Sous mon regard

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148 pages
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Description


Une romance gourmande !


Miléna est une femme excentrique, mais elle a un cœur aussi tendre que ses pâtisseries. Even est un homme séduisant, papa poule, qui donne tout pour un sourire de sa fille. Ils ont un point commun : Ils cherchent l’amour.


Cependant, rien n’est simple pour ces deux trentenaires au passif sentimental complexe. Entre pression familiale et sociale, rendez-vous arrangés, ex déjantés, ils finiront par se rendre sur un site de coaching amoureux. Sauront-ils déjouer les pièges qui leur seront tendus ? Et si le véritable amour se trouvait juste sous leurs fenêtres.


***



Extrait :


— Il n’y a que toi, il n’y aura que toi. Je ne peux et ne veux pas d’une autre. C’est toi, tu me crois ?
— Oui, dis-je à voix basse émue par cette déclaration. Toi...
— Tu es mon évidence, Milena. Ophélia est ma révélation et tu es mon évidence. Je suis devenu un homme quand j’ai croisé le regard de ma fille, mais je suis entier depuis toi. Ne crois pas un mot de ce qu’a dit cette peste.
— J’ai confiance en toi, Even, lui susurré-je en caressant sa joue. Je te confie mon cœur, mon corps et mon âme. Et je sais que tu en prendras soin.La seule réponse que je reçois est un nouveau baiser chargé de promesse d’éternité.


***



Les auteures :


Celina Rose est une jeune fille pleine de joie, son but principal est de répandre le bonheur avec ses écrits. Dans son monde, tout tourne autour de l’amour.
Kaléna est amoureuse des mots et de l’amour.
Ensemble elles coécrivent Sous mon regard, une romance gourmande et passionnée.

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Publié par
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EAN13 9791034803675
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Celina Rose & Kaléna




Sous mon regard




Couverture : Néro




Publié dans la collection Vénus Rouge,
Dirigée par Elsa C.








© Evidence Editions 2017


Prologue



Ophélia

— Ophélia, c’est l’heure de te brosser les dents, et mets-toi au lit, je te rejoins dans cinq minutes.
— D’accord papa !
Je suis dans la salle de bain et étale le dentifrice sur ma brosse à dents Princesses. Je l’adore, elle
s’allume et fait de la musique pendant que je me brosser les dents. J’ai envie de danser comme tous
les soirs, mais je fais attention de ne pas salir mon pyjama rose et violet de Cendrillon. C’est mon
préféré. Papa me l’a acheté quand nous sommes allés dans la boutique magique de Disney. Une fois
mes dents propres, je vais aux toilettes et me dirige dans ma chambre. Je m’installe dans mon lit, il est
magnifique, il ressemble à un carrosse. Il est rose et plein de paillettes. Un diadème est dessiné
audessus de ma tête une fois que je suis allongée sous ma couverture.
— Tu es prête princesse ? me demande papa, en entrant dans ma chambre.
— Oui papa, je suis toute propre et je n’ai même pas mis de dentifrice sur mon pyjama !
— C’est bien ma grande. Je suis fier de toi, me dit-il en m’embrassant la joue. Alors, tu as choisi
l’histoire de ce soir ?
— Ouiiiii, l’histoire de « la princesse aux vœux ».
Je me mets en place et papa s’installe près de moi après avoir récupéré le livre sur l’étagère. Il
commence à lire, et j’adore sa voix. Elle est douce et grave. Elle me rassure.
« Il était une fois, une princesse magnifique qui vivait dans un royaume riche et prospère. Sa
gentillesse était reconnue par tout le peuple. Son père, le roi, était parti en voyage depuis de longs
mois et avait annoncé à sa fille qu’il ne reviendrait que lorsqu’il aurait trouvé la seule chose qui
manquait à sa vie.
Un soir, alors qu’elle regardait par la fenêtre, elle vit une étoile filante et se mit à rêver en
formulant un souhait : «  Chère étoile, toi qui brilles au loin et files à travers l’espace, me
permettrais-tu de retrouver mon père ? Il est ma seule famille et il me manque. »
Deux jours plus tard, le Roi revenait en compagnie d’une nouvelle épouse. Il racontait alors
qu’il avait trouvé sa reine, un matin, sur le camp où il bivouaquait. Elle y était apparue comme
par magie. La princesse comprit que le vœu qu’elle avait fait avait été exaucé.
Lors d’une nuit noire, alors que la princesse regardait par la fenêtre, une traînée blanche
marbra le ciel. Cette fois-ci, elle dit à haute voix « Chère étoile, toi qui brilles au loin et files à
travers l’espace, me permettrais-tu de rencontrer un homme qui m’aimera autant que je
l’aimerai ? » Et un matin, au détour d’une balade, elle rencontra un homme charmant qui tenait
en ses mains une rose éclatante. Il lui dit alors « Je vous ai souvent rêvé et une étoile m’a guidé
jusqu’à vous ».
Heureuse d’avoir cru en la magie, elle se promit de toujours espérer et faire de son mieux pourque ses rêves se réalisent. »
— Papa ?
— Oui, ma puce ?
— Quand est-ce qu’elle va arriver ta princesse ?
— J’en ai déjà une, c’est toi !
— Mais non papa ! Je te parle d’une amoureuse.
— Je ne sais pas, ma puce, un jour peut-être. N’y pensons pas pour le moment. Fais de beaux
rêves. Bonne nuit.
— Bonne nuit papa. Je t’aime.
— Je t’aime mon ange, me dit-il au moment où il sort de ma chambre en éteignant la lumière.
Avant de fermer les yeux, je vois passer une étoile filante dans le ciel et me mets à formuler à
haute voix :
— Chère étoile, toi qui brilles au loin et files à travers l’espace, permet à mon papa de trouver une
amoureuse qui deviendra ma nouvelle maman.



