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Un été sous le signe de l'amour

De
384 pages
Une surprenante lune de miel, Donna Alward
Seule dans un magnifique ranch argentin — ce n’est pas comme ça que Sophia avait imaginé son voyage de noces. Mais voilà, après avoir surpris son fiancé dans les bras d’une autre, peu avant leur mariage, elle a rompu. Et décidé, malgré tout, de profiter du séjour prévu. Elle s’y retrouve donc, solitaire… Enfin, pas tout à fait. Le propriétaire, Tomas, est là aussi. Incroyablement séduisant, il a tout pour troubler une femme…
 
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Couverture : Donna Alward, Une surprenante lune de miel, Harlequin
Page de titre : Donna Alward, Une surprenante lune de miel, Harlequin

1

— Señorita ? Nous sommes bientôt arrivés.

Sophia se redressa sur son siège et contempla, en proie à la confusion la plus profonde, la vaste plaine qui s’étendait devant elle. Antoine lui avait dit que Vista del Cielo signifiait « panorama du ciel ». L’idée lui avait plu, elle lui évoquait un immense ciel bleu parsemé de petits nuages blancs qu’elle pourrait admirer depuis une chaise longue, une fleur à la main. Le ciel était bien là, mais il ne surplombait qu’un chemin de terre bordé d’arbres, entre deux étendues d’herbes folles.

— Ce n’est pas possible. Il doit y avoir une erreur.

— Non, señorita. Nous sommes bien à Vista del Cielo.

Le chauffeur lui montra une petite pancarte au bout du chemin dans lequel ils s’étaient engagés.

Elle sentit un nœud se former dans son estomac. La pampa était devant elle, plate et d’un vert poussiéreux. Elle se tourna vers l’autre côté de la voiture. La vue était exactement la même. Des pâtures à perte de vue, monotones et uniformes.

Une maison apparut devant eux. Elle était indéniablement belle, mais ce n’était tout de même pas un hôtel. C’était une grande bâtisse de plain-pied, en forme de U. Un patio de pierre, au toit assez bas, donnait une impression accueillante. Des pots de fleurs étaient disposés ici et là, tandis qu’un arbre au tronc noueux apportait de l’ombre. C’était une maison très correcte, mais qui n’avait rien à voir avec les suites quatre ou cinq étoiles qu’Antoine réservait habituellement lors de ses voyages.

Le conducteur stoppa la voiture.

— Ne vous arrêtez pas, c’est une erreur, dit-elle, avant d’ajouter, dans un espagnol hésitant : Por favor… No… vayas.

Cela ne devait pas être la formulation correcte, mais c’était sans doute compréhensible.

— Si,señorita, répondit-il avant de sortir pour lui ouvrir la portière.

Non, ce n’était pas possible ! Où étaient les chambres de luxe ? Le Jacuzzi ? La salle à manger avec un chef cuisinier ?

L’espace d’un instant, elle sentit son courage fuir, abandonner son corps. Elle en avait pourtant eu bien besoin pour faire ce voyage seule ! Mais cet acte de bravoure était absolument nécessaire. Il fallait qu’elle prenne sa revanche, après qu’Antoine l’eut tellement humiliée ! Et comment mieux y réussir qu’en partant en lune de miel sans lui ?

Seulement, pour fonctionner, son plan impliquait que les choses se passent comme prévu, sans accroc. A bien y réfléchir, elle aurait dû examiner tout cela plus attentivement. Qu’allait-elle faire à présent ?

Elle se crispa. Comment ne pas repenser à ce qui l’avait conduite là ? Accepter la demande en mariage d’Antoine avait été une erreur catastrophique, mise en lumière par ce qu’elle avait appris ensuite. Enfin, elle pouvait au moins se réjouir d’avoir découvert la vérité avant le mariage, et pas après. Elle lui avait donné trois années du meilleur travail dont elle était capable et s’était laissé prendre au piège de ses belles paroles, de ses sourires charmeurs. Lorsqu’il lui avait proposé de sortir avec lui pour la première fois, elle avait cru être la femme la plus chanceuse de l’univers. Le mariage semblait la suite logique. Tout le monde le disait. Elle l’avait cru.

A présent, elle savait qu’il n’avait rien voulu d’autre qu’une jolie femme à exhiber en public. Jamais elle n’aurait pu se satisfaire de cela ! C’était seulement lorsqu’elle l’avait surpris en train de faire l’amour à sa maîtresse qu’elle s’était rendu compte qu’elle voulait bien plus. Plus que des apparences. Le respect, pas la trahison. L’amour, pas des arrangements de façade.

