Si loin de toi
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Description

Jeunes, beaux et amoureux, Willow et Yann ont la vie devant eux. Tout leur sourit.
Mais quand Yann part en tournée avec son groupe de rock sans un regard en arrière pour elle, c’est l’incompréhension totale.
Willow se retrouve abandonnée au moment où sa vie prend une tournure dramatique.
Trois ans plus tard, Yann resurgit et il a bien changé. Le gentil jeune homme a fait place à un homme arrogant, qui ne pense qu’à lui. Que lui est-il arrivé pendant son absence ?
Les ombres du passé n’ont pas fini de venir les perturber. L’amour est-il plus fort que tout ?
Willow va devoir affronter son ex, mais pas seulement...
Car son cauchemar ne fait que commencer.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 13
EAN13 9782378161798
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Si loin
de toi
 
 
[Julie Mourand]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

www.somethingelseeditions.com
 
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 
Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait que pure coïncidence.
 
 
© 2019, Something Else Editions.
Collection Something New
 
© 2019, Julie Mourand.
Tous droits réservés.
 
ISBN papier : 978-2-37816-178-1
ISBN numérique : 978-2-37816-179-8
 
Corrections : Emma Gauthier
 
Conception graphique de couverture :
Emma Gauthier et Mandy Bell
 
CHAPITRE 1
 
Willow
 
 
La lumière perçante vient illuminer mon visage fatigué. La brise me donne un peu de fraîcheur et me permet d’ouvrir doucement les yeux. Je me tends de tout mon long dans ce grand lit aux draps tout doux. Je ne sais pas vraiment si c’est du coton, de la soie, du satin ou du lin, je sais juste que ce n'est ni rêche ni râpeux et propre! Autant dire que c’est inhabituel pour moi de dormir dans de tels draps. Si, jadis, je n’avais rien qu’un matelas sous mon dos c’était déjà un exploit. Je savoure donc ce luxe que je ne connais pas, je m'étends de façon exagérée et je profite un peu de ce moment de répit, car d’ici une heure ou deux, ce ne sera plus qu’un lointain souvenir et ma « vraie » vie reprendra son cours…
Mais, en attendant, je gigote dans tous les sens mon pied gauche pour toucher la matière si duveteuse. Ce mouvement et cette sensation sont tellement réconfortants et apaisants, ça fait du bien de se sentir en paix même si c’est pour peu de temps, je suis loin, très loin de ma vie de tous les jours, et bordel ce que ça fait du bien.
Par contre, il ne faut pas que je m'éternise ici, je n’ai pas la chance de pouvoir vivre à proprement parler dans cette grande et belle maison, malgré le fait que j’y dors toutes les nuits depuis un mois. Je sais très bien que ça ne peut pas durer, que le rêve est bientôt fini et que les sols durs, crasseux, froids et la peur vont vite refaire surface. Alors j’en profite encore un peu, je me tourne et me retourne dans ce grand lit qui pourrait accueillir cinq personnes comme moi. Mais, je ne veux qu’une seule personne à mes côtés, un seul homme avec moi.
Ne t’engage pas sur ce terrain, Willow, tu vas encore souffrir . La vraie question est : est-ce que j’ai déjà arrêté de souffrir depuis ce terrible jour ?
Je ne pense pas!
Rien que ce souvenir me provoque une douleur lancinante dans la poitrine, ma respiration devient haletante, je tremble de tous mes membres et des larmes perlent aux coins de mes yeux.
Stop, arrête de penser à lui, respire, souffle ! Ça fait maintenant trois ans que tu ne l’as pas revu tu devrais avoir fait une croix sur lui depuis longtemps !
Si seulement c’était aussi simple, la moindre occasion est bonne pour le ramener à moi, pour que mon esprit s’évade dans les seuls bons et heureux moments de ma vie, mais aussi les plus terribles et douloureux.
