Un autre

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232 pages
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Tout les sépare. La maladie, la distance, la famille. Mais le plus grand obstacle, c’est l’autre.


Depuis sa dernière crise cardiaque et son rapatriement aux États-Unis trois mois auparavant, Emeric est au fond du gouffre. Sous la pression de son meilleur ami, il revient en France. Un retour inespéré et éprouvant pour Sophie avec qui il a rompu brutalement. Il cherche à la revoir, mais une mauvaise surprise l’attend. Sophie a changé. Elle n’est plus la jeune fille qu’il a quittée, innocente, passionnée et enjouée. Elle garde ses distances et se protège. Elle a tiré un trait sur tout ce qui est source de déceptions. Amour, amitié, famille. Elle tait à tous un fait important. Un fait la concernant, lourd de conséquences.


Un fait récent qu’Émeric apprend et qu’aucun homme dans sa situation ne serait prêt à tolérer...

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EAN13 9791034809349
Langue Français

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Quand le cœur s’emballe Tome III Un autre
La romance sous toutes les coutures : Vénus Bleu= Young romance Vénus Rose= Romance classique Vénus Orange= Feeling good Vénus Pourpre= Romance historique Vénus Gris= Romance policière VénusDark= Dark Romance Vénus Jaune= Homo-romance Vénus Rouge= Romance érotique
Sylvie Camylle Quand le cœur s’emballe Tome III Un autre Couverture :Maïka Publié dans laCollection Vénus Rose
©Evidence Editions2018
Mot de l’éditeur : Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio. Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables. En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di%érentes collections de la littérature jeunesse, de la littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier, du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique. Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tels que : agendas, cahiers de dédicaces, Bullet journal, DIY (Do It Yourself). Pour prolonger le plaisir de votre lecture, dans notre boutique vous trouverez des goodies à collectionner ainsi que des boxes livresques disponibles toute l’année. Ouvrir un livre Evidence, c’est aller à la rencontre d’émotions exceptionnelles. Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous su3t de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
I Miami, le 13 septembre 1990 Sophie, Comment te dire où j’en suis vis-à-vis de toi sans me poser sérieusement la question ? Depuis deux jours, j’ai rempli la corbeille de brouillons, incapable d’étouffer mes émotions et de venir à bout de mes réflexions. Ce matin, j’ai repris tes lettres une à une et les ai relues. Elles sont troublantes et m’ont permis de comprendre ce que j’ai éprouvé à ma descente d’avion. Elles ont le parfum de la France qu’avec toi j’ai connue, ce pays que je croyais être le mien et dans lequel je cherchais désespérément des empreintes de mon enfance. Un monde nous sépare tous les deux. Tu n’imagines pas à quel point. Je ne t’ai jamais parlé de celui dans lequel je vis et auquel je sais désormais appartenir. Mercredi, Tommy viendra me chercher et je quitterai en+n cette chambre aseptisée. Je passerai devant la tisanerie avec mon sac de voyage et les in+rmières sortiront les unes après les autres pour me souhaiter bonne chance. « On ne veut plus te revoir ! », m’ordonneront-elles en m’embrassant. Avec un clin d’œil, je leur répondrai que je n’en ai pas l’intention et à cet instant-là, elles penseront à la même chose que moi. Combien de temps durera ma rémission ? Deux mois, trois peut-être… On ne sait jamais. Je pousserai la porte de l’hôpital. Il fera un soleil splendide dehors. Tommy prendra mon sac et le mettra dans le co6re de sa décapotable avec un sourire complice. Il fera un détour en ville pour que je réinvestisse les lieux où nous avons l’habitude de nous retrouver entre amis. Puis il s’arrêtera au bord de la plage et nous marcherons silencieusement le long de l’océan. À ce moment-là, je penserai sans doute à toi, à ces brefs instants où nous étions l’un contre l’autre sur le sable. Nous prendrons ensuite la direction de la maison. Nous traverserons la banlieue chic de Miami. Il ralentira devant les résidences bourgeoises de nos voisins qui seront devant leur porte. Un coup de klaxon, un bras levé, un mot sympa… Et Tommy se garera devant notre luxueux pavillon. Ma sœur sortira en trombe pour me serrer dans ses bras. Derrière Julie, j’apercevrai Janet, la compagne de mon oncle Simon, la mère de Kaelee, un sourire satisfait aux lèvres. La pelouse sera tondue de près, les plates-bandes resplendissantes et le jardinier me saluera en me souhaitant la bienvenue : « Content de vous revoir en bonne santé, Monsieur Forestier ». Je le complimenterai sur son travail avant de gagner la cuisine. Sa femme m’accueillera les bras ouverts. Elle me grondera parce que j’ai maigri, et me certi+era qu’avec ses petits plats je retrouverai rapidement