Elle avait besoin d’être acceptée pour ce qu’elle était. Comme n’importe qui.

Au moment décisif, elle avait trouvé le courage de dire non. Et de s’en aller.

Ce qui l’avait amenée ici.

Cela devait être une erreur. Comment pouvait-il en être autrement ?

Elle fit quelques pas, regardant la plaque à l’entrée de la maison. On y lisait : « Vista del Cielo, 1935 ».

Un nuage de poussière et un vrombissement de moteur la firent se retourner. Le chauffeur avait déposé ses bagages et s’en allait.

— Attendez !

Mais rien n’y fit. Elle resta seule, en pleine cambrousse, au fin fond de la République argentine.

Son cœur battait la chamade. Personne n’était sorti de la maison pour l’accueillir. L’endroit semblait désert.

Elle respira profondément. Il fallait qu’elle reste calme. Elle allait bien trouver un moyen de s’en sortir.

Au moins, une chose était sûre : elle ne paniquerait pas.

Elle sortit son téléphone portable. Et le rangea. Non, la solution n’était pas d’appeler sa mère au secours. Elle s’en sortirait bien toute seule.

Sa mère lui avait à peine adressé la parole depuis qu’elle avait annulé le mariage. Quant à Antoine, elle n’était pas près de lui demander de nouveau quoi que ce soit.

Elle serra les dents. Pourquoi avait-elle agi aussi impulsivement, pour la première fois de sa vie ? Si elle avait entendu cette histoire à propos de quelqu’un d’autre, la situation l’aurait bien fait rire. Seulement c’était à elle que cela arrivait. Et, derrière son apparence assurée, elle avait vraiment peur.

Elle ruminait son indignation depuis des semaines. Et, à présent, voilà qu’elle était seule dans un pays étranger !

— Holà ! fit une voix.

Elle sentit le soulagement l’envahir. Au moins elle allait pouvoir expliquer le malentendu à quelqu’un.

Antoine lui avait dit qu’ils allaient séjourner dans une estancia, un ranch à louer, avec tout le confort. Il ne voulait jamais rien de moins que le meilleur. Elle avait planifié le voyage avec cette certitude. Pour être à présent plongée dans la plus grande surprise.

Elle se retourna. Un homme se tenait dans l’encadrement de la porte de la grange. On le distinguait mal, dans l’ombre. Puis il fit un pas en avant et elle déglutit.

Qui s’était-elle attendue à trouver dans un endroit pareil ? Pas cet homme, en tout cas. C’était le plus bel homme sur qui elle avait jamais posé les yeux. Il portait un blue-jean délavé, des bottes et un T-shirt défraîchi. Le plus surprenant était son visage. Il avait des cheveux noirs ondulés et de superbes yeux bruns, entourés de cils longs et fins dont bien des femmes auraient rêvé. Le ton doré de sa peau faisait ressortir ses yeux et ses cheveux à la perfection.

Que faisait un tel homme dans un endroit pareil ?

— Bonjour. Peut-être pourriez-vous m’aider ? Parlez-vous anglais ? ¿ Hablas inglés ?

— Bien sûr que je parle anglais. Quel est le problème ?

Il posa les yeux sur les bagages, puis sur elle, et enfin sur les talons de dix centimètres de ses chaussures. Elle se força à conserver un visage impassible. Elle avait besoin de son aide, peu importait qu’il approuve ses hauts talons ou pas. Ils auraient été parfaits pour le palace haut de gamme qu’elle s’était attendue à trouver.

— Je crains que l’on ne m’ait amenée ici par erreur. Le chauffeur de taxi ne parlait pas anglais. Il a déposé mes bagages et il est parti. J’espérais que vous pourriez m’aider à me sortir de là.

— Bien sûr.

Elle sourit, plus à l’aise maintenant que son problème allait se résoudre.

— Je devais arriver à Vista del Cielo cet après-midi. Il m’a dit que c’était ici, mais il s’est forcément trompé.

— C’est bien Vista del Cielo, mais vous n’étiez pas attendue.

— Peut-être y a-t-il un autre Vista del Cielo ? J’ai une réservation pour la semaine qui vient.

— Non, aucun autre endroit qui porte ce nom, mais nous n’avons pas de réservation pour cette semaine. Il y en avait, mais elles ont été annulées le mois dernier.

— Alors nous sommes bien dans un hôtel.

