Un passé trop présent…

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64 pages
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Comment vivre le présent quand le passé nous fait de l'ombre ?


C'est ce que Lilou apprend à ses dépends...
Le passé de sa mère, Soann, avance à grands pas sur sa vie de jeune femme, l'empêchant ainsi de se construire un avenir serein.
Lilou va devoir résoudre quelques énigmes du passé, un passé qui s'impose à elle sans prévenir, au coin d'une rue, devant la Fac, en bas de son appartement...
Elle pourra tout de même compter sur sa marraine, Louise.
Pour s'ouvrir à la vie, elle va ainsi retracer ce passé, vivre sa vie à contresens pour enfin exister sans ombrage...



Rencontre à contresens, un passé trop présent...

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EAN13 9791034808366
Langue Français

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Rencontre à contresens Tome 2
Loly PK Rencontre à contresens Tome 2 Un passé trop présent… CoUvertUre :Maïka PUblié dans laCollection Vénus Rose, Dirigée parElsaC.
©Evidence Editions2018
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Je dédicace ce livre à mes enfants, Lenny, Sacha et Lola, à mon mari Clément. Grâce à eux je poursuis mon rêve d’enfant. Merci du fond du cœur… Je vous aime.
Réveil brutal 7 novembre Je me réveillai en plein milieu de la nuit, en nage, une fois de plus ce cauchemar, le même qui me hantait depuis des semaines et des semaines. Je me soulevai brutalement en sueur, avec une respiration haletante, en criant de peur de me faire attraper par celui qui me poursuivait. Cet homme qui, chaque nuit, venait me visiter dans mes rêves, me suivait, me courait après et m’appelait par mon prénom comme s’il me connaissait. Pourtant, son visage m’était complètement inconnu et me paraissait être celui d’un homme fragilisé, d’une quarantaine d’années, les traits marqués par la dureté de la vie. Il y avait ses yeux, empreints d’une forte émotion, ils me laissaient cette impression de déjà-vu. Mon réveil précipité e&açait rapidement mes souvenirs, l’image de cet homme devenait (oue, l’enchaînement de ce cauchemar vague. C’était *ni, la réalité reprenait le dessus. Seuls me restaient en tête cette folle poursuite et ces yeux très expressifs. Voilà comment je me retrouvais à démarrer les devoirs sur table avec des cernes à me rajouter dix ans d’âge ! J’étais épuisée de ces mauvais films nocturnes, j’étais surtout perturbée par leur fréquence. C’était ma première année de fac et je me devais de réussir pour rendre *ers papy et mamy, ils avaient tellement eu envie de m’aider là ou maman n’avait pas eu la chance d’aller que je devais relever ce défi. Mes *ches de révisions en main, je partais pour réussir à tout prix. J’avalais jusqu’à la dernière seconde, chaque mot de mon cours en sociologie, de Durkheim à Bourdieu, j’enchaînais leurs théories sans ménagement. Deux heures à gratter sans un arrêt, sans lever la main ni la tête, je remplis toutes les copies proposées. Je quittai la salle d’examen la dernière, café et clope au bec. Le parking était presque vide, les étudiants se retrouvaient en grande majorité à la cafétéria ou bien au restau universitaire, rares étaient ceux qui squattaient sur le devant avec un sandwich, j’étais souvent seule ou accompagnée de quelques-uns en *n de mois plus di4ciles. J’étais bien trop reconnaissante de l’investissement de ma marraine, elle tenait à ce que je me construise un avenir professionnel et je ne voulais pas en pro*ter, je préférais réduire ses dépenses au strict minimum. Installée sur le banc face au bâtiment pour dévorer mon sandwich préparé rapidement le matin même, j’étais en*n tranquille. Le devoir passé, je pro*tai du peu de calme et des quelques rayons de soleil automnal pour imaginer mes prochaines vacances. J’envoyai quelques textos à mon entourage, je laissais tranquillement s’évacuer cette pression incontrôlable des examens. Je me détendais, je me laissais aller, je pensais à tout et à rien. C’était sans compter cette sensation d’être observée, d’être regardée. Il n’y avait personne et pourtant je sentais cette présence près de moi, à quelques petits mètres de mon banc. Cette impression, je la connaissais déjà, elle était à l’identique de ces nuits passées à essayer d’échapper à cet inconnu. Je commençais à (ipper et je décidai de quitter les lieux au plus vite et d’oublier ce moment désagréable. Sûrement, il n’en était rien et je l’avais imaginé, ma nuit agitée me rattrapait en plein jour. J’avais mérité une belle pause. Je m’autorisais à faire un détour chez ma marraine, celle qui avait su me couvrir d’amour lorsque mon cœur d’orpheline était au plus mal. Louise était une battante, une vraie femme