ma ligne. Je rirai comme je sais si bien le faire dans de telles circonstances. En allant dans ma chambre lentement, je serai heureux d’être en+n là, parmi eux, en vie. Je pousserai la porte et Kaelee sera là, allongée sur mon lit. Elle me regardera avec un air malicieux. Julie fera la tête inévitablement, mais que peut-elle face à Kaelee ? Et Tommy nous rejoindra avec sa guitare. L’après-midi, malgré la fatigue, je me rendrai au salon comme si de rien n’était et découvrirai l’ensemble de mes amis que ma famille d’adoption aura regroupés pour l’occasion. Je simulerai la surprise et dans le brouhaha, on bavardera de nos vacances. De leurs parties de golf, de leurs prouesses au surf, de leur dernière croisière… Et moi, je leur parlerai de la France. Pas de Paris, pas de cette ville qui les fascine tous, pas de la tour Ei6el, pas de
Montmartre, pas du cimetière du Père-Lachaise, pas des quais de la Seine. Mais du trou perdu dans lequel je me suis réfugié et ils me dévisageront, sidérés. Je leur dirai que j’ai trouvé là-bas tout que ce que je cherchais depuis des années, et bien plus encore, ce qu’ils ne connaîtront jamais… Je leur présenterai ma jumelle qui m’a tant manqué pendant mon adolescence et dont ils ignoraient l’existence. Sans aucun doute, ils la dragueront. Une Française et en plus, terriblement belle. De quoi faire rêver plus d’un. Je la mettrai en garde. Pour qu’elle ne s’attache pas, je lui a@rmerai que ce ne sont que des +ls à papa qui multiplient les histoires sans lendemain. Ils ne sont pas comme ça. Mais ils ne me contrediront pas, aucun d’entre eux ne parle Āançais. Je leur révélerai aussi la découverte inespérée que j’ai faite, la découverte d’un pan de mon passé, cet élément crucial pour mon équilibre mental. Ma langue natale que je me suis réappropriée dès mon arrivée avec une étonnante facilité. Quelques souvenirs d’enfance qui n’ont resurgi qu’à mon départ de France et qui me permettent de me reconstruire lentement. Peut-être évoquerai-je ma brève aventure avec une +lle superbe ? Je n’en suis pas sûr. Je me cantonnerai certainement aux irts ayant précédé cette amourette d’été qui n’a duré que deux mois, mais qui m’a permis de prendre con+ance en moi. Merci de m’avoir apporté cette assurance que je n’avais pas. Mon oncle arrivera en +n d’après-midi et m’o6rira certainement la moto de mes rêves, une plus grosse cylindrée que celle de mon père, le dernier modèle, neuve de surcroît, et pas n’importe laquelle, une Harley Davidson. Je le remercierai comme il se doit. Avec de l’argent, on croit faire des miracles. Pourtant on n’achète pas l’essentiel, pas ce que l’on nous a ôté autoritairement pour des raisons soi-disant vitales, que ce soit un être cher comme sa jumelle pendant onze ans ou le droit à un bonheur même éphémère… La journée se terminera probablement autour d’un barbecue où s’associeront voisins et amis de la famille, tous très contents de me revoir vivant. Les jours suivants, je sortirai peu à peu de ma chambre pour reprendre mes activités de privilégié. Des séances de projections privées sur grand écran dans un des salons, des siestes sur une chaise longue au bord de la piscine, des bains collectifs dans le jacuzzi avec Julie, Tommy et Kaelee, puis dans quelques semaines, des soirées habillées en galas de bienfaisance, des excursions sur le yacht d’un collègue de mon oncle… Une vie de paillettes, mais aussi d’illusions, un milieu que tu ne connais pas et qui te mettrait dans tous tes états. À la rentrée, je ne regagnerai pas l’université, malgré mon envie de me fondre parmi les autres étudiants. Je serai encore trop fatigué pour supporter des heures en classe, sans temps de repos su@sant. Au départ, je suivrai les cours par correspondance avec Tommy dont l’état de santé a lui aussi légèrement décliné. Plus tard, on verra… Toi, tu auras rejoint avec Julie les bancs de l’IUT, la boule au ventre. Tu te replongeras dans les mystères de l’informatique alors que moi j’explorerai les tréfonds du corps humain pour tenter de comprendre pourquoi je ne vais pas bien. Que te dire de plus, sinon que tu as été une charmante parenthèse et que tu resteras à jamais un de mes meilleurs souvenirs de vacances en France… ? Cette France dans laquelle je ne trouvais pas mes repères et qui me restera à tout jamais étrangère. Pardonne-moi si je te blesse avec ma maladresse. Fais comme moi, tourne la page sans haine. Cette brève expérience doit te construire, te permettre de comprendre que nos vies divergeaient trop pour pouvoir s’unir indé+niment. Je n’étais pas celui qui aurait pu t’apporter la sécurité que tu attendais, je suis trop instable, j’ai trop de défaillances dont seule Kaelee, que j’ai retrouvée, peut s’accommoder. Tu mérites mieux, plus d’égards, une histoire sérieuse avec des projets réalisables, un avenir certain, sans déboires, et un homme qui ne te mentira pas et ne se mentira pas à lui-même. Je t’embrasse, mon cœur. Bonne chance. Celui qui avait cru un bref instant que tout pouvait changer.
