Siana, Vampire Alchimique

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Le destin d'une vampire hors-norme et profondément humaine propulsée au coeur d'une quête alchimique et d'une histoire d'amours tumultueuses.



- Compilation des 4 tomes de la saga Siana, vampire Alchimique -

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EAN13 9782374473109
Langue Français

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Frédérique de Keyser
SIANA, VAMPIRE ALCHIMIQUE
Roman
ISBN numérique 978-2-37447-310-9 Crédits Photos : AdobeStock Dépôt Légal - Avril 2019 © Erato–Editions Tous droits réservés Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales
Du même auteur :
Siana Vampire Alchimique (4 tomes + 1 bonus) Rayon de Lune Luxuria (3 tomes) Les Luxurieux (5 nouvelles + intégrale)
Le Psyché d’Antéros - L’ombre de Thanatos Madame Le Tableau L’adamant noir
Elle Le sommeil des Dieux La panthère de l’Amour Superbia
La morsure d’Eros
Le jardin d’hiver
Aux Editions Erato-Editions Collection Pan
Collection Valmont
Auxc Editions J’ai Lu pour elle Collection Crépuscule
Aux Editions J’ai Lu
Aux Editions Pygmalion
TOME 1 FEU SECRET
Prologue
Je m’appelle Siana. Bien que n’ayant absolument pas les mensurations de vos mannequins d’aujourd’hui, ni même ceux des canons d e beauté supposés être actuellement en vigueur, j’ai toujours eu du succès auprès de la gent masculine. Comme quoi… Mère Nature aime réellement la diversité finalement.
Mes cheveux, noirs et ondulés, cascadent jusqu’à ma taille, mes yeux, verts, bordés de longs cils me donnant un regard de velours à en croire certains de mes ex, un teint de porcelaine, des pommettes hautes, et une bouche gourmande, ont bien souvent leurré les gens sur mon âge, impression renforcée p ar ma frimousse espiègle. Et j’aurais, paraît-il, une paire de fesses à damner u n Saint…
Si je vous raconte tout ça, c’est surtout parce que mon physique, autant que mon attrait pour les sciences hermétiques, m’a valu un « accident de parcours » qui a totalement bouleversé ma vie.
Aurais-je omis de vous préciser que je suis un vamp ire ? Pardon.
J’ai pourtant échappé à la mort. Je suis bien vivan te. Un vampire vivant quoi !
J’entends vos pensées d’ici : « Elle se moque de no us. » « Impossible » « Un vampire vivant ça ne peut pas exister. » Néanmoins, et aussi étrange que cela puisse paraître, il semblerait que c’est ce que je sois de venue. À ma connaissance, il n’existe aucun terme pour définir ce que je suis exactement. D’ailleurs, le sais-je moi-même ? Précisément ?
Toujours est-il que ma nature insolite n’a pas faci lité mon intégration au sein de la communauté des vampires, qu’il s’agisse de celle m’ ayant recueillie ou de tous ceux de mes presque semblables vivant de par le monde.
Ma singularité m’a en outre causé quelques désagrém ents… pour commencer mon histoire par un euphémisme.
Chapitre 1
J’avais trente-deux ans quand ma vie a basculé. Femme indépendante, moderne et libérée, j’avais créé mon entreprise quelques années auparavant, et ouvert une boutique ésotérique, rue Vieille du Temple à Paris, « Le Feu Secret », terme alchimique s’il en est, bien que l’Art ne soit pas vraiment mon domaine de prédilection. Mais l’expression me plaisait. Les affaires fonctionnaient bien et ce samedi de décembre avait été particulièrement bénéfique. J’avais fermé, comme tous les jours à 21 heures et me préparais à faire une décorporation, un voyage astral si vous préférez, expérience spirituelle à laquelle je me livrais de temps à autre car elle m’apportait beaucoup. C’était le moment idéal.
Bien qu’un peu fatiguée par ma journée, j’étais de très bonne humeur et ce procédé me permettrait de me ressourcer, de recharger mon énergie vitale. Travaillant dans le domaine de l’ésotérisme, je pratiquais bien évidemment un certain nombre de choses, mais ma préférence était plus marquée pour l’étude et les recherches qui me conduiraient, j’en étais persuadée, sur la voie de la Connaissance. Je n’ignorais rien de la réputation de sorcière ou de « fille bizarre » que mes collègues commerçants m’avaient collée sur le dos. Quoi qu’il en soit, je n’y faisais pas plus attention que ça, l’être humain se montrant bien souvent étroit d’esprit face à ce qu’il ne connaît ou ne comprend pas. Si vous saviez les réflexions ridicules, voire grotesques, que j’ai pu entendre à propos de ma boutique ou des objets que je proposais à la vente ! J’avais donc fermé mon échoppe, baissé la grille, rangé mes affaires, éteint l’ordinateur pour avoir l’esprit libre et être parfaitement sereine. Dans l’arrière-boutique, coincée entre mes armoires de stock et les toilettes, je m’étais aménagé un petit espace pour faire « mes trucs », pour reprendre l’expression de mon colocataire. Au début, je pratiquais chez nous, mais il m’avait fait comprendre, avec plus ou moins de délicatesse, que tout ça le mettait très mal à l’aise et qu’il aurait apprécié que je fasse ça ailleurs. Mon caractère, un tantinet rebelle, aurait pu me conduire à lui dire clairement le fond de ma pensée. Mais j’adorais Axel, qui était également