Une erreur du passé

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Victoria est la femme de ma vie, je l’ai su dès que je l'ai vue, je suis près à tout pour elle mais si j'avais seulement imaginé qu'en l'espace de si peu de temps j'aurais pu tout perdre, elle...mais aussi le futur qu'elle a à m'offrir pour une connerie.


Depuis ma rencontre avec Adam, ma vie est remplie de bonheur et d’amour. Nous construisons notre futur mais je n’aurais jamais pensé que son passé puisse nous rattraper...Que je puisse tout perdre en un instant et surtout le perdre lui

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EAN13 9782374471471
Langue Français

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UNE ERREUR DU PASSÉ

Romance

 

 

Titia

 

 

 

 

 

 

UNE ERREUR DU PASSÉ

Romance

 

 

 

 

 

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ISBN numérique 978-2-37447-147-1

Juin 2016

Imprimé en France © Erato–Editions

Tous droits réservés

Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales

 

 

Titia

 

Originaire de haute Normandie, Titia est née en Août 1982. Mariée et maman de trois enfants elle a toujours été passionnée de lecture. L’envie d’écrire a toujours étéprésente mais jamais réellement aboutie. Maintenant le rêve est devenu réalité…

 

 

 

 

 

 

 

Prologue

 

Retour dans la grisaille quotidienne…

Je finis mon café devant la baie vitrée, et regarde les gouttes s’écraser contre le carreau en repensant qu’il y a un mois et demi, j’assistais au mariage de ma meilleure amie sous le soleil des Seychelles. Quel moment magnifique et surtout quel couple…. Je suis content qu’Heather ait enfin réussi à se libérer de son passé et qu’elle soit heureuse avec Will.

Je sens soudainement deux mains frêles se glisser autour de ma taille, je me tourne alors vers Victoria, elle a son regard aguicheur, celui qui me donne envie de retourner au lit.

J’effleure ses lèvres alors qu’elle cherche à approfondir notre baiser. Mes mains glissent le long de son corps et lui font entourer ma taille de ses cuisses…

Direction la chambre !

Voilà ce qu’a été notre routine ces derniers mois mais comment j’aurais pu imaginer que tout allait basculer.

 

Chapitre 1

 

Adam

La grossesse de Victoria se déroulait au mieux, enfin c’est ce que l’on pensait, son petit ventre commençait à se dessiner et sa poitrine ! Un truc de malade elle était déjà sublime mais là… en d’être fou d’elle depuis notre première rencontre, j’appréciais plus que tout ses formes naissantes sans parler de ses pulsions insatiables. Je ne savais même pas que ça pouvait être possible d’avoir envie de faire l’amour à ce point. Parfois j’aurais préféré qu’elle ait juste envie de fraise.

À la fin du troisième mois de grossesse, nous avons pu voir sur l’écran sa petite forme, entendre le minuscule cœur de notre petit trésor battre. Je n’avais jamais entendu de son plus beau… sauf peut-être quand je la fais jouir.

Elle a petit à petit diminué ses heures de boulot, jusqu’à ce que Will y mette son grain de sel et lui demande d’arrêter complètement.

Il lui a ordonné de faire attention à son neveu et surtout de se reposer. Je rigolais en l’entendant parler de notre bébé comme s’il était sûr que ce soit un garçon alors que nous n’en n’avions pas la moindre idée, la première échographie ne nous l’avait pas révélé. J’avoue que j’étais bien content d’avoir son frère de mon côté sur ce coup-là. Victoria n’a pas lutté une semaine et a vite déclaré forfait face à nous deux. De ses propres mots, je la cite :-elle se fait chier- pendant que j’étais au bureau, aussi elle ne me laissait pas une seconde de répit quand je rentrais… Heather passait son temps à la photographier pour ne rien rater de ce moment si important où son corps commençait à changer. Elle était si fine avant sa grossesse que dès la fin du troisième mois son ventre s’était déjà arrondi. Un jour Victoria lui demanda ce qu’il y avait de si passionnant de ressembler à une mini baleine… Sur le moment je l’ai prise dans mes bras et lui ai affirmé le contraire, qu’elle était sublime et surtout plus désirable que jamais. J’ai soudain vu son regard changer, ses yeux pétillaient et j’ai compris tout de suite ce dont elle avait envie. Elle est venue s’installer confortablement dans mes bras sur le canapé et a posé sa main sur mon ventre en commençant à remuer ses doigts. Je continuai à parler avec nos invités alors qu’elle commença à étouffer un premier bâillement, puis un second et finit par se frotter les yeux. C’est ce moment que choisit Heather pour nous dire :

— On va vous laisser Victoria semble fatiguée.

