The Howlers, tome 4 : Amour Coupable

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146 pages
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Tij, dernier membre de la meute Howlers, est le plus mystérieux de tous. Là où les autres vivent leurs unions librement, lui doit se taire et dissimuler ce qui pourtant saute aux yeux.
Teddy, chef de la volière, ne veut pas d'attache et surtout pas de Tij auprès d'elle.
Mais quand les fantômes du passé resurgissent, et que la menace se fait plus réelle que jamais, les secrets sont déterrés et exposés au grand jour.
L'une va devoir s'affranchir de sa peur tandis que l'autre va devoir se battre pour prouver sa valeur.



En pleine nuit noire, suivez le hurlement du loup. Il sera signe de désespoir ou d'une mise à mort.

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EAN13 9782378161354
Langue Français

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The Howlers, tome 4 : Amour Coupable [Marie Luny]
© 2019, Marie Luny. © 2019, Something Else Editions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : ©123rf / ©Istock / ©Adobestock Illustration : ©Caly Design ISBN papier : 978-2-37816-134-7 ISBN numérique : 978-2-37816-135-4 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination des auteurs ou utilisés fictivement. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait que pure coïncidence.
À toutes celles qui ont eu le courage de dire non.
Prologue Teddy Dix ans plus tôt Plus vite ! Je dois aller plus vite. Je les sens qui me cherchent, me traquent. J’entends leurs cris résonner dans mon dos et si je ne me dépêche pas, ils me retrouveront. IL me retrouvera et je n’aurai plus jamais la possibilité de m’enfuir. C’est ma seule chance, mon unique. Voilà pourquoi je n’ai rien emporté avec moi, si ce n’est tout l’argent que j’avais mis de côté en plus du sien. Je ne sais pas où je vais aller ni même ce que je vais faire, mais je préfère la rue au destin qu’il me réserve. Par chance, dès que je débouche sur la route, un ca mion passe à proximité. Je le hèle et le chauffeur écrase la pédale de frein. Les énormes ro ues crissent sur le goudron dans un vacarme assourdissant. Le conducteur abaisse sa vitre et me demande d’une voix grave : — Tu vas où ? — Là où vous allez, du moment que c’est loin d’ici, lui réponds-je, essoufflée par ma course récente. — Monte alors. — Merci. Je contourne le véhicule, grimpe la marche et m’assois à la place du passager. Il redémarre et je retiens mon souffle en voyant à travers le rétro extérieur mes poursuivants débouler à leur tour sur la route. Par chance, le camion est déjà loin et ils ne le prennent pas en chasse. Lorsque nous franchissons le panneau de ma ville, mes poumons se vident tandis que je contiens avec peine le flot d’émotions qui menacent de se déverser de mes yeux. — Que fuis-tu ? La question du camionneur jusque-là silencieux me déconcerte tant que je reste muette quelques secondes. Puis, je m’entends lui avouer d’une faible voix. — Ma vie. Il me jette un regard bienveillant avant de me dire. — On trimballe tous nos casseroles, la vie n’est pas simple. — Non… Je n’ajoute pas que dans mon cas, elle est pire que compliquée. Elle a pris un tournant que je refusais et c’est pour cela que je la fuis. À l’âge de quinze ans, je me retrouve sans rien, avec seulement les habits que je porte sur le dos et mon faible pécule. Mais je préfère dormir dans la rue que de vivre ainsi, ne serait-ce qu’un jour de plus. Si je dois devenir une mendiante, soit, mais au moins, je serai libre. Et la liberté, c’est tout ce que je recherche dorénavant.