Chapitre 1



Milena

Vendredi 13 octobre 2017, 18 h 30, dans un bar de Fréjus :

— Je t’en prie, rigole, ne te gêne pas pour moi, dis-je en observant ma sœur, Lila, qui se contient
avec beaucoup de mal.
— Mais c’est trop drôle, dit-elle entre deux éclats de rire. Ça ne peut arriver qu’à toi  ! Il faut
absolument que tu le racontes dimanche, pendant le repas familial.
— Mais tu plaisantes  ? Tu veux que papa s’en prenne encore à moi  ? J’en ai assez d’entendre
« Mais qu’avons-nous manqué avec toi, pour que tu te retrouves toujours dans des histoires
pareilles ? » singé-je mon père. Maintenant, finis ton café, qu’on puisse retourner chacune chez soi.
— Non, mais Milena, avoue que celle-là, elle fait partie de ton top trois quand même  !
Sérieusement, tu devrais penser à écrire un livre. Je suis certaine que ça ferait un malheur. Tiens, tu
pourrais l’appeler « les malheurs de Milena », s’esclaffe-t-elle.
Heureusement que je l’aime ma sœur, car venant de quelqu’un d’autre, je ne suis pas sûre que je
rigolerais. Nous avons juste neuf mois d’écart et nous sommes vraiment très proches. C’est la seule
de la famille à ne pas me mettre une pression phénoménale quand à mon statut de célibataire. Du
coup, je ne crains pas de lui raconter mes rendez-vous foireux et mes malheurs amoureux. Et j’avoue
que ce que je viens de lui dire est assez exceptionnel.
Il est vrai que pour un premier rendez-vous, devoir accompagner son partenaire aux urgences juste
avant qu’il vous embrasse pour la première fois, parce qu’il vient de vous vomir dessus, c’est assez
fort ! Mais apprendre, lors de son admission, que la personne à prévenir en cas d’urgence n’est autre
que sa femme enceinte de huit mois, c’est le pompon !
Nous rions encore quelques minutes avant que Lila me demande :
— Et sérieusement, comment ça va ?
— Ne t’inquiète pas pour moi. Ce n’est pas comme si je n’avais pas l’habitude des rendez-vous
ratés  ! Alors je relativise, je finirai par rencontrer quelqu’un de bien. Au fur et à mesure, je raye
certains traits de caractère que je ne souhaite pas trouver chez mon futur compagnon. Je vais devenir
une experte des rencontres amoureuses.
— En parlant de ça, j’ai quelque chose pour toi, mais promets-moi de ne pas t’énerver… me
ditelle avec prudence.
— Encore un rendez-vous arrangé ? Tu sais comment s’est terminé le dernier, non ?
— Non, ce n’est pas ça, laisse-moi au moins une chance de t’expliquer. Tu sais que ce que je fais
est uniquement pour ton bien.— Je sais Lila, je sais… Allez, je te promets de t’écouter jusqu’au bout.
— Bon, j’ai un cadeau pour toi, me dit-elle en me tendant une enveloppe. Ouvre et je t’explique.
— Love Coach ? questionné-je en examinant la carte que je tiens en main.
— Ce sont tes codes d’accès, je t’offre un abonnement de trois mois. Il s’agit d’un nouveau site.
— Hum hum… toussé-je sceptique.
— Avant de te braquer, laisse-moi une chance de te convaincre. Un nouveau client de Luc lui a
demandé son avis sur le site qu’il a créé il y a quelques mois. J’ai cependant refusé que Luc s’inscrive
lui-même, et tu es la seule célibataire dans notre entourage. Donc tu nous rendrais service. Et si en
plus, ça te permet de rencontrer un homme qui te convient, ça serait super. Une pierre deux coups,
comme on dit.
— Donc, si je comprends bien, tu refuses que ton mari s’inscrive et tu me jettes dans la gueule du
loup, ne me laissant même pas le choix, dis-je en consultant la carte entre mes mains. Juliette32 ? Tu
m’as choisi comme pseudo Juliette32 ?
— Ben oui, tu as déjà ton Roméo à la maison. Avoue quand même que la référence à ton chien est
géniale. Je suis fière de moi sur ce coup.
— En parlant de lui, je vais rentrer à la maison, il doit m’attendre. Pour ce qui est du site, je ne
sais pas. Pour le moment, ça ne m’intéresse pas. Quoique, si je me fais passer pour toi, ça peut être
drôle ! Je devrais enregistrer les codes d’accès sur mon téléphone pour les avoir à portée de main.
— Ah non, pas ça. N’oublie pas que j’ai un mari et deux enfants à la maison. Ne va pas me créer
des histoires. Tu en as déjà assez fait avec Tic et Tac pour te venger de Roméo. Les lapins que tu as
offerts aux jumeaux sont insupportables et rongent tout à la maison.
— Ma vengeance sera terrible, dis-je dans un rire machiavélique en l’embrassant pour prendre
congé d’elle.
— Au revoir petite sœur ! me dit-elle en souriant, alors qu’elle dévore son reste de muffin.
Après un rapide trajet en voiture pendant lequel je m’égosille sur « I will survive » de Gloria
Gaynor, je retrouve l’environnement familier où se situe mon appartement.
Situé dans une rue animée de Fréjus, j’aime le côté chaleureux et vivant de mon quartier. Mon
chez-moi est à mon image, plein de couleurs, dynamique et un peu foufou. Il est petit, mais charmant,
je l’ai modelé à mes souhaits.
Après travaux, je n’ai conservé qu’une chambre et ai privilégié l’espace de vie et la cuisine ouverte
dans laquelle je passe énormément de temps. Ma chambre, c’est mon havre de paix. Dans des tons de
mauve et blanc, l’ambiance zen est omniprésente. C’est mon refuge, mon calme dans la tempête.
