Si tu m'entends

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131 pages
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Description

Jullian était respecté par ses semblables, il se voyait déjà promu au grade supérieur.


Sa rencontre avec Chloé, sa dernière protégée, va tout remettre en cause et va faire naître en lui une attirance insoupçonnée.


Et s’il remettrait tout en cause par amour, serait-il prêt à en payer les conséquences ?

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EAN13 9791096960163
Langue Français

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© Les Éditions Livresque,pour la présente éPition – 2018 © Thibault Benett,Designer graphiste pour la couverture © Karry Le Gras,Correctrice © Jonathan Laroppe,Suivi éPitorial ISBN :979-10-96960-16-3 T5us dr5its réservés p5ur t5us pays C5nf5rmément au C5de de la Pr5priété Intellectuelle, il est interdit de repr5duire intégralement 5u partiellement le présent 5uvrage, et ce, par quelque m5yen que ce s5it, sans l’aut5risati5n préalable de l’éditeur et de l’auteur.
Avec tout mon amour, pour Abilio et Maria das Neves, mes anges gardiens.
Livre 1
Si tu m'entends, ferme les yeux
Tout est noir.
Le néant.
Je n'entends rien.
Prologue
Un battement de paupières. Aussi léger que le mouve ment des ailes d'un papillon.
" Où suis-je ? "
J'arrive à arracher laborieusement un deuxième batt ement de paupières. Péniblement, j'ouvre les yeux. Tous mes sens sont endormis, mon corps semble ne plus vouloir m'obéir.
Pas la moindre bribe d'un souvenir.
" Qui suis-je ? "
Quelqu'un approche enfin ?
On me tient la main ? Non. Quelqu'un semble me touc her, pourtant je n'ai aucune sensation, comme si je n'existais plus.
Je frissonne.
" Suis-je donc encore en vie ? "
Voilà qu'une douleur fulgurante me terrasse entière ment. Je crois bien que tout mon être s'arque et se rebelle face à ce supplice insou tenable. J'ai l'impression d'être mon propre spectateur. Spectateur de ma mort.
Je la sens.
Elle m'envahit.
Crépitant vaisseau par vaisseau, s'incrustant dans les moindres recoins de mon corps.
À nouveau un silence de mort.
Maintenant, on me caresse le dos de la main.
C'est agréable.
Mon corps est devenu aussi léger qu'une plume.
J'ouvre enfin les yeux.
Une lumière éblouissante m'aveugle, mais je m'accom mode très rapidement. Elle est douce et chaleureuse. Elle m'apaise et me réveille délicatement.
Je suis à même le sol. Recroquevillé sur moi-même.
J'arrive à me redresser et contemple mes mains, mes bras. Ma peau est étincelante, comme si la lumière était en moi, alors qu'un insta nt plus tôt, j'étais englouti par les ténèbres.
Une impression de puissance m'envahit.
" Mais... où suis-je ? "
Autour de moi, tout n'est que clarté et sérénité.
Je tente de faire un pas en avant. Puis un deuxième . C'est plaisant. Le voile épais de la brume, jusque-là omniprésent, se dissipe peu à p eu pour laisser apparaître un endroit magnifique.
Il me faut tendre le cou pour contempler des colonn es immenses qui tiennent sous un gigantesque plafond étoilé.
Je peux distinguer des mots tout le long des murs ; des inscriptions que je ne comprends pas dans ce lieu étrange où elles semblen t gravées depuis toujours.
La sensation du marbre froid me glace les pieds. Au fur et à mesure que j'avance, tout devient plus net et ma vue s'accommode aux environs .
La cathédrale est majestueuse, interminable et chatoyante.
Quelqu'un, quelque chose, est derrière moi depuis l e début. Je n'arrive pas à le discerner ni à le toucher.
J'entends un flottement. Un courant d'air. Un chuch otement à peine perceptible.
" Mon ange... enfin. "
Avec une agilité déconcertante, je me retourne le p lus rapidement possible.
Personne.
Je n'avais pas remarqué le grand miroir derrière mo i. Tout autour, les voûtes se dévoilent et tous mes sens subitement sont en éveil .
Je m'approche, une pointe de peur et d'incertitude m'envahissant au fur et à mesure de mes pas. Je présume que je suis effrayé.
Je contemple le reflet qu'il veut bien m'offrir.
Je ne reconnais pas ce visage. Ce charmant visage. Ces yeux sont d'un gris argent. Incroyablement beaux et mystérieux. Je porte mes do igts sur ma bouche. Celui qui se reflète devant moi répète le même geste.
Ses lèvres, je peux sentir leur indicible douceur.
" Mon Dieu ! "
Le son de ma voix me fait sursauter. Elle est délic ate et limpide.
Je ne lâche pas du regard le reflet qui se projette devant moi. Cet être magnifique m'observe.
" C'est moi ? "
Mon cœur se met à battre. Je ne l'avais pas encore ressenti. Comme s'il venait de se réveiller après une éternité de sommeil.
Un soupir.
Je respire peu à peu.
Je renais…
Je n'ai plus rien d'humain.
Comment je le sais ?
Deux énormes ailes s'agitent derrière mon dos. Blan ches et majestueuses.
Je crois bien que je suis un ange.
5 mars 1967
- Bonjour, Jullian.
1. Le premier jour
Une dame d'un certain âge se tient devant moi. Ses cheveux blancs ondulés tombent en cascade sur ses épaules. Elle est grande, mince et a des yeux gris argent qui me paraissent familiers. Par rapport aux miennes, ses ailes sont immensément colossales.
- Où suis-je ?
- Ce n'est pas la bonne question, Jullian, me dit-e lle, amusée.
Un sourire se dessine gaiement au bord de ses lèvre s et rend son visage angélique. Malgré la situation étrange dans laquelle je me tro uve, je suis étonnamment calme.
- Qui suis-je ? hésité-je.
- Tu es un ange.
- Merci, je m'en doutais ! ironisé-je en levant les yeux au ciel.
- Jullian, mon ange, mon tout-petit...
Sa voix cristalline se fait plus douce, plus matern elle.
- Il me semble... Mais pourquoi je ne me souviens d e rien ? m'emporté-je subitement.
Mon esprit est contradictoire, embrouillé et énervé . Un instant, je suis serein, le suivant, complètement déboussolé. Mes sentiments s' avèrent décuplés et incontrôlables.
Elle s'approche de moi et pose la main sur ma tête, ce qui a le don de tout de suite m'apaiser. Elle caresse mes cheveux délicatement. E lle replace une de mes mèches sur le côté et me fixe droit dans les yeux. Son reg ard sonde le mien, elle semble lire en moi alors que je suis perdu face à ses yeux extraor dinairement paisibles et emplis de tendresse.
- Mon tout-petit, ne t'emporte pas, je suis là. Je vais tout te dire. Viens, allons nous asseoir.
Elle désigne un banc près des grands vitraux. Ils h abillent élégamment les lieux. J'essaye de scruter au travers afin de comprendre o ù je me trouve. Seuls les rayons de soleil pénètrent à l'intérieur de la bâtisse, ce qu i la rend d'autant plus solennelle. Qu'y a-t-il à l'extérieur ? Mais où sommes-nous ?
Docilement, sans poser de questions, je prends plac e près d'elle.