J'ai d’autres choses à penser en plus. Car les problèmes qui m’assaillent sont assez conséquents pour m’occuper un bon bout de temps! Mais rien n’y fait, malgré ma situation, je ne cesse de revenir à mes souvenirs, je me revois il y a trois ans épanouie, légère, amoureuse, heureuse ? Je me disais que même avec un passé comme le mien je ne changerais rien à ma vie, puisqu'elle se déroulait avec lui !
À ce moment-là je ne savais pas que j'étais en train de vivre mes derniers instants de joie et d'insouciance…
Quand mes yeux s’ouvrent le retour à la réalité est virulent, violent et amer comme d’habitude.
Je reprends conscience d'où je me trouve, j’ai de nouveau cette sensation de suffocation, mais quand est-ce que cela s'arrêtera ? J'en ai marre de ressentir ce vide intersidéral et ce froid constant en moi, dans ma poitrine. Mon cœur est gelé, retenu prisonnier dans un si immense iceberg que même la plus puissante sorcière ne pourrait pas réchauffer. La reine de neiges c’est moi, et rien ne sera plus comme avant, jamais je ne pourrai me réparer tant les dégâts sont irréversibles.
J'en peux plus de ne rien ressentir et de faire n'importe quoi pour me prouver que j'existe ! Pourquoi, mais pourquoi je dois subir tout ça, pourquoi, n'ai-je pas le droit à mon moment de bonheur, l'ai-je déjà vraiment vécu d’ailleurs ? Cette nuit suffit-elle à dire que j’ai été heureuse? Oui, bien sûr que oui, en fait non ce n’était pas suffisant, je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis perdue, ce n'est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis dans cet état, mais aujourd’hui plus qu'un autre jour, je ressasse ma vie passée, et mon désespoir prend le dessus.
Car en ce mercredi 22 février 2017 ça fait exactement trois ans que je ne l’ai pas revu, trois ans que mon cœur est en miettes, que je refuse de ressentir la moindre émotion, que ma vie n’est qu’une succession d’erreurs plus graves les unes que les autres.
Mais c’est ainsi, je dois faire avec, aucun retour en arrière n’est possible, je vais finir par accepter cette vie qui est, et sera la mienne pour longtemps ! Je n’en ai pas le choix. Si je veux trouver une solution pour me dépatouiller de toute cette merde, il faut que j’arrête de m’apitoyer sur mon sort et que je réfléchisse sérieusement.
Qu’est-ce qui m’a pris de faire ça ? Comment je vais me sortir de ces galères ? Par quoi commencer ?
Autant de questions auxquelles je suis incapable de répondre, je verrai sur le moment, je gérerai comme à chaque fois, il le faut, je n'ai pas vraiment le choix de toute manière.
Depuis mes dix-sept ans je me gère seule, pas que ce soit une réussite loin de là, mais je fais comme je peux pour m'en sortir, et si je suis toujours en vie, c’est que j'y arrive, pas vrai ?
Saleté de karma, pourquoi ne suis-je pas née sous la bonne étoile ! La vie est belle ? Foutaises ! On fait ce qu'on peut pour s'en sortir et survivre dans ce monde de brutes.
J'ai fini de croire au bonheur, aux paillettes, aux licornes-ça, c'est dommage !- ma vie n'est que douleur, peur, incertitude, et...      
Allez, me reprends-je, je penserai à tout ça bien assez tôt, je vais plutôt profiter encore une petite heure de ce lit douillet et de ce coussin que ma tête aime par-dessus tout, car cette maison que j’emprunte tous les soirs ne sera pas indéfiniment vide. J'ai déjà eu une chance inouïe de la trouver par hasard.
En même temps, elle était dans mon ancien quartier, celui dont on ne doit pas prononcer le nom, celui de l‘interdit, de ma jeunesse, mais aussi de mes désillusions, et de ma peine. Mais aussi le seul endroit au monde dans lequel je me sens moi. C'est donc avec une certaine familiarité et réconfort qu'un jour je suis entrée dans cette demeure sans me poser réellement de question.
 