A contrario, le salon est un melting-pot de couleurs. Chaque mur en a une différente, allant du
jaune au turquoise, en passant par le vert amande. Cette salle est principalement meublée de ce que
j’ai pu chiner au travers de nombreuses brocantes.
Ma cuisine semi-professionnelle est la pièce dans laquelle j’évolue le plus, celle autour de laquelle
l’appartement s’articule. Je l’ai voulu rouge cerise, et tous les équipements sont en inox. Une cuisine
moderne et très fonctionnelle. Et vu le temps que je passe dedans, je ne regrette rien de
l’investissement conséquent qu’elle m’a coûté. Il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’un besoin. C’est
ici que je confectionne les pâtisseries que je vends dans le salon de thé que je possède.
Le « Chez Milena », à l’étage inférieur de mon appartement, est un lieu unique en son genre. Le
terme Salon de thé est assez réducteur pour moi, mais c’est celui qui convient le mieux. L’idée de cet
endroit s’est imposée à moi alors que j’étais étudiante. Je prenais souvent refuge dans le coffee shopde l’université, afin d’étudier les plans marketing que je devais rendre pour valider ma dernière année.
Mais j’étais frustrée, car ce lieu ne me permettait pas de trouver tout ce que je voulais. J’ai donc
développé un concept et j’ai fini par obtenir des subventions pour le réaliser.
« Chez Milena » est composé d’un grand plateau séparé en quatre ambiances.
Il y a un salon de thé convivial, où de grandes tables et bancs sont installés. On peut y prendre un
thé, un café, une pâtisserie en compagnie d’inconnus ou d’habitués. Cette partie est vraiment vivante,
dans l’esprit pique-nique, et elle est très sollicitée par les familles durant les goûters et les vacances
scolaires. Le décor rappelle d’ailleurs cet environnement, le sol est recouvert de fausse pelouse, des
plantes et pots de fleurs sont disposés de part et d’autre, et les tables et bancs en bois rendent
l’ensemble cohérent.
Un autre espace se détache, je l’appelle le coin connecté. Il s’agit d’un grand bar en forme de vague
pourvu de tabourets moelleux et confortables. L’esprit se veut ultramoderne et dans des tons blancs
et lumineux. Des supports pour tablettes, pc et Smartphone sont prévus. Des prises sont également à
disposition pour les usagers. Ce sont principalement des cadres ou des gens pressés qui utilisent ce
lieu.
L’espace suivant est celui dont j’aurai rêvé en tant qu’étudiante. Il s’agit de l’espace bulle. En y
entrant, vous avez tout simplement l’impression d’être à la maison. Un confortable fauteuil ou
canapé fourni en plaids, une table basse, des poufs, tout le nécessaire pour le bien-être se trouvent à
portée de main. Les bulles sont composées de vitres sans tain et insonorisées. Elles sont au nombre de
quatre et sont très souvent occupées. J’ai même dû mettre en place un système de réservation en
période d’examens. Les étudiants y trouvent le calme dont ils ont besoin pour travailler, mais aussi la
vie d’un salon de thé.
Le dernier espace est la vitrine et le point de vente des différentes boissons que je propose, mais
aussi des pâtisseries que je confectionne avec passion dans ma cuisine ou celle de l’établissement.
Quelques tables mange-debout sont disposées aux alentours. Ceci n’était pas prévu, mais certains de
mes clients m’ont dit qu’ils aimaient bien parler avec moi tout en profitant de leur pause sucrée. J’ai
donc installé ceci et j’avoue que cela rend encore plus convivial ce lieu si spécial.
On pourrait croire que l’ensemble est un peu fou, mais étrangement, chaque espace équilibre
l’autre et rend ce lieu vraiment plaisant.
En regardant la façade de mon immeuble, j’ai toujours le même sentiment de fierté,
d’accomplissement d’un rêve. Après m’être garée à mon emplacement privatif, je me dirige d’un pas
rapide vers la cage d’escalier qui me permettra d’atteindre mon appartement. J’ai à peine passé la
porte d’entrée qu’une tornade de dix kilos se jette sur moi et tente de me mettre KO. Même si, au
début de notre cohabitation, j’ai souvent fini dans une position loin d’être avantageuse, j’ai depuis
développé une certaine habileté pour éviter les preuves d’amour, un peu trop démonstratives, du mâle
de la maison.
— Du calme, Roméo ! Moi aussi je suis contente de te voir, mais laisse-moi au moins entrer, je ne
me suis absentée que deux petites heures. Je n’ai pas pu te manquer à ce point, quand même. Allez,
direction la gamelle !
Je sais très bien qu’en lui parlant ainsi, j’aurai gain de cause. Il se dirige alors avec toute la grâce
qui lui est propre, c’est-à-dire en trottinant fièrement comme s’il était le maître du monde, vers son
lieu de prédilection.
Tout en lui servant sa dose de croquettes, je le regarde avec tendresse. Déjà deux ans que nousavons nos petits rituels. Deux années que Roméo est entré dans ma vie comme un boulet de canon.
C’était le jour de mes trente ans. Et ma sœur, ma très chère sœur Lila, a trouvé, je la cite « sympa
d’avoir enfin ton Roméo ». Je n’avais pas compris au départ, mais quand j’ai ouvert le carton, c’était
une évidence. Elle m’offrait un chien, celui que j’avais toujours rêvé d’avoir, un bouledogue