— Dans une estancia. Un ranch avec des chambres d’hôtes.

Ainsi ce n’était pas une erreur ! Elle se souvint de la voix moqueuse d’Antoine. « Ce sera différent, intime. Juste ce qu’il faut pour un couple de jeunes mariés. »

Elle rougit. A l’idée d’être seule avec Antoine, elle se sentait soudain gênée devant cet homme. Au moins, cela lui avait été épargné.

Mais quand même, il était inconcevable qu’Antoine, dont elle connaissait si bien les goûts, ait pu faire une réservation dans un endroit pareil ! Certes, le calme et la tranquillité ne manquaient pas, ce qui n’était pas pour lui déplaire, mais où étaient la piscine et le Jacuzzi ? Après un si long voyage dans cette plaine poussiéreuse, quelques bonnes longueurs de bassin auraient été plus que bienvenues.

— Je vais vous expliquer pourquoi la réservation a été annulée. Il y a eu un incendie. Le bâtiment qui abritait le Jacuzzi a été détruit, ainsi que plusieurs autres. Heureusement, le bâtiment principal du ranch a été épargné.

Le sourire disparut du visage de Sophia.

— Un incendie ?

— Oui. Nous avons dû tout annuler, il faut reconstruire avant. La piscine n’a pas survécu, et il a fallu la vider, à cause des cendres et des débris.

Elle sentit le désespoir l’envahir.

— Si vous me disiez votre nom, nous pourrions peut-être arranger cela, dit-il.

— La réservation a été faite au nom d’Antoine Doucette.

— Ah oui ! Le couple en lune de miel. Et qui était l’autre personne ?

Elle redressa le menton. Elle en était capable. Elle avait dû affronter bien pire, au cours des mois écoulés. Elle avait fait face à Antoine, à sa famille, et même à la presse… Elle n’avait guère de raison d’avoir peur d’un Argentin, quel qu’il soit. Etait-il fermier ? Gaucho ? En tout cas, rien ne l’autorisait à la juger.

— Je suis venue seule. Le mariage n’a pas eu lieu.

— Je vois. Je suis désolé, señorita.

Il se disait désolé mais il ne l’était pas. Ses paroles étaient de pure politesse.

Elle faillit répondre qu’il n’y avait pas de quoi être désolé, de toute façon. Mais ce n’était pas vrai. Oh ! elle ne regrettait pas d’avoir annulé le mariage. Il n’y avait pas autre chose à faire. Mais cela n’avait pas été facile. Et la blessure ne guérirait pas avant longtemps.

— Pourquoi ne nous a-t-on pas prévenus de l’annulation ?

— Je ne sais pas. C’est Maria qui gère tout cela. Je ne l’imagine pas commettant ce genre d’erreur.

— Quelqu’un en a fait une, puisque je suis ici.

Elle était venue quand même. Bien décidée à profiter de son séjour. Antoine lui avait lancé à la figure qu’il n’avait pas souscrit d’assurance annulation. Qu’en brisant sa promesse elle lui faisait perdre des milliers de dollars. Elle lui avait répliqué qu’elle n’avait aucune raison de se sentir coupable. C’était lui qui s’était fait prendre sur le fait, lui qui l’avait trompée. Et elle aussi avait dépensé beaucoup d’argent pour un mariage qui n’aurait jamais lieu. La robe. Les acomptes pour les faire-part, la réception, les fleurs, le gâteau… Il pouvait bien se plaindre ! D’ailleurs l’argent perdu se remplace. Cela prendrait du temps, mais bien moins que pour guérir les blessures psychologiques.

Pourrait-elle jamais de nouveau être sûre de ses choix et de ses décisions ?

Et maintenant elle était en Argentine, sans même une chambre pour se loger.

Que pouvait-elle faire ? Rentrer à Buenos Aires, essayer d’échanger son billet de retour et rentrer chez elle, défaite. Ou trouver une chambre ailleurs pour la durée du séjour. Cela ne lui laisserait pas grand-chose de ses économies mais au moins elle aurait préservé sa dignité.

Et évité de donner à Antoine de quoi faire des gorges chaudes. Sans parler de sa mère, qui ne manquerait pas de lui répéter qu’elle le lui avait bien dit, qu’elle avait tort de faire ce voyage seule. Au moment où elle aurait le plus eu besoin de son soutien, elle ne l’avait pas trouvé. Margaret Hollingsworth avait estimé que c’était pure folie d’annuler le mariage et de tourner le dos à une vie de sécurité.

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