Together - N'oublie pas, tome 1

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220 pages
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Description

Choyée par ses parents, Lena a vécu une enfance heureuse.
Aujourd'hui, à vingt ans, elle s'est renfermée à la suite d'une terrible épreuve. Elle en garde de profonds stigmates qui ont ébranlé sa confiance en elle, en la vie, et qui font d'elle une jeune femme brisée.
Mais il suffit d'une rencontre, peut-être pas au bon endroit ni même au bon moment, pour bouleverser l'ordre des choses.
Laissez-vous emporter par l'univers aussi passionnel que chaotique de Lena et Noah...

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Nombre de visites sur la page 48
EAN13 9791096785018
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Together
N'oublie pas Tome 1
© 2016, Coralie Chamand. © 2016, Something Else Éditions.
Tous droits réservés.
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Crédit photo : © 123RF
Illustration : © Aurélie P.
ISBN papier : 979-10-96785-01-8
Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny
E-mail : something.else.editions@gmail.com
Site Internet : www.something-else-editions.com
Ce livre est une œuvre de fiction.
Les noms, les personnages,
les lieux et les événements sont le fruit
de l’imagination de l’auteur ou utilisés
fictivement, et toute ressemblance avec
des personnes réelles, vivantes
ou mortes, des établissements d’affaires,
des évènements ou des lieux ne
serait que pure coïncidence.
Février, trois ans plus tôt.
PROLOGUE
— C’est ta faute ! Tout est ta faute ! me dit-elle depuis au moins une heure.
Je ne fais rien pour la contredire car j’ai l’impre ssion que mon esprit et mon corps ne sont plus avec elle. Mes larmes n’ont pas cessé de couler depuis que j’ai appris cette funeste nouvelle.
— Tout est ta faute ! Je te déteste ! Tu... tu n’es plus rien pour moi !
Je me bouche les oreilles, je ne veux plus rien entendre. Tout ce que je souhaite, c’est partir d’ici. Alors je commande à mes jambes de fon ctionner et sors, je pars loin de toute cette folie, de toute cette souffrance qu’est devenue ma vie. Une assiette se brise sur le mur face à moi mais je m’en moque. Je finis par courir, je ne sais pas où je vais mais qu’importe, je veux juste oublier...
25 Septembre
Chapitre 1
Lena
Stressée ? Pourquoi je le serais ? Ce n’est pas com me si c’était mon entrée à l’université. Je vais retrouver mes amies, mon meil leur ami. Non, vraiment, je ne vois pas pourquoi cette année serait différente des autres.
Je mets mes dernières affaires dans mon sac, respire un bon coup pour évacuer toute tension, effleure une dernière fois mon pendentif – rare souvenir de mon ancienne vie – et sors de ma chambre, prête à affronter cette première journée. À ce moment-là, mon téléphone sonne et j’aperçois la tête de Matthe w sur l’écran, son beau visage, ses yeux brun doré malicieux et son sourire si particul ier.
Je décroche.
— Salut, beauté ! T’es prête ?
— Oui, j’ai encore un truc à faire et je décolle.
— Tu sais ce que j’en pense, tu devrais vraiment...
Je le coupe car je n’ai pas envie d’en parler maintenant :
— Matt'. Pas aujourd’hui, s’il te plaît.
Il souffle mais reprend :
— Ouais... bon allez ! Ramène tes fesses, je t’atte nds !
Je souris : le voilà mon meilleur ami ! Lui et moi, on s’est connus à l’âge de dix ans, et autant dire qu’en onze ans d’amitié, on ne s’est ja mais quittés – ou presque. Je pense pouvoir dire que nous nous complétons l’un l’autre et je ne sais pas ce que je deviendrai sans lui. Bon, il y a aussi eu cette pha se « couple » durant laquelle nous sommes sortis ensemble pendant pas loin de six mois . En y repensant, je n’aurais jamais cru que ma première relation sexuelle se pas serait avec lui. Bon, d’accord, je ne me suis jamais demandé dans quelles circonstances o u avec qui je passerai à l’acte, mais je suis certaine d’avoir fait le bon choix. Be aucoup de filles disent qu’elles ont mal la première fois, que leur partenaire a plutôt été brouillon et maladroit. Moi, je peux dire que tout n’a été que tendresse et amour. Mais cette époque est révolue et nous nous sommes arrêtés au stade des meilleurs amis : aucune ambiguïté, juste des moments de complicité tendres et amicaux.
