Sous les apparences

Sous les apparences

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309 pages
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Description

Jonathan, la quinzaine, fait sa rentrée à Ardenne, une petite ville dominée par quelques dynasties bourgeoises. Le garçon, du genre surdoué, le nez toujours plongé dans ses livres, n'a pas le caractère frivole des adolescents de son âge et a toujours été moqué et rejeté. C'est pourquoi ses parents aisés, vivant en Italie, lui ont accordé un éloignement et une indépendance relative puisqu'il est surveillé de près par Ella, une amie de sa mère.


Dès le premier jour, Jonathan est fasciné par la beauté de Selenna, une jeune fille aveugle de sa classe. Celle-ci est mise à l'écart par tout le lycée et même toute la ville, pour un événement datant de deux ans ayant entraîné sa cécité. Lui, va à sa rencontre, l'aide, la défend et tombe vite amoureux. La famille de Selenna est méfiante, puis cède devant la sincérité du garçon.


Au fil du trimestre, commence à se dévoiler la chape de secrets qui entoure Selenna et plombe la ville. Pire, quelqu'un cherche à la tuer. Que s'est-il donc passé deux ans auparavant ? Pourquoi toute la ville lui en veut-elle ?




Dans "Sous les apparences" du jeune et prometteur Sullian Loussouarn, plongez-vous dans une atmosphère mystérieuse et étouffante, savourez les révélations au compte-goutte distillées par l'auteur et découvrez des personnages aux personnalités sensibles et complexes.

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Ajouté le 23 novembre 2018
Nombre de lectures 28
EAN13 9782368452660
Langue Français
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surlesréseauxsociaux:

©2018–ISEdtion

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51rueduRouet.1308Marseile

www.is-edtion.com/

ISBN(Livre): 978-2-36845-265-3

ISBN(Eboks): 978-2-36845-26-0

ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Directriced'ouvrageetcorections: Di Pina raMauli
Couverture/ ilustration(s): OliviaProDesign/ Depositphotos

Colection«Romans»

Directeur: HaraldBénoliel

LeCodedelapropriétéintelectueleinterditlescopiesoureproductionsdestinéesàune
utilisationcolective.Toutereprésentationoureproductionintégraleoupartiele,faitepar
quelqueprocédéquecesoit,sansleconsentementdel'auteur,desesayants-droits,oude
l'éditeur,estiliciteetconstitueunecontrefaçon,auxtermesdel'articleL.35-2etsuivantsdu
Codedelapropriétéintelectuele.

SULLIANLOUSOUARN

REMERCIEMENTS

Ilyatroisgenresdepersonesdanslavie:

Celesquiladonent

Celesquil’acompagnent

Celesquinousaprenentàlavivre

Jeremerciemamèredem’avoirdonélavie

Nolwen,CamileetSolveigdem’yacompagner

EtAaron,dem’avoiraprisàlavivre

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PROLOGUE

anslespeitesviles,lesnouveauxarsos hntintvatibaeulement
indiféDtnof t ei quac cr,heesà c ohqleuq eu ont quiceuxont s ,xue à tnauq ,tsenr
divisésendeuxcatégories: iruc por te ,xuediins lees tlférents.Les
«tropcurieux»sonthorfiéap sec r'uq s ilcodéreuv. nts Le
semblantd'êtretransparents,mêmesipersonse'n e.epud t
Ardenou tles s itpe ,noc teemmofait ne exc pasoi nr géra,t'dcIe,las an d
autresbourgsaparemmentranquiles,lavilob nonbmerd eesetcrs.e cache
C'est ici que Jonathan Deluca a décidé d'emménager. Par le hublot de
l'avion qui l'amène d'Italie, il balaie le paysage très boisé. Il repère Ardene
grâce au grand lac tout proche. La végétation entre jusque dans la vileet
sépare les bâtiments du lycée des quartiers résidentiels. Plus loin, Viléon,et
entrelesdeux,Vil serivD e.rtatua's no yteporoa rélesinconuesontperdues
aumlirvuoc iuq têrof ioég rlae uttoe .n'immenseeu de l
Cequ'ilnesavaitpas,quandilaateriàVilar,ye tsq c e'trua queesègsie
derièreluiétaitasiseSelenli-t us ,euqrus teenu,nd’a laiuraR ohed.sB ei nl e
moment, il n’aurait eu aucune réaction particulière. Car il ne la conaisait
pasencore.
Mais s'il est une chose qu'il faut savoir sur Jonathan, c'est qu'il fait partie de
cespersonestropcurieuses.
Et cela lui sera sans aucun doute fatal. Car il n'est rien de plus dangereux
quelessecretsd'unepeitevile.

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PARTIE1:
LESCENDRESDUCŒUR

4septembre
Avanttoutechose…

ejetep liœ’d puoc nu e. Anêtra fear l eivegn n aucunu tnehcatl reic e el
J
bleuazur.Lesoleilil ed eécyèimul aslarû bret ee,ntuimen le parking du l
malgré toutes les fenêtres ouvertes, la chaleur entrave toute concentration.
Labrisefraîchecares noce,sedquel seseu yqux reeml see tejf n visagee mo
savourantleconfortdemaplaceetdélaisnsioaticofpru d tnalpxe seleseur.
Jemelaisabt rastioctdun sni tnataf ,nasie somnoler un iru btoutautourde
moi. Quand j'ouvre les yeux, ceux-ci se posent instinctivement sur des
oiseaux, qui volent, formant une grande flèche noire, au-desusdelaforêtqui
bordelelycée.
Jelesregardejusqu’àcequ’ilsdisparaisetnà l h'orizon.
Détournant les yeux du paysage vers le tableau, je regarde monsieur
Derienarpenterlesal,selbat natodar der sut sivirés des ons rapies eé lesntre
decequenousdevrionsdéjàconaître.
JasonDerneitr’ê duspln ee,eforp erton e de prof le estylécd uaçsirfnaseur
principal. Probablement la trentaine, cheveux courts, yeux gris, nez aqulin,
lèvres rouges asymétriques, et des vêtements, quelque peu démodés, qui ne le
montrentpasàsonavantage.
Quandilposedesquestions,personsa sip yaf e'nd. Jéponui rne l e
exception,notantlesréponsessurunefeuilla ced eseursansmêmesongerà
lever la main. Je ne suis pas de nature à me vanter, loin de là, mais je sais

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pertinemmentquejeconr sel sia’e jn rediue q’u àujqsap sia sn’ir Je ses.épon
sais plus que les profs eux-mêmes, mais je ne’n suis pas loin. Cela, je le dois à
mamère,etàuneviedénuéedesociabli te eril à seJ et.éurnés joe mepass
réviser, sans pour autant avoir la moindre idée de ce que je veux faire plus
tard.Queleironie!
De nouveau, je regarde dehors, et aperçois deux pigeons s'envoler au
pasa ldeé ntgear talcé’L .tresédparking dans le orluna t eoVvl oe agund'
voiturereflètelesrayonsdusoleil,m'éblouis'l tapsed ecenu' courte an
seconde.Eler o'vucondôté ur sucteop al tec erèitrl’e dès, éetren eesg ra erp
alorsqu’uneespècedebourdonnasaent emruop émmargorp l erosplexs ou n
lestympans–etquisert,acesoirement,desontereinrie– e t.Distrait,je
détourneleregard.
Ramasantmasacoche,j'yrangemesafaires e nejattnu nocpu’œ d pil lara
fenêtre, mais le conducteur de la Volvo rutilante a disparu. Je traverse la pièce
etm’aprêteàquiterlasale.
«Jonathan?»
Derièremoi,monsieurDerlahcnon a tnemmast eeni é coppuy sonntre
bureau. Il me fait signe de le rejoindre. Faisant demi-tour, je traverse la sale
encontournantlefluxdesélèves.Quandj'arvei s àhaa euut lem,ri el p ra
d'unevoixposée,oùjedécernedelacuriosité.
«Tudevraisvraimentparticiperenclase.»
Inquiet de ce qui va suivre, je ne peux m'empêcher de le dévisager
bêtement.Ilm'estdifuvé rcri eus rel cahier. Du moinci elic edirroque l 'ia m’ ,s
personc eottuovayuq e lesientfe prol en et ai f'a– t anavseurs,c'étaitun
garçontrèsinteligentetrèsé c euq it midi,eas pst'e noi senunéd tnemelatot
desens,maisilsn’ontjamaischerchéplusloin.
« Pourquoi n'as-tu pas levé la main ? » poursuit-il.
Jenerépondspas,sentantlesangafno te s'évis. Jjoueetr ou rr gis meeul
regard, il ne dit rien, et le silence devient vite pesant. Faisant un pas en
arasiaf iurpmoc tnque drenoi djee a s ynemel ,tt sidimie jursoie,èrler.
Lorsqu’il me congédie, je me’nfuis, à la fois soulagé et gêné.
Je traverse les couloirs d'un pas rapide, contournant les élèves qui arpentent
lestunelsdulycéepourrejoindreleurclas Je desce.e cslaeisnrees d lt se
traverselehaloé C lh xedc ueerà smerioun uièéntnadrap r nenopé'entrée d
etTiphaine,deuxsurveile rsvera tJe. estna'male parking pour rêteràla

8

lisièredelaforêt.Unelignedebancsenpierles arbre longe apéstnar ,se sel
desvoitures.Jem'as'dueu' ns ro xteour lis salpmexe sed erion mdes on mac s
HautsdeHurlevents rul qeeu leje mnccotrene.
Malgrémonaplication,jen'arvir renoigà s pae slé sedirerel s en èves
pause,rasrp sd sèeélbmtrenlee muu t ree telt p raikgneraindesport.Ilsont
bruyants,enplusdeceuxquijouentaufoe cte ien tuqsentd'envoyerle
balnoèrp s de moi. Au bou t'dnum mone,tj i 'a glageorèc se ehod te sisuyerla
sueur qui perle sur mon front avec la manche de mon pulépairop t s.
Comme je tourne l'une des pages du livre, mon regard est atiréparune
ombrequis'échapnemitâb ud ehoe unjen U1.t l euotrapcrmm eing park
d'unpaspresé,s'ar eedavtnl aoVvlbjetun o êtitro erès te tro eo,oun e vr pla
métaliquelongetfin.Commeunecani siuP .uorber lesecheminet
disparaîtàl'intérieurdulycée.
Jeretourneàmonlivre,refoulantmacuriosité.
Àmidi,nefaisantplusguèreateur,duct je àontienitvoa là te erunoc nos
détournelesyeuxetm'enfoncedanslaforêt.
Ici, l'air est beaucoup plus pur. Les arbres m'entourent, recouverts de lichen.
Lesbuisonssemêlentauxgros eos ltetns rul des seicarrpseteens nei qu
rayonsdelumièrepercentlefeuilleuq tneuef seuqrée èvnlemèrliguJ e'ga.eiles
qui se détachent des branches et tombent dans mes cheveux. J'inspire l’air
frais,satisfait.
Jepoursel e reertn à marchs heuresdnna tedrdio tepent ces an derster sia
arbres, observer les oiseaux perchés sur les branches, écouter l'air qui sifleà
mesoreiles.Ici,jepouraiscrieraus,etirep osforti uoahels j eq eunene
m'entendrait. Sans compter que je dois être le seul à emprunter ce pasageà
travers bois. Tous les autres ont des parents qui vienentleschercher,ou
alors,ilsprenentlebus.
Tant mieux, la solitude me plaît. Je ne prétends pas que je n’aime pas la
compagnie; j’apréciejustelatranquilence sils êt sanp orepxu rudifeté.ite J er
dérangé par des bavardages redondants, dont les sujets se limitent
généralement à « Comment demander l'argent à mon père pour m'acheter le
nouveaumascaraDior?»pourlesfilabne t oesmmCo« u trelescoredeJean
à Lord of Gun ? » pour les garçons. J’ai beau n’être à Ardenequedepuisdeux
semaines, je sais déjà que je ne trouve pas grand intérêt à ses habitants.

9

Le sentier débouche sur une rue étroite, coincée entre le mur sale d'une
grandeusinedésafeJl aatitno .tceéeecule t iund'i e bleummavuam edupér esi
franchis rapidement pour déboucher dans un quartier plus grand et calme.
Les maisons en briques rouges sont toutes identiques, excepté les couleurs
divergentesdesfleurs.J'arpenteletrot rideaux rouges,r neragetnadsel r oi
rosesetparfoisbleusderfaçadesièrelesfenêtresdesma isonsaux
immaculées en mé’tonc la saljure aveautrei rni tecq ue qpol voe àirad tneté
etl'humiditédesruesprécédentes.
Après quelques minutes de marche, la route devient pentue. Je parcours
encore une centaine de mètres parmi des maisons plus élégantes les unes que
lesautres.
ArdeneestunepeiteviltibastnaS .eh ser éaouis ptedse odne ss tsoets
mondaines,ilssontimbusd'eux-mêmesetentretienenttousleurhabitat
avecbeaucoupd'ardeur… Descentainesdecopiesdemamère,ensomme!
Ici,lessecretsn’existentpas.Toutlemondeconaîttoutlemonde.Bienque,
visiblement,monarivéesoitpasas m’e aiétreuç.eJ é enipatenduàêtrele
centredel'atention,lepeite cnsdau eaonvu t veileoùlescitoyensvivent
depuis des dizaines de générations, un sujet de ragots, à n'en pas douter. Mais
quelquechoseadûocultercetenouveleetaca'l etuot rerpaatention.
Cen'estpasmoiquim'enplaindrais.
J'entredansunpeitétablisement.LePsychismeestunrestaurantpeu
conudanslavile,plusfamlil quaderne moP .eosrenelement,jetrouve
qu'il tient plus du café que du véritable restaurant. Les murs palisésdebois
sombresontilimut escoree Ll sonil orevued tl'éclat nés par l maep.sodérd se
brun, et du plafond pendent deux chandeliers imitation cristal. La partie
droitedurestaurantestoceépurap ort tisleabdes or fc emucririalte ene u
scène,quiestrarementutlisée d'après cea'j euq irpmoc ie Cs.ledegaucheest
oceép pue coar lir emptons le muusées da resblec rsit tax .sererC gnatialu
gauche,desalcôvessombresetchaleureusesatmentsageent endrt ed ê'
ocupées.
Unefemmeàlalonguechevelureboucléeatendderièrelecomptoir.
Malgrésapeitetrentaine,el –gtin vdec ve ae etîarap nsy e Daeners airs d
Targaryen. Sa tenue soigneusement choisie semble sortie du presing.
J'avanceverseleavecunsourireamical.
–Voicilenouveau! s'écrie-t-ele.