Je les regardais se lever alors que mon petit démon me souriait innocemment… là j’avoue que je n’en revenais pas elle est trop forte. Pourquoi ? Parce qu’elle a simulé un coup de fatigue, oui, oui, simulé je connais bien ma femme.Àpeine la porte refermée, ses lèvres se sont posées sur les miennes, elle m’a guidé tout en m’embrassant sur le canapé où bien sûr nous avons fini par faire l’amour.

 

Son quatrième mois a été identique aux précédents,mais il faut ajouter les sautes d’humeurs et je crois avoir une championne à la maison, entre la tartine trop grillée le matin et le manque de confiture dessus, ne plus rentrer dans ses fringues, les envies à trois heures du matin, j’en passe et des meilleures. Même si elle allait me rendre dingue, je crois que j’étais prêtà survivre à cette petite tempête encore quelque mois, la voir sourire discrètement le matin en caressant son ventre, commencer à se dire qu’elle et moi ça représentait un nous…

Et j’avoue que même enceinte elle était toujours aussi sexy,même si j’essayais de la ménager et de faire attention, nos pulsions l’emportaient toujours sur notre raison. Elle me rendait fou, je me suis fait griller à lire des revues pour tenter d’adoucir nos positions sexuelles, elle m’a ri au nez, me proposant de mettre en pratique toutes ces positions aux noms les plus bizarres les unes que les autres. Elle a commencé à se dévêtir devant moi éparpillant ses vêtements du salon à notre chambre… comment voulez-vous que je résiste. Et puis on dit toujours qu’il ne faut pas contrarier une femme enceinte, elle a déjà de sacrés troubles de l’humeur, je ne vais pas en plus la chagriner, je ne suis pas totalement fou. Et puis ses envies s’accordaient tout le temps aux miennes surtout pour le sexe.

Son cinquième mois a commencé avec des nausées, encore, moi qui pensais qu’après trois mois c’étaitfini et bien je me suis trompé. Je n’ai pas eu le droit à une seule journée où la pauvre n’a pas été malade et, en dehors de lui tenir les cheveux, lui apporter de l’eau et la rafraichir, je ne vois pas ce que je pouvais faire de plus. L’odeur de la nourriture la dégoutait toujours autant. Son plat favori était les spaghettis bolognaise, même si le plus souvent il finissait dans les toilettes. Son envie de sortir avait disparu,même pouraller chez son frère, à tel point que Will et Heather passaient en moyenne trois fois par semaine et appelaient tous les jours. J’avoue que je commençais à m’inquiéter aussi mais je n’y connais rien moi en grossesse.

 

Depuis deux trois jours je sais qu’elle dort très mal, que son dos la fait souffrir,même mes massages ne lui font plus aucun effet et pourtant je m’applique à ce qu’ils soient des plus agréables et décontractants. Je n’imagine même pas ce que ce sera dans trois mois.

 

Depuis qu’elle est levée ce matin, elle tourne en rond se caresse le ventre et je vous jure qu’habituellement ce geste m’excite comme un fou, mais là je voisàson regard qu’elle n’est vraiment pas bien.

— Ma puce dis-moi ce que je peux faire pour t’aider !

Son regard fatigué et pour ainsi dire triste se pose sur moi.

— Je n’aurai rien contre un bon bain s’il te plaît, avant que tu partes au travail. Mon ventre est dur comme de la pierre depuis cette nuit, si dur que je ne sens plus notre petit Trésor bouger.

— Considère que c’est réglé.

Alors que je commence à régler la température de l’eau, je l’entends m’appeler, non plutôt hurler, depuis le salon. Mon sang se glace dans mes veines et je cours la rejoindre. Quand j’arrive, elle est appuyée contre le mur de la cuisine, son corps est tendu, son visage crispé, elle est en pleurs. Je ne comprends pas ce qui se passe jusqu’à ce quemon regard se porte sur son ventre qu’elle serre d’une main angoissée pour finir par descendre le long de ses jambe nues et je remarque du sang glisser le long de celles-ci ! Putain de merde !

Non ! C’est trop tôt, beaucoup trop tôt ! Je stoppe tous mouvement et sens ma gorge se nouer. Il faut que je réagisse et vite ! Malgré ma torpeur j’arrive à me décider et prendre les choses en mains.