Chapitre 1 Tij De nos jours — Arrête de faire style que tu en as quelque chose à foutre ! beuglé-je. Teddy détourne le regard et m’avoue, penaude : — Ce n’est pas ça. La colère circule dans mes veines et j’en viens à serrer les poings avec force. — Alors lâche-moi, je fais ce que je veux et tu n’avais pas à venir ce soir. — J’ai sauvé la vie de Mawen ! hurle-t-elle en réponse. Je soulève les épaules mais ne dis rien de plus. De toute manière, je n’ai jamais eu voix au chapitre la concernant. Elle ne m’a jamais laissé faire, ne m’a jamais laissé le choix. Ce que Teddy décide, Teddy le fait. Voilà comment marche la femelle corbeau et moi, je n’ai qu’à fermer ma gueule. Mais j’avoue qu’après toutes ces années, je commence à en avoir marre. — Tij… soupire-t-elle en posant sa main sur mon épaule. D’un geste brusque, je me décale et la foudroie du regard. — Ça suffit, Teddy ! J’en ai ras le cul. Tu ne veux pas reconnaître qu’il y a un truc entre nous, OK, ça je l’ai bien pigé, mais arrête de faire comme si je comptais pour toi, alors que ce n’est pas vrai. — Ce n’est pas ça ! essaie-t-elle de se dédouaner. — Ah ouais ? Ça fait combien de temps qu’on se connaît ? Cinq ans, c’est ça ? — Oui. — Donc ça fait cinq ans que je suis trop jeune pour toi, cinq ans que je t’entends me foutre dans les dents que tu ne veux pas de moi. Ça suffit maintenant. — Mais que veux-tu à la fin ? me demande-t-elle en plaquant ses paumes de mains sur mon torse et en me poussant. — Mais bordel, c’est toi que je veux ! C’est notre lien que tu refuses comme une forcenée que je veux ! craqué-je à mon tour. Elle reste interdite pendant un instant, puis secoue la tête et se détourne de moi. — Je ne peux pas. — Bien sûr, tu ne peux pas ! Arrête de te foutre de ma gueule, tu ne VEUX pas. C’est différent ! Sans attendre une réponse de sa part, je rejoins la voiture de River et m’y installe. Ce dernier me jette un regard à travers le rétro et me demande : — On l’attend ? — Non, roule. Elle n’aura qu’à voler. Il m’adresse un signe de tête, démarre et nous ramène à la maison. Muré dans mon silence, je laisse mon esprit dérivé vers le passé et surtout cinq ans auparavant. — On va au Mets. Assis sur la banquette arrière du 4x4 flambant neuf de mon pote Kaydy, je garde le silence tandis que Shep prend la parole. — C’est quoi ? — Un bar fréquenté par des métamorphes. — Cool, j’espère qu’il y aura des nanas ! — Ouais ! — On doit trouver une meuf à Tij pour qu’il perde son pucelage. — M ais je n’ai pas besoin de vous ! grommelé-je dan s l’espoir que ma soirée ne tourne pas en speed-dating géant. — C’est pour t’aider, mec ! — Je n’ai pas besoin d’aide, Shep ! Je peux me débrouiller tout seul. — Visiblement non, puisque tu es le seul puceau de nous quatre. Il a raison, je le suis, mais cela n’est pas une ta re non plus. Alors effectivement, c’est surprenant
pour un loup-garou d’être vierge à quinze ans, mais ce n’est pas atroce. J’aurais pu me taper des filles de la meute, mais aucune n’a retenu ni mon intérêt ni celle de mon loup. Nous sommes du genre solitaire, en retrait et trouvons les femelles de la meute inintéressantes au possible. — Lâche-moi ! — OK, Tij. Mais ne viens pas te plaindre quand tu rentreras seul ce soir. — Tij ne se plaint jamais… poursuit River assis à la place du passager. — Chacun fait ce qu’il veut de toute manière. Pour une fois que mon père nous laisse sortir du territoire, on va en profiter, enchaîne Kaydy. Il a raison sur toute la ligne. C’est un exploit qu e son père, l’Alpha de la meute des M ohicans, nous laisse quitter la maison. D’ordinaire, nous n’ avons pas le droit d’errer dans le monde des humains ou du moins sans escorte. Nestar est du gen re paranoïaque et flippe de tout. — Qu’est-ce que tu as fait pour que Nestar nous autorise à partir ? demandé-je à mon ami. — C’est ma mère qui lui a dit de lâcher du lest. — Louée soit Patie ! Nous explosons de rire et le reste de la route jusq u’au centre-ville se passe dans la joie et la bonne humeur. Kaydy se gare le long du trottoir dev ant une enseigne aux néons d’un bleu métallique. Nous sortons de la voiture et rejoignons l’entrée d u bar. Si mes potes ont l’air d’être à l’aise, ce n’est pas mon cas. C’est la première fois que je va is mettre les pieds dans un tel endroit et je ne sais pas à quoi m’attendre. Kaydy marche en tête, ouvre la porte et pénètre dan s le lieu. River, Shep puis moi lui emboîtons le pas. Aussitôt, un mix d’odeurs me parvient au ne z. M on pote avait raison, c’est bourré de métamorphes ici. Nous avançons et rejoignons le comptoir. Un grand m ec baraqué – on dirait Hulk – se tient derrière. Il nous reluque attentivement avant de po ser ses coudes sur le bar en bois. — Vous désirez ? — Une bière, lui répond Kaydy avec l’assurance qui lui est propre. — Vous n’avez pas l’âge de boire, alors va pour les sodas ! Sans nous laisser riposter, il se retourne, attrape plusieurs canettes dans le frigo derrière lui et les pose devant nous. — Je ne veux pas d’histoires avec Nestar. Et s’il a pprend que j’ai servi de l’alcool à son fils, j’en aurai, poursuit le barman. Kaydy serre les dents et tente de contrôler son énervement. S’il voulait picoler, c’est raté. Il finit par soupirer, attrape sa canette et nous fait signe d’en faire autant. — Combien on vous doit ? lui demande-t-il, dégoûté. — La première tournée est pour moi. — Merci… — Hank. — Kaydy, et voici mes amis River, Shep et Tij. — Bienvenue au M ets, les mecs, nous salue Hank. Je suis le propriétaire. Je ne veux pas d’embrouilles dans mon bar. On se comporte civilement et on ne mute pas en pleine salle. — OK. — Cool, je vous fais confiance, pas de vague sinon je vous ramènerai moi-même chez vous et je ne pense pas que ça plaira à vos vieux. Sur ce, il se tourne et pars servir un autre client. M es potes et moi soupirons avant de rejoindre une autre pièce où se trouvent des billards. — Putain, ça craint ! s’emporte Kaydy. — J’avoue, déclare Shep à sa suite. — Soyons déjà contents d’être sortis du territoire, leur dis-je. — Tij a raison. C’est déjà ça. On fait une partie ? — OK. Les duos formés, nous nous saisissons chacun d’une queue accrochée au mur et Kaydy lance la partie en cassant.
Une demi-heure plus tard, nos boissons sont vides e t je décide d’aller nous en chercher d’autres. J’arrive devant le comptoir, m’appuie dessus et attends que l’on vienne me servir. Hank, qui est en pleine conversation, me fait un signe du menton avant de beugler en direction d’une pièce derrière. — Teddy ! Quelques secondes après, une fille émerge de l’arrière-salle. — Oui ? — Peux-tu t’occuper du bar, s’il te plaît ? — Bien sûr. Si elle ne m’a pas encore vu, moi, j’ai tout le loisir de l’étudier. Grande, avec le teint mat et une chevelure noire avec des reflets bleu électrique, elle semble plus âgée que moi. M on loup pourtant si calme commence à japper dans mon esprit. M es sourcils se froncent en réaction à la sienne plus que bizarre. J’inspire une grande bouffée d’air et découvre par la même occasion l’espèce à laquelle appartient la femelle. Corbeau. Une race qu’il ne faut pas chercher. Elle se glisse derrière le bar, attrape un torchon et commence à nettoyer le comptoir. — Excuse-moi… me décidé-je à attirer son attention. — Un instant, me répond-elle sans pour autant me regarder. Elle finit ce qu’elle fait puis balance le torchon sur son épaule et vient enfin se planter devant moi. — Qu’est-ce que je peux… La fin de sa question meurt sur ses lèvres lorsqu’elle plonge ses yeux noirs dans le marron des miens. Le temps se suspend, plus rien ne bouge, mêm e pas la Terre et la révélation nous frappe avec force et fracas. Mon loup hurle dans mon crâne, tandis que pour ma p art, mes yeux s’écarquillent de surprise. Elle. Pour moi ! — Je… — Qu’est-ce que tu veux ? me coupe-t-elle la parole sur un ton si implacable que je me sens automatiquement émasculé. — Tu… Tu es… — Non, je ne suis rien du tout. Il ne s’est rien pa ssé. Je vais te donner tes consos et tu vas te casser. Point barre ! Son aura de dominance me percute de plein fouet et même si j’en suis un, la sienne est telle que je suis obligé de m’y plier. M on envie de comprendre, d’en savoir plus sur elle est étouffée dans l’œuf direct. Et je n’ai pas d’autre choix que de fermer ma gueule. Mon loup, bien qu’il le vive mal, n’a pas voix au chapitre non plus. Elle se retourne, sort quatre cannettes du frigo et les pose devant moi en les faisant claquer. — Voilà, bonne soirée. — Mais… Tu es… — Rien du tout. Oublie-moi ! Sur ce, elle s’en va en me laissant complètement pa umé et chamboulé. Si je m’attendais à ça ! Cette nana est… Je secoue la tête dans l’espoir d’y remettre de l’o rdre, mais rien n’y fait. La révélation est là, elle s’est enracinée dans mon esprit et a logé ses griffes dans mon âme. Comme un automate, je me saisis des canettes et rejoins mes potes. — Ben putain, tu foutais quoi ? me demande Kaydy. — J’ai… Alors que je suis prêt à leur avouer que j’ai trouv é mon âme sœur, la honte me submerge complètement. M on autre moitié est plus dominante q ue moi et surtout, elle vient de me rembarrer bien comme il faut. Je préfère donc me taire et garder cela pour moi.