10

–Bonjour,Ela.
–Lamêmechose?
J'apréciebeaucoupsavoix,eledonel’impresoidoerf ed nnerlorsqu'ele
parle.Jehochelatêteetvaism’asireoan dl's e un sedôcla,sevec ledufond,la
plusprochedesfenêtres.
J'aime bien ce restaurant. L’atmosphère qui y règne est chaleureuse et
plaisante,plusquen'importeoùdanscetevileué otfante.Ici,c'estplus
relâché,çan'apasl'airausui gio deul aivisnoq eundé et parfait qne
Ardenia'Jirp ci shc i. eupsi seda m no de acunrepames rivée,mesnotionsde
cuisineselimitantauxplatsàpasse;o-dncior maur e etjepréfèrepreserle
pasplutôtquedemangerlanourspt ereseeugion uterd eiéria, âcla cafét
–mêmelesgâteauxsecs!
Elarevientavecuneasietedanslamain.El eesop le plat sur la atlb ete
s'asoitsurlabanqueteopen fée, osou nlae rvsebo'J .iom ed ecariture: dela
salade, des tranches de tomates et du fromage en cubes. Je ne me nouris
quasimentquedeçadepuisprèsd'unesemaine.
–Alors,commentc'étaitcematin?
–Asommant! jerépondsenpousirupxa erégé.au tnos n
Curieusement,Elcomprend à quel esrm aonisfas ou cens ec tniopuon euq
paraît superflu. J'ai beau ne pas vivre ici depuis longtemps, eleal'airde
mieuxmecomprendrequemespropresparents.L'en, euileal'airdesavoir
cequec'estvraiment: pasl'eniu ed nauqno d q alque cuesehoiaerà f si ,am
quel'onn'enapasenvie.Jeparledel'endei uous n'av quand nemtn no srvia
rienàfaire,maisquenousmo semairede fgés obli.iems c mo
– Je m'en doute un peu… même le français ?
J'avaleunefeuile adal sdel enugno eée pmâchnt uendaèr s epaio r'lva
minuteetluilanceunregardinter ed tnemseeucienil sntdaateur, lui demango
déveloper.
–JecroyaisquetuapréciaisJason.
–TuapelesmonsieurDerienparsonprénom?
–Jesuissonépouse,pasonélève! s'esclaf-ee-tle.
Jemanquedem'étoufrea ev cnu etranche de tomatJ .ee'saiedeles
imaginer ensemble, mais l'idée me paraît soudain ridicule.
–Tutemoquesdemoi,pasvrai?luidemandé-je.

1

– Je suis tout ce qu'il y a de plus sérieuse. Alors, n'oublie pas: j'aidesyeux
mêmeaulycée.
–Pourquoitunemel’aspasditplustôt?
–Tunemel’aspasdemandé,répond-el.liœ’ uecave dincln
J'aidumalàasimilerlanouvele.Eleesttelrgno!eeuntmenc i Pourtant,
enyrepensant,jen’aredl et rm ô’saà es sue lte qa tê tneiaté iseenvgpi
évidents.Parmieux,Eluq iesbm ar avant le savoili’u av iomq ece.usnoir d
Je finis par retrouver ma langue et tente du mieux posibledemefaireà
ceteidée.
– Ça veut dire que je peux me moquer de ses vêtements ?
–Ts! Pastoucheauxvêtements!
Nousrions,sansquejepuise m’empêche redt orvurel atusiioatdén lécaJ .e e
finismonasieteteml neeavaren bout nt te ceva tnadle,desmiliersde
questions que je n'ai pas le courage de poser me trotantdanslatête.
–Tuveuxquej'alel emunaetalsit-e-tila ven ? pteurlequandj'esuiede
nouveau la sueur sur mon front avec le bout de ma manche.
Jejetœid’p ou cune ué.xtén,ee nortamm l à
–Non,jevaisdevoiryaler.
Jem'aprêteàquiterlerestaurantquandEla m’interpele:
– Tu n'aurais pas oublié quelque chose, par hasard ?
Eletendlamainversmoi.J'esquisune eriruos jer al ,opesu niosne tbilet
surlapaumedesamain.
–Égoïste.
J'aidroitàunclind’œilmalicieux.

*****

Aprèsavoirquitees rleé orte evu enuvuonurtat,ane j rmelefoisàarpenter
les quartiers. Je me rends compte, non sans fierté, que je sais asezbienme
repérer,maintenant.Jeresensunfrisonenpas par la antiepteruele
humide et sale, et j'entre dans la forêt, fuyant la chaleur de fin d'été, ma bone
humeurrevenue.J'observecommeàl’aler chaquduer red ealv eédatli
environante,delatereusur gul ci euaqui hen uvrerecobra sel .sere

12

Jerespireaumaximum danslafraîcheuretrâlelorsquejepasesousles
zébrures lumineuses du soleil. Je me prépare mentalement à rejoindre la
chaleurdulycée,lecharivarinces sed smonotones cours e seel t sedvèlét an
profeseurs.
Le sol en béton du parking est brûlant. J'entre dans le bâtiment sans pouvoir
m'empêcherdejeterdesregardsmélancoliquesderm erèi.io
Danslasalbonjn « » poour f lr'aorlii, eàtnu umaletois'h dtentionde
madameLaurent,jevaism'as rargn ,afecà bitude au premieoc rioeah’d emm
son bureau. Madame Laurent me répond avec autant de politese,l'air
heureusequequelqu'unluiporteunminimumd'ation. Si ented s ec selruoc
lycéesonteneu cx,euad mdex ruaL emas el tneplusounyt ore enc –eleaun
véritabledonpourendormir.Sonvisagecaré et sonr gera dafusement
bienveilantnousdonentuneimpreso'l neisieuq 'dyhoi npocr. Hyisiepocr
reconde nous à ses coaud'nttat aîsruqo’ np ul sol parler l’entendlègues.
J'ouvremon livred'histoireetcontempleuneimage.Ils'agitd'un
autoportrait de Francesco Solimena. Je n'ai toujours pas compris pourquo il
s'y trouve, quand on sait que le peintre n'a rien à voir avec le programme de
ceteanée.Jeconplus célèbres prseuq euaattnq eua ma sist seelba xua sel
main, mais je continue d'inspecter les fins traits de pinceau que l'impresion
étire,modfiantletableaufinal.
Je lève la tête quand je’ntends le crissi ec ah ealtnd urene Laadamtd e mmee
surlesol.Eleatenc epu aralc aS .erircé à ceenmmcot eieraseestl'unique
saludl cyeé en ua,riot nuelbanc ee or a àirvole rend mentacleuqnae te tn dno
de la craie sur la plaque, il semblerait que ses années d’expérience ne lui aient
toujourspasaprisàs’enservir.
Je retourne à ma contemplation de Solimena. Tout, autour de moi,
s'estompe: lessonss'asourdiss erèimua'tn ,all esombrit,lesmouvementsse
figent, mon esprit s’égare. J'ai l'impresn ioe qu vjes ai'mneodmrri ,àl ,au beau
mlieudelaclase,devantoutlemonde.

Un son me sort de ma torpeur. Quelque chose qui racle le sol, comme un
bâton. Du métal, probablement. Les autres élèves ne font atentionniaubruit
ni à ma somnolence. Mais ils ne tardent plus à entendre eux ausileson
insolite.JevoisLyn tlar vele– s om etêsemble q– il me l uesrn euc e’tsR te eso
etdirigerleuregardverslaporteouverte.

13

Dans l’encadrement aparaisentdeuxpersones.
La première est un garçon. Il est grand, plus que moi, et semble avoir
abandonédepuislongtempsl'idéedecoifc seevehs re. J’ai ux bruns
instinctivement un mouvement de recul devant la dureté et la froideur de ses
yeuxgrisorageux.Reculap chiré etpar uyé lyts nosmitsev ee,irtaendén ea j
te-shirtàimprimétête-de-mort.
Pas vraiment le genre de type avec qui j'irais taper la causeteenplein
mlieudelarue,ensomme.
Lasecondepersoneestunefile.Ele est plus ieptequemoi,levisage
encadré de longs cheveux bruns. Sa peau est laiteuse, ses lèvres pleines
colorées de rouge et surmontées d'un nez droit. Ses yeux sont cachés par une
pairedelunetesdesoleilGucemetêv ses te ,eseernv’i l às,nt ébènure monti à
du garçon, sont d’une élégance que je n’ai jamais vue chez aucune autre file
desonâge.
Enlesvoyant,jenerestésiet, n ur sneua'd neitre que de la peni,ed ealc ruoi
désirquejen'aijamaisresentiauparavant.
MadameLaurentarableau tire 'écretd ê vuxusennos eauvdragel ee uaer t
par-desusseslunetes.
«SelenaRhodes?»demande-t-elnééu,ed t uo eedoix ne vçantgrinu'd e te
chaleurhumaine.
Leslèvresdelafilefrémisse at'n .eLg' lriaaoeçd àn seoiràlaplacelibrela
plus proche du bureau, c'est-à-dire juste en face. Une table pour deux, une
tablequej'ocupedéjààmotié.Eles'as mitadalitroenemm ,t siacevao
précaution.
Eles'asoit.Àcôtédemoi.