Émeric
II Mardi 27 novembre 1990 Une fois dehors, Julie lui maintint la porte ouverte. Sophie enserra le col de son blouson et sortit. Elle quittait enn cet univers de calvaire après une journée éprouvante comme tant d’autres. Elle haïssait cette année universitaire ternie par des sarcasmes de professeurs, l’individualisme des autres étudiants et son incapacité à suivre. Même Julie l’indisposait. Sa meilleure amie. Plutôt son ex-meilleure amie. Elle marchait néanmoins à côté d’elle. À chaque regard qu’elle posait sur elle, la culpabilité de lui avoir menti la saisissait, les traits de son visage la meurtrissaient. Les traits ns qu’elle partageait avec son frère. Son teint hâlé, ses cheveux de jais, ses sourcils volontaires, son nez, ses lèvres. Tout en elle le lui rappelait. Seuls ses yeux n’exprimaient pas autant de détresse derrière un voile de mystère. Dès qu’elles dépassèrent l’IUT de gestion, un vent glacial lui cingla le visage. Elle maudit cet hiver aussi. À chaque fois qu’elle devait traverser le campus ouvert à tout vent, elle le prenait de plein fouet. Il lui paralysait les doigts, les orteils, lui brûlait les pommettes. En l’espace de quelques secondes, ses dents claquaient, tout son être frissonnait. Si devant ses camarades de classe, elle arborait une attitude dégagée, dès qu’elle serait hors de vue, Sophie sortirait son bonnet, l’enfoncerait jusqu’aux lobes de ses oreilles, entortillerait plusieurs fois son écharpe autour de sa gorge et enlerait ses gants en laine. Elle hâterait le pas, impatiente de retrouver la chaleur de la résidence universitaire à un kilomètre de là. Mais Julie n’était visiblement pas pressée de s’en aller. Elle avait envie de bavarder. — Cela te dérange si je fume ? Je ne voudrais pas te tenter alors que tu viens d’arrêter. — C’est sympa de ta part, mais hier je n’ai pas pu résister. J’ai repris. Tu peux m’en o6rir une, s’il te plaît ? Je n’en ai pas pris volontairement sur moi. Je te la rendrai la prochaine fois qu’on se verra. — La prochaine fois ? Tu ne viens pas en cours demain ? — Ce n’est pas impossible. — Tu déconnes, Sophie. Non seulement tu es en train de foutre en l’air ton année, mais en plus le CROUS va te supprimer les bourses et tu ne pourras pas poursuivre tes études. Sophie soupira, excédée. C’était d’une cigarette qu’elle avait besoin, pas d’une leçon de morale. — Pardonne-moi, je n’aurais pas dû te faire cette remarque, regretta aussitôt son amie en lui présentant son paquet. Tiens, sers-toi. Mais c’est dommage que tu aies replongé. — C’est dur d’arrêter. La volonté ne su<t pas, il faut avoir le déclic et je ne l’ai pas. J’adore trop la cigarette et cela serait plus facile si Franck ne fumait pas. — À propos de Franck, je peux être sincère avec toi ? Sophie haussa un sourcil. Je n’arrive pas à comprendre ce qui t’attire chez lui… Pour être honnête, je le trouve un peu prétentieux. — C’est le moins que l’on puisse dire, mais il est gentil, il ne me prend pas la tête et il m’aime. — Est-ce que c’est réciproque au moins ? — J’apprécie sa compagnie. — En fait, tu n’es pas amoureuse.