français ! Lila a par la suite rajouté dans un grand éclat de rire que celui-ci serait fidèle et toujours
heureux de me voir, et le comble du comble, c’est quand elle m’a confirmé que son nom était
réellement Roméo. C’est ce qui a d’ailleurs conforté son choix sur lui et pas un autre de la portée.
Heureusement que ma sœur et moi partageons le même humour. J’ai ri devant le nom incongru de
cette boule de poils qui me regardait avec dévotion. Il faut dire que pour une célibataire de trente ans
qui accumule les histoires d’amour les plus pourries, avoir un chien du nom de Roméo était un assez
joli pied de nez. J’ai décidé de conserver son nom car, au final, il lui correspond vraiment bien. Il ne
m’a fallu qu’un regard pour tomber littéralement amoureuse de lui. Avec ses yeux si tendre, son nez
aplati, ses oreilles trop grandes et sa robe fauve, il avait tout pour lui. Le coup de foudre était
inévitable.
Depuis deux ans, Roméo m’accompagne presque partout. Il est présent avec moi dans
l’appartement, mais aussi au salon de thé où il est la mascotte de la clientèle, pour son plus grand
bonheur. Il a donc droit à des grattouilles, câlins et jeux toute la journée.
Laissant mon chien à son dîner, je décide de mettre un peu de musique avant d’aller me préparer
un bain. La musique est une habitude chez moi, un peu comme une extension de mon humeur du
moment, et chaque état d’âme à sa playlist. Ce soir, je suis en mode « Girl power » et c’est donc au
rythme de « Run the world (girls) » de Beyoncé que je me déhanche jusqu’à ma salle de bain où une
baignoire deux places m’attend. La seule petite coquetterie que j’ai tenu à m’offrir. En sélectionnant
les perles de bain qui donneront l’ambiance que je cherche à atteindre, je danse et chante.
Que c’est bon de lâcher prise de cette façon !
Alors qu’une douce odeur de monoï emplit l’espace, je me déshabille et m’observe dans le miroir.
À trente-deux ans, je ne fais pas mon âge. On me donne facilement cinq ans de moins, et même si
adolescente cela était un inconvénient, j’apprécie aujourd’hui ce défi que mon corps semble mener
contre la vie. J’ai un physique plutôt agréable, merci aux gènes hérités de ma mère. Ni trop grande, ni
trop petite, je culmine à la très honorable hauteur d’1m65. J’avoue que ce n’est pas très grand, mais il
y a un avantage notable, je peux porter la hauteur de talons que je veux sans paraître sortie d’un zoo.
J’ai une silhouette fine, malgré la quantité de pâtisserie que je goûte. Mon secret miracle  ? Le
sport, ou du moins la Zumba, que je pratique deux fois par semaine, dans le complexe qui se trouve
deux rues plus loin.
Mon regard remonte sur mon reflet et s’arrête sur ma poitrine. Elle n’est pas énorme, mais elle est
ferme, proportionnée pour ma corpulence et se dresse fièrement.
Mon visage aux traits fins affiche un teint clair où mes yeux bleus ressortent. Leur couleur varie
en fonction de mes émotions, allant du bleu profond tirant sur le violet au bleu clair presque
translucide. On m’a souvent dit que mon regard était hypnotique et mystérieux. Je trouve qu’on y lit
trop facilement mes sentiments.
Depuis quelques mois, j’aborde un carré plongeant qui rehausse la couleur blé d’or de ma
chevelure. Actuellement, une mèche rose encadre une de mes joues. La couleur varie selon mes
envies, c’est une pratique à laquelle je m’applique depuis mon adolescence. À cette époque, j’étais
déjà un peu loufoque et souhaitait absolument me démarquer de mes quatre sœurs qui étaientparfaites aux yeux de mon père.
C’est avec ce souvenir en tête que je pénètre dans l’eau chaude et que je me délecte du contact des
bulles pétillantes parfumées. La musique continue de résonner et c’est grâce à la voix d’Alicia Keys
sur « Girl on fire » que j’évite la phase d’apitoiement en repensant à la manière dont mon père me
considère.
Dimanche arrivera assez rapidement pour que je sois confrontée à son regard désapprobateur.
Ma priorité absolue ce soir est de me détendre. Et comme si Roméo était connecté à moi, il arrive,
tenant dans sa gueule son doudou. Une peluche qu’une de mes jeunes clientes lui a offerte et qu’il
promène de partout. Il la dépose devant lui, tourne autour et s’assoit dessus.
Vous connaissez l’histoire du chien qui tourne sur lui-même pour attraper sa queue ?
Roméo revisite la scène et se met à chercher son doudou tout autour de lui, jappant comme s’il
appelait, avant de sursauter en voyant l’oreille de sa peluche sous sa patte. Les retrouvailles sont alors
intenses et ce pauvre doudou voltige dans toute la pièce, risquant un bain forcé en ma compagnie.
Trente minutes plus tard, mon chien et moi sortons pour la ballade quotidienne du soir. Nous
rejoignons le parc après quelques minutes de marche. Il court et joue avec la balle que je lui lance. Je
le laisse un peu déambuler à sa guise pendant que je prends place sur le banc le plus proche.
Je récupère mon Smartphone, un outil indispensable pour moi et note une idée de recette qui m’est
venue pendant la promenade. Un cheese-cake mandarine avec un glaçage au citron vert. Alors que je
m’applique à détailler l’aspect et la texture que je souhaite pour cette nouveauté, je reçois un SMS
d’un numéro inconnu.