*****

Après avoir parlé pendant cinq minutes à la prof, le garçon s'en va. I laise
seuleSelenleab tlee rdgare iuq ,at pan'esr » arder ge,n« nEifua .vrs meai lnte
bon terme. Disons que son visage est dirigé droit devant ele.Sesdoigts
tapotent rapidement sur la table, comme un geste inconscient. Sinon, elene
bougepas; n uasp ee,stgeibauos evelte ra's e sa poitrine se tejv io s àepniser
aurythmedesarespiration.

14

Letempspase jetmee en rà lasqu’ du finmotpsdc euj euq asj ,sruocp ia'n e
ceséuneseconded'observerlafile.Selenneg ernemeel tTy. qupiRha esod
de nom que l'on entend dans des séries télévisées. Et puis, c'est une belefile.
Non,pasbele,pensé-je.Cemotn'estpasasezfort: «magnfique»estplus
apbrx s,unchs euevu'd p en as uaeptrême, âleur exrpoJ eir.érde regalongses
ses bracelets noirs et blancs aux poignets, le long colierenargentquipendà
soncou.
Quandarndmades ou nntreuaL emadam ,sruodu cfin la iveer e'dcéir
quelque chose dans notre agenda, mais je ne l'écoute que d'une oreile.
Selenatâtonp elbat uort ruople lelae datver un peiten tlbna.cJ eus is car
impresionéparl'asurancequiémaned'ele.El eeds du eitab'h l ae
débrouilerseule,etçasevoit.
J'ai une envie soudaine de l'aider, mais, trop hésitant, eles'emparedeson
cahier avant que je ne me sois décidé. Je ne peux pas m'empêcher de me
questionersurl'ef percevo pouvoir eenpe s atuorq uedatçipd rèim ,el riul a
denepluspouvoirdistinguerlesdif countesére irvos pae nde erocne uo sruel
levisagedesoninterlocuteur.
Cen'estpasjuste: moi,jepeuxlaregarderausgnet ioluq epm se lje
souhaite,alorsqu'elen'aaucuneposibliet .Erd eocpmens'en rtée dlene
peutrienvoir.Eltuep en eres ler oi vas p sar eel suqagdr ces depaceteclase
luijetent.El lue qes lntcean srue ep en tuepas voir le veni ntel sem qoeuir
yeux. Rares, voire inexistants, sont les coups dœ’il compatisantsque
j'aperçois.
C'estcequim'étone,d'ailrseuPo. quurl iosrueger sdra sont-ils ausi
malveilants?Pourquoiparlent-ilsd'eledecet'Jia n ?afoç empre l'ision
qu'eloc t emmse enemèe d punnohé nispmelofri,eu débat. sujet à Pire
encore: ed , quelque chose assin euq ec ejeqleuq a esohc eu mt,esc' yils ai
bienpirequetoutcequejepour'eetl pmrouei ,rp siaami enigfortquej'y
metrais.
Je’spère en tout cas que la filles bavaend pas en e'tni qumine xuegadrv se
circulentdanslaclaseàsonsujet.
T'esdébileouquoi?nepuis-jem'empêcherdepenser.Eleestaveugle,pas
sourde,biensûrqu'elelesentend!
Jen'ariveplusàpensercoretcmenecôté, jet. D'un d euq sulp sius é olés
pourele,littnb eleméarr soé paversoule, er ,uauceni amegn état. De l'aut

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sinonsonvisage,n'apaà'e euq en sneptirpeJ .mos esn îtraan dle.Unefole
curiosités'emparedemoi.
Du coin de lœ’il, j'aperçois la première page de son agenda. Toutes les
informationslaconcernantysontinscrites: Sele«na.Rhodes.Seconde.
Quinzeans.7RueDesRoses».
Jeretiensdansuncoindematêteceteadres eashc eap s be,n iee qu nje
encoreàquoielepouraitbienmeservir.Elobiuri gelesurunepageau
hasardcequedictelaprofetglistnav ed ap-ea eg mdequarsoe e rt enu
refermerl'objet.
C'estlafinducours.
Selenatâtelevidepourat sesac, puis y range arep ros nasfaires.Elese
relèveavecdif ànttasien vui lafi ni o ueqi rséh ,,e rdieae neis js pa saici ,amluét
mêmesijesaisqu'eleenabesoin.Lorsqu'eleitrej , al siusncvavee lrssoa s a'e,
traversel'aléederièreele.Jelaguetou pntdaanem dme ,e ieqroule
provoqueenmoicetétrangesentiment.Eletâton. lee guider soprus set bael
Asisedere ièrn bue so ,ameruaL uaademe nntreêm mitfaes sap ed tnalbm
l'aider.
L'unedeslanièresdecuirs'ac –elb eroe chc ua nionu'dat elen'apasfermé
sonsac.Toutsoncontenusedéversesurlesol: chaei…snoer, crayrs, papi
– Merde… chuchote-t-ele.
Ele tocmmneecà ord d'un pupitrene xnet tnab elsee et m g àouen
ramasapar'smeraoftnp inceçon ne, rtai serutinaf enu'dr eurfos se edd siiv u
dansdemultiplesgestesdésespérés.
–Atends.
Jem'acroupisauslent frôs semainoN sre .a'dià l innf edecidée mte i. Mais
cen'estpaslafroideurdesapeauquim’interpele,c'estceledesongeste,
rudeetvif,lorsqu'ele s eritera niam a tedl a uoctncamiene.Sonvisageestà
quelquescentimètresdumien,etjesenssonsoufe valinlés'acélérer.Je
fouredanssatrousnoyarc sreinred es le.verer leà seide l'as et
–Tuveuxquejet'acrp uahcogapma enoej édj- e – ? demanin cours
le’spère – en tentant de ne pas trahir toute mon émotion.
D'unsourirefaux,dénuédetoutegentilese,elmon o eédlcni efre:
–Oh! jevois.Lebeaugosivbas ree plar deaia vleiep ervuatefileaveugle.
C'estouchant.

16

Eleenchaîne,sansmelaiset el repm sedr pénord e:
–Désolée,maisSeths'enoc.ls ueputre bèsn ieutto
Juste à ce moment, le garçon de tout à l'heure – Seth, probablement –
réaparaît.Ilatrapesonbras,melançantaupasageunregardfuribond,et
l'aideàquiterlasale.Quandils :mure lje, isrtpat onrum nu snad ehcâ
«Jesuispasbeaugose.»

