Snappish

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149 pages
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Comment ne pas vouloir en savoir plus sur votre mystérieux patron quand vous êtes une curieuse maladive ?
Surtout lorsque celui-ci cache d’énormes secrets et qu’il fait fantasmer toutes les femmes, malgré sa froideur qui repousse au premier abord ?
Chenoa va pousser son vilain défaut au maximum, jusqu’à risquer sa vie, pour savoir qui est exactement le hargneux Sam Cox...

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EAN13 9782378161422
Langue Français

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Snappish [Stefy Québec]
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait que pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something New © 2019, Stefy Québec. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-141-5 ISBN numérique : 978-2-37816-142-2 Corrections : Sonia Frattarola Conception graphique de couverture : Tinkerbell Design
Chapitre 1 Enfin, je pars d’ici ! Ce n’est pas que je n’aime pas travailler avec mon père, mais son associé n’est autre que mon ex et la promiscuité est devenue plus que difficile. Mon père est patron de sa concession Harley Davidson, depuis bientôt 30 ans ! Elle se trouve juste sur les rives du lac Michigan, à Chicago, là où je suis née tout comme lui. Ma mère, avant de mourir de cette saleté de crabe, l’aidait pour l’administratif. Après sa mort et à la fin de mes études, je suis venue la remplacer, derrière et devant la boutique. J’adore vendre une moto et son équipement. C’est ma vie, j’ai toujours grandi dedans. En plus de la concession, mon père est le président d’une association de bikers. Attention pas un gang ou autre, nous ne sommes pas les Sons of Anarchy ! Non, seulement des passionnés de Harley Davidson et de moto en général. Nous partons une fois par an sur le 66 Road, pour un pèlerinage, ou des week-ends entiers que nous organisons nous-mêmes. Mon ex, l’associé depuis dix ans de mon père, n’est autre que le fils de son meilleur ami. Lorsqu’il est mort, Declan a repris ses parts, il ne se voyai t pas vivre ailleurs, lui non plus. Nous nous connaissons depuis que nous sommes nés et sortions ensemble depuis nos vingt ans. Neuf ans de vie de couple en dent de scie. J’ai un très fort caractère et comme me l’a inculqué mon père depuis ma naissance, aucun homme ne doit me manquer de respect. Je lui fais donc honneur. Declan est un gros macho, têtu et dragueur et ses mains sont un peu trop fouineuses à mon goût. Je sais très bien qu’il a dû me faire pousser des cornes plusieurs fois et po ur être honnête, je ne me suis pas gênée non plus. Sortir ensemble a été une évidence et non un coup de foudre. Nous étions toujours ensemble, nos parents ne se quittaient pas non plus. Nous avions la même passion, le même mode de vie, tout nous rapprochait. Sauf que ces derniers temps, il était beaucoup trop proche de Misha, une des nouvelles du club, car oui, dans ce club nous avons autant de bikers mâles, que de bikers femelles comme j’aime à le dire ! Aujourd’hui, la Harley n’est plus réservée aux hommes. Il ne manquerait plus que ça ! Quand Emi Scott, directrice commerciale de notre pr incipal fournisseur d’équipements, m’a proposé une place de commerciale chez eux, j’ai tou t quitté. Mon mec, enfin ce qui y ressemble et mon père et là, ça a été beaucoup plus difficile. Il a catégoriquement refusé, sauf que je suis aussi têtue que lui ! Alors, nous avons passé un accord. Je vais travailler ailleurs, mais je devrais toujou rs superviser l’administratif de la concession. Double de boulot, mais mon père