C’était il y a environ un mois…
Je cours, je suis haletante, on me suit j'en suis sûre, je me retourne, je ne perçois qu’une vague silhouette mais je sais que c’est lui, j'ai fait une grosse connerie qui à mon avis va me valoir des représailles assez conséquentes encore une fois, mais je n’ai pas eu le choix ! Je pose la main sur mon sac en bandoulière pour m'assurer qu'il est toujours là sous ma veste, car sans lui je signe ma perte, mon arrêt de mort, ma descente en enfer, et continue à arpenter le quartier que je connais si bien. Je vois défiler des maisons, mais je n'y prête pas attention tant je suis obnubilée par ma course.
Mais, contre toute attente, je remarque une villa neuve, que je n’avais jamais vue, cachée, dans la pénombre. De style européen, enfin je crois, je ne suis pas experte en immobilier, mais c’est le genre de maison entre celle de « Seven Even » et de «  Hugh Hafner ». Autant irréaliste qu’emblématique, avec un balcon qui fait tout le tour du premier et du deuxième étage. Qui a besoin d'autant d'espace pour vivre à part justement la famille Camden ? Une toiture immense et tellement pointue que je me demande comment les couvreurs ont pu monter dessus ! Ils ont dû s’entraîner avant sur le Mont Blanc, ce n’est pas possible ! La façade est grise, rien de particulier ou qui la distingue des autres maisons de nos jours, mais les multiples fenêtres avec leurs volets violets, de formes et gabarits différents me font perdre la tête, et me laisse totalement ahurie. Je bloque dessus pendant au moins trente secondes, et Dieu sait que c’est long trente secondes quand quelqu’un vous poursuit.
Dans tous les cas cette maison est juste LA maison de mes rêves, la maison dans laquelle je me voyais avec lui, avec nos futurs enfants tout est semblable à ce qu’on avait dessiné ensemble…..
Stop ! Willow, stop !
Cette vison irréaliste et utopique de ta vie qui n'existe pas, ou que dans tes rêves, ne fait qu'intensifier le fait que tu n'es et ne seras jamais rien, que tout ça ne sera jamais réel. Pourtant cette maison me met autant à l'aise qu’un manoir hanté. Je m'en approche dangereusement et prudemment. J'ai envie d'aller la voir de plus près, elle m’attire, m’appelle, je ne sais pas comment décrire ce que je ressens en voyant cette maison toute droite sortie de ma vie parfaite avec lui. C’est comme si une onde magnétique m’attirait jusqu’à elle, j’avance sans prendre conscience que mes pieds se mettent l’un devant l’autre, c’est anormal, quasi cathartique.
Et… forcément, je tombe sous le charme... Elle est tellement parfaite ! C’est la maison de mes rêves ! Celle que j’ai dessinée tant de fois, comment est-ce possible ? Je dois halluciner, la substance que j’ai dans mon sac à dû atterrir directement dans ma tête et dans mon sang, sans que je m’en rende compte ce n’est pas possible. C’est ça ou je suis enfin morte et je vis l’existence que j’ai toujours voulue. Je ne sais pas laquelle de ces propositions je préfère… enfin si je le sais très bien en fait !
Je me mets sur le dos, les bras derrière la tête, ferme les yeux et laisse mon esprit s’égarer à nouveau dans mes souvenirs - je ne sais faire que ça en ce moment, mais c’est tellement plus satisfaisant que ce que je suis en train de vivre aussi  !- vers lui. La personne la plus importante de ma vie. Celle que je ne peux oublier, qui a fait  une croix sur moi, qui est partie sans se retourner, sans un regard en arrière et que j’aime de tout mon être et de toute mon âme. C elui qui a fait que je suis aujourd’hui dans cette situation invivable et précaire, mais à qui je ne peux m’empêcher de penser, mon meilleur ami, mon âme sœur, mon amour, mon tout : YANN. Je donnerai tout et n’importe quoi pour seulement le revoir un jour, ou même si possible revivre nos derniers moments ensemble et changer tout ça.
Je me relève en sursaut.
                                                                                           
MERDE ! Il est dix heures, il faut que je file fissa, car la femme de ménage ne va pas tarder à arriver, mais j’ai de plus en plus de mal à quitter ce lieu magique, et si j’ai réussi à me faire discrète pendant tout ce temps, pas question de me faire prendre de cette manière. J’ai encore envie de profiter un peu de tous ces avantages que je n’aurai certainement plus jamais.
Je sors de mon lit, enfin du lit - ce n’est pas le tien, Willow ! - punaise, j’ai du mal. Je regarde par la fenêtre pour voir si j’ai le temps de prendre une douche, elle ne serait pas de refus au cas où je ne puisse pas revenir ce soir, car me laver tous les jours est un luxe que je connais plus, mais qui me manque. Je vais rapidement sous le jet et profite de la chaleur de l’eau sur mon corps.
J’ai à peine le temps de me sécher que j’entends la porte du rez-de-chaussée s’ouvrir, je file par la porte-fenêtre et me voici partie pour une nouvelle journée de cache-cache.
Je m’engouffre dans les petites allées adjacentes de la villa que personnes n’ose emprunter, pour décider du déroulement de cette journée. Si j’arrive à ne pas tomber sur Vince, à me faire toute petite jusqu’à ce que j’ai trouvé une solution à mon problème, ça sera parfait. Chaque jour, quand je ne suis pas en sécurité dans la villa, c’est le même scénario, je longe les murs pour ne pas me faire remarquer par quiconque, de peur que ça ne lui soit répété. Sinon je vais devoir revivre l’enfer qu’il m’a fait vivre, il y a trois ans, les flashs de cette horrible nuit reviennent inlassablement dans ma tête. Non, ce calvaire je ne peux pas le revivre, je n’y survivrais pas cette fois-ci.
Ne pas se faire voir, surprendre et attraper est ma principale priorité, autant vous dire que ma journée va être chargée et compliquée. Heureusement que mon petit sac en bandoulière est toujours là, c’est ma bouée de secours, ma porte de sortie, la seule chose qu’il ne faut pas que je perde, ni que je touche. Seule, perdue, apeurée, affamée, triste à en mourir, parfois éloigner ses pensées loin de tout ce merdier est une alternative tellement alléchante, mais non je ne dois pas, je ne peux pas, ça ne doit pas recommencer !
Je ne dois pas céder à la tentation, la dernière fois ça a fini mal très mal. Sois forte, Willow, encore plus que d’habitude, la roue finira peut-être par tourner un jour
Ben quoi on peut toujours rêver non, ça ne coûte rien…
Allez c’est parti, objectif premier trouver Sarah, ma meilleure amie, la seule sur qui je peux compter et qui sait exactement dans quelle galère, je me trouve. Je sais que je prends des risques en allant la voir, mais je n’ai pas le choix, il faut qu’elle m’aide…
J’ai faim, j’ai trop faim.
 
 
 