— Il y avait du monde, dis-je à la place. Par la suite, je me terre dans le silence, ce qui n ’est pas nouveau venant de moi. M ais cette fois-ci, celui-ci est dû à mon coupage de couille. Mon âme-sœur vient de m’émasculer… Le souvenir me quitte lorsque nous arrivons à la maison. Sans attendre, je sors de la voiture et pars m’enfermer dans ma chambre. J’y passe de plus en plus de temps. Moi qui aimais la solitude, là j’y ai trouvé mon refuge. Voir tous mes amis en couple, heureux, me tue à petit feu. Je ne supporte plus le fait qu’elle refuse le lien depuis cinq ans. J’ai essayé de comprendre, à plusieurs reprises d’ailleurs, mais à chaque fois Teddy me rembarre. Je ne le dirai pas, mais je souffre beaucoup de la situation et mon loup est dans le même état. Le pauvre est si malheureux qu’il refuse tout contact avec des femelles hormis celles de sa meute. Le secret est en train de nous mutiler en plus de nous avoir émasculés. Pendant que mes amis partent se coucher dans leurs chambres respectives, je rejoins ma fenêtre, l’ouvre et m’assois sur le rebord. La nuit est froide et une fine couche de neige recouvre le sol. Les étoiles scintillent dans le ciel d’unnoir bleuté. Parfois je me demande si je ne devrais pas partir, mais je n’ai aucun endroit où aller et puis, après toutes ces années, après avoir subi un meurtre de masse et un déménagement vers une autre meute, je me sens enfin chez moi. Je n’ai pas envie de quitter tout ça, mais ai-je un autre choix ? Savoir mes amis heureux me fait du bien, mais me renvoie également à la tronche que moi, j’ai trouvé ma moitié et qu’elle ne veut pas de moi. C’est injuste, profondément injuste. Le ciel et les étoiles nous ont rassemblés, parce qu’on est faits l’un pour l’autre, alors pourquoi ne le veut-elle pas ? Un soupir fataliste franchit mes lèvres gelées et je me décide à rentrer. Sans pour autant fermer la fenêtre, je pars dans la salle de bains et vais prendre une douche rapide. Une fois propre, j’enfile u n boxer ainsi qu’un jogging et me cale dans mon fauteuil de bureau. Puis j’allume mon P C et lance un jeu vidéo. Je devrais être crevé après la soirée qu e j’ai passée, mais je sais que je n’arriverai pas à dormir. Mon cœur se presse contre ma cage thoracique et mon estomac se contracte à son tour. Quelle merde ! Mon regard balaye mon bureau et tombe sur une canette vide toute cabossée. Je me foutrais une droite moi-même pour l’avoir gardée en souvenir, mais il faut croire que je suis du genre masochiste. J’aime me faire du mal. La preuve, je vis à peine à une cinquantaine de mètres de mon âme sœur à qui je ne suis pas uni. Si ça, ce n’est pas du masochisme, je ne sais pas ce que c’est. Rageusement, je détourne le regard et m’oblige à me concentrer sur mon écran d’ordinateur. J’ai réussi à vivre ainsi pendant cinq ans, je peux continuer encore un peu… Au fond je sais que ce n’est qu’un mensonge. Je n’y arrive plus. Plus depuis que j’ai vu mon meilleur pote Shep trouver sa lumière en Mawen. Il le mérite après tout ce qu’il a vécu, mais merde ! Moi aussi je le veux ce bonheur ! La résolution enfle en moi et s’empare de mon être entièrement. Maintenant, c’est mon tour !