avec du caractère comme il en faut pour exister dans ce monde. J’étais *ère de l’avoir à mes côtés. C’était ma con*dente et j’étais celle qui savait l’écouter lorsque son cœur solide se fragilisait par des coups imparables. On se comprenait et on avait la chance de partager de vrais sentiments inconditionnels sans pour autant avoir un lien de parenté. Je pouvais passer lorsque je le souhaitais, lorsque j’en avais besoin, à n’importe quel moment sans avoir à prévenir. Ce jour-là, elle avait prévu de me recevoir. Elle s’inquiétait pour mes partiels et mon avenir et elle voulait être présente pour me soutenir à chaque moment, comme une maman l’aurait fait, comme Soann, ma mère, l’aurait voulu. Je sonnai et entrai sans attendre de réponse, j’avais les clés et j’étais ici chez moi. Il régnait une ambiance étrange, une ambiance inhabituelle. Louise et Marc étaient assis dans le canapé, les bras et les jambes croisés. Ils n’avaient jamais eu l’air aussi sérieux que depuis le jour où j’avais choisi de prendre ma chambre étudiante. Je compris très vite que de ce moment se jouait quelque chose d’important, je le sentais et c’était écrit dans leurs yeux. Ma vie ne serait plus la même après ce jour. Je posai mon sac, les embrassai l’un après l’autre, je m’allumai une clope en sachant que Marc détestait ça, mais cela me détendit au vu de l’ambiance crispée qui flottait dans ce salon. — Alors ? Je vous écoute ? Je vois bien que vous voulez me parler… Si c’est pour mes partiels, je pense avoir réussi à sauver la moyenne. — Non, non… Ce n’est pas vraiment ce dont nous voulions te parler aujourd’hui. Cela fait des mois que nous réfléchissons à une certaine proposition. Des mois que Marc et moi, on essaie de t’en parler. — Arrête de tourner autour du pot, je t’écoute. Tu me stresses avec ce suspens inutile ! — Bon, bon… Voilà, nous aimerions que nos liens assez proches soient officialisés. C’était *nalement moi qui stressais seule, ma respiration se bloquait quelques instants et par peur de ne pas supporter cette dernière nouvelle, je la coupai net par une question complètement improbable. — Vous voulez m’épouser ? Nous eûmes un fou rire, ensemble, durant un certain temps, nous nous mîmes à rire avec relâchement. Je ne savais pas encore de quoi il s’agissait, mais il semblait évident que cette demande partait d’un bon sentiment, d’une démarche pleine d’amour. Je pouvais déjà relâcher cette pression qui était montée si rapidement en moi, je n’avais plus qu’à écouter. Lou se reprit juste après un long soue, le sourire encore aux lèvres disparut d’une traite pour arborer un visage d’un ton plus sérieux. Il semblait clair qu’elle avait aussi apprécié que je la coupe dans son élan, que je recule par cette question idiote le moment où elle me dévoilerait sa demande si précieuse. — Marc et moi, nous aimerions entreprendre les démarches nécessaires afin de t’adopter. Voilà comment fut lâchée cette proposition remplie d’amour. C’était comme ça, juste après nos rires échangés, emmêlés, résonnant encore dans le salon. Une demande qui me toucha et qui me coupa de toutes réponses possibles. Juste mes joues roses et mon sourire répondaient favorablement à ceux qui voulaient devenir mes parents. J’étais heureuse. Ils l’étaient aussi et ceux qui étaient mes futurs frères savaient qu’ils l’étaient déjà dans mon cœur depuis toujours. J’étais sur un nuage et je ne me doutais pas qu’à partir de là allait s’enchaîner un tas d’autres choses qui bouleverserait ma vie à tout jamais. Nous partageâmes un dîner en famille, ce fut bon, comme toujours… Mes grands-parents manquaient, ils avaient comblé tout le manque de présence parentale que chaque enfant aimerait avoir près de lui. Ils étaient partis trop tôt. À y ré(échir, même plus tard, je n’aurais jamais été prête à les perdre. Ils me manquaient
chaque jour, à chaque moment de joie ou de peine. Peu importe que l’on s’y attende ou non, rien ne facilite la perte de ceux que l’on aime, cette douleur reste au départ comme insurmontable, inconsolable. Le temps était passé et j’avais su, comme Louise, faire preuve de résilience. Ma mère, je ne l’avais jamais eu près de moi, je n’avais donc pas de manque. Ça ne m’empêchait pas de me sentir comme incomplète. Malgré ces pensées, je pro*tai agréablement de ces moments chaleureux avec ma famille d’adoption, cette demande était tout de même une joie à partager.
Partis trop vite… J’avais eu la chance d’avoir des grands-parents présents et d’un amour sans limites, presque étouffant. Cette chance, je l’appréciais à sa juste valeur et je faisais en sorte de la leur rendre à ma manière. Je devenais ce qu’ils auraient voulu pour Soann, leur lle et ma mère, disparue à ma naissance. J’ai proté d’eux sans modération, mais je ne pensais pas que le malheur allait de nouveau s’abattre sur moi. Je pensais naïvement que ce genre d’horreur n’arrivait qu’une seule fois dans une vie, mais c’était sans compter que la mienne allait en connaître autant aussi jeune. Le jour de ma rentrée en terminale, mamy Solange et papy Jean-Pierre m’avaient accompagnée comme pour une rentrée de maternelle. Je ressentais leur angoisse, celle qui était légitime après ce qui était arrivé à leur lle dix-sept ans auparavant. Le plus dur était pour papy. Il avait très mal vécu la mort de maman, du moins cela restait normal. Ce qui l’était moins, c’est qu’il culpabilisait chaque minute de ne pas avoir ressenti le mal de sa lle, de ne pas avoir vu sa grossesse, de ne pas avoir été présent pour la défendre lorsqu’un homme allait abuser d’elle. Mamy, elle, savait que son mari était fragile et ne voulait pas lui rajouter sa peine à supporter en plus de la sienne. Alors, elle prenait sur elle pour le relever, l’aider au mieux. Il avait réussi à sortir la tête de l’eau en projetant son spleen par un amour énorme pour moi. Ça n’avait pas toujours été facile à gérer au quotidien, mais comme mamy, je ne voulais pas lui faire du mal et je voulais qu’il continue d’aller bien. Mamy faisait comme moi. Nous étions complices et fusionnelles. Le plus souvent, les inconnus nous prenaient pour des mères-filles et nous en jouions exagérément avec un plaisir qui apportait une gaîté rassurante à la maison. Puis il y a eu ce jour. Celui où papy est tombé sur une lettre qui ne devait pas lire. C’était la seule raison que mamy m’avait laissée pour accepter son geste irréparable. Il avait mis n à ses jours un matin de reprise. Juste après les vacances de Noël. Nous nous étions réunis pour la première fois avec la famille de marraine. Louise avait gagné son procès contre son oncle et cette période di0cile à se battre contre son prédateur l’avait rapprochée de sa mère et de ses sœurs. Il n’y avait plus de non-dit dans sa famille et tout le monde avait réussi à s’unir pour ce combat, et tous s’acceptaient tels qu’ils étaient. La mère et le père de Louise avaient, du jour au lendemain, remplacé des années de froid glacial par une tempête de chaleur. Tonton Charles, lui, en avait proté pour faire son coming out et sans regret, car tout le monde savait et s’en cachait. Chez cette grande famille bobo chic, il y avait comme une accalmie à durée indéterminée. Ce n’était pas tous les jours simple, mais rempli de ce qu’il manquait auparavant et surtout il n’y avait plus de jugements inappropriés. Des fêtes de Noël appréciables, reposantes, un lâcher-prise comme un cadeau de fin d’année. Pour autant, papy, lui, n’avait pas vécu les choses de la même manière. Le manque de Soann, ma mère, n’avait pas été si fort que depuis son décès après ma naissance. Il avait été discret pendant les festivités. Ce que nous ne savions pas, c’était qu’il avait voulu se plonger dans une nostalgie, dans des souvenirs en regardant des photos de sa lle, de sa vie avec elle, de ce bonheur d’être père. Photo après photo, il repensait à ce que sa vie aurait dû être s’il avait su être présent pour elle. Puis une lettre. Seule explication de mamy So, une lettre… qui n’aurait jamais dû être entre ses mains.