CHAPITRE 2
 
Yann
 
 
Mes coups de boutoir sont vigoureux, violents et férocement bestiaux. J’ai besoin de déverser toute ma haine, ma colère et ma tension de ces dernières journées, et cette pauvre fille face au mur de cette sordide ruelle sombre et crasseuse en fait les frais. En même temps c’est elle qui est venue directement après le concert pour me chauffer, je n’ai rien demandé, je ne l’avais pas remarqué avant qu’elle ne vienne sans gêne s’asseoir fermement sur ma queue. Si je n’ai rien ressenti au début, à force de gigotements outrageusement érotiques et équivoques, ma bite a eu raison de moi et mon deuxième (ou premier) cerveau a répondu à l’appel de cette salope. Mais j’avais vraiment besoin d’une bonne partie de baise pour que mon esprit arrête de cogiter. Ma tête a failli exploser aujourd’hui et j’ai bien failli mettre une droite à mon meilleur pote Léo, guitariste de mon groupe. Dans tous les cas, ce moment me permet de lâcher la pression
— Vas-y plus fort ! me crie Marie - Maria, Mélinda, Marina, enfin la fille qui est en train de se prendre ma queue.
— Ne t’en fais pas tu vas avoir ce que tu cherches depuis tout à l’heure , lui dis-je pendant que mon bassin ne cesse de bouger frénétiquement, que mes ongles s’enfoncent dans ses flancs et que je lui remonte les jambes pour la prendre encore plus profondément.
— J’espère bien, me dit-elle en haletant, mes copines n’ont pas tari d’éloooooooges… su… sur… toi… aaaaaah ! répond-elle entre deux halètements.
Mon pouce trouve son clitoris gonflé d’envie, et le masse rigoureusement alors que je poursuis mon mouvement de bassin que tout le monde convoite ! Et quand je dis tout le monde, je dis tout le monde. A cet instant précis, je sais que mon univers va s’éclairer durant mes trente secondes d’orgasme, que pendant ce laps de temps je ne vais plus penser à rien, à ce qui me déchire de l’intérieur, à ce qui fait que je suis devenu le roi des salopards et de la provocation. Au fait que je ne suis plus qu’une demie merde, sans cœur, sans âme, sans avenir, qui vit le moment présent comme il le peut, en jouissant où il peut également, et ce n’est rien de le dire. D’ailleurs en parlant de jouir…
— Oh mon Dieu, Yann, oui Yann, pu… de… Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh !
— Je sais, je sais ! Par contre toi tu ne m’as pas fait autant d’effet, donc rhabille-toi et dégage de là. 
— Espèce de c…
— Connard ! la coupé-je nonchalamment. Oui, tout à fait, mais en attendant le connard t’a fait prendre un pied d’enfer comme personne, et vu ta tronche tu n’es pas près de ravoir de sitôt un coup de bite. Alors ramasse ta culotte, ou laisse-la par terre, je m’en branle, et tire-toi, Mélinda.
— TATIANA ! m’hurle-t-elle en partant et en ramassant sa culotte à mes pieds.
— Si tu veux, pour moi, un trou c’est un trou. Vas-y, casse-toi !
— Enfoiré…
— Connard, je préfère merci !
— Connard, répète-t-elle avant de repartir avec sa culotte en main.
Mon sexe est encore à moitié en érection, seulement à demi satisfait de sa jouissance.
  Plus ça va, moins ça va ! Me dis-je intérieurement, je mérite quand même mieux !
Je remonte mon froc, regarde autour de moi, mais rien ne se passe  !
Pas de bouche pour me faire vibrer, pas de trou pour me perturber,
Rien pour me vider…
Bordel ! Je fais des rimes à tout va et rien que pour ça, je devrais me faire une nouvelle meuf ! Car pour des paroles de chanson ça le fait pas vraiment, je ne suis pas sûr que le public féminin aime ce genre de texte…
Mais bon après tout, puisqu’elles sont prêtes à tout pour avoir ma bite, elles achèteraient quand même ma chanson et seraient même capables de la chanter pendant que je les baise !
A tester, ça me plaît bien …
Depuis que je suis le leader du groupe SHADOW, toutes les filles de la planète mouillent pour moi ! Autant que je profite de ma notoriété, de ma belle gueule et de ma grosse queue ! Pourquoi faire le contraire ?
Dans tous les cas, Léo m’a sacrément foutu la rage et ce petit interlude dans la ruelle ne m’a même pas fait du bien. Il sait pourtant qu’il doit fermer sa gueule, faire profil bas et arrêter de me parler de cette époque de ma vie passée.
Oui, j’ai fait construire une villa !
Oui, j’ai choisi de le faire dans mon ancien quartier !
Oui, elle a été dessinée et réalisée par un architecte renommé !
Oui, elle est spéciale pour moi et alors !
Et non, il n’a pas à m’en parler.
Personne ne doit d’ailleurs en faire mention, c’est comme ça et pas autrement et si je viens à entendre des choses à ce sujet rien à foutre je fonce dans le tas et sur n’importe qui, pote ou pas ! Ils ont été prévenus, ils me connaissent, savent qui je suis et comment je deviens quand on évoque des périodes du passé que je veux oublier ! C’est moi qui en parle quand je veux, où je veux et de la façon dont je veux !