— Len' ? reprend Matt' en me sortant de mes pensées .
— Euh, oui. J’arrive dans deux minutes !
Je raccroche. Je pose mon sac sur la table et pars à la recherche de ma mère. Enfin, façon de parler, notre appartement n’est pas très g rand. Deux chambres, un salon-salle à manger, une petite cuisine et une salle de bain.
Je frappe à la porte de ma mère une fois. Rien. Une deuxième, toujours rien. J’ai l’habitude, alors j’ouvre pour la retrouver à moiti é nue, à même le sol, une bouteille de vodka vide qui traîne à ses pieds. Je la secoue.
— Maman, maman ! Allez, réveille-toi !
Je vois ses paupières s’ouvrir doucement et y décou vre des yeux semblables aux miens, deux joyaux turquoise qui ont perdu de leur éclat il y a bien longtemps. Ça me fait toujours un pincement au cœur de voir ce qu’es t devenue la femme qui m’a mise au monde, celle qui n’a pas été la meilleure des mè res mais qui m’a fait des gâteaux quand j’étais petite et qui illuminait une pièce d'un sourire. Mais tout ça, c’est loin... Maintenant sa vie se résume à ramener un homme diff érent chaque semaine et à boire jusqu’à plus soif. Je ne la juge pas, j’ai moi-même eu une sale période et je dois dire que par moment, j’ai envie de replonger pour oublie r que ma vie est devenue un enfer. Mais des amis, même si parfois, ça ne suffit plus. Ma mère, elle, n’a personne à part moi et elle me déteste.
Ses yeux sont rougis par le manque de sommeil et le surplus d’alcool. Je lui tends les bras pour la soutenir et l’aider à se lever pour l’ installer sur son lit. Elle accepte mon aide pour cette fois, puis elle me jette un coup d’ œil une fois sur les couvertures. Elle s’attarde sur mon pendentif puis revient vers mes y eux. Je vois sa bouche se déformer en un rictus mauvais et me demande à quoi je vais a voir le droit cette fois.
— Tiens, mais ça ne serait pas ma traînée de fille ? Qu’est-ce que tu fous encore là ? Tu n’as rien de mieux à foutre ?
Je ferme les yeux parce que ses paroles ne font que raviver une époque que je m’efforce d’oublier et je préfère lui demander le p lus gentiment possible :
— Maman, qui t’aurait aidé à te lever si je n’étais pas passée te voir ?
— Tu crois peut-être que je te dois quelque chose, sale traînée ? T’as foutu ma vie en l’air alors ne t’avise pas de faire ta maligne avec moi ! Dégage de là, tu me dégoûtes !
Ses propos me blessent toujours autant, même après toutes ces années. Mais je ne dis rien et sors en silence.
Il y a trois ans, ma mère est morte.
Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent, je dois dire que je n’en ai pas grand-chose à faire. Tout simplement parce que je peux dire que j’ai survécu. Parce qu’à cette époque, je ne pensais pas pouvoir me relever un jou r, mais désormais, j’avance et ne laisserai pas ma mère me retirer ça.