J’attrape un manteau que je lui pose sur les épaules, la prends dans mes bras, tout en la serrant contre moi. J’ouvre tant bien que mal la portière de ma voiture et la dépose le plus délicatement possible. Alors que je la referme, je la regarde. Son visage est baigné de larmes. J’en suis malade de la voir dans cet état, de ne pouvoir rien faire pour l’aider mais aussi j’ai peur pour notre bébé. J’aimerais tellement pouvoir lui dire que tout va bien se passer mais rien n’est moins sûr. Nous arrivonsàl’hôpital en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je crois même que c’est la première fois que je fais le trajet aussi vite malgré mon angoisse et mes mains moites. En arrivant devant l’entrée principale, un brancardier vient me trouver, me demandant de déplacer ma voiture, nerveusement je lui ris au nez puis lui hurle d’aller chercher de l’aide pour ma femme, tout en ouvrant la portière passagère. Le siège de la voiture est imbibé de sang, putain c’est encore pire que lorsque l’on est parti, elle saigne tellement. Je pose mes yeux dans les siens, je saisàson regard ce qui se passe et je sais aussi qu’elle en est consciente. Une infirmière arrive en courant, poussant un fauteuil roulant. Je prends ma femme dans mes bras, la serre aussi fort que je peux sans lui faire mal, mes lèvres se posent sur ses cheveux, je sens les larmes monter mais je ne veux pas craquer pas maintenant qu’elle a tant besoin de moi.

Je suis l’infirmière jusqu’àune chambre blanche remplie de différents appareils.

J’attire Victoria dans mes bras et la dépose en douceur sur une espèce de table d’examen d’appoint quand une sage-femme qui est entrée en même temps que nous, se tourne vers moi et me dit :

— Monsieur allez-vous garer correctement maintenant on s’occupe de votre femme.

Je décroche mon regard de Victoria pour lui répondre:

— Hors de question ! Je ne bouge pas d’ici !

— S’il vous plaît ! On vous attend pour les examens pour le moment je vais juste faire une toilette.

Je reporte mon regard sur Victoria, mais le sien est rivé dans le vide, elle a l’air absent et semble ne plus se soucier de ce qui l’entoure. Je m’approche d’elle et l’embrasse sur les lèvres avant de lui murmurer :

— Je reviens ma puce, je n’en ai pas pour longtemps, je te le promets.

Alors que je franchis la porte je l’entends sangloter. J’attrape mon téléphone et compose le numéro d’Heather. Je ne lui laisse pas le temps de parler et débite à toute vitesse que nous sommes à l’hôpital pour Victoria et que son état semble grave. Je raccroche dès que j’ai terminé sans avoir écouté ce qu’elle m’a dit, je ne veux pas m’expliquer, je ne veux pas en parler au téléphone. Ce que je veux c’est rentrer chez moi avec ma femme et mon bébé. Quand j’arrive à l’extérieur j’ai l’impression de respirer à nouveau. J’ouvre la portière de ma voiture puis la claque sans monter dedans.

J’ai envie de crier, de casser tout et n’importe quoi, je ne suis plus le même. Ma peur de perdre notre bébé est si intense qu’elle se transforme en fureur. Je sens une rage puissante monter en moi, prête à exploser. Je tape plusieurs coups violents sur le toit de l’habitacle, cela ne m’apporte pourtant aucun soulagement. Je revois ma princesse, elle semble si fragile. Il faut que je prenne sur moi, Victoria a besoin de moi et elle m’attend. Je serre les points, m’applique à contrôler ma respiration, et tente de me calmer avant de retourner auprès d’elle.

 

 

 

Victoria

 

Je sursaute en entendant la porte se refermer. Le personnel présent dans la pièce me parle doucement, j’ai presque l’impression qu’ils murmurent. La sage-femme me demande de mettre mes pieds dans les étriers. Me revient tout de suite à l’esprit mon examen du mois précédent quand tout allait bien. Mon ventre durcit à nouveau et tout mon corps se contracte sous la douleur. Je sens soudain un linge tiède se poser sur ma cuisse, elle me nettoie, prend soin de moi, j’observe le badge accroché à sa blouse et y lis son prénom avant de lui dire en éclatant en sanglots :

— Merci beaucoup… Sylvie.