C’est moi qui pose les règles de ce genre de discussion …
Je fais pourtant tout pour oublier. Adepte des coups d’un soir, ou d’une heure, ou même d’une demi-heure, je ne promets jamais rien à personne, je n’ai d’ailleurs rien à offrir à part un orgasme ravageur et indéniablement inoubliable.
Vantard ? Non, réaliste ! Je vous l’ai déjà dit, les filles me courent après et j’avoue que je ne dis pas souvent non.
Bon d’accord jamais, non.
Je ne regarde pas la marchandise : petite, grande, mince, grosse, gros seins ou petits ou un de chaque-oui, c’est déjà arrivé !
Je me sers à tout va, et je décharge tout mon stress en elles. Car de la tension j’en ai à revendre, je ne suis jamais pleinement satisfait et heureux, malgré mon succès, il me manque quelque chose, enfin quelqu’un, mais je me refuse à penser à elle  !
Foutaises ! Je ne fais que ça depuis trois ans …
Qui crois-tu berner, Yann ?
Les autres ?
Toi ?
Personne n’est dupe, tout le monde sait que quelque chose cloche, mais occulter le problème est plus facile que d’y faire face, alors j’oublie, je me noie dans les chattes, dans la musique, dans l’alcool, dans tout ce qui pourrait me distraire et extraire mes pensées farfelues et incessantes.
Même si je gagne plus que bien ma vie, que j’ai des amis en or qui me connaissent par cœur, que je vis de ma passion, que je voyage sans cesse et, que je me tape une fille tous les soirs ou presque, je ne peux pas dire que je suis heureux ! Et pour cause, il manque une chose essentielle à ma vie, une chose que j’ai eu à un moment donné, mais qui s’est volatilisée aussi rapidement qu’elle est venue.
Je devrais me satisfaire de ce que j’ai, peu de personnes ont le luxe de jouir de ces privilèges et de cette vie dorée, j’en profite bien évidemment, même beaucoup trop. Un claquement de doigts et j’ai tout ce que je désire !
Et j’en veux des choses, ça, c’est certain !
Je teste tout et, n’importe quoi. Je ne suis jamais satisfait de personne, que ce soit de moi ou des autres-surtout des autres-car pour ma part je sais ce que je vaux et à quoi m’en tenir.
Je le sais depuis trois ans maintenant et je ne me fais pas d’illusion, je vais passer le reste de ma vie comme ça, comme un con, comme une sous merde, malheureux, à dépenser mon fric à tout va pour mes petits besoins personnels, sans rien donner à personne car, personne n’en vaut la peine à part elle et encore….
Je me complais dorénavant dans mon rôle de connard, car oui j’en suis un et pas des moindres. J’ai dû entendre prononcer ce mot à mon égard au moins une fois par jour et ce, depuis de nombreuses années.
Connard un jour, connard toujours  !
Je ne me vois pas autrement de toute façon. Alors pourquoi arrêter ? De toute façon j’en serai incapable, je suis devenu comme ça, rien ni personne ne me fera changer, pour la seule et unique raison que je n’en ai pas envie.
Fini de rêver, je boucle ma ceinture, je remonte mon froc, même si je sais que je vais la rouvrir dans la soirée, mais bon, rentrer dans le bar le cul à l’air, ça le fait pas trop ! Même si à mon avis ça rameuterait une horde de filles en chaleur, mieux vaut éviter.
Je retourne chez Jo’s retrouver mes potes, mon groupe, ma famille ! Les seuls qui me comprennent un tant soit peu et, avec qui je ne suis pas obligé de jouer un rôle, de porter un masque, même s’ils me gonflent souvent en essayant de jouer au psy à deux balles avec moi. Une bonne main dans la tronche et c’est réglé.
Léo d’ailleurs m’a sacrément pris la tête ce soir, je pense que vais l’ignorer pour le reste de la soirée ! Immature ? Moi ? Oui ! Et j’assume mon caractère de mec et de merde.
— Ben alors t’étais où ? me demande Tom, bassiste et frère jumeau de Zack.
Bien évidemment mon immaturité me pousse à lui répondre :
— Dans ton cul .
Le pire c’est que je trouve ça drôle  !
— Ahah t’as encore mangé un clown toi ce soir ! Mais sache que rien ne rentre dans mon cul…
— Ce n’est pas ce que Zack m’a raconté, lui dis-je, en me marrant
En repensant à la fois où Tom était tellement bourré qu’il n’a pas vu que la « fille » qui lui parlait n’en était pas totalement une. Je n’étais pas là à ce moment là- sûrement en train de baiser une vraie fille, pour le coup -, mais Zack lui, a tout vu, et, s’il savait que son frère était avec un travelo n’a rien dit et l’a laissé partir avec.
La suite on ne la connait pas, mais à mon avis il a dû avoir une énorme surprise, si vous voyez ce que je veux dire.
— Ta gueule, me répond-il, en me faisant un magnifique doigt d’honneur.