est le seul homme à qui je ne sais pas dire non. Nous voilà donc lundi matin, une heure avant de partir pour une nouvelle aventure. Sauf que mon look ne concorde pas avec mon nouvel emploi. Je suis grande et mince, change de couleur de cheveux tous les mois, ce mois-ci, c’est rouge framboise ! Suis tatouée un peu partout sur le corps et n’ai pas honte d’être sexy. J’aime mon look et ma façon d’être, pourtant ce poste de commerciale attend de moi une autre image, même s’il a besoin de mes compétences. Alors j’ai refait ma garde-robe. Adieu, jeans moulant, marcel près du corps et bonjour tailleur-pantalon. J’oublie la jupe, mes tatouages sur les jambes seraient trop visibles. Dans la glace, j’ai l’impression d’avoir une sœur jumelle BCBG ! Ça me contrarie un peu de ne pas être moi-même, pou rtant cette émancipation va me faire le plus grand bien. Alors je mets le paquet, personne n’imaginera comment est la vraie Chenoa ! Ce sera mon secret. Chez Cox Gear, je serai la super commerciale, calée en moto et accessoires. J’aurais aimé pouvoir porter les vêtements en cuir qu’ils vendent, cela aurait été la meilleure représentation. Mon corps recouvert totalement de cuir, mumm, j’adore. Le boss d’Emi Scott est très à cheval sur la tenue vestimentaire, entre autres choses, si j’ai bien compris. Il a l’air très dur. Je ne suis pas inquiète, aucun homme ne m’a jamais impressionné ! Si j’ai changé mon apparence pour eux, je ne changerai pas mon moyen de locomotion préféré ! Personne ne m’interdira de prendre ma Forty-Eight customisée, je ne me sens vivante que sur ce petit bijou. Je ne me vois pas prendre le métro ou un bus pour avoir le nez collé contre les dessous de bras d’un type qui pue la sueur ! Quelle horreur, j’aime ma liberté. Conduire une moto en tailleur pantalon est une première pour moi. Affreusement inconfortable, mais il va falloir que je m’y habitue. Mon père m’a conseillé de me garer en retrait, il a peur qu’une femme en Harley ne soit pas bien vue. Tout ce pour quoi je lutte avec notre club se retourne contre
moi. Je veux ce boulot. Je n’ai pas fait de grandes études, mais j’ai de la tchatche et connais le monde des motos sur le bout des doigts. Alors, je veux mettre toutes les chances de mon côté, même si cela veut dire, mettre mes idées de côté. Les locaux sont grands et lumineux, avec vue sur le lac, c’est plutôt agréable. Emi Scott me reçoit, un grand sourire aux lèvres. C ela fait déjà deux ans qu’elle essaye de me recruter. Je suis heureuse qu’elle ait persévéré. L’équipe comporte cinq commerciaux et une commerciale, maintenant ! Que du mec costard cravate, bronzé et prétentieux ! Je sens que je vai s m’amuser avec eux. Les seules femmes sont assistantes, ou directrices commerciales. Emi tient son groupe d’une main de maître, elle ne s’en laisse pas compter par ces cinq machos en puissance. Elle me montre mon bureau, juste en face d’un gros lourdaud de James, qui me reluque depuis mon arrivée. Attends un peu qu’on soit seuls, mon coco ! Elle me donne les clefs de ma voiture de fonction, de mon casier et la liste de clients à contacter. Elle me demande de m’asseoir, fait de même et réfléchit un instant avant de se lancer. Je ne sais pas ce qu’elle a l’intention de me demander ou de m’avouer, mais elle m’inquiète, d’un coup. — Chenoa, tu connais tous tes collègues, maintenant tu rencontreras notre P DG, demain ou après-demain. Il n’est pas souvent présent. Je suis son bras droit, donc au moindre souci, tu viens me voir. En parlant de M. Cox. Elle s’arrête à nouveau, se racle la gorge, tout co mme James qui ne sourit plus et regarde ailleurs. Qu’est-ce qu’il a ce M. Cox ? C’est un monstre, un vieux grincheux, un jeune imbu de sa personne ? — M. Cox est un homme… spécial, dirons-nous. Il n’aime pas parler pour ne rien dire… — Parler tout court, le coupe un James mal à l’aise de parler de son boss. — Oui, c’est un taiseux. Un homme bon et généreux, mais mystérieux. Tu verras bien par toi-même. Je te connais bien, ton caractère également, c’est pour cela que je t’ai choisie. Je sais que tu ne te laisseras pas dominer par cette bande de commerciaux arrogants. Par contre, avec ton boss, il faudra faire profil bas. Tu gagneras bien ta vie ici, si tu es réglo. Il ne fera pas de problème. Enfi n bref, attendons que tu le rencontres et tu te rendras compte par toi-même quel genre d’homme il est. Enfin, quand il est présent, chose rare. — Emi, vous me faites peur, enfin à moitié. Notre boss est un vieil acariâtre ? Un jeune à grosse tête ? — Non rien de tout ça. Il est seulement dans son mo nde, voilà tout. De toute façon, tu n’auras pas affaire à lui. Mais tu le croiseras, alors ne te vexe pas s’il ne te salue pas, ou autre. Voilà je t’ai prévenue, maintenant essaye de mettre ton fort caractère de côté lorsque tu le rencontreras. OK ? — OK, OK, pas de soucis. Je sais me tenir. Je ne suis pas pressée de le rencontrer. Amusée, elle se lève et nous laisse à nos affaires. — Si tu veux coucher, c’est avec les commerciaux, la nouvelle, oublie le boss. — Si je veux coucher ? Alors écoute bien, James, je suis ici pour travailler. Les petits guignols dans ton genre qui se prennent pour des hommes parce qu’ils portent un costard cravate, me font bien rire. J’aime les hommes, les vrais et ne suis pas i ci pour voir ta bite ! Nous sommes OK ? Nous partons sur de bonnes bases ? Tu ne me montres pas ta bite, je ne te montre pas mes seins ! Restons pros, James. Je le scotche, jamais aucune femme n’a dû le rabaisser de la sorte. Non, mais oh, pour qui il se prend ce type ? À peine arrivée que déjà j’ai une proposition malhonnête. Il va vite comprendre qui est sa voisine de bureau. Cette première semaine se passe plutôt pas mal. Déjà plusieurs contrats de signés, une zone plutôt sympa à travailler, les beaux quartiers de Chicago. Prendre une voiture de fonction ne me réjouit pas, mais ce sont les ordres du boss. Je ne le comprends pas cet homme. Il travaille uniquement avec des concessions motos et veut des employés en costume et en voiture. C’est un peu étrange ! Enfin, c’est sa boîte et elle tourne très bien, alors, si un jou r je le vois, ce patron fantôme, je m’abstiendrai de lui faire la remarque. Je n’ai pas envie de perdre ce boulot. J’y rencontre beaucoup de connaissances, c’est amusant. Bien souvent, ils ne me reconnaissent pas sur le coup. Enfin bref, ce nouveau job m’éclate. Tout va bien d ans le meilleur des mondes. À part ce
lourdingue de James. Ce jeudi soir avant de rentrer chez moi, il me coince dans le hall d’entrée et me prend la tête, encore ! — Chenoa, ça te dirait un petit resto demain soir e t ensuite, je sais pas, nous pourrions voir comment nous sommes sans nos vêtements tous les deu x. Tu as un côté « je cache un truc » qui m’interpelle. — Écoute bien, James. Si tu ne veux pas qu’autre chose t’interpelle en pleine figure, tu vas arrêter de me reluquer du matin au soir avec ton petit air salace et me faire des propositions inintéressantes. Tu n’es pas mon genre, je te l’ai déjà dit le premier jour. Les lourdauds, trop peu pour moi. Si tu es en manque, prends ta main, au moins, elle, te supporte. — Bonsoir, nous étonne une grosse voix sèche, derrière moi, que je n’ai pas entendue arriver. Je me retourne et lève la tête sur un homme impressionnant. Un