Elle me regarde avec beaucoup de tendresse dans les yeux, alors que les miens doivent lui sembler vides et froids. Elle s’approche de moiànouveau et me demande de lui tendre mon bras, ce que je fais au momentmêmeoù Adam revient dans la pièce. Mon regard croise le sien, j’y lis de la peur et de la tristesse. Je tourne la tête vers Sylvie quand je sens l’aiguille pénétrer ma peau, je regarde le sang couler dans le petit tube alors qu’Adam s’approcher de moi et pose ses lèvres sur le haut de ma tête. Une femme d’une quarantaine d’années entre dans la pièce à ce moment et se présente comme l’obstétricienne de garde qui m’explique qu’elle va m’ausculter, elle me demande de me détendre chose que je n’arrive pas à faire. Je ne suis pas stupide, j’ai bien compris ce qui ce passe et je sais que c’est grave. Je voudrais juste retarder ce moment, ne pas entendre les conclusions du médecin qui, j’en suis certaine, vont anéantir le peu d’espoir qu’il me reste. Mon cœur bat la chamade et la peur me gagne à nouveau. Une fois que je suis installée, je sens ses doigts froids au creux de mon intimité. Je me sens soudain mal à l’aise. Elle finit par les retirer et m’explique d’une voix calme que mon col est ouvert en replaçant le drap sur mes jambes que je resserre instinctivement. Comme j’aimerais pouvoir, en cet instant contrôler mon corps, et demander à mon col de se refermer là tout de suite. Je n’ose pas lever les yeux vers Adam par peur de ce que je vais y voir.

Sylvie, la sage femme toujours présente dans la pièce, m’informe que l’on va me faire une échographie. Elle retire le drap de mon ventre toujours arrondi, témoignage du petit être qui vit… ou plutôt vivait en moi. Je frissonne en sentant le gel froid tomber sur ma peau qu’elle commence à étaler avec son appareil. Le petit écran face à nous reflète une petite silhouette… mon bébé ! Je le vois juste là devant moi. Il a tellement grandi depuis la dernière fois !Il reste immobile, elle tente de le stimuler un peu mais rien, quand je lui demande :

— Pourquoi il n’y a pas de son ? Pourquoi je n’entends rien.

Le visage du médecin se ferme, puis elle prend une inspiration et reprend la parole :

 

— Vous n’avez pas encore passé votre échographie du second trimestre ? Me demande-t-elle en me donnant de quoi essuyer mon ventre.

— Non pas encore j’avais rendez-vous dans… dans trois jours mais pourquoi vous me demandez ça et pourquoi mon bébé ne bouge pas ?

— Je… je suis désolée Madame mais il n’y a plus d’activité cardiaque.

Je la regarde sans vouloir entendre ce qu’elle vient de me dire et me mets à frissonner en lui hurlant :

— Non ! C’est impossible ! Mon bébé n’est pas mort vous vous trompez ! Regardez encore, l’imploré-je pleurant à chaudes larmes, s’il vous plaît.

Adam qui me tenait la main jusque-là, me prend enfin dans ses bras pour tenter de m’apaiser, il me murmure le plus tendrement possible :

— Chut, calme-toi mon amour s’il te plaît. Je suis là avec toi.

Le médecin s’approche de nous à nouveau et nous explique :

— Je suis désolée de devoir vous l’annoncer mais vous êtes pratiquement à vingt trois semaines et vous devez prendre un traitement pour aider à l’expulsion du bébé. Le plus tôt sera le mieux.

Nous la regardons choqués. Je sens la colère me submerger alors que mes larmes n’en finissent pas de couler quand je lui crie :

— L’expulser ! Non mais ça va pas bien, on est en train de parler de mon bébé, ma main se pose automatiquement sur mon ventre, pas de n’importe qui, c’est le fruit de notre amour, finis-je par dire en regardant Adam qui tout comme moi est en larmes maintenant.

— Je suis désolée de vous avoir offusquée Madame, mais il faut provoquer l’accouchement forcé de votre enfant puisque celui-ci n’est plus vivant.

J’ai l’impression d’être au cœur d’un mauvais rêve dont je n’arrive pas à me réveiller et pourtant c’est la seule chose dont j’ai réellement envie, me réveiller chez moi avec mon homme dans notre lit à essayer de chercher, comme tous les soirs, les mouvements de notre petit bout dans mon ventre.

Le médecin nous laisse seuls quelques instants, sans doute pour accuser le coup. La sage femme présente sort elle aussi de la pièce. Je regarde mon homme toujours près de moi mais je ne sais pas quoi lui dire, je n’ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens. Nous restons enlacés mais si éloignés, chacun dans sa propre souffrance. Le médecin entre de nouveau et nous explique le traitement : la prise deRU486 qui est une pilule abortive, complétée par une perfusion d’ocytocine pour provoquer le travail. Il me propose si je le souhaite une péridurale pour me soulager et me précise qu’une sage femme restera près de moi, le temps nécessaire.