*****

Quand j'entre au cours suivant, le garçon n'est plus là. La fileestasise
devantlebureauduprofeseur.Jem'efo tn mon regard, avacr eedd téuonrre
demesouvenirqu'elnee eu p.pmet eocendren rs s't pa
Faisant abstraction des murmures moqueurs et insultants à son propos, je
choisis le dernier rang, à côté de la fenêtre qui donesurleteraindesport.
Desélèvesjouentauvol .ye res lJe ldearegmespnotgsnu ,adn efortdésespéré
pouréviterderegarderSelena.
Envain.Àchaqueesai,mesyeuxrevient enesur emsitamotua raple.Je
ne vois que son dos et ses longs cheveux bruns. La monture de ses lunetes
disparaîtderièrecerideaugracieux.
Elejoueavecsesbracelets.
Pourquoiest-eleici?A-t-el ehcioci d’igens ? e seL ec écylr ninsda dsivee
n'ont pas vraiment l'air de la porter dans leur cœur. Cet ostracisme doit être
dificilementsuportable.Elriufem , ûd ne'sraite autreleplusdedistance
posibleentrel'établisementetele.
La journéeseterminelentement.Jela regardesansdiscontinuer,
gribouilantdevaguesdesinsd na selc io n'dd Quaner. cahiom nd eapegnu e
ariveladernièresonbs'o je,rie'en aaide à s huq i'lreevS teleretécoutesa
caneraclerlesol.
Eles'ac ne eiv iadnepédom conrçsai sme urbeha uagsad t.roc

Je retrouve l'atmosphère calme de la forêt. Ici, j'ai l'impresionquejesuisen
sécurité,queriennepeutm'arlm ua ehc. Je mariverieudesramuresvertes,
surlatere irail'pur Jr.mia'ec ene tiordt. C'est celui qeu eb resp je , etrune
j'apics lu pbaro pi, tnemelbcne sulpque ore le éric eelPsychisme.

17

Je décide de ne pas rentrer tout de suite chez moi. Quand j'ariveausentier,
je le traverse au lieu de le suivre comme d'habitude, m'engoufrantunpeu
plusprofondémentdanslebois.
Devantmoisedreselasouched'unarbreabat. u al rap tnemerûSsi foudre,
jemefieauxtracesnoiresquidesEimuyss seello brotrnte n s.ecdn leest
asezlargepourquedeuxpersonespuismêu or, 'y sme's tneioessa y
alrameoux sur nés eg.rnog neL senîar tnas not cae in met pmatroirbe sur l'he
sèche, je regarde devant moi en inspirant un grand coup.
Je me trouve au bord du grand lac vu d'avion à mon arivée.L'eaubleuâtrea
des reflets argentés à la lumière du soleil. J'admire ces halos brilants,miliers
depeitsdiamantsquiscintil, do sone lecout txue laà ur st en.calé'J ecaf ud
harmonieux, de l'eau qui, vague par vague, danse sous mes yeux. Haut sur les
branchesdesarbres,j'entendsdesoiseauxchanter.
Cepaysageestparadisiaque.
C'est à cet instant que je me dis, sans comprendre pourquoi, qu'il est
dommagequeSelenanepuisepasvoircela.

18

7septembre
Choisirbien

emontelesescaliersd'unpasvif.
JJque sa rme dire mireia sa’ enuves ui sui lej dnauq noitcaé a e’medn nia
J'aipasélewek-endàpenseràele,resasantmileetuneidées.
pas touché, mais ce serait me mentir à moi-même. Maintenant, je sais qu’elea
entendu les commentaires moqueurs qui couraient à son sujet dans les
couloirs.
Ele’d eqom siauue je me a cru qle.
Toutelanuit,j'airéfléchiàcequej'alis lahc ia'J .erid iu usple lsioi
minutieusementposiblelesargumentsquej'alnés touret s ainava,recsel ia
retournésunecentainedefois.Iln'yaaucunefaile.Toutcequejerisque,
c'estqu'elemeprenychot psidioe d'p siattn e –apht esi, e encèpsop eu rule
comprendquejenevoulaispaslableser.
J'entredanslasaliméntéreèr s .pA bonun « » joured earf ainçd’s pun das
poliàl'adresedemonsieurDerien,jem'as ed nos ne ecafisoà côté bureau,
delàoù,entoutelogique,Selenavas'instaler.
Puis,j'atends.

*****

19

J'atv al en sap sioulsee un. isfoe uGeeottudn s mate la. Jeinéetantchaque
seconde la porte d'entrée, je me concentre sur le raclement de sa caneausol.
Maisrienn'yfait: elen’aparaîtpas.
J'at:roisprep en ee sap sdpaèr.sJ ecul i'dant, et urs suivl tnoc ep sdadneen
vendredi,elue lue qès-m'apren v nee'tsa-eret-,idiuep tê-tf erledemême
aujourd'hui?
AuPsychisme,àmapausedéjeuner,j'ail'impresoniue qe jisvae’m fondrer
d'uninstantàl'autre,complètementesouflé.
–Salut!
Jesouf eltne t'mrbyumaemdans la écroule evô euqemêmcla . dehad'tubi
Elahauselesourcils.
–Quelquechosenevapas,Jonah?demande-t-el ees’n aseyantdevant
moi.
Elefaitglisermonasieteàtraverslatable.
–Dutout.
Jepicoresansgrandeconviction.Jen'aiaucunapéitaujourd'hui.Je
n'arseau c àst'e cueq eédi'l etêt aleSeluq eom id eever de à m'enlievp sana
n'est pas venue au lycée ce matin. Je sais que c'est idiot, mais je n'y peux rien.
Il me revient en tête que’le esn’vet e nu euqv elrdne,ideednrni eesaml a. ière
C'estpeut-êtrenormal,aufond.Siçasetrouve,eleneviendraqueles
vendredis–jetrouvecetuex . hpeovreéEt p eérit c sel rauttoe nsmemêe d
puis,j'aicepresentiment.Eletc e àurber, peu imporunited e em trepeon c
quoijepensepourlachaserdematête.
Peut-êtrequ'eleneviendraplus.Vendredi,elêtu tre aear pti uo t àaf
tranquile,maisilestfortposc uhhctoq eul seible drnos agé neai àuxenem hts
l'aientfaitchangerd'avis.Quipour,ij a' iom sap tnemerûS ?erâmbla lita
asezvécuçapourlacomprendre.
Quand j'aborde le sujet, je ne m'en rends pas compte au départ. Les mots
sortentdemabouchecontremavolonté.
–TuconaisSelenaRhodes?
Laréactiond'Elaestnos rè sèD .esueiruc s je t oùstanl'inon,mc enoecrpno
visages'asombritetsestraitssedurcisent.Elemefusileduregard,etje
jurerais que ses yeux ont pris une teinte plus sombre. Mal à l'aise, je me
tortilesurlabanquete.

20

–Pourquoicetequestion?medemande-t-elf orovxidi.eune e d'
– Je ne sais pas… Pourquoi ? Tu la conais?
Je persiste, bien que quelque chose en moi m'intime de me taire.
–Commetoutlemonde,sûrement.Elne Ui ft.anav, ci iitvaiv ele
populaire,inteligente,trèsbeleausi.Lafile,itfaarmmson e!eep Puis,ilya
euceteagresion.Personemiac tnias rv tess'pat q ueee nl 'isé.Selenanele
saitpaselecart sed ,emêm-té ént oHB Gdes sut slpleeéd céeard.
Letonm'indiquequelesujetestaJ eob.uteouécl'ac ve atention,sansêtre
sûr de vouloir en savoir plus. Mon estomac se tord et je suis pris de nausées
commeelepoursuitsonrécit.
–Quandonl'aretrouvée,eleétaitrecroquevils eée rule-mêmedansle
coind'unerueleperduedelavile.Ela éte anspé tr euaroétsitôtàl’hôpital.
Lesmédecinsontditquesiele étatir seét euqleuqulp ed serueh se, nsoi snssas
elen'auraitpassurvécu.Mais…
Je retiens ma respiration, bien qu'au fond de moi je sache ce qu'eleva
ajouter.
–Eleaperdulavuelorsdel'agresion.
Je la fixe sans savoir quoi dire. Je ne sais pas queleréactionjedoisavoir:
c'estbeaucoup.Selenesa plt fusteoreuq ej va'l siaumé,présr su pouporter
cerejetaprèscequ'eleavécu…
–Eleétaitpartie?m'enquis-je.
–Oui,sesparentsetelt déménae one ùo ,siraP à égleestentréedansun
centrederé. J'tionduca t'intéreriovuop ouqrut imeaiisraie bsan sesàele.
Elaes.sEa enm ç a eaprahcois je v quebienéhcatéd siam ,evo'a dieir'a lirle
est beaucoup trop troublée. Ses yeux sont perdus dans le lointain, et quand
elemeregarde,elenesemblepasmevoir.
–Ele é au tait,ev ylécde,inerdrémuur mes Le.-j sertua ap tno'ns l'air de
beaucoupl'aimer.
–Ilsontpeurquesesagreseursrevieneu' qpsem temêm ne tnel… e opru
finirletravail.
Jelaregarde.Eleestsérieuse,là?ls I nt olsrce qu'ime ça paettnc mol i'snlu
peurpoureux?C'estidiot,hypocriteetirseopel! snba
–Maispourquoiest-elerevenue?