Sophie lui jeta un regard perdu. — Il m’aime pour deux. Cela me suffit. Julie se raidit. — Mais tu ne peux pas avoir une relation épanouie sans éprouver de sentiments. — Le principal, c’est qu’il m’apporte ce dont j’ai besoin, pouvoir compter sur quelqu’un et ne pas me sentir seule. — Moi, je préférerais être seule plutôt que mal accompagnée. — Cela fait une éternité que tu ne l’as pas été et tu ne me montres pas l’exemple. Tu n’aimes plus Je6 alors que tu restes avec. — On est dans une mauvaise passe. Cela arrive à tous les couples au bout d’un certain temps. On se lasse. — Une mauvaise passe qui dure depuis six mois alors que cela ne fait qu’un an que vous vous connaissez. — Quatorze mois, rectia Julie. Mais moi, j’ai eu le béguin pour lui au départ et on formait un couple soudé. Tu ne peux pas dire le contraire. Rien que pour cela, il mérite que je lui laisse une chance. — C’est voué à l’échec, vous perdez votre temps. Ce n’est pas à lui que tu penses constamment. Julie fixa son amie nerveusement. — Tu pourrais sortir avec quelqu’un qui te plaît un peu, nit-elle par se dérober. Tu as l’embarras du choix. — Je ne veux pas souffrir quand il me quittera. — Quel mal t’a fait Jimmy pour que tu te punisses comme ça ? Sophie se décomposa. Jimmy, le mot à ne pas prononcer. Le prénom d’emprunt dont elle avait a6ublé Émeric qui s’était caché derrière cette identité éhontée pour vivre avec elle une passion dévastatrice que tout le monde devait ignorer, surtout sa jumelle qui s’y serait opposée. Il l’avait trompée, il l’avait détruite, inapte à résister aux tumultes de la vie. Aux revirements de sa maladie. Aux maudites tentatrices. Incapable de maintenir le cap, emporté par le désastre. Loin d’elle. Julie ne pouvait pas comprendre. Franck apportait à Sophie ce qu’aucun autre, et surtout pas lui, ne pourrait jamais lui procurer. La sécurité. L’assurance qu’il serait toujours à ses côtés dans les pires moments comme dans les meilleurs. Avec lui, elle se réconcilierait avec sa mère et obtiendrait peut-être le pardon de son père. Ses parents lui manquaient depuis un mois. Depuis leur dispute. Depuis les injures. Julie ne pouvait mesurer les dégâts qu’Émeric lui avait causés. Ils n’aimeraient pas Franck, c’était évident. Peu de gens l’estimaient, son arrogance les heurtait. Néanmoins, ils n’auraient pas à supporter les quolibets, ils n’auraient pas honte d’elle, la traînée, la moins que rien. Elle aurait un avenir paisible avec lui. Franck l’acceptait telle qu’elle était, avec son passé chargé qu’elle lui taisait, mais qu’il ressentait. La vérité surgirait un jour, c’était inévitable. Elle le savait et s’y préparait. — Sophie, pourquoi tu ne te confies pas ? Qu’est-ce que j’ai fait il y a six mois pour perdre ton amitié ? — Rien, bredouilla-t-elle. Je n’ai jamais cessé d’être ton amie. — Je vois bien que tu as des problèmes. Tu as l’air épuisée, les nerfs à eur de peau. Je n’ose plus te parler de peur que tu éclates en sanglots. Tu viens en cours deux jours par semaine, tu es sortie avec une ribambelle de mecs le mois dernier, tu ne nous rejoins plus le week-end. Cela ne te ressemble pas. Je m’inquiète pour toi, se désola son amie. Pourquoi es-tu aussi secrète avec moi ? — Tu ne vas pas me le reprocher ? Tu es la première à avoir un jardin secret. — Tu te souviens quand tu dormais chez moi l’année dernière ? s’esquiva à nouveau Julie. Qu’on se racontait nos histoires de mecs en gloussant comme des ados ? Qu’on dansait dans ma chambre avant de sortir ? C’était le bon temps, non ? J’aimerais tellement repartager ces moments de complicité avec toi. — J’ai besoin de changer d’air. Je n’ai aucun grief contre toi. Mais je ne sais plus où j’en suis, ce que je