« Bonsoir Milena, je te confirme notre rendez-vous de demain soir 20 h. J’ai réservé à la « 
Bonne fourchette ». Veux-tu que je passe te chercher  ? Marc »

Zut ! Je l’avais oublié ! Marc, que j’ai rencontré au complexe sportif, m’a eue à l’usure. C’est la
troisième invitation qu’il me fait. Après deux refus de ma part, j’ai compris qu’il insisterait jusqu’à
ce que je cède. C’est un beau gosse, aux proportions parfaites, brun, aux yeux noirs. Un genre de
beauté bestiale, mais il me fait penser à un ex et le souvenir que j’en ai est désagréable. Je n’apprécie
pas la manière dont il me regarde, comme si je lui appartenais déjà.
S’il y a une chose que j’ai apprise suite à la quantité de rendez-vous auxquels je me suis rendue,
c’est qu’il faut toujours programmer une porte de sortie au cas où la soirée se déroulerait mal. Il est
donc impensable qu’il m’accompagne.

« Je te rejoindrai au restaurant à 20 h. Bonne soirée. »

Sa réponse ne se fait pas attendre.

« C’est noté. J’ai hâte. Je t’embrasse. »

Alors que je récupère Roméo et que nous prenons le chemin du retour, je pense déjà aux différents
scénarios qui vont m’attendre demain.