Je me rassois avec mes potes, commande une nouvelle bière, bien décidé à profiter du reste de la soirée qui ne fait que commencer. Je regarde aux alentours du bar, le Jo’s est notre QG depuis trois semaines maintenant : notre lieu pour décompresser, pour discuter musique ou filles, ou juste rester là et picoler ensemble.
Cet endroit je l’affectionne particulièrement, ambiance lounge avec un énorme bar rouge et noir qui s’illumine le soir, ses grands canapés tout le long des murs et ses tables et chaises version léopard.
Un peu kitch je l’avoue mais tellement confortable que je ne les changerais pour rien au monde. Mon groupe et moi on s’y sent bien, en plus il y a toujours de la meuf à choper, elles savent sûrement qu’on y vient souvent. Rien que ce soir, il y a l’équivalent d’une cinquantaine de filles en chaleur. Je viens d’en trouver encore au moins une ou deux près du bar qui me regardent de façon indécente, pour finir la soirée. Mais avant la bagatelle, je dois parler sérieusement aux mecs.
Notre groupe se compose de quatre beaux spécimens - évidemment, je suis le leader et le plus beau cela va de soi ! - mais il y a aussi Zack, le batteur avec la chevelure entièrement composée de dreadlocks brunes. Chose immonde que je trouve absolument dégueulasse, mais bon ça plaît apparemment aux filles! Sûrement le fait de ne pas les laver, on doit y retourner des restes de phéromones ou d’odeurs qui attirent les chattes en chaleur.
Une chose est sûre, avec son regard noir et sa barbe, Zack reste rarement seul. En plus de ça il est vraiment cool et super sympa, il s’entend avec tout le monde, prend la vie comme elle vient et du bon côté, tout le temps !
D’ailleurs, souvent ça m’emmerde !
Qui peut être joyeux à longueur de temps ?
Sérieux, à part s’il baise toutes les heures, je ne vois pas d’autre solution.
Son frère jumeau Tom, bassiste, compose la musique du groupe il est super doué, mais ne lui dite surtout pas, que je l’ai avoué. Il est aussi différent physiquement de son frère que psychologiquement. Bien évidemment, il a les mêmes traits physiques que Zack, mais il est rasé de près de partout et quand je dis partout, c’est partout !
Dégueulasse !! Un peu de poils sur le torse et la bite, ça n’a jamais fait de mal.
Mais, sa copine Victoria, avec laquelle il nous rabâche les oreilles à longueur de journée n’est pas de cet avis, elle le tient par les couilles et il ne voit rien.
Se contente de dire que le jour où je serai amoureux, je comprendrais. Pas la peine de lui parler de Willow et du fait que j’ai déjà aimé une fille. Non seulement, il ne me croirait pas, mais en plus cette partie de ma vie est tellement loin, que je ne suis plus sûr de l’avoir vécue. Seul le mal de chien, et mon cœur brisé, se souviennent de cette période de ma vie que je veux oublier à jamais.
Et puis, il y a Léonardo, dit Léo, guitariste comme moi, le sosie de Di Caprio dans ses années Titanic. Lui c’est mon meilleur pote de tous les temps ! Ouais ça fait un peu gonzesse de dire ça, mais c’est vrai…
Il est là depuis que je suis gosse, il est le seul à tout connaître de moi, et de ma vie d’autrefois. Les jumeaux sont certes devenus ma famille, mais Léo c’est Léo, je sais qu’il sera toujours là quoi que je fasse et où que je sois. Lui aussi a eu une enfance merdique, pas autant que la mienne, mais il a bien morflé et on s’est serrés les coudes toute notre vie, et mine de rien ça crée des liens inébranlables. Son père était alcoolo et chez lui ce n’était pas la joie, il a dû assumer le rôle d’homme de la maison vu que le sien était devenu un déchet et aider sa mère à élever ses deux jeunes sœurs qu’il aime par-dessus tout. D’ailleurs, moi aussi je les adore ces deux petites pestes qui lui rendent la vie impossible. Du haut de leurs quinze et dix-sept ans elles commencent à vouloir sortir, gare aux mecs qui s’approcheront trop d’elles, car Léo, et moi, on surveille. Même si on est en tournée dans toute la France en ce moment, on a encore des contacts dans la ville de notre enfance, celle où l’on va bientôt revenir. Heureusement son père n’est plus là, il s’est barré et leur mère Catherine que je considère comme ma mère, a retrouvé un mec bien pour prendre soin d’elle. C’est pour ça que Léo a pu faire la tournée, sinon il n’aurait jamais accepté de les laisser, ce que je comprends tout à fait.
Et puis, il y a moi, dernier membre du groupe et pas des moindres : c’est moi qui écris les textes des chansons, je suis aussi guitariste, grâce à Léo qui m’a tout appris.
Quand je vous dis que lui et moi on est liés.
Des yeux bleus translucides virant sur le gris, un regard si perturbant et envoûtant qu’il est pratiquement impossible de le soutenir sans rougir ou mouiller sa petite culotte. Seule une personne de sexe féminin a réussi cet exploit à ce jour et encore je n’avais pas mis mon doigt pour vérifier son taux d’humidité. Non, non je n’exagère pas le moins du monde, ce n’est d’ailleurs pas moi qui le dit-enfin si aussi !-mais, c’est surtout l’expérience qui parle ! Brun foncé avec un style coiffé décoiffé que je m’évertue à travailler tous les jours pour qu’il soit irréprochable. Une mâchoire carrée, un corps saillant et robuste ( ben ouais, faut se maintenir en forme pour satisfaire toutes mes conquêtes ! ). Bref, vous l’aurez compris j’ai tout ce qu’il faut là où il faut et je ne m’en plains pas, bien au contraire. On dit même que je ressemble un peu à un frère vampire ou je ne sais qui, d’une série débile que les ados en chaleur adorent ! Je ne vois pas de qui tout le monde parle, mais à mon avis personne ne m’arrive à la cheville, donc c’est sans intérêt pour moi ! Tant que je peux lever des filles, je peux même ressembler à « passe-partout »! Non en fait, faut pas abuser, j’aime ma belle gueule, j’aime jouer de mon charme et m’admirer dans le miroir !
Moi  ? Égocentrique ? Tout à fait !
J’ai aussi eu une vie de merde, la musique m’a sauvé car j’aurais pu vraiment sombrer dans les ténèbres les plus sombres. J’en étais même très proche. Depuis trois ans, j’essaye tant bien que mal de vivre la vie que j’ai tant rêvé depuis toujours, mais il me manque une chose essentielle, une chose qui pourrait refaire battre mon cœur et le reconstruire un petit peu, une chose pour qui je serai prêt à tout arrêter pour la retrouver…
ELLE .
Mais qu’est-ce que tu racontes, laisse le passé de côté, elle t’a jeté comme une pauvre merde, en t’humiliant de la pire sorte qu’il soit. Le message était pourtant limpide comme de l’eau de roche. J’ai même encore le dernier MMS qu’elle m’a envoyé, comment peut-on être à ce point cruelle et sans cœur, comment ai-je fait pour l’aimer autant, si fort et si longtemps ? Pourquoi je n’arrive toujours pas à faire une croix dessus, et pourquoi faut-il que je regarde ce message tous les jours en me disant que ce n’est pas possible, que c’est un faux, qu’elle n’a pas pu me faire ça.
Nous faire ça ?
Autant de questions auxquelles je n’ai pas de réponse et que je n’aurai certainement jamais, il va falloir une fois pour toutes tirer un trait sur cette fille qui n’en valait certainement pas la peine. Pourtant je l’ai aimé au premier regard, elle était si jeune, si fragile et si innocente. En même temps à treize ans c’est normal mais, je dois arrêter de l’idolâtrer comme ça, après ce qu’elle m’a fait.
Je décapsule ma bière et décide de parler aux gars :
— Bon les mecs, faut qu’on parle.
C’est le genre de phrase d’approche qui fait que tout le monde tend les oreilles et est concentré sur ce que vous allez dire ! C’est parti pour le moment intime !
— Vas-y, on t’écoute, me dit Zack .
— Comme vous devez le savoir, puisque ce connard de Léo m’a déjà balancé (l’intéressé rit en me faisant un doigt), après la tournée on retourne à Metz, notre ville natale, dis-je en désignant Léo et moi.
Tom est un brin agacé.
— On sait tout ça, viens-en au fait, je dois retrouver Victoria dans quinze minutes et d’après le message que je viens de recevoir, elle est plus que chaude, alors grouille-toi.
— Pour une fois, dis-je tout bas, en me foutant de la gueule de mon pote.
— Qu’est-ce que t’as dit ?
En hurlant, ce coup-ci, je répète
— J’ai dit : pour une fois que tu vas pouvoir te la faire ta meuf, je ne vais pas te priver de ça, lui je, en me marrant.
Un «  connard  » sorti tout droit de sa bouche vient atteindre mes oreilles mais je n’en fais pas cas et continue.
Alors, j’ai fait construire une villa là-bas, car je compte revenir un peu aux sources et je voulais investir dans un truc avant de tout claquer en alcool, poules de luxe et voitures. J’y ai fait installer un studio et je me suis dit que comme vous ne foutez rien de votre vie et vous sentirez terriblement seuls sans moi, que vous pourriez tous venir, même Victoria, dis-je tout bas, pour passer les vacances là-bas et en même temps écrire et enregistrer notre prochain album.
— OK, me répond nonchalamment Zack.
Avec lui pas de fioritures ou de paroles en trop : c’est cash, précis et direct. Je sais aussi que Léo va accepter car ma nouvelle maison se situe à moins de cinq cent mètres de chez son nouveau beau-père et donc de toute sa famille, et qu’en plus on en avait déjà parlé ensemble. Il a même une chambre attitrée dans ma...

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