costume gris clair trois-pièces, qui lui colle à un corps digne d’un footballeur américain, un visage carré aux yeux bleus sévères et aux sourcils froncés et une bouche pincée. Quelques cicatrices qui lui donnent un petit air aventurier. Pourtant cet homme incroyablement élégant, n’a pas l’air d’être un motard, ni un aventurier, mais plutôt un homme d’affaires sexy au possible. — Vous devez être Chenoa Burns ? — Oui, réponds-je intimidée comme rarement auprès d’un homme. — Enchantée, Mademoiselle, Sam Cox, votre patron. S i James vous harcèle, nous pouvons y remédier. Même si j’ai l’impression que vous n’avez pas besoin d’aide, me sort-il en avançant vers son bureau, nous plantant, seuls, au milieu de l’entrée. James me salue timidement. Je reste un petit moment sans bouger à regarder la porte de M.Cox. C’est le premier homme qui me laisse sans voix. Non pas parce qu’il est mon patron, non, plutôt par ce physique. Et quel physique ! Voilà un homme, un vrai. L’air peu commode, pas souriant, mais un corps à vous damner. Emi aurait dû me dire que notre boss était un sex-symbol, au lieu de m’effrayer à me faire croire qu’il était bizarre. Il a l’air de l’être, elle a raison. Son ton froid, ses sourcils froncés, sa démarche assurée et ses yeux qu’il n’a pas posés une seconde dans les miens, me font penser que, soit il est gay, soit sa femme est extrêmement jalouse. Je l’entends appeler Emi, qui arrive en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Il lui donne un tas d’ordres, d’une voix froide, sèche et monocorde, puis l’expulse presque de son bureau. Waouh ! Effectivement, cet homme n’est pas très chaleureux. Je vais éviter de le contrarier et, même si mes yeux en réclament encore, de le croiser tout court. Le lendemain, je déchante. Il est peut-être terriblement sexy, mais il est surtout incroyablement autoritaire, froid et un regard fuyant qui me débecte. Alors les minettes fleurs bleues, n’allez pas vous imaginer des choses ! Les patrons connards et arrogants vous rêvez d’en tomber amoureuse. Moi les coincés en costard qui conduisent des Allemandes aux vitres teintées, et qui parlent comm e à un chien à leurs employés ne me font absolument pas fantasmer. Même s’il a un physique de rêve. Alors on oublie tout de suite de me voir tomber amoureuse de ce type, OK ? J’aime les gars s auvages, qui ont une deux-roues américaine entre les jambes. C’est pourquoi je décide d’ignorer tout le monde dans ma boîte, à part Emi et Kim, la fille de la compta. Je passe mes journées en clientèle et trava ille le plus possible de chez moi. Entre des collègues aux yeux déshabilleurs à qui j’ai envie de botter le cul et un patron qui ne m’a pas dit une fois bonjour et qui m’a parlé uniquement pour m’ordonner de rentrer ma chemise dans mon pantalon, avant de claquer la porte comme un ogre en furie, j e préfère la jouer solo, avant de perdre mon emploi qui me plaît énormément. Je suis très déçue par cette ambiance, me faire draguer gentiment ne me dérange pas, c’est même plutôt flatteur. Mes collègues sont tous du même ac abit, lourd, prétentieux et très certainement grande gueule et rien dans le slip ! Nous n’arrivons même pas à parler boulot entre nous. Il faut toujours que ça dévie, c’est fatigant d’être avec ce genre de gamin attardé. Je pensais me faire de nouveaux amis, rien, nada ! Heureusement, j’ai mes amies de longue date, Aubree et April, qui sont des adeptes, elles aussi, de la moto. De vraies copines avec qui je sors ce soir boire un verre, ou plusieurs même, pour me remonter le moral. — Alors, alors, ton sexy boss, tu l’as revu ? Raconte-nous, dis-nous tout sur son anatomie.