Chapitre 2



Even

Vendredi 13 octobre 2017, 14 h, Gymnase :

— Alors mon vieux, tu t’es ramolli ? Tu n’as pas l’air très en forme, me dit mon meilleur ami
Rob, alors qu’il court en driblant, ballon de basket en main.
Nous venons souvent ensemble nous entraîner dans ce gymnase qui n’est jamais, ou presque,
utilisé. Pratiquer ce sport nous permet de nous défouler et de passer du temps tous les deux. Nous
raconter les dernières nouvelles de nos vies.
— Non, je suis en forme, fait donc attention à la balle, lui dis-je en lui volant l’objet rond qui
rebondit sur le sol.
Cet homme est mon ami depuis que je suis venu habiter ici, à Fréjus. Cela fait maintenant cinq
ans. Nous nous sommes rencontrés lors d’un rendez-vous professionnel. Il devait faire affaire avec
l’agence que je dirige avec mon père, mais le contrat ne s’est pas fait. Mon père s’est conduit comme
un gougeât avec lui. Pour excuser son comportement, je l’ai invité à venir boire un verre et un lien
s’est créé entre nous.
Rob est un homme brun, cheveux rasés au plus court, aux yeux verts, et aux muscles saillants.
Certains disent que nous nous ressemblons, d’autres pensent même que nous sommes frères. Rien de
tout cela n’est vrai.
Je continue jusqu’au panier, qu’il faut viser comme le but d’une vie. Je le regarde, essaie de
l’atteindre, je le vois, je veux y arriver. Puis, j’y arrive, ce n’est pas comme la vie. Elle n’est pas si
facile. Ou en tout cas, pas la mienne.
J’ai bien essayé de trouver la bonne personne, essayer de l’atteindre, de la viser… mais pour
l’instant, ce ne sont que les échecs et les désespoirs que j’ai réussi à obtenir.
Après ce panier, mon ami se dirige vers le banc pour prendre sa serviette. Il s’essuie d’abord, puis
la pose sur ses épaules.
Je le rejoins et fais la même chose. J’attrape ma bouteille d’eau et en bois la quasi-totalité.
— Tout va bien en ce moment ? me demande-t-il.
— Oui.
— Je sais que ce n’est pas ton anniversaire ni ta fête d’ailleurs, dit-il en riant, mais tiens.
Il me tend une petite carte avec des codes et je ne comprends pas ce que c’est avant qu’il
m’explique.
— C’est Julie qui tient absolument à t’offrir ceci. Elle en a assez de te voir seul et ça lui brise le
cœur. Donc elle t’a inscrit sur ce site, où tu peux faire des rencontres, et où tu peux apprendre àdraguer en gros. Tu connais Julie ! Moi je pense que c’est juste pour trouver une baise rapide, sans
conséquence, mais elle ne pense pas ça. Donc, elle t’a payé trois mois d’avance et voici tes codes et
tout ce qu’il te faut. Je lui ai dit que tu n’irais sûrement pas, mais elle n’a pas voulu m’écouter.
Julie est la femme de Rob. C’est une personne adorable, une crème. Il a eu de la chance en tombant
sur elle. Ils ont eu deux merveilleux enfants qui ressemblent beaucoup à leurs parents.
— Tu remercieras Julie. Mais je ne pense pas y aller. J’y réfléchirai.
Il me tape sur l’épaule.
— Bon mec, je te laisse. Faut que je rejoigne ma femme. Et tu dois aller chercher ta progéniture.
En parlant d’elle, comment va-t-elle ?
— Très bien ! Tu sais, elle a une joie de vivre immense. Elle est toujours heureuse.
— Tu l’embrasseras pour moi.
— Ouep.
Ensemble, nous sortons du gymnase, nos sacs en main.
Je l’envie. Il a une famille, il est heureux. À trente-cinq ans, je suis le seul célibataire de notre
bande d’amis. Chaque fois que nous sortons, je suis le seul à ne pas avoir ma moitié avec moi. C’est
vraiment triste. J’ai bien eu des rendez-vous, mais tous se sont soldés par une fin qui n’amenait pas de
suite.
Parfois, c’est triste de dormir seul, dans un lit vide. J’aimerais moi aussi pouvoir serrer la
personne que j’aime avant d’aller me coucher. Ne pas avoir cette sensation de chercher en vain ce qui
n’existe pas. Mon âme sœur n’existe probablement pas. Je ne peux me dire autre chose après tant
d’années et tant d’échecs. J’ai bien essayé, mais je n’espère plus. Je vis comme un homme vide. La
seule personne qui fait mon bonheur, c’est ma fille. Ophélia. La princesse de mon univers.
En ce qui concerne sa mère, c’est une longue histoire. Elle aussi ce fut un échec, et pourtant, je ne
regrette pas, car de notre histoire est née ma fille. Aujourd’hui, Britney n’a qu’un objectif : me
pourrir la vie. J’ai eu la garde d’Ophélia la semaine, et ça ne lui a pas plu.
J’aimerais vraiment trouver la bonne personne. Quand je pense à tous ces gens qui n’osent pas
s’avouer leurs sentiments et qui se passent devant sans se voir. Tous ces individus qui pensent aimer