21

Quandjepenseàtouslessouvenirsquidoiventl'asailirdanscetevile,je
ne peux m'empêcher de poser la question. Il est étrange qu'eleaitéprouvéle
désirderevenirsurlelieudesonagresion…
– Si j'ai bien compris, Héléna, sa sœur, va se marier dans deux mois. Son
copainetelen'ontjamaisquitélavile.El rinruop e vo-êtrreveulu eptu e a
l'aideràpréparerl'événement.Elt chez eux, en ts.cat eoiuv
–Sesparentsnesontpaslà?
–Non,c'étaittropdurpoureux,tropdesouvenirs …Néanmoins,son
frère,Seth,estvenudeLondres.
Jejetétm’ouan me qurtnote e à lm amoup d’œie un cfer.Enretard.Jejete
unbil cteq iuanière de mon sa llae drepaemm' ,elbat al rus tetelerestaurant
ensaluantElad’unrapidegeste.
Jemehâteàtraverslesruessansmepréoctuo sérsdeadb srdeupaui qu se
retournentsurmonpasgaE nles poume. J'ai ud te uef ne snor.repies r àal m
me regardant dans le pare-brise d'une voiture, je’ssaie de metreunpeu
d’ordre dans mes cheveux. Mes joues ont pris une teinte cramoisie qui ne me
donepasfièreal le usteréaj Je ru.eup nom ed locl,lesmanchesretrousées
jusqu'àmescoudesetes graSansréunde tira. on rmapieslac remiaed esite,
celadit.

JemeprésenteàmonsieurCobin,undesprofessrd ehcmieid ucély e.eu
Son regard, lorsqu’il me montre une place tout au fond de la clase,exprime
davantage la surprise que la colère. Tous les yeux sont braqués sur moi, et
commequejetraversel’almus urrm.esj ,eéois e crndreenter rid se tedsee
Jesorsmesafairesetesaie de me jo c cenunsesritpr eé r,aomsicupépar
autre chose, et tandis que je vois les minutes défiler sur l'horloge murale, je
prends une décision – une décision bête et stupide, qui me fait rire de ma
proprenaïveté.
À la sonerie,jem'ar ,niboC rueisnome daurebue lntieodradvtê te
commeun«i ».Illèvelatêteavecuneexpresion de surm ,esirpd en sia it
rien.Ilfixesonregarddanslemienetânonoi vréx dene'uengis ,eénuyée,
voiretrèsfatiguée:
–Jepeuxt'aider,Jonathan?

2

–J'aimeraisavoirlesdevoirsdeSelena.

–Pourquoiça?

*****

C'estidiot!
Pourquoi est-ce que je fais ça, déjà ? J'ai demandé les devoirs de Selena,j'ai
traversétoutelavilheoc pne te v em,e, au 7, oilà icioRes,su ur eed ste
cartonos eécnioc eé Je ras.on bus miaosalm dr eeragnu nsni tnat te esaiede
raseséd etc.érépsemlbret uo tom nocurage pour cet a
Leterinaas vst e talete ueerd meense imm por. Le cuq fer blantail en imite
des racines et des lianes entremêlées est ouvert, et je viens de traverser une
grandealéededalestailées.Danslejardin gigantesque,l'herbeest
légèrement brûlée par le soleil, à l’instar des propriétés voisines. La maison de
style néo-gothique est un mélange de noir et de blanc, entourée d’une galerie.
Le reste ne’st que fenêtres, baies vitrées et balcons.
Jemontelesmarchesduperol vè nte maie laur tn poeuqoL .red arueme
paraîtsidiférente,plusvieile, et d'un auemtnbielv sivu,es ne plucôtétre
mieuxentretenuequelesautresmaisonsdecetevile.
Auderniermoment,àquelquescentimètresdel'épaiseplaquedebois,ma
main se fige. Dois-je vraiment le faire ? Est-ce que c'est une ausigrosebêtise
queça?Ilyaàpeinedeuxheures,çameparaisait être nu ertsèb oneidée.
Peut-êtrequejemetrompe?
Jeprendsunegrandeinspirationetfrap eiorta lrtpofos àiseu s.eQ euql
minutespasaluos ed ecèpse itahnv'e mntmegem e eejsruq .oLent. Une
retourne, prêt à repartir – la peur ou le manque d’envie me retenant de
retenter ma chance –, la porte s'entrouvre de quelques centimètres.
–C'estpourquoi?
Jereviensenarière.Lavoixestdure,commeétoufée.Dansl’entrebâile­
ment, j'aperçois le visage bronzé de Seth. Son œil froid, inquisiteur, scrute
chaqueparceledemonvisage.
– Euh… bafouilé-jeenmontrantlapochetecartonée.Selenaétait
absente… Enfin, ce sont ses devoirs.
Jeluitendsl'objet.Ilpastea al eretsci e lnsnt'iai mdan trapelapochete
d'un geste rapide, comme s'il avait peur que je me ravise et la garde pour moi.

23

–Merci,queveux-tumaintenant?

–Jenecomprendspas…

–Queveux-tuenéchange?
Jesuisimpresionson par idé ntimos nap rec ,uaadiap nui ue ,étude,sûr
de lui comme s'il voulait me faire peur. Si c'est le cas, c'est réusi!
– Eh bien… Rien, c'est juste… voilà.
J'ail'impresionqueseslèvresfrémisre. ouris nu tiamirpér l'i smeom ct,en
Il me dit « Merci », et ferme la porte. Je fais un, deux pas en arièreet
descendslesmarchesduperon.Jerebrous l'ae ni ,hcmereesrtvalée,etsors
dujardin.
Tuvois,cen'étaitpasidificile.
J'aiencoreentêtel'expresbudéu Ah.et Sde emmoc tse'c ,tioga ev si rel nus
s'ilavaitétéen ostigblu'sq eon retleuq'd éuocéhcsouq e eesmoeml rouéy– c
reproduire, indéfiniment. Ensuite, il semblait simplement amusé, et son
agacementretombé.
Quelquechoseestétrangedanscetefamil.e eJ p en xuepas metreunnom
desus,maisc'estétrange.Plusjelescone' neid iaalus s, p envj'aiprendreà
leur sujet. Comme une curiosité, une fascination que je saurais ne jamais
vraimentpouvoirasouvir.