— Si tu veux parler de son cul, j’ai la chance de l e voir plus souvent que sa tête. Il n’aime pas croiser nos regards, j’ai l’impression qu’il nous snobe, pfff gros prétentieux. Ah OK, il est super canon, mais son attitude me dégoûte. Pourtant, la vache, j’aimerais bien le voir sans ses fringues. Lui au moins c’est un homme, un vrai de vrai. Comme on aime les filles. — Pas comme nos ex quoi ! Ni ton collègue James ! — No comment, celui-là c’est un débile profond. Il ne pense qu’avec sa petite bite. Il drague toutes les femmes au téléphone, c’est incroyable. — Il est peut-être en manque ? — J’en suis sûre, il ne doit rien faire, c’est un gros frustré en fait ! Bah, il ne m’aura pas. Pfff pauvre type. Bon allez, on arrête de parler de mon taf, ça me démoralise. Le boulot en lui-même impec, mais l’ambiance mortelle. — Retourne chez ton père, avec Declan, il va te tripoter dans la réserve et le soir, il s’enverra cette bitch de Misha. Elle bave un max sur leur histoire, elle est fière de dire qu’elle te l’a volé. — Pfff, elle m’a rien volé du tout. Si elle savait que moi aussi j’allais voir ailleurs et des mecs mieux bâtis et meilleurs amants que lui. Je la plains en fin de compte, cette fille. Si elle se finit avec les doigts comme moi, c’est pas la joie. Nous éclatons de rire toutes les trois, voilà l’ambiance que j’aime. Parler librement de tout et de rien à notre façon, habillées comme nous aimons et rien ni personne pour nous demander de changer. Nature, c’est ça la vie. La soirée est chaude, à grands coups de Blue Shark, nos cocktails préférés, à base de tequila, vodka et curaçao, ça décoiffe, nous rend euphorique et no us fait tout oublier. Nous dansons un peu, collé serré contre des mecs qui sentent bon la sueur, nous nous laissons peloter un peu et quand l’ambiance commence à dégénérer, nous courons vers la sortie, mortes de rire ! Voilà, ce sont nos soirées entre filles. Nos délires à nous lorsque nous sommes toutes les trois célibataires. Rien de bien excitant dans ma vie, vous allez me dire. Oui et non ! C’est vrai que depuis que je travaille chez Cox Gear, j’ai une routine qui me pèse un peu, un manque d’espace et de liberté qui m’étouffe. Mon père s’en rend d’ailleurs compte samedi, pendant que je l’aide à la boutique. — Ma petite colombe, ce soir on se fait une sortie père/fille. Je t’ai préparé un truc d’enfer que tu vas adorer. Je n’aime pas te voir morose. C’est à cause de Declan ou un autre que je ne connais pas encore ? — Non, plutôt ce nouveau boulot, Pa, je croyais que ça m’aiderait à être mieux dans ma peau. Je sais très bien que je fais du bon boulot, ils n’ont rien à me reprocher, mais justement, ils ne disent rien du tout. — Attend, ça ne fait que deux semaines. Tu es comme toutes les femmes, impatiente et exigeante. Ils vont bien voir qu’ils ont fait le meilleur choix. Et sinon, tant pis pour eux et tant mieux pour moi. Je te récupérerai et nous ferons à nouveau équipe.
Chapitre2 Je suis excitée comme une puce ce samedi soir. Ça fait une éternité que nous ne nous sommes pas fait une sortie surprise avec mon père. En général, il me trouve toujours des trucs plus fous les uns que les autres ! Saut en parachute, virée dans un rassemblement de bikers bien chaud… Le truc le plus fou ? Pédalo sur le lac en face de chez nous en pleine nuit en tenue de motard, casque compris ! Il est fou, je l’adore. Là c’est une soirée, mais quoi ? Il ne m’a rien dit de spécial à part de prendre ma moto et de rester nature. Ça commence bien. Nous partons à la nuit tombée, direction les quartiers chauds de Chicago, puis une ancienne zone industrielle abandonnée. Je suis franchement intriguée, même limite un peu inquiète. Au bout d’une rue qui n’en finit pas, un entrepôt éclairé, des videurs devant une porte coulissante, des dizaines de motos et de voitures, et une foule de malades. Nous nous