Je sens que ce n’est pas fini lorsqu’elle reprend une respiration, et me regarde mal à l’aise avant de se détourner vers la sortie la tête baissée :

— Vous pourrez, si vous le souhaitez voir votre bébé. Mais sachez que ce n’est pas une obligation.

Je sens sa voix trembler elle se tourne une dernière fois vers nous et murmure:

— Je vous souhaite beaucoup de courage pour cette terrible épreuve !Àtous les deux !

J’encaisse tout ce qu’elle vient de m’expliquer même si ça me semble du chinois, je ne pense qu’à une seule chose, la mort de mon enfant.Moi, tout ce que je voulais, c’était dans quelque mois prendre mon bébé dans mes bras et voilà ce que l’on m’annonce aujourd’hui. C’est un cauchemar, ça ne se peut pas, hier encore je le sentais bouger en moi.

Je suis rassurée de voir entrer Sylvie, elle a ce petit truc de rassurant même si j’ai plus que peur à ce stade.

Elle est venue me chercher pour me conduire dans une salle d’accouchement, loin de l’agitation des urgences. Elle me donne les trois petites pilules et installe la perfusion. Je sens que tout ça va être long, la tristesse me gagne à nouveau quand elle me demande :

— Avez-vous réfléchi à la péridurale ?

— Euh… oui… non je ne sais pas !

— Je sais que c’est une décision que l’on ne prend pas dans l’urgence mais je vous la conseille, cela pourra vous aider à supporter la douleur des contractions.

Je ne sais pas quoi penser ça fait beaucoup de choses en une fois pour mon cerveau qui me semble paralysé. Tout ce que je sais, c’est que j’ai mal et que je n’en peux plus. Je lève les yeux vers Adam, je sais qu’il n’aime pas me voir souffrir. Mon regard se tourne de nouveau vers Sylvie et je réponds positivement à sa question concernant la péridurale.

Adam prend alors pour la première fois la parole et lui demande :

— Il n’y a aucun risque pour ma femme ? Elle a perdu tellement de sang… aura-t-elle la force de…

— Ne vous inquiétez pas, sa tension est bonne, ça va aller et je prendrai soin d’elle.

Elle nous laisse en tête àtête. J’avale les petites pilules alors que la perfusionàmon bras commence à effectuer son travail. Les contractions se rapprochent et sont de plus en plus douloureuses. Nous avons allumé la télé en bruit de fond, même si aucun de nous deux ne la regarde, elle permet de meubler un peu notre silence meurtri et écrasé par le chagrin. Adam s’est installé à côté de moi et ne me lâche pas la main.

Au bout de deux petites heures Adam attrape son téléphone et murmure un petit :

— Merde !

Je le regarde sans comprendre

— Qu’est que tu as ?

— J’avais oublié, j’ai appelé Heather tout à l’heure et ils sont là !

— Pourquoi tu les as prévenus ?

— Parce que c’est ton frère, je devais le prévenir et même si vous vous chamaillez tout le temps, je sais qu’il ferait n’importe quoi pour toi. Donc sa place est ici avec nous, même s’il attend dans le couloir.

— J’aimerais bien le voir si ça ne t’embête pas. Et puis ça te permettra de prendre un peu l’air.

— Tout ce que tu voudras princesse.

Il me regarde et se rend compte de ce qu’il vient de dire… tout ce que je veux… si seulement c’était possible. Il se dirige vers la porte. Mon frère entre un petit moment plus tard, je vois à ses yeux qu’Adam leur a tout expliqué, qu’il a pleuré et se retient pour ne pas recommencer. Je m’en veux tellement de leur causer autant de peine. Il s’approche de moi et me prend dans ses bras.

— Je t’aime Victoria tu le sais, je suis et serai toujours là pour toi, me murmure t-il.

Il ne sait pas trop quoi dire mais sa seule présence me fait du bien. Il semble tendu, quand il me voit me crisper à chaque contraction.

Il me demande si je veux quelque chose et je lui réponds :

— Tout ce que je veux, c’est en finir au plus vite.

Ses yeux confirment qu’il me comprend mais qu’il est si démuni. Heather vient remplacer mon frère au bout d’une petite heure et contrairement à ce que je pensais, elle reste calme et détendue à côté de moi, même si je sais au fond qu’elle est angoissée et qu’elle a peur pour moi. Nous sommes en train de discuter toutes les deux depuis un petit moment, quand je sens mon corps se tendre sur une contraction si violente que j’en perds le souffle. Je lui demande d’aller chercher Adam, chaque douleur me rapproche de la perte de mon enfant et j’en suis bien consciente mais je n’en peux plus, j’ai trop mal, je veux que ça s’arrête.

Adam arrive presque en courant il est vite rejoint par Sylvie qui me demande de me réinstaller afin de pouvoir m’ausculter de nouveau. Elle me confirme que la dilatation a bien évolué, que l’on est déjà à six centimètres et que l’on va pouvoir procéder dès maintenant à la péridurale. Elle fait venir rapidement l’anesthésiste et demande à Adam de sortir quelques instants.

— Je… je ne peux pas rester avec elle ?

— Je reviens vous chercher dès que l’anesthésiste a fini ne vous inquiétez pas, tout ira bien.

Il quitte la pièce, angoissé, alors que moi je veux juste en finir, je ne veux plus avoir mal.

C’est tout ce que je demande.

L’anesthésiste entre au même instant il me demande comment je me sens… pff quelle con ! Il doit bien se douter que s’il est là, c’est que j’ai mal. Sylvie me fait me pencher en avant puis je sens un léger picotement dans mon dos. Elle m’annonce que c’est posé et que d’ici une vingtaine de minutes l’effet de celle-ci se fera ressentir. Elle fait ensuite revenir Adam auprès de moi.

— Alors comment tu te sens ?

Ça ne devrait pas tarder à faire effet, enfin j’espère.

Çava bientôt faire sept longues heures que j’ai avalé ses foutues pilules, je suis fatiguée, les contractions sont de plus en plus fortes mais je ne les sens presque plus. Je regarde Adam qui est assis àcôté de moi, me tenant la main. Il attend sans rien dire, ne me quitte pas une seule minute. Sylvie entre à nouveau pour m’ausculter et nous annonce que le col est à dilatation complète et que je vais pouvoir commencer à pousser pour expulser le fœtus.

Ce terme me met en colère, il n’y a pas de fœtus en moi juste un bébé… Notre bébé !

Sylvie me demande de pousser ce que je m’applique à faire mais j’ai l’impression que mon corps pousse tout seul, ma main enlacée à celle d’Adam. Son petit corps à peine retiré du mien, je sens un grand vide m’envahir alors qu’Adam me prend dans ses bras. C’estàce moment-là que Sylvie nous demande si nous voulons le voir ne serait-ce qu’un instant. Je suis tiraillée entre mon envie de dire oui et voir ce bout de chou qui est mien, mais je sais très bien que je ne pourrais jamais le prendre dans mes bras, je ne pourrais jamais le bercer, l’allaiter, l’embrasser, le voir grandir. Mon regard rencontre alors celui d’Adam. Je sais qu’il comprend ce que je lui demande et d’un simple regard, je sais qu’il me laisse décider pour nous deux, prendre une décision qui va tout changer pour moi dans mon cœur de femme.

Sylvie attend au pied du lit je la regarde et hoche la tête positivement. Elle devait s’attendre à ma réponse car elle s’appliquait à lui nettoyer le visage .Elle tient dans un petit drap bien emmailloté mon petit trésor, la seule et unique fois où je vais pouvoir le voir. Elle s’approche de nous et les larmes me submergent. Je sens qu’elle ressent, elle aussi, beaucoup de tristesse. J’aperçois notre petite merveille, notre petit trésor, il est si minuscule mais son visage est magnifique. Adam jette un petit coup d’œil rapideet s’éloigne jecomprends que c’est trop pour lui lorsque les larmes coulent sur ses joues. Mon dieu que j’aime cet homme pour sa sensibilité et pour tout le reste. Je regarde une dernière fois mon bébé avant qu’il ne s’éloigne pour toujourset j’éclate en sanglots alors qu’Adam se précipite à mon chevet. Il me prend dans ses bras, je me blottis contre lui en versant toutes les larmes de mon corps. Je ne sais pas combien de temps dure ce moment mais il est interrompu par l’obstétricienne qui vient m’annoncer qu’elle doit maintenant vérifier que l’ensemble du placenta s’est bien détaché. Elle joint le geste à la parole, je sursaute en sentant sa main entre mes jambes, surprise, mais je ne ressens aucune douleur toujours sous l’effet de la péridurale, aucune sensation hormis celle de vide.