverslapelouse,carelleavaitcasséletalond’undesesescarpins etl’autre,attachéàsachevilleuniquementparlalanière,traînaitderrièreelle.Elle sanglotait,étouffaitsescris,etunepartdemoisenourrissaitdecesbruitsavecun plaisirprofond.Unefaimanimalemepoussaitàêtrelapremièreàl’attraper,pour pouvoirladéchiqueteretlamettreenlambeaux. Maisjenepouvaispas.Jen’avaisjamaistuéunêtrehumain,dumoinspasunêtre humainausangpur,etjen’allaispascommencercettenuit-.Jen’étaispasune machineàtuercommelui.J’étaistoutautrechose.Ilétaitencoreplusdifficilede croireàl’existenced’unêtretelquemoi,quedecroireàcelledesvampires.Ma naturemepermettaitmalgrétoutdeconserverassezd’illusionssurl’humanitépour considérerquetuerdesgens,dumoinsdesgensquinel’avaientpasmérité,était mal. C’étaitmaintenantoujamaisetjelasuivishorsdelaforêt,enaccélérant.Sans essayerd’éviterlesdoigtshabilesdesbranchesrendusplustranchantsparlesorages d’hiver,jefusviolemmentfouettéeauvisage,maisjecontinuaimacourse.Jecourus jusqu’àcequechaquemuscledemoncorpsbrûleethurlededouleur,puis,jepressai davantagel’allure.Sij’avaisétéhumaine,jemeseraisécroulée,j’auraisvomisur l’herbeetjeseraisrestéelà,allongéependantuneheure,exténuée.Maisjen’étais pashumaineetj’étaiscapabledefinirunmarathonenconservantcetteallure. Ilmefallutàpeineunesecondepourlarattraper,unesecondequimeparutune éternité.Ilétaitàdécouvertmaintenant,ilétaitànostrousses.Jecourusencore.Je continuaimacoursejusqu’àarriveràsahauteuretl’agrippaifermementparlebras pourl’entraînerderrièremoisansralentir.Ellecriaetessayadesedébattre,me prenantpoursonvéritableagresseur.Alorsqu’elleenfonçaitsesonglesdansma
peauavecuneforcesurprenantepourunefilleaussimenue,jeréalisaiqu’iln’yavait qu’unseulmoyendenousensortirtoutenlagardantenvie. J’arrêtaidecouriretlagiflaiviolemment.Sidérée,elleneprononçapasunmot,et ons’observaunmoment. Cettefilleressemblaitbeaucoupàcequej’auraisétésij’avaiseuunevienormale. Elleétaitminceetpetite,avecdescheveuxblonds.Mais,contrairementàmoi,le bronzagedesapeaun’étaitpasnaturel,elleledevaitsûrementauxheurespassées dansuncercueildelumièreultra-violette.Elleportaitégalementplusdemaquillage quejen’auraisjamaispenséenposséder. Tudoism’écouterattentivementmaintenant. Ilapprochait,etvite.Jen’avaisplusquequelquessecondesdevantmoi. Jepeuxtesauver.Jepeuxtegarderenvie. Laterreurs’effaçadesonvisageetfutremplacéeparuneémotionplusterrifiante encore:l’espoir.Jeluienavaisditassezpourqu’ellecomprennequejevoulais vraimentl’aider.Ettandisqu’ellecommençaitàintégrercequejeluidisais,saprise seresserrasurmonpoignet.Ellemesuppliaitdesesyeuxgrandouvertsembuésde larmes.L’espoirnaïfquej’ylisaismenoualestripes.Garderenviecetteversion mondaineetinadaptéedemoi-mêmeétaitdevenumaresponsabilité. Maisj’aibesoinqueturestesàl’écart. J’essayaidedesserrersaprise,elleneselaissapasfaire.Jepouvaislevoirà présent,uneformeflouevibrantederageetd’énergiequifonçaitdroitsurnous. Lâche-moisituveuxvivre!Lâche.Moi. Jel’écartaisavecunpeutropdevigueur.Elletrébuchaets’effondrasurlesol,mais ellesemblaaumoinscaptercequejedisais. Maintenant,coursaussivitequetupeux! Ellereculaenrampantetsereleva.Aprèsm’avoirlancéundernierregard désespéré,elleseremitàcourir,etj’eustoutjusteletempsdemeretourneravant d’êtrepercutéeviolemmentparunvampirequimechargeaitàpleinevitesse.
Chapitre2
e fus aplatie au sol. Le vent me frappa dans un sifflement douloureux pendant qu’un vampire J belliqueux dirigeait ses canines nues vers ma gorge. Une journée normale au bureau. Pour l’instant, au moins, il semblait satisfait, croyant qu’il n’avait pas perdu au change en laissant filer la fille qu’il chassait avant moi. Qui pourrait lui en vouloir ? Pour lui, elle et moi étions toutes les deux des #lles au sang chaud, seules dans le parc:victimes toutes désignées. Je ne des dégageais pas la même odeur intense de peur, et ma tenue était loin d’être aussi provocante, mais pour un vampire assoiffé de sang prêt à se nourrir, nous nous valions. Un vampire n’avait besoin que d’un cou et d’un pouls. Dans ma situation, j’avais un plus gros problème: mon arme était coincée à l’arrière de mon jean, ce qui signifiait que, comme j’étais épinglée au sol, l’arme s’enfonçait dans le bas de mon dos. Il fallait que je me mette sur lui. Oh, si j’avais touché un centime à chaque fois que cette position m’avait permis de résoudre un problème! Ses dents efeurèrent ma clavicule, entaillant ma peau et me tirant brutalement de mes divagations. Par chance, j’avais raison – c’était un nouveau-né et il était maladroit. Un vampire adulte se serait jeté sur la plus petite trace de sang, mais celui-là n’avait même pas l’air conscient de ce qu’il avait fait. Malheureusement, cette plaie ouverte allait agiter l’odeur de sang frais sous son nez et il allait vite comprendre de quoi il retournait. Il arrêta de grogner et, avec un air stupide et ahuri, il regarda la plaie comme s’il ne savait pas comment elle était arrivée là. Je saisis ce qui serait peut-être mon unique chance, et j’utilisai son inattention à mon avantage en le frappant à la joue aussi fort que mon corps le permettait. Ce coup, s’il avait été inigé à un être humain adulte, lui aurait cassé les dents et aurait transformé le cartilage de son nez en purée. J’entendis la mâchoire du vampire craquer, et il recula, abasourdi, en clignant des yeux. Il grogna et se jeta une nouvelle fois sur moi, mais j’avais eu tout le temps nécessaire. J’avais dégainé mon pistolet, l’avait armé et pressé sur son front avant même qu’il n’ait eu la chance de franchir la distance minuscule qui nous séparait. Je me relevai dif#cilement, l’arme toujours sur lui, ne voulant pas rester à terre si la situation dégénérait. Le vampire fut obligé de loucher pour voir ce que j’avais pointé sur lui, ce que j’aurais pu trouver drôle si la suite s’était déroulée autrement. Il lâcha un petit rire rauque, un bruit qui, sans ce côté glacial, aurait pu être humain.  Sais-tu qui je suis, petite ?
Ce mépris aurait énervé n’importe qui d’autre. Sa bravade ne m’inquiétait pas réellement. Sa réaction face à mon arme m’intéressait davantage. Il n’avait pas du tout peur d’elle et là était son erreur. C’était la raison pour laquelle j’en utilisais une: les vampires ne les considéraient pas comme une menace sérieuse et baissaient la garde. Il suffisait d’exploser la tête d’un de ces vampires arrogants pour que les autres se rendent compte que cette arme pouvait tuer n’importe qui. Éclaire-moi. Je souris avec une innocence exagérée, ouvrant mes yeux bruns, des yeux de biche que les vamps adorent. En vérité, j’avais beau crever d’envie de le tuer, je ne pouvais me le permettre. Si je devais en arriver là, il fallait que j’obtienne le plus d’informations possible pour affronter le merdier que ce geste déclencherait. Il était tellement jeune qu’il y avait une chance que je puisse en tirer quelque chose avant d’avoir à appuyer sur la gâchette.  Je suis ton pire cauchemar. Je suis ta mort. Waouh, quelqu’un avait dû lui donner un cours d’introduction sur la façon de parler comme un connard élitiste avant de l’envoyer dans le monde. Je levai les yeux au ciel en écoutant son discours 1 qui avait des relents de vieux films avec Lugosi .  Tu es un putain de bébé, dis-je, sans trembler et sans montrer la moindre trace de peur. Je réussis à capter son attention. Je vais t’arracher la tête et me baigner dans ton sang encore chaud. Son ton n’était pas aussi arrogant cette fois, mais je devais lui reconnaître un certain mérite pour sa ténacité.  Non, tu ne feras pas ça. Je l’énonçai aussi naturellement que j’aurais pu dire«New York est une grande ville».  Tu as quoi ? Trois ans grand max ? Tu n’es même pas un grain de sable. Tu n’es rien. Le monde des vampires n’en a rien à cirer de toi. Parle autant que tu veux. Ce n’est pas moi qui devrais avoir peur. Il se mit debout et je me raidis. Mes doigts pressèrent davantage la gâchette. Dans sa nouvelle position, il me surplombait de presque dix centimètres, mais je ne baissai pas mon arme et je ne reculai pas. Il comprit que je savais ce qu’il était. La plupart des gens ne croyaient pas à l’existence des vampires et en parlaient encore moins avec une telle nonchalance. Il arqua un sourcil et attendit.  Pourquoi ne me demandes-tu pas ce que je suis ? J’appuyai mon arme plus fort sur son front. Il se moqua de moi. mon dîner. Ou peut-être que je te transformerai, je te lierai à moi et je te prendrai tous Tu es les jours jusqu’à ce que tu souhaites mourir. Ce fut à mon tour d’émettre un bruit d’agacement dégoûté et de lever les yeux au ciel. S’il n’arrêtait pas cette performance ridicule et prétentieuse, j’allais finir par me froisser un muscle.  Tu ne saurais pas comment me transformer, même si tu le voulais. Tu es tellement jeune que tu serais incapable de t’arrêter de boire. Tu me viderais de tout mon sang et je mourrais avant que tu aies le temps de décider laquelle de tes artères fera l’affaire. Le soleil ferait son apparition dans quelques heures. La nuit était encore de mon côté, mais je ne tenais pas particulièrement à faire traîner les choses, ni pour lui ni pour moi. — … Maintenant, vas-y Demande-moi qui je suis. Il m’ignora et essaya de balancer l’arme loin de moi. D’un geste brusque et violent, je levai le genou pour viser son entrejambe, un coup extrêmement douloureux même pour un mort-vivant. Il