Je passe la porte de mon immeuble et respire l’air parisien. Je suis dans un de ces coins de Paris qui n’a rien de « beau », j’ai même l’impression que tout y est plus
sombre. J’entends le bruit des trains en permanence , je suis accueillie par les rails, tout est métallique ici, ferrailleux. Mais c’est ch ez moi, et même si les environs craignent un peu, j’y ai mes habitudes. Sonia et so n mari Amir tiennent la petite supérette à deux pas de chez moi, je vais les voir dès que j’ai un peu de temps, juste pour discuter quelques minutes, parce qu’ils parvie nnent toujours à m’arracher un sourire. Ils connaissent ma mère et parler avec eux me fait un bien fou. Il y a aussi Mélanie, maman célibataire du petit Georgio, âgé de quatre ans. Elle travaille dans une blanchisserie presque abandonnée. C’est une femme d ’une douceur sans égal et il m’arrive d’aller m’occuper de son fils de temps à a utre. Voilà, ici tout n’est pas rose, mais il suffit d’un sourire ou d’un signe de la mai n pour se rendre compte que tout n’est pas pourri. Comme découvrir Matthew, appuyé contre le mur de mon immeuble, une cigarette à la main. Il sourit en m’apercevant et m e tend la main pour que je m’approche.
— Salut, ma beauté.
Il me prend dans ses bras et je respire son odeur b ien particulière, un mélange de gel douche et de tabac. Ses bras possessifs me rassuren t et je me sens déjà mieux.
— Ça va toi ? lui demandé-je en lui piquant sa ciga rette, mauvaise habitude de ce passé sordide.
— Hé ! Ne te gêne pas, hein ? T’as de la chance que je t’aime toi ! rouspète mon meilleur ami.
Je lui souris en tirant la langue et nous nous diri geons vers la bouche de métro. De chez moi, nous entamons le périple nous conduisant à la Sorbonne, empruntant la ligne 7 depuis la porte de la Villette jusqu'à Juss ieu. Puis, notre correspondance sur la ligne 10 nous mène à Cluny. Malgré l'heure de route qui sépare nos lieux d'habitations, Matthew tient à faire le détour pour venir me cherc her le plus souvent possible. J'ai beau lui répéter qu'il n'y est pas obligé, il s'entête à me dire que c'est un lève-tôt et que passer du temps avec moi est son option favorite.
Il est huit heures trente et les transports en comm un sont toujours bondés à cette heure-ci, surtout un jour de rentrée. Les cours ne commencent officiellement qu’à dix heures, mais premier jour ou pas, je suis quelqu’un de prévenant et préfère arriver en avance plutôt que l’inverse. C’est limite si je ne dois pas me fondre dans le corps de Matthew. Je suis prise en sandwich entre lui et un autre mec de notre âge. Au moment où je lève les yeux vers lui, je ne sais pas vraime nt ce qui se passe mais je ressens… un truc. Quelque chose d’indéfinissable. Je ne m’arrête pas – plus – sur les garçons depuis plusieurs années, mais celui-ci me fait un c ertain effet, je dois bien l’avouer. À cause de ses yeux d’un bleu presque transparent peu t-être, ou ses cils noirs intenses bien fournis pour un garçon. À moins que ce ne soit cette bouche fine ou ses cheveux châtains qui ont l’air si doux...
Le bras de mon meilleur ami se resserre autour de m a taille, me ramenant à la réalité, et je me sens bête de m’être laissée aller. J’ai fa it une croix sur les hommes il y a un moment maintenant, il n’y a pas de raison que celui -ci soit différent des autres.
Matthew me questionne du regard, je le rassure d’un sourire.
Le retour à l’université se fait dans les rires et dans les cris, mais surtout dans la bonne humeur. J’aime cette ambiance de retour de vacances qui fait place à une explosion de joie face aux retrouvailles des uns et des autres. Enfin, c’est la première partie. Les cours, c’est autre chose.
Mes copines m'ont manqué. Quasiment deux mois sans les voir – autant dire une éternité ! – c’est trop long. Si d’ordinaire les ju melles préfèrent partir chacune de leur côté avec un groupe d’amies, il arrive que leurs pa rents leur imposent des vacances en famille. Cette année, elles sont donc parties dans leur villa de Saint Tropez. Elles m’ont proposé de les accompagner bien sûr, mais j’ai décl iné l’invitation. Pourquoi choisir de rester sur Paris, alors que je pourrais être à Sain t Tropez ? Tout simplement parce que mes vacances à moi se résument à trois mois de déte nte que je passe exclusivement avec mon meilleur ami. Enfin, quoiqu’il en soit, j’ ai hâte de les serrer dans mes bras.