garons non loin de l’entrée. Je regarde m on père, intriguée. Il me dépose une bise claquante en me certifiant que je vais adorer. Je veux bien le croire, des bikers par dizaine, des beaux mecs, et à l’intérieur, du bon rock de chez nous et un brouhaha qui prévoient une soirée endiablée. J’étais loin de m’attendre à ça ! Une foule déchaînée, ACDC et leur Hells Bells, que beaucoup reprennent en essayant de hurler aussi fort que Brian Johnson, à s’en casser la voix ! Deux énormes bars de chaque côté, l’alcool qui coule à flots, les hot-dogs et même mon péché mignon, les pop-corn ! Le truc le plus simple au monde, mais dont je sui s accro, quand je commence, impossible de m’arrêter ! Des beaux mecs à la pelle. Certains me collent, me sourient, un me met une main aux fesses, en retour, il prend la mienne dans la gueule ! Non, mais oh ! OK, je suis attirante et mon marcel ne cache pas grand-chose de ma poitrine, mais ce n’est pas marqué « serre-toi » non plus, hein ! Son jeans qui lui moule son cul, je ne me permets pas de le tripo ter, alors qu’il me hurle de le faire ! Les mecs sans gêne et irrespectueux je déteste et ils comprennent tout de suite. Au milieu de cette foule hétéroclite, trois cages en hauteur qui m’excitent les sens. Trois rings pour des combats de free-fight, illégaux. J’en raffole ! Voir des hommes musclés, en sueur, se battre pour prouver qu’ils en ont, j’adhère depuis longtemps et Pa le sait très bien. Vous devez me trouver étrange, aimer regarder des hommes à moitié nus en train de se battre n’est pas très normal. Pourtant, je trouve ça excitant. Par contre, quand ça dégénère en règlement de compte et que le sang coule plus que la normale, là je détourne le regard. La violence pour la vengeance ne me plaît pas. Je suis bizarre je sais, c’est comme ça. Survoltée, excitée, impatiente, je me laisse guider par mon père, vers la première cage, où les combattants arrivent déjà. Finis les shorts larges qui n’avantageaient pas leurs fesses et leur faisaient des petites jambes. Aujourd’hui, tout est bien moulé, un vrai aphrodisiaque, un délice pour les yeux. Les deux premiers ne sont pas très convaincants, ni même super sexy, mais toujours agréables à regarder. Le troisième devient beaucoup plus intéressant, ça cogne dur, il y a du répondant, de la fougue, de la salive qui gicle et de la sueur qui c oule en même temps que le sang. Mon père me regarde me déchaîner et crier comme une folle pour le beau châtain qui est en train de perdre, mais que j’aimerais revoir encore. Putain de corps de fo u, trempé de sueur, des muscles bien marqués, un V de folie qui lui descend dans le boxer. Grrrr, il est très excitant, dommage son nez nous fait bien comprendre quel sport il pratique ! Il a du se le faire aplatir plus d’une fois. Pa me surprend en me ramenant un maxi giant paquet de Pop-corn sucré avec un nuage de chocolat dessus. Je lui dépose une énorme bise claquante en le remerciant pour cette magnifique soirée et retourne à mon spectacle. Malheureusement « nez plat » ne reviendra pas me faire voir ses biceps ! Il est KO de chez KO ! Trois combats en même temps, mais je n’ai qu’une paire d’yeux et ça me frustre ! J’aimerais être partout à la fois. Pour les quarts de finale, nous nous installons en face de la cage du milieu. L’ambiance est bouillante, ça hurle de tous les côtés. Deux beaux blacks se défient à grands coups de pied. C’est ce qui rend ce spectacle intéressant, rien n’est inter dit, tous les coups sont permis. Les combats se suivent, mais ne se ressemblent jamais. Je louche sur les corps aux tablettes de chocolat appétissantes, pendant que mon père est parti faire