quelqu’un, et qui en vérité ressentent de l’amour pour un autre. Et ceux qui ne voient pas qu’on les
aime. Je sais que ce sont les pires, les gens ne voient pas ce qui les entoure.
Je rejoins ma voiture, une Renault Talisman, jette mon sac dans le coffre et allume le moteur. La
musique retentit et quand j’entends « Roméo et Juliette » de Grand Corps Malade, je le prends
comme un signe du destin.
La musique à fond, je roule pour rejoindre l’école de ma fille de quatre ans. Je vais un peu vite, et
j’aime ça. L’adrénaline.
J’arrive devant l’établissement et je me rends compte que je ne me suis pas changé.
Pfff, pas grave ! Ça ira comme ça !
Je m’engouffre dans le couloir qui mène à la salle de classe d’Ophélia. Quand elle me voit, elle
laisse le dessin qu’elle est en train de faire, et court dans ma direction.
Sa maîtresse la regarde et la laisse gribouiller.
— Eh ma princesse, dis-je en la prenant dans mes bras. Alors cette journée, c’était bien ?
— Je t’ai réalisé un dessin, viens voir !
Je la repose après avoir laissé un baiser sur sa joue, et elle prend ma main pour me conduire à son
œuvre.Je vois sa maîtresse qui nous observe, et qui se rapproche peu à peu de nous.
— Je t’ai dessiné, papa.
— Ah oui ?
— Toi, maman, tonton Rob, tata Julie, et j’ai laissé de la place pour ma nouvelle maman.
— Ta nouvelle maman ? la questionné-je
— Bah oui ! Quand j’aurai une nouvelle maman avec toi.
— Oh !
C’est à ce moment-là que la maîtresse choisit de faire son apparition. Depuis qu’Ophélia a intégré
cette classe, je trouve qu’elle s’est beaucoup rapprochée de cette enseignante.
— Tu peux aller chercher tes affaires, dit-elle à ma fille.
Ma belle princesse, avec les cheveux blonds de sa mère, se dirige vers les portemanteaux. Son petit
corps se déhanche naturellement, ses pas légers comme si elle dansait chaque mouvement.
La professeure interrompt ma rêverie pour me ramener à la réalité.
— Je voulais vous voir, monsieur Kent, pour vous parler d’Ophélia. Je la trouve de plus en plus
réservée et je voulais vous en parler. Vous ne savez pas ce qui pourrait provoquer cela ?
— Non, chez nous, elle n’est absolument pas ainsi. Mais je ne sais pas comment ça se passe chez
sa mère. Quand je vois sa mère, c’est simplement pour Ophélia, et on ne parle pas vraiment. Vous
avez son numéro de téléphone, vous n’avez qu’à l’appeler.
— Non, ne vous en faites pas, je me fais peut-être du souci pour rien. Je voulais aussi vous
demander quelque chose d’autre.
L’enseignante commence à rougir et je la sens gênée.
— Je me demandais si vous seriez libre un soir, pour aller boire un verre.
Oh ! Ben dis donc, si je m’y attendais !
Je ne sais pas vraiment quoi lui répondre. Je suis pris au dépourvu. De toute façon, je n’ai rien à
perdre, alors pourquoi ne pas accepter. Ophélia sera chez sa mère demain, donc il n’y aura pas de
problème pour la faire garder. Et puis, je suis un adulte.
— Oui. Pourquoi pas.
— On se donne rendez-vous ici ? Quand est-ce que cela vous arrange ? me demande-t-elle en
souriant à pleine dent.
— Demain soir, je suis disponible. Si vous l’êtes aussi, on peut aller dîner en centre-ville. Je
connais un très bon restaurant.
— C’est d’accord pour moi. Je vous attendrai donc ici, termine-t-elle de dire avant l’arrivée de ma
fille, qui avec son sac, ressemble à une voyageuse.
Ophélia dit au revoir à sa maîtresse, et nous rejoignons la sortie.
— Tu sais papa, aujourd’hui on a fait sport. On a fait la course, et j’ai gagné. J’ai même battu les
garçons.
Ma fille, une future battante. Elle sera probablement contre la discrimination envers les femmes et,
avec son tempérament de feu, elle fera de grandes choses.
Je l’amène à la voiture, et ouvre la porte de derrière avant de l’attacher dans le siège enfant.
Elle récupère sa Barbie à côté de son siège-auto et commence à lui parler.
J’aime ce côté chez les enfants. Pouvoir s’inventer un univers dans lequel tout est beau, tout est
rose, et où Barbie finit toujours avec Ken. Quelle que soit la tête de la Barbie, et la tête du Ken, ils
trouvent toujours des points communs et forment tout de suite un très beau couple.Si seulement cela pouvait être pareil dans la vraie vie ! Tout serait beaucoup plus simple.
Notre appartement n’est pas très loin de l’école, et en général, je vais chercher Ophélia à pied.
Quand on arrive, je la détache, attrape sa main, et ensuite son sac.
Notre appartement est très grand, l’immeuble très chic. Nous avons vue sur la mer avec une belle