Matthew me caresse légèrement la joue.
— Prête pour une nouvelle année ?
— Plus que prête !
— Sûre ?
— Promis ! Ne t’en fais pas.
Je suis soudainement éloignée de mon ami et me retrouve entourée de deux paires de bras.
— Lena ! me crient deux voix à l’unisson.
Je souris et les serre à mon tour contre moi.
— Salut, les filles ! Vous m’avez trop manqué !
Cette tornade apporte avec elle les jumelles Nina e t Ninon. Leurs bras fins et bronzés se détachent de moi et des yeux verts foncés me fon t rapidement face. Ces filles sont sublimes ! Mais jusqu’à notre dernière rencontre, e lles demeuraient indissociables. Il semblerait pourtant que cet été, Ninon – l’aînée de soi-disant deux minutes – ait laissé place au changement. Ses cheveux d’un noir corbeau sont désormais blond clair.
— Tu nous as manqué aussi, Len’, me dit cette derni ère une main dans les cheveux, on a pleins de choses à te raconter d’aille…
Elle semble avoir remarqué la présence de mon meill eur ami et je sais à la façon dont ses yeux pétillent qu’elle en est toujours dingue. Autant dire que son attitude change du tout au tout en quelques secondes.
— Hé ! Salut, beau gosse !
Battements de paupières. Sourire en coin. Main sur la hanche. Sa petite – et j’insiste sur le mot « petite » – robe bleue lui va à ravir. Elle s'avance vers lui d’un pas assuré, perchée sur ses talons de douze centimètres. Un fél in prêt à bondir sur sa proie.
Mon meilleur ami, si sûr de lui en temps normal, se mble pourtant prêt à déguerpir à cet
instant-là. Et sa réponse est tout sauf cohérente, j’en rigolerais presque.
— Salut… Ninon. Tu… T’as fait quelque chose à tes c heveux ?
— T’as remarqué ? Ouais, j’en avais marre qu’on me confonde avec ma sœur.
Elle se retourne pour fusiller cette dernière du re gard, comme si c’était de sa faute. Nina hausse les épaules en réponse.
Si ces deux-là se ressemblent comme deux gouttes d’ eau, autant au niveau du physique que du caractère, ce dernier les amène sou vent à se crêper le chignon pour la moindre broutille. Ne vous méprenez pas, elles s ’adorent sincèrement, mais elles aiment aussi se pourrir la vie mutuellement. Au fil des années, je crois avoir compris qu’elles fonctionnent, tout simplement. Elles parvi ennent à s’aimer dans tout ce chaos.
— Elle est complètement dingue de Matthew, souffle Nina. J’en ai mangé pendant presque deux mois !
Je ris doucement. Ça fait bien deux ans maintenant que ma – désormais – blonde de copine a eu un coup de cœur pour lui, et au lieu de lui laisser sa chance, monsieur préfère papillonner à droite, à gauche. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’elle ne le laisse pas aussi indifférent qu’il pe ut le prétendre. Pourquoi prendrait-il toujours la fuite dans ce cas ?
Je me retourne vers mes deux amis. La main de Ninon est posée sur l’épaule gauche de Matthew et ce dernier un brin crispé.
— T’as passé de bonnes vacances ?
Il semble reprendre une constance et c’est plus pos ément qu’il lui répond.
— Super ! Et toi ?
— Pas mal... lui dit-elle en entortillant une de se s mèches autour de son doigt. On devrait faire un truc après les cours.
Je vois son regard dévier de ses yeux pour se poser sur sa poitrine puis sur ses longues jambes fuselées et bronzées.
C’est un non définitif. Elle est loin de le laisser indifférent.
— Ouais. Bah on en reparle, faut que je file là !
Il se tourne vers moi et m’embrasse la joue.
— À plus tard, beauté !
Et je le vois disparaître parmi nos camarades sans se retourner.
— C’est quoi son problème ?! s’exclame alors Ninon. Je sais que tu n’aimes pas quand je dis…
Je la coupe tout de suite. Je vois très bien où ell e veut en venir.