Tout ou rien

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Description


Patrick


Ces cheveux. Ces foutus cheveux. Ils étaient partout, tout le temps, et je voulais emmêler mes doigts dans ces boucles sombres et tirer. Et ce serait tout à fait acceptable, si elle n'était pas ma stagiaire.


Andy Asani n'était pas ce à quoi je m'attendais. Elle était exotique et brillante au point d'en être effrayante, et le moindre murmure s'échappant de ses lèvres déclenchait une vague de désir brûlante et affamée à travers mes veines. En dehors de mes frères et sœur, elle était la seule personne que je pouvais nommer qui partageait mon obsession de préserver les immeubles en ruine de Boston.



Andy


Mes besoins étaient peu nombreux: bonne nourriture, bottes hautes, hot yoga, travail intéressant. Un architecte incroyablement sexy avec les yeux noisette les plus expressifs que j'ai croisés de toute ma vie et des talents plus qu'incroyables dans et hors de la chambre ne faisaient pas partie du plan initial. Apparemment, il faisait partie du lot.


Le vin était mon rabbin et la vodka mon thérapeute, et j'avais besoin de beaucoup des deux pour survivre à mon stage. Surtout avec Patrick Walsh, laissant des mots d'amour sous la forme de marques de morsure sur tout mon corps.



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EAN13 9782376766469
Langue Français

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Publié par JUNO PUBLISHING 2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt Tel : 01 39 60 70 94 Siret : 819 154 378 00015 Catégorie juridique 9220 Association déclarée http://juno-publishing.com/ Tout ou rien Copyright de l’édition française © 2019 Juno Publishing Copyright de l’édition anglaise © 2014 Kate Canterbary Titre original : The space between © 2014 Kate Canterbary Traduit de l’anglais par Jane Doe Relecture et correction par Jade Baiser, Rafaël Rivière Conception graphique : © Tanya pourMore Than Words Graphic Design
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing : http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-646-9 Première édition française : octobre 2019 Première édition : novembre 2014 Édité en France métropolitaine
Table des matières Aoertissements Dédicace Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9
Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Chapitre 14 Chapitre 15 Chapitre 16 Chapitre 17 Chapitre 18 Chapitre 19 Chapitre 20 Chapitre 21 Chapitre 22 Chapitre 23 Chapitre 24 Chapitre 25 ÉpilOgue À prOpOs de l’Auteur Résumé
Avertissements Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés d e façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence. Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
Dédicace
Cach Eric taylor – celui-là es pour oi.
Tout ou rien Les Walsh # 2
Kate Canterbary
Chapitre 1 ANDY Jefais parfois ce cauchemar où je me retrouve nue à l’école, alors que tout le monde me regarde et rit de moi. Je n’ai jamais étudié la psychologie, la so ciologie ou tout autremachin-logie, mais je suis pratiquement certaine que ce rêve révèle une vulnérabilité. Le poids des regards. Et les projecteurs braqués sur des secrets que j’au rais voulu cacher au monde, toujours si prompt au jugement. D’un autre côté, mon état vient peut-être de mon dîner d’hier soir : en y réfléchissant, ces plats chinois étaient douteux. Passer un entretien professionnel avec Patrick Wals h me faisait le même effet cauchemardesque : je me sentais nue. — Comment adapteriez-vous la structure géométrique d’un toit reine Anne pour capter l’eau de pluie sans altérer pour autant le côté historique du bâtiment ? aboya-t-il. J’avais un master d’architecture de l’Université Co rnell. Et si l’encre sur mon diplôme était à peine sèche, si je n’avais pas encore vingt-cinq ans ou s’il y avait quatre fois plus d’hommes que de femmes dans ce métier, je m’en fichais. J’étais douée – et je le savais. — Comment géreriez-vous le conflit récurrent entre la politique de préservation du patrimoine 1 au sens le plus strict et le respect des normes environnementales LEED ? demanda-t-il encore. Cet entretien était pour moi primordial. Je rêvais de faire un stage chezWalsh Associésdepuis des années. De toute évidence, Patrick Walsh ne partageait pas mon enthousiasme. Assis de l’autre côté la large table de conférence, il ne cessait de m’interrompre sans me laisser le temps de développer mes réponses et me toisait d’un air menaçant. Pendant q ue je parlais, il plissait les yeux, disséquant ouvertement chacun de mes mots. Les lèvres tordues dans une moue, les sourcils froncés, il leva même les yeux au ciel lorsque je lui avouai adorer la maçonnerie du vieux Boston. Tout chez lui indiquait un esprit soupçonneux. En fouillant ses yeux noisette, je compris vite que sa méfiance envers moi dépassait le domaine de l’architecture. — Revenez sur votre approche concernant la meilleure façon de se débarrasser des déchets liés 2 à la construction. Et plus précisément en ce qui co ncerne les CF C dans l’industrie du froid, les climatiseurs en particulier. Le matin même, alors que je quittai l’appartement des deux amies qui m’hébergeaient, j’étais plutôt satisfaite de ma tenue : conservatrice, elle évitait les clichés à la mode dans les écoles d’architecture, velours côtelé, kaki, queue de cheval et froissures. En pénétrant dans le sanctuaire de Walsh Associés, ma confiance en moi était à son apogée. Je planais au point de ne pas me soucier que l’air hivernal ait malmené mes cheveux. Le regard acéré de Patrick Walsh avait vite remarqué le moindre frisotis de mes longues boucles d’un noir de jais. De toute évidence, mon allure lui posait un problème et il ne faisait guère d’efforts pour cacher sa réaction. Si je ne portais que du noir et du gris – parce que c’était simple, pratique et efficace –, je ne comptais pas m’en excuser. Il examina d’un œil critique mon tailleur noir, mon chemisier gris pâle bordé de perles délicates à l’encolure et les bottes en cuir noir qui me montaient au genou, et se renfrogna davantage. J’aurais préféré qu’il s’intéresse à mon CV plutôt qu’à ma personne, ou qu’il feuillette mon portfolio. Il me fallait un moment de calme pour re prendre mes esprits et revoir ma stratégie.
Étrangement, ce regard féroce et cette mâchoire rig ide bloquaient mon processus mental et m’empêchaient de formuler des phrases cohérentes. Il n’était pas question que je laisse ce stage m’échapper. Après avoir bossé comme une malade ces cinq dernières années, après m’être battue pour le moindre poste, la moindre bourse, la moindre opportunité, j’étais prête à tout pour cette chance unique d’exercer mon métier comme je l’entendais. Lorsque l’assistant de Shannon Walsh m’avait téléphoné pour me fixer la date et l’heure de mon entretien d’embauche, je n’avais pas été surprise. Je savais que je correspondais parfaitement au cabinet Walsh. Maintenant, il me fallait simplement en convaincre Patrick Walsh et remettre au plus vite cette entrevue sur les rails. Patrick s’énervait de perdre avec moi une miette de son temps précieux, je le sentais bien, mais pour apprendre sous son égide, j’étais prête à… à m’épiler les cils. En tant qu’architecte, il n’avait pas encore reçu de Récompense Nationale en préservation architecturale – après tout, il travaillait dans ce domaine depuis dix ans seulement –, mais cela ne tarderait pas, c’était certain, car il possédait un talent transcendantal. Qu’un trentenaire soit couvert d’autant d’éloges était déjà très rare. Même si les Walsh ne s’en doutaient probablement pas – les frères et sœur de Patrick travaillaient tous avec lui au cabinet, où ils étaient associés –, obtenir ce genre de réputation prenait en général nettement plus longtemps. Si Patrick avait été aussi laid qu’un troll des montagnes, cela ne m’aurait pas dérangée. Je me moquais bien de devoir supporter son caractère de cochon puisque j’avais l’espoir d’acquérir un peu de son génie en le fréquentant quotidiennement. Peut-être étais-je en mode « il est mon idole ! », mais cela n’avait rien d’étonnant. Beaucoup de geeks de mon école étaient, comme moi, obsédés par les légendes architecturales de notre temps. Et je le vivais très bien. Surtout en sachant qu’il y avait des filles de mon âge qui étaient fans de rock-stars ou d’acteurs. Ça, c’était vraiment nul ! En vérité, c’était Patrick qui, sans le savoir, m’avait orientée vers la préservation des bâtiments historiques et le développement durable : sa thèse de master avait été mon livre de chevet durant mon premier cycle d’études universitaires. Aujourd’hui encore, je m’y replongeais chaque fois que j’avais besoin d’inspiration. Ses mots exigeants me prenaient à la gorge et je croyais à fond à sa philosophie. Les frères et la sœur de Patrick étaient eux aussi brillants – aussi étonnant que cela paraisse. Matt, un ingénieur, se spécialisait dans les structures ; Sam était un gourou de la conception durable ; et Shannon, le maître d’orchestre de ses frères. Qu ant au petit dernier, Riley, il venait juste de terminer ses études et d’entrer au cabinet, mais je n’avais rien trouvé sur internet concernant son parcours et ses spécificités. Si j’admiraistousles Walsh, c’était la thèse de Patrick qui m’avait donné l’amour du métier. Je voulais tout apprendre de lui. Il se renfonça dans son fauteuil et pivota un moment, tout en tapotant l’accoudoir de ses doigts. Je n’avais pas prévu qu’il serait si… grand. À un mètre soixante-dix, je n’avais rien d’une naine, mais il me dépassait largement. Et les photos de lui que j’avais trouvées en ligne ne rendaient nullement l’impact de saprésence. Il irradiait de lui une telle intensité que les murs en semblaient rapprochés et l’air épaissi. J’avais la sensation que ce regard froidement observateur était capable de voir à travers moi. — Où vous voyez-vous dans cinq ans, Mademoiselle Asani ? M erci, Seigneur. C’était le moment idéal pour placer la réponse qu e j’avais préparée avec Charlotte, un de mes professeurs, sans trop savoir si j’aurais l’occasion de l’utiliser. C’était aussi l’occasion aussi de tout miser. Si Patrick, archite cte visionnaire, rejetait ma candidature, autant ranger mon portfolio et retourner dans le Maine pou r y concevoir des pavillons de pêche. Jamais je n’accepterais les propositions commerciales qui enc ombraient ma boîte mail. J’aurais préféré dessiner des maisons Barbie ! Je voulais éperdument que Patrick accepte de me former. Qu’il m’enseigne son art, qu’il me façonne à son image. Qu’il infuse la moelle de mes os de sa technicité unique et spirituelle. Qu’il
déverse en moi sa sagesse jusqu’à ce que ma mémoire en soit saturée et que je puisse, d’instinct, ramener à la vie le passé des pierres. Tout compte fait, j’étaisvraimentobsédée. — Je me vois associée d’un cabinet d’architecture versé dans la préservation durable, répondis-je. Mais auparavant, j’aimerais passer quelques années à apprendre sous votre… — Merci d’être venue, Mademoiselle Asani. Tom, l’assistant de Shannon va vous… Je levai une main. — Je n’ai pas terminé, M. Walsh. Son regard s’enflamma. J’eus la sensation que Patrick essayait de qualifier mon attitude. Sans doute n’était-il pas habitué à ce qu’on lui résiste. Lorsqu’il haussa un sourcil en signe de défi, je ne pus retenir un sourire. — Je veux tout apprendre de vous, insistai-je. En revanche, ne comptez pas sur moi pour faire votre café ou vos photocopies, ce n’est pas mon rayon. Vos théories sur le rôle de la durabilité et la conception efficace de la préservation ont façonné mon approche de l’architecture durant toutes mes études, dès mon entrée à l’université. Pendant cinq ans, j’ai tout fait pour me préparer à ce stage, j’ai tenté toutes les expériences qui m’étaient ouvertes. Je ne veux que votre cabinet, M. Walsh, je ne veux que vous comme maître de stage. Votre travail me passionne, mieux encore, il me fascine. Les idées de Patrick s’étaient infiltrées dans mon sang et mes os, certes, mais j’étais également consciente que cette famille atteignait un statut l égendaire dans un secteur très particulier. À une époque où l’architecture à tous les niveaux préférait ériger des cubes stériles et sans âme, la durabilité avait été considérée comme désuète et peu rentable. Or, les Walsh avaient prouvé qu’ils étaient capables de tirer leur épingle du jeu face aux grosses corporations. Ce succès n’avait rien d’un hasard. Il était clair queWalsh Associésétait souvent sur la corde raide et que seule l’excellente gestion de Shannon permettait à ses frères de rester créatifs. Assise à côté de Patrick, Shannon assistait à notre entretien. Quelle tornade que cette petite rouquine ! Elle ne parlait pas, elle hurlait et jur ait comme un charretier. Elle se déplaçait sur des talons de dix centimètres plus vite que la gravité terrestre ne l’autorisait et ses bracelets en argent avaient tellement de breloques qu’elle tintinnabulait en marchant. Personne ne pouvait ignorer son approche. D’après moi, elle passait régulièrement l ’inspection de ses troupes – qui se tenaient à carreau. — Autre chose, Mademoiselle Asani ? demanda Patrick. Sa voix était devenue si rauque que mes cheveux se hérissèrent sur ma nuque. Parler architecture n’était plus ma priorité. Je vo ulais écouter cette voix sensuelle. Et dans le contexte, c’était une très dangereuse idée. Les yeux rivés sur Patrick, j’insistai : — Votre stage est le seul qui m’intéresse. Je connais tous les autres candidats que vous avez reçus. Zemario ? Il ne cherche qu’une vague formation historique avant de commencer son doctorat. Sa seule ambition est d’enseigner à des étudiants c omment tenir une règle. Heywood ? Ce qui 3 l’intéresse, ce sont les lotissements résidentiels – les McMansions ! Et il vous claquera dans les doigts dès qu’un poste se libèrera à Sun Belt. Morton-Myers ? Il est intelligent, mais aussi paresseux qu’un chat. Je suis votre meilleure option, M. Wals h. Vous ne trouverez personne aussi désireux d’apprendre ou plus investi dans le développement durable. Il se frotta le menton du pouce et de l’index, ce qui fit crisser sa barbe qui repoussait. Ce son étrange troubla le silence retombé dans la pièce. Il me fixa droit dans les yeux et je soutins son regard. Je sus donc le moment où son indifférence glacée céda le pas à la curiosité. — Vous en savez beaucoup sur vos compétiteurs, reco nnut-il.