des paris pour les derniers combats. — Tu as l’air de t’éclater ? me surprend mon voisin, en me regardant un petit air amusé aux lèvres. — C’est le moins qu’on puisse dire, oui. Je passe une super soirée. — Tu es pour qui dans ce combat ? Dante est plutôt balaise, mais Chuck a l’avantage. Ils se sont déjà rencontrés, Chuck a toujours gagné. Il faudrait inverser un peu. Je le regarde parler avec passion des combats. Il est plutôt pas mal, mon voisin. Je n’avais même pas fait attention. Très grand, cheveux noirs tout comme ses yeux, bien bâti, un sourire charmant. — Non, tu n’es pas d’accord ? me coupe-t-il, dans mon reluquage très peu discret. — Si, si, tout à fait. Que le meilleur gagne. — Tu n’as rien écouté, rigole-t-il de bon cœur. — Non, rien du tout. J’observais ta bouche, mais ne t’écoutais pas. J’avoue. — Waouh, t’es plutôt cash comme fille. Joey, enchanté. — Oui je suis cash, à quoi bon tourner autour du po t ? Chenoa, tout le plaisir est pour moi. Je suis revenue sur terre, je t’écoute. Tu as parié sur qui ? Il rigole en me détaillant et discrètement se rapproche de moi, pour se coller contre mon flanc. — Pas sur ce match-là. Seulement sur le dernier. C’est ton genre de type, les deux guerriers là ? Tu les regardais en bavant presque. — J’avoue qu’ils sont super agréables pour les yeux. Mais ils ne sont pas près de moi pour me parler. Notre petite drague me chauffe un peu les sangs. Il me botte bien ce type. Pas mal, parle posément, son look est simple, mais efficace, jeans, t-shirt Harley Davidson et boots. Peut-être que ma soirée va se terminer en apothéose ! Nous parlons, parlons tellement que nous loupons le match suivant. Mon père qui revient, enfin, nous coupe un peu avec agacement dans notre conversation et notre contemplation réciproque ! — Bon, j’ai parié pour le dernier match, mais comme le favori a une toute petite côte, j’ai parié sur les deux ! — Oui, The Snappish gagne tout le temps, parfois deuxième, mais jamais en dessous. — The Snappish ? Il est si hargneux que ça ? — Tu vas vite le voir, pas de pitié pour ses adversaires. On dirait qu’il en veut à la terre entière, ce type. Tu vas l’adorer. Les femmes en sont folles. — Et de toi non ? — Non, rigole-t-il, en regardant ma bouche avec insistance. Je ne vois pas des dizaines de femmes qui scandent mon nom, totalement en transe. — Ça peut s’arranger, tu peux en avoir une déjà si tu veux. — Je ne suis pas aussi attirant que Snapp. — Ça, c’est toi qui le dis. Perso, tu m’attires beaucoup. Une tension de fous passe entre nous deux. Nos yeux sont indécollables alors que la foule en délire, hurle « Snapp, Snapp, Snapp » à s’en égosiller. À regret, je quitte le noir profond du regard de mo n voisin pour chercher des yeux ce Dieu de la Free Fight. Je sens la main de Joey venir attraper la mienne, juste au moment où je vois dans la cage un dos impressionnant avec un tatouage énorme et pas très sympathique à mon goût. Une tête de mort, avec un casque de moto et des ailes d’anges. Je n’accroche pas. À son corps oui, taillé comme un dieu grec, dans la roche brute. Ses autres tatou ages sur les bras et les épaules sont beaucoup plus attirants, des symboles tribaux. Châtain très clair, des épaules impressionnantes tout autant que ses cuisses. Son postérieur un peu rebondi est un délice qu’on meurt d’envie de toucher. Vivement qu’il se retourne, je comprends pourquoi toutes les femmes hurlent son nom. — Et voilà, je te l’avais dit. Tu as succombé aussi, se moque Joey, que j’avais un peu oublié. — Et encore, je ne le vois que de dos. Appétissant, cet homme et une vraie force de la nature. — C’est raté pour moi, j’ai compris, s’amuse-t-il en me lâchant la main. — Pas du tout. Lui c’est pour les yeux, uniquement. Toi tu es là à côté de moi, je te connais, pas lui. Discrètement, je lui reprends la main, je n’ai pas l’intention de le laisser partir. Je suis certaine que ma nuit avec lui risque d’être chaude et intéressante. Mon père nous observe très peu discrètement pendant que ma mâchoire risque de se décrocher en
voyant The Snappish se retourner !