Une jeunesse à Djibouti (pulp gay)

-

Livres
29 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Une jeunesse à Djibouti

Yvan Dorster

Par l'auteur de Ne le dites pas à la mère de mon fils et Confession d'un adolescent.

Roman biographique de 128 000 caractères.
Jeune lycéen, Yvan suit son père militaire muté à Djibouti. Ses premières relations sexuelles se feront dans les bras d'un beau militaire métis.


Découvrez notre catalogue sur http://www.textesgais.fr/

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 52
EAN13 9782363073761
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Une jeunesse à Djibouti Récit contemporain gay de 128 000 caractères Yvan Dorster J’admirais leurs chevilles fuselées et leurs mollets musclés de coureurs de fond. Je fantasmais sur leurs cuisses fluettes qui me guidaient, en rêve, vers des bassins étroits, fermes et galbés. Le cul des mecs était mon obