Trompeuses Apparences

Trompeuses Apparences

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Livres
84 pages

Description

Êtes-vous certain de ne pas vous tromper en jugeant trop rapidement une personne sur son apparence ?


Et que risquez-vous de perdre, de louper en vous fiant à vos premières impressions ?


C’est l’expérience que Steve va découvrir avec Iris.

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Nombre de lectures 250
EAN13 9782374471648
Langue Français

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TrompeusesApparences Romance
Stéphanie LEBAILLIF
TrompeusesApparences Romance
ISBN format papier978-2-37447-163-1
ISBN numérique : 978-2-37447-162-4
Décembre 2017 - Imprimé en France
© Erato–Editions -Tous droits réservés
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Chapitre 1
Iris arriva devant le chantier de construction de la 6e rue de New York. Par précaution, elle véria rapidement l’heure sur sa montre, cadeau de ses par ents pour son dernier anniversaire. Celle-ci lui indiqua précisément dix-sept heures vingt. Parfait, Jimmy avait fini, elle ne risquait pas de le croiser. Cela la soulagea, car vu comme il était protecteur avec ses soeurs, il ne serait certainement pas ravi de la savoir ici. Que peut bien faire une femme sur un chantier aurait été sa première question. Certainement même se sentirait-il honteux par la démarche qu’elle s’apprêtait à faire. Et cela n’aurait rien pour lui qu’elle ait été désignée par toute la famille. Tout ceci dans le seul but d’aller remercier personnellement la personne qui avait redonné le sourire à sa mère bien sûr, mais au reste de la famille et des personnes tenant à son frère. Ce miracle s’était produit grâce à un geste généreu x o0ert par un homme qu’elle espérait pouvoir rencontrer ce soir. La jeune femme sortit de son Austin, plus très jeune, d’un bleu douteux et à l’aile gauche légèrement cabossée, puis s’approcha du chantier. Elle enjamba une des barrières qui en interdisait l’entrée. Ce n’est pas une simple barrière de toute façon qui l’aurait arrêtée dans sa démarche. Iris, sans aucune gêne, continua à avancer dans ce lieu privé. Le soleil était descendu un peu en cette n de journée, il se passerait encore quelques petites heures avant la tombée de la nuit. Son frère, se disait-elle, mais aussi les autres ouvriers étaient tous partis, car il régnait autour d’elle un calme presque irréel ; certaines personn es auraient même dit un calme inquiétant. Mais ce manque d’activité, cette solitude n’était pas pour lui déplaire, bien au contraire. Un léger vent souleva la poussière qui se dirigea v ers la jeune femme en un épais nuage. Iris mit aussitôt sa main devant ses yeux tout en baissant son visage. Espérons que monsieur Lucas soit encore présent sur les lieux ; sinon je me serais déplacée pour rien, se dit-elle en elle-même. — Que faites-vous là ?! Iris se tourna tellement vite sur sa droite, sous le coup de la surprise, qu’elle serait tombée si on ne l’avait pas retenue à temps. Quand la jeune femme leva enn les yeux, ce fut pour rencontrer un regard sévère, hostile presque. Cependant, elle ne t aucun mouvement pour dégager son bras, que l’homme avait attrapé pour l’empêcher de chuter. Elle appréciait sa poigne ferme, une main chaude qu’elle pouvait sentir à travers son léger chemisier. Elle ne t pas cas de la crispation de la mâchoire de l’inconnu, et apprécia tout de suite ce visage… « taillé à la serpe ». Elle détailla ouvertement, sans aucune précipitation, cet homme plus charismatique que beau. — Vous allez bien ? — Oui parfaitement bien ; je vous remercie. Mais je vous ferais remarquer en même temps que si vous ne m’aviez pas surprise à crier comme cela, je ne me serais pas tournée aussi brusquement, déclara-t-elle en relevant le menton. Il la regarda fixement à son tour, un regard plus doux et un sourire aux coins des lèvres. — Je peux donc vous lâcher sans souci ? Vous n’allez pas vous évanouir à mes pieds tout de même ? demanda-t-il, en se moquant cette fois ouvertement d’elle. — M’évanouir ! s’offusqua-t-elle. — On ne sait jamais, insista-t-il narquois.
Iris se dégagea vivement et recula de quelques pas pour mieux l’étudier. Cet homme devait avoir trente-cinq ans tout au plus. Il devait mesurer un mètre quatre-vingts , mais pour son petit mètre soixante-quatre. Oui c’est précis, car un centimètre est un centimètre, surtout quand on en manque... elle voulait dire qu’il était évidemment plus grand qu’elle. Ses cheveux bruns étaient coupés court, une barbe de plusieurs jours mangeait son visage, ce qui lui donnait un petit air d’aventurier. Non pas qu’elle soit fan de Robinson Crusoé ou d’Indiana Jones, non, mais cette impression qu’il donnait, d’un homme presque sauvage, avait quelques effets sur elle. — Ce que vous voyez vous plaît ? se moqua-t-il encore une fois. — Là n’est pas la question ! rétorqua-t-elle. — Alors où est-elle ? — Qui êtes-vous ? — Le responsable de ce chantier et vous, qui êtes-vous ? — Je m’appelle Iris. Iris Duchemin. Vous êtes donc le responsable, bien. — Absolument. Mais pouvez-vous me dire ce que vous, vous faites ici, sur mon chantier, madame Duchemin ? — Mademoiselle je vous prie. — Mademoiselle Duchemin, répéta-t-il avec le sourire. — Merci. Donc je suis ici pour rencontrer monsieur Lucas. — Pourquoi ? — C’est personnel. — Ah oui... personnel, tiens donc. — Oui, absolument. Pouvez-vous me dire où je peux le trouver, en espérant qu’il ne soit pas déjà parti ? — Il n’est pas parti. Vous pouvez aller l’attendre là-bas, dans la caravane. — À l’intérieur ? Mais... — Cela ne le gênera nullement, croyez-moi. Il vous rejoindra dans une minute. — Bon, parfait, merci à vous. — Je vous en prie, lui dit-il d’un air moqueur en croisant les bras sur ses pectoraux.
Chapitre2
Iris se dirigea vers la caravane, qui devait être conçue pour deux personnes pas plus. Elle n’était pas récente, mais avait l’air parfaitement entretenue. La jeune femme resta immobile devant la porte pendant quelques secondes puis entra. Iris parcourut doucement des yeux l’habitacle et pu t constater qu’un studio meublé n’aurait, comparablement, rien de plus à o%rir tellement cette caravane était bien agencée. Il y avait un certain charme d’ailleurs à vivre dans cette « maison sur roues ». Vivre, car elle pouvait voir le coin-cuisine, qui servait inévitablement à plus que faire un simple café et où tout était parfaitement bien rangé ; le coin salle de bain d’où la porte en accordéon n’était fermée qu’à moitié et laissait entrevoir une brosse à dents accompagnée de son dentifrice dans un verre et une serviette de toilette séchant sur un portant. Des magazines masculins divers étaient bien empilés sur le coin de la petite table carrée et... Son examen des lieux fut interrompu quand elle entendit le gravier crissé sous des pas ; comme il l’avait fait sous les siens quelques minutes auparavant. Elle a/cha un sourire sur ses lèvres, en prévision de sa rencontre avec monsieur Lucas ; mais il disparut aussitôt. Au lieu d’avoir devant elle l’inconnu qu’elle attendait, c’était le responsable de tout à l’heure qui venait de refermer la porte derrière lui après avoir monté les trois marches. — Monsieur Lucas est-il ici ? demanda la jeune femme avec impatience. — Oui, répondit-il simplement en croisant une nouvelle fois ses bras musclés. — Alors peut-il m’accorder quelques minutes, si ce n’est pas trop demandé ? — Même une heure... ou bien plus si vous le voulez, chuchota-t-il. Iris ne répondit pas à sa remarque quelque peut étrange. Devant son silence, il demanda : — Mais que lui voulez-vous exactement ? — Je ne voudrais surtout pas vous paraître impolie, mais il me semble vous avoir dit tout à l’heure que c’était personnel, dit-elle d’un ton qu’elle espérait ferme. — Oui j’avais entendu. — Bon parfait. — Lequel voulez-vous voir ? — Je vous demande pardon ?! s’exclama-t-elle surprise. — Vous voulez voir Antoine ou Steve Lucas ? — Oh ! Je ne savais pas qu’il y en avait deux. — Eh oui. — Je ne sais pas lequel je dois voir. — Comment voulez-vous que je vous le dise ? C’est v ous qui venez voir monsieur Lucas, et non seulement vous ne savez pas qu’il y en a deux, mais en plus vous ne savez pas lequel voir, dit-il amusé en faisant un pas vers elle. — Cela à l’air de vous faire rire … — Admettez qu’il y ait de quoi trouver cela amusant. — E%ectivement, admit-elle. Bon, tout ce que je peux vous dire pour vous éclairer, c’est que c’est celui qui s’occupe d’engager le personnel. — Ah nous y voyons plus clair. — Vous m’en voyez ravie, se moqua-t-elle à son tour. Alors, lequel est-ce ? Antoine ou Steve ?
— Steve. — Parfait. Alors est-il ici ce Steve ? — Oui, fut sa seule réponse. — Écoutez, je n’ai pas toute la soirée à vous consacrer, alors si vous... — Dommage, murmura-t-il. — Je disais, répéta Iris, de plus en plus impatiente. Si vous pouviez prévenir monsieur Lucas, pardon, monsieur Steve Lucas, que j’aimerais bien pouvoir le rencontrer... — Mais très certainement, la coupa-t-il encore. — Alors où est-il ? s’énerva-t-elle cette fois carrément en posant d’un geste brusque son sac sur la table. — Mais vous l’avez juste devant vous. — Vous êtes Steve Lucas et... commença la jeune fem me en serrant ses poings jusqu’à se rentrer les ongles dans les paumes. — Pour vous servir, dit-il en faisant une petite révérence devant elle. Steve vit les yeux de la jeune femme devenir brillant de colère. Ses lèvres étaient serrées, mais pas autant que ses mains. — Cela vous amuse n’est-ce pas ? — Et qu’est-ce qui m’amuse d’après vous ? demanda le jeune homme en refaisant un pas vers Iris. — De prendre les gens pour des imbéciles ! — Je ne vois pas… — Et vous niez en plus ! s’emporta la jeune femme. — Tout à fait. — Alors, laissez-moi vous éclairer. J’arrive sur le chantier, je vous demande où je peux trouver monsieur Lucas. Jusque-là vous me suivez ? demanda-t-elle d’un air narquois et mauvais. — Parfaitement, répondit-il en souriant. — Vous vous faites passer pour le responsable en me disant que monsieur Lucas va me rejoindre dans cette caravane. — Ce qu’il a fait. — Je n’ai pas @ni ! hurla-t-elle. Donc j’attends ici et vous osez me faire attendre avant de me rejoindre, pour ensuite me faire subir un interrogatoire parfaitement inutile. Comme si monsieur Lucas était le parrain de la mafia et vous son chien de garde ! — Comme vous y allez ! ria-t-il. — Je voudrais savoir dans quel but m’avez-vous joué cette petite comédie ? Vous vous ennuyez en @n de semaine, et cherchez une distraction qui changerait votre quotidien ? — C’est bon, vous avez fini ? Je peux en placer une pour répondre à vos questions ? dit-il calmement. Comme elle restait enfin silencieuse, il ajouta : — Êtes-vous enfin calmée ? — Non, je ne suis pas calmée et loin de l’être ! Mais je vous écoute. — Asseyez-vous. — Non ! — S’il vous plaît, mademoiselle Duchemin. Iris le fixa quelques instants, puis finit par s’asseoir sur la banquette dans le coin salon. — Merci. Voulez-vous un café ?
— Oui avec plaisir, accepta Iris, un peu plus calmement.
Chapitre3
Pendant que Steve s’activait dans le coin-cuisine, Iris observa ses épaules larges recouvertes d’un tee-shirt bleu ciel, sa taille mince, ses cuisses musclées sous son jean déchiré à plusieurs endroits. Elle ne put qu’apprécier cette petite ouverture juste au-dessou s de sa fesse gauche bien galbée mise en valeur tellement le vêtement était moulé. En regardant d’un peu plus près, elle put entrevoir un boxer noir. Elle se redressa rapidement pour ne pas être prise en plein voyeurisme. La colère d’Iris avait totalement déserté son corps sous le coup de l’examen du jeune homme. La jeune femme pouvait même s’avouer qu’elle était attirée par lui, irrésistiblement attirée. — Ressemblez-vous à votre frère ? ne put-elle s’empêcher de demander. Surpris par cette question inattendue, et surtout par le ton calme et oui, presque sensuel, avec lequel elle avait été posée, Steve se retourna et vit qu’elle l’observait ouvertement, un sourire aux lèvres, les coudes sur la table et son menton posé sur ses main s jointes. Son regard était brillant, et toute cette amertume qu’elle avait contre lui tout à l’heure avait disparu. Il lui sourit et s’approcha pour déposer le plateau qu’il avait préparé. Il resta debout face à elle. — Pourquoi cette question ? — Comme ça, par simple curiosité, dit-elle sans le lâcher des yeux. — Uniquement ?! — Non, je voudrais savoir s’il y en a deux comme vous, dit-elle mutine. Ils se regardèrent sans parler un moment. Il rêvait où elle lui faisait carrément des avances ! — Non, nous sommes très différents lui et moi sur beaucoup de points... même physiques. Cette fois il s’assit en face d’elle et se proposa de la servir. — Sucre, lait ? — Non merci. — Vous l’aimez comme moi... chaud et fort ? questionna-t-il les yeux rieurs. — Absolument Steve. Cela ne vous ennuie pas que je vous appelle Steve ? — Non Iris, répondit-il. — Pouvez-vous me dire pourquoi vous ne m’avez pas avoué qui vous étiez tout à l’heure, au moment où vous m’avez demandé de venir dans cette caravane ? — Tout simplement pour voir si vous oseriez y entrer, avoua-t-il naturellement. — Je ne suis pas une petite fille froussarde vous avez. — Oui, je l’avais remarqué, lui dit-il en ne la quittant pas des yeux. Mais vous devriez être plus prudente tout de même. — Pourquoi ? Devrais-je avoir peur en ce moment, Steve ? le questionna-t-elle, le regard rieur. — Peut-être, sûrement même… murmura le jeune homme en fixant ses lèvres. Ils ne se quittèrent pas des yeux. Iris pouvait voir son sourire dissimulé derrière sa tasse de café. — Pourquoi m’avoir demandé lequel des « Lucas » je voulais voir ? — Pour éviter de me faire une fausse joie si c’était mon frère que vous vouliez rencontrer. — Une fausse joie, dites-vous... Vous ne savez même pas le but de cette visite. — Mais vous allez me le dire.