mon meilleur ami, et j’avais su faire preuve de compréhension. Je me préparai donc pour mon voyage, prenant soin, en premier lieu de faire une petite séance de relaxation et n’avais allumé qu’une bougie afin d’obtenir une lumière apaisante. Autour des coussins où j’allais m’étendre, j’avais en outre disposé quelques talismans pour me protéger d’éventuelles intrusions une fois que je serais partie. De l’encens se consumait sur une coupelle en argile, donnant naissance à des volutes s’élevant lentement vers le plafond du réduit. Mon choix s’était porté sur de la résine de sang-dragon ; j’en appréciais particulièrement l’arôme, mais surtout, celle-ci m’offrirait une protection supplémentaire. Une fois bien détendue, inspirant et expirant profondément, je fermai les yeux puis me concentrai pour visualiser une porte. Il s’agissait là de ma méthode favorite, car plus facile selon moi. Quoi de plus naturel en effet, lorsque l’on se trouve face à une porte, et que l’on est un tant soit peu curieux, de l’ouvrir pour découvrir ce qu’elle dissimule ? Mon rythme cardiaque se ralentissant, mon corps commençant à se refroidir, je me levai. Enfin, mon corps astral se leva, pour atteindre cette porte. Personnellement, je préfère parler
d’Essence de l’Être plutôt que de corps astral, cela correspond mieux à mes convictions. Le seuil à peine franchi, comme d’habitude, j’eus un regard pour mon corps physique resté sur les coussins avant d’aller faire mon petit tour revigorant. Je me sentais bien là-bas, tout y était plus net, coloré, le ressenti et mes perceptions si différents, les sons plus variés également. Mais il y avait surtout cette incroyable impression d’entendre la rotation de la Terre, de percevoir le mouvement immuable de l’univers. Cette fois-là, je ne rencontrais personne au cours de ma promenade. Il n’est effectivement pas rare de croiser d’autres voyageurs, personnes défuntes, voire entités, lors d’une expérience de ce genre, mais le péril réside essentiellement dans le fait de se sentir si bien dans cet ailleurs que l’on n’a aucune envie de revenir. Si cela se produit, alors votre corps physique dépérit et c’est la mort qui vient vous chercher directement. L’autre danger mortel étant de blesser son corps astral ou que votre corps physique le soit pendant une décorporation, car dans ce cas l’un et l’autre en subissent les conséquences. Incident dont je fis justement l’expérience ce soir-là. Je m’apprêtais à réintégrer mon enveloppe charnelle, lorsque je sentis que quelque chose n’allait pas du tout. Une douleur que j’étais incapable d’identifier me lançait au niveau de la gorge. Vérifiant à nouveau que j’étais bien seule, que rien ne menaçait mon corps éthérique, je compris rapidement que mon corps physique, lui, en revanche, était en danger. Bien que le lien n’ait pas été rompu entre mes deux êtres, il m’était impossible de savoir ce qu’il se passait réellement. Il me semblait pourtant que mon rythme cardiaque, déjà ralenti par la transe, diminuait encore. Je ressentis également un froid insidieux m’envahir, signe que je devais être blessée d’une manière ou d’une autre. Il me fallait revenir de toute urgence. Prise de panique, j’utilisai la méthode la plus rapide que je connaisse, la vitesse de la pensée. Me retrouvant instantanément auprès de moi-même, je me figeai, stupéfaite.
Une silhouette était penchée au-dessus de moi. Un homme. D’où sortait-il celui-là ? Comment était-il rentré ? Et pourquoi ? Je priai pour qu’il ne s’agisse pas d’un cambrioleurtqui en aurait eu après la recette du jour et profitant de mon sommeil apparent. Ou pire, un psychopathe venu assouvir ses pulsions déviantes. J’étais tellement choquée que je marquai à nouveau une pause avant de réintégrer mon enveloppe corporelle, ce qui me permit de voir l’intrus se redresser un peu et… me cracher dessus. Le retour de la conscience n’étant pas instantané, il se produit souvent une sorte de trou noir avant que le corps astral ne reprenne totalement possession du corps physique. Une interruption brusque, ou involontaire, de la sortie provoque des sensations particulièrement désagréables, comme je ne tardais pas à le constater. Dès que j’eus repris connaissance, mon corps fut secoué de soubresauts incontrôlables et douloureux, ma peau se recouvrit d’une sueur glacée. J’avais tellement peur que j’étais incapable de me ressaisir ; c’était la première fois que l’un de mes voyages se finissait aussi brutalement. Je me sentais également totalement perdue et désorientée. Mes membres semblaient paralysés, et mon esprit affolé se cognait contre les parois de la prison qu’était devenue ma chair. L’angoisse d’être désormais enfermée dans un corps presque mort ne fit qu’empirer les choses. Pourtant, réquisitionnant tout mon self-control, je finis par me raisonner, un peu, mais ne fus en mesure de réfléchir que lorsque le froid qui m’avait envahie se dissipa légèrement. Gardant les yeux fermés, je respirais très profondément, pour rester le plus calme possible. Inutile de provoquer ou d’énerver l’intrus – s’il était toujours là – par une