baie vitrée qui illumine tout le salon et qui éblouit chaque personne qui monte chez nous.
C’est Ophélia qui a choisi ce lieu. Elle adorait, alors je lui ai fait confiance et nous l’avons acheté.
J’emporte son sac dans sa chambre et elle me suit. Probablement pour changer les vêtements de
Barbie, ou pour aller la changer de Ken. Car oui, Barbie a plein de Ken et en change quand elle veut.
Notre salon est composé d’un grand canapé en cuir blanc en L, faisant face à un écran plasma 3D
(plus pratique pour les dessins animés le matin avant d’aller à l’école). Les murs sont neige pour
laisser la lumière s’infiltrer et réchauffer les lieux. Un grand lustre est accroché au-dessus de la table
en verre de notre salle à manger.
La cuisine est un peu séparée des deux pièces précédentes, mais l’accès y est quand même très
facile. Elle est tout équipée. Je suis un homme qui aime cuisiner des petits plats pour sa fille, et elle
m’aide souvent. Quand on fait des cookies en forme de princesse, ou de cœur, en se disputant pour
savoir si on va mettre des pépites de chocolats ou bien des paillettes comestibles.
J’appelle Ophélia pour qu’elle vienne manger.
Sa chambre est rose, elle a un lit à baldaquin avec un voile rose. Cet appartement est un duplex, et
nos chambres se situent à l’étage. Alors que je m’apprête à dresser la table, Ophélia m’appelle pour
descendre du haut des escaliers. Elle a encore peur de le faire seule et j’ai toujours la crainte qu’elle
tombe.
Je monte les marches en quelques enjambées pour la rejoindre et lui porter secours. Quand nous
sommes enfin à terre, nous passons devant la télé, sur la petite table, où nous attend notre dîner.
J’ai préparé des pommes de terre sautées avec un filet de dinde à la crème, c’était délicieux d’après
ma fille. J’aime quand elle me dit que je cuisine bien, c’est une satisfaction personnelle.
Nous regardons un dessin animé sur une chaîne spécialement dédiée aux enfants, et que ma fille
affectionne tout particulièrement. Le matin, ils diffusent un épisode de sa série préférée et ça la met
de bonne humeur. Il lui en faut peu pour être heureuse.
Le téléphone de la maison se met à sonner, et je vais répondre, car ma fille sait qu’elle n’a pas le
droit. C’est sa mère.
Je lui passe le combiné et écoute leur discussion, qui comme d’habitude, n’est pas très
passionnante.
On dirait que Britney ne sait jamais quoi dire à notre fille. Quand c’est moi qui lui téléphone, je
passe au moins une heure à parler avec ma puce. Mais quand c’est sa mère, la discussion se termine
plutôt vite.
Elle doit avoir d’autres choses à faire, plus importantes que de s’occuper de son enfant,
penséje méchamment.
Quand ma fille me rend le téléphone, je le pose et nous allons ensuite ranger les restes de notre
repas.
C’est ensuite l’heure de lui faire prendre son bain, puis de la coucher. Nous mettons au moins
vingt minutes pour trouver le bon pyjama. Parfois c’est assez compliqué d’être un papa seul avec sa
fille. Je ne comprends pas toujours ses caprices pour avoir un beau pyjama, assorti à ses chaussons,
ou à ses chaussettes… Pourquoi toutes les filles sont-elles ainsi ? Ce n’est pourtant pas si importantque ça  ! Finalement, elle se décide pour son pyjama bleu, avec le dessin d’une princesse et d’une
grenouille.
Je la borde dans son lit à la couverture aussi rose que les papiers peints de la chambre, puis lui lis
une histoire.
C’est elle qui choisit le livre qu’elle veut lire. C’est un rituel. J’essaie de lui apprendre à deviner
quelques mots, pour lui rendre l’entrée en CP plus facile.
Une fois l’histoire terminée, je dépose un léger baiser sur son front, branche la veilleuse à côté de
son lit, puis éteins la lumière. Je ne ferme pas la porte, car je sais qu’elle a peur du noir.
J’ai enfin un moment pour moi. Je retire mes chaussures, que je pose délicatement à l’entrée, puis
je m’allonge sur le canapé et regarde le match de football à la télé.
J’ai eu une longue journée. Mon père n’arrête pas de me harceler au travail, il souhaite que je
prenne en charge un dossier dont je ne veux absolument pas m’occuper. Dans nos bureaux, nous
mettons en place des aides pour le développement d’équipements pour de nouvelles entreprises. En
tant qu’investisseurs, nous devons sélectionner les meilleurs candidats, et ce n’est pas toujours facile.
Je vide mes poches sur la table de notre salon, et je vois la carte que m’a donnée Rob. Pendant un
instant, j’hésite à me connecter sur ce site, où je pourrais peut-être rencontrer une personne qui saura
me...