*****

Jetraverselaroutesurunpasaegà l aepniut vree iv metteonsel ram sehc
duper suees .eLon dgran'un item dâb nrbtne ros ueiqL’. esuge eértneicaps ts
murs sont recouverts d'une fine couche de peinture grise, le sol est en
carelageblanc,etàcôtédel'escaliermétal de tpmoc elrion riosee quie uvro t
laconcierge.
Je monte jusqu’au second étage en grimpant les marches quatre par quatre
etentreavecsoulagementdansmonapartement.
Ce n’est pas un aparteoué l o'tnl p ranestd.anes Menemgrt ucitrèiltnemrap
pour mon séjour ici. Il ne comporte que le strict minimum: salon,cuisine,
unechambreetunesalLe. ou tdét récoles m nog sestûo:ed eabni tapiserie
blanche, un canapé et un fauteuil en cuir noir dans le salon, et une télé à écran
plasma pour les infos. Ma mère a longuement insisté pour que je garde la

24

tableenveredemonancienà ,eleV oratam ,che brame neis jtl l’uisepas
beaucoup,monlitétantmonseulvraibureau.
Cetendroitdoitcoûterhoriblementcher.
Fatigué,jem'efel suaf erdnnad lecsea uiteavl ’dtêeru sntaoi nte. n automao
Jezap je,e en peue qntdaim seuqlm ,setunje sais que,ais emd c motiduh’ba
finiraisurlesinfos.Jerestelà,af’en euj tnq omemno galép neadtnu nisl
perds la notion du temps. J'écoute le tic-tac de la pendule, et quand j'en ai
asez,jemelèveetatrapelesHautsdeHurlevent ad.acnos snm
Je regarde à peine les lignes, je me contente de tourner les pages et de
chercherunpasp neess ruottuà Selenas as sriov,qeegla l.uen Eitfaje, na.
Eleahantémespenséestoutelajournée.Plusj'esaiedelachaser,plusele
s'incruste. Ses longues boucles brunes, ses larges lunetesdesoleilcachantle
haut de son visage, ses lèvres souvent crispées, comme si eleseretenaitde
hurler ce qu’eleresent.
Cequ'eleresent.ee n' Je sap iarpmi'l us qoniucea bues y' ersonnesoup de p
intéresuqru .ioap sop smpcondreJe. e netneq 'u recvaioeds eux curiuis Je sle
pense. Ce que ça lui fait d'entendre tout ce que les gens d'ici racontent sur ele.
Je suis curieux, mais en même temps, je ne veux pas le savoir. Du moins, je ne
suis pas sûr de le vouloir. J'ai peur qu'en le sachant, mon opinion sur la
population d’Ardenesoitpireencore.Jem'éton e'dialeursdepouvoir
encorelesregarderenface,alorsqu'ilsrejetcene ttefilepourundrame
qu'eleasubi,etnonprovoqué.
Çamedonedv iv e eneaç emmoc eétiartr oi vlae diromd esuis pas. Je ne
nature violente, mais je ne me souviens pas avoir jamais à ce point eu envie
d’agir.Pourtant,jesaisquejen'ypeuxrien.
Elen'aceptemêmepasdemeparler.
Seulement, ce n'est pas de sa faute. Je comprends qu'elepuiseavoirdumal
àacordersaconfianceàdesincontiê eodnuv rt eua vis. Sc laavrirétibaele !
Jefermelelivreviolemment,etleclaquementrésonedanslapièce,se
mêlant à la voix de la présentatrice de la télévision. J'atrapelatélécommande.
Jesuissiénervéquemesmainstremblent,etj'apuiesurdiférentsboutons
avantdetrouverlerouge.
L'écrandevientnoir.

*****

25

Lelendemain,jedoisencorecourirpourarure au lycée. Moiev r à'leh n
téléphonen’apasson eli ’as pa, ed nje chet leà pimin q euotsnsina ,afouaj– é
loisirdelambiner.J'entreentrombedanslaclased'histoireoùmadame
Laurent est en train de s'emparer de la craie blanche. Elefaitunsimple
mouvement de tête dans ma direction pour me signaler qu'elepasesurmon
retard.
Personnoe alrmar ptraîl eu seas ,q fuute la pe n'écouq ieptuor,fc e
murmures ont quelque chose d'inhabituel. Ils sont plus agresifs,moins
contrôlés. Je suis le regard des autres, puis me fige un instant de surprise.
EnfacedubureaudemadameLaurentestasiseSelenaRhodes.
Jereprendslecontrôleetm'asoisàcôtéd'eld re eme'mhcêp pnex eue.e J
l'épierpendantquejesorsmesafse ,ariiotnuap je querompme teisulp e sru
foisdecahier.Jesuiscontentqu'ele soit revenueêm ,s em'j iemiaisraie benn
conaîtrelesraisons–celeds e se mmcot arép don.ruoter nos ed
–Tupeuxarêter agdrrec edm eermu? urrmmeoma ç-t-eele.
Je sursaute alors que son sourire dévoile des dents d'une blancheur
éclatante.Elr teassn .neeue toutê eadsnnr ealt ioctetn a mredisivé ega ej d al
Derièrenous,lesdiscusionsàvoixbasap sabit onn'e séd'unton; ilsn'ont
pasencoreremarquéquelagrandeateva elrap tnemomu dontiacri pec let
nouveau.
Jefroncelessourcils.Sommes-nousentraindepar ler?Jeveuxdire…bien
sûrqu'onparle,maisest-ceunediscusas e sn uneustearqu remiuoj no ,
intérêt?Va-t-elefairelasourdeoreile, encore ?
Jenesaispasquoidire,eltelèntmed enmpcouvru te ua opédd quanem erp
jeluiréponds,manervositémefaitbalbutier.
– Euh… Je… comment…
–Commentjelesais?rigole-t-ele.
J'acquiesce d'un mouvement de tête pour dire « oui », avant de me rendre
comptequec'estidiot.
– Ce’st ça.
Elelâcheunrireamusé.C'estbizar ee ,iderdneV .aç meom cirvoa ldele
m’a parlé d’une voix froide, dédaigneuse, comme si c’était pour eleun
sacrfice.Etaujourd'hui,el, etsage ers uoir eivrul un, lear sndra gp em e
plaisantesursacécité.

26

C'estropdéroutant! itfaa cça, e m nE tiafrtsu.tnat frErémentfliper!
– C'est un peu… comme un sixième sens, explique-t-ele.Quandona
l'impresurtoree st, ened a no i al equelque n noqu'ugerasur nos ed , noi
chance,ceteimpresriend'autrequedelaionestvraie.Sinon… cen'est
paranoïa.
Jesourisausi.
–Ilarivequel'onnevoiepersonobserve euq 'uqln nu suo, eismaue q
vraiment.
–Cen'estpasfaux,répond-elapt ceemen se quitse'C .elarénég sequand
jemeretourne.
Je ne dis rien, gêné que’lhandicap de son ess reev e enBi. retnasialp ruop
sûr,elea têer t’sd ioc’ usietéàg ql autoéael sliism ae suEt jon. uatileenrie
plutôt que’luelp ne ed uoetf ia sassnue j’aurre, ce q,tna ruoPtua la p. cet aisaà
çarestedélicat.
–Pourquoicesilencegêné?
–Pourquoituescommeça?
Merendantcomptedel'impolitess en sleubties, on detdou em eduq a
qu'elepeutinciter,jemereprendsrapidement.
–Jeveuxdire,pourquoituessigentilintenant? e, ma
Mon ton est plus nerveux, plus guindé que je ne le souhaite. Je vois son
visagesedécomposerunpeu,maisel eerrpne divetc ontenancte , souri
encore.Jefondsdevantsesfosetesexcesbaro.selnemeda tiv
– Tu es venu hier, dit-elce,malgrée d'une voix calme etdou
l'inconvenancedemaquestion.Tum'asapev drsoiPo. quurio? étrosem
Ma tête commence à tourner. Je regarde autour de moi. Le silence règne de
nouveaudanslasall'on exce, si ilatin epeetl aenurLae amad mde iul eJ .t
répondsd'unevoixégale,enesadsnl ana tyaf ederiasba cartontiu dlesie nc
pièce, et de la trentaine de paires d'yeux qui nous fixent sans le moindre
embaras.
– Je ne suis pas de ceux qui ont des préjugés. Si je veux comprendre ce que
lesgensd'icipensentdetoi,jedoisapererdnt à oc enaître,tunecroispas?
– Les gens d'ici ? Parce ce que ce n'est pas ce que tu es ?
–Non,j'aiemménagéilyadeuxsemaines.

27

Eltéd es euorqcei .noiuoP nostomé cacher pour meue-ttêeruonr,ep te
nouveleluifait-eleuntelefet?Lasonér eiresone,maispersonene
bouge.Toutlemondenousregarde.MadameLaurentarêted'écrireau
tableau et se tourne vers nous pour faire une remarque que je n'écoute pas. La
claseselèved’uncoupetcommenceàquitas al rele,sanspourautant
ar r.eédtêiseotiruc ed er aservs ob nouegd lénaecm ev cn etatioprobe ré
Alors,Selenasetourneunenouvel: i vers moe fois
– Seth n'a pas pu se libérer aujourd'hui, tu peux me conduire au cours
suivant?
– Je… en fait…
–Tuétaisvolontairepourm'acmponeag vr,dren,ideérp esice-t-le.
Jecapitule,lecœurbondise l'e. Jieurntéreii eoj'dnuna ts egnaes rediar à
afaireseteleselève,atn bras aapant mot r sel ,snnaruotnes sec veai muxde
d'unepoignedefer.
Elemesouritdenouveau.
Jedoismarcherlentement.Jefaisatel sipdneeeijtnmo ot e ùsi s. Je lu
signalelesobstacles.J'ail'impresionqu'elorvuet surtle, drôe ça no dnauq tuo
saitqu'eleasacane pour se dépalec rassnm io .anQujed ui lis d ùo f li tua
qu'el nueuqo ,ruposee ou telipdeet lq eu ,teennt'e j ron sdsègél erim tnemer
sentimentdebéaitudemefaitplaner.Jepours det anndep erir ec retuoais éc
heures, si seulement il n'était pas entrecoupé toutes les deux secondes par les
remarquesacerbesdesautresélèves.
–T'asvulenouveau?demandeunefileà en.ocips a
– Le pauvre, il est complètement foutu, lui répond-eleavecunsérieuxqui
memetencolère.
Quandnouspasonsdevantel jee qur oi ns,ece l lanleur je lpsul eagdr eer
puisefaire.Elurtontne eheret se l à srue automat fermentl aobcuqieuemtn
ocupations.
Selend noQuanus a ,ejpmetsi .c oren rens'cos pad en arivonsenfrançais,
jem’astô é’deiso c àle,m'atendant à une ré.trap a sdee iv vontiac
QuandmonsieurDerienentredanslaclas am leuqriov i ,tl 'iusno eequt
uninfimetempsd'ara m,oscirnu ttobael .stEêt-ce qu'il pensemoc t em tuo el
monde?Est-cequ'ilestimequeSelenif enu a n pas'estlefréquentablepour
moi?Pense-t-il,aucontraire,qu'elas pér me'a ne'u étiq eclesubit?

28

Il se reprend et rejoint son bureau en regardant l'ensemble de ses élèves.
Mais je vois bien qu'il évite de nous regarder, nous.
Àcôtédemoi,Selenasortsesafairestranquil,e tedm mêfan anisenem Et.
je ne peux me’mpêcher de lo’bserver du coin de lœ’il. Eleagitavecunegrande
précision.Elesaitexactementoùele place chaque bùoeej tuse lr a,ltte ob ale
doitlesrécupérer.Jemedemandecommentelereconaîtlesdiférents
cahiers,etmêmepourquoieleena,puisqu'elap sedadsn.e n'écrit
–Jenet’aipasdéjàdemandéquelquechose?
Jesursautequandeldner u esimu sapeJ .eires em en drtsoe êv rmae
comptequejelaregardaisavecunetelinsistan.eec
–Commentupeuxsavoirquec'estmoi?
Jeregreteausitôtcesparoles.Elen euob p eg;sa aucuneréactionnégative.
Jesaisqu'elil t aesiam ,étoc tiaf si dmme en ne ri ttie l.té ’uaote éei slo Ccmym
ne parlait pas de’ledanssondos.
–Situnemeregardaispas,commenti ag?u expliq seu euqa utér s
–Tuestrèsfutée,àcequejevois.
–Utliserlehasardnefaitpasdemoiunefilert-e-,ed céale futéle.
–Unepersoneestfutéelorsqu'elesaitutlia lerslcfaité.Ceteruseest
trèsimple,alorssi,tul'es.
Elenerépondpasetrpito eess bracelets. S'eet-e-uinnle?Oùalors,eleest
gênée?Jenesaispas.Jen'arà s claivpae enreE .rleestsidiférentedesautres
filesquej'aipurencontrerdanscetevil,e is idférentedecelesquej'aipu
conaîtreàVeltaro! er oiav sur susplmia'Jne siarele,maisj'aipeurd'être
impolienluiposantdesquestions.
–Aufait,dit-eletoutàtrac,commentut'ap? selle
–Jonah.
–Raviedeterencontrer,Jonah.Moi,c'estSelend snas s etuoa, mais tu doi
déjàlesavoir.
Ele ,ter ti'nnej es autend amecune snsvoa umrtdae ruos eri .xi noScreuse
sesfosetes.Eleestbel slat esC'. eqal à esohc elueuelej'ariveàpenseren
cetinstant,bienquejetrouvecelater rédmentibleru.cuet
Un jour, je me suis demandé pourquoi les aveugles portaient des lunetes.
Est-ce pour une simple question de’sthétique ? Ou alors pour prévenir

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l'entourage,dustyle«Eh,faitesatirvo!sav uo s eepxup on, je nenti »?Le
tempsapas,é te sap tneivdoe ntsanoy-vn nol seq euantnintes mae dije m
vraimentfaireat à l’esthétique.neitno
–C'estunjoliprénom
Etoiquinevoulaispasparaîtreidiot! st édreast oern stui sc tse'Cmetèlpmo
trucscommeça!
–Merci,ricane-t-ele ine quesc'unt rus mon?e. nohatEJ miga ,’j
–Commentl'as-tudeviné?
–Oh,commeça,murmure-t-ele.
Eles'estcrispée.
Toute la journée se déroule ainsi. Nous discutons beaucoup, sans vraiment
faireatentionàcequeracontentlesprofese eruree Js.ecave stlependantle
déjeuneretenvoieunmesageàElp anevéq rij euen epoa lurpra seraipas
au restaurant. Nous mangeons donc à la cafétéria, où nous ocuponsànous
deux une table pour six. Quand j’ai mis les plats sur son plateau, j’ai suivi à la
letresesinstructions: eslertveou ciord à sv el ,etredanslecoin,leplat
principal à gauche et l’entrée au centre. I lu irairtove de tânerunpeupour
trouver un objet, mais dans le’nsemble, elevc e jtouoruss aoiùt see trou
qu'eleveut.
Elen'estpastrèsbavardequandelemange,ausij .rirpfoe' nurpoe itchlééf r
Lechangementd'humeursoudaindeSelena meséd oçraneencoreunpeu,
etj'aidumalàluiparlernaturele'Eque c àishcélfér eJ .tnemlapensede
Selena.J'aivraimentenviedelesavoir.

La journée touche calmement à sa fin, et nous sommes silencieux. Ce n'est
pas un silence pesant. C'est le genre de silence où on est à l’aise. Je l'aide à
paserd'uneclaseàl'autreetfaisatemenlenther marcnerirpvél a,tà ention à
quand il y a des obstacles. Je lance des regards que j'esaie–sansgrande
réusanaç eemoprutn sx qu ceurmuri mu rus tneap ertonr edrdneti – esage.
L'un dans l'autre, je me sens mieux que je ne l'aurais espéré, bien que je
n'arivepasàm'ôterdelatêtel'idéequecetinéts re eésér.remèhéépa
Jemedemande,enparal.sO a imonsnedevous si nle, èib un netse'e-leausi
gentileavecmoiquepourquej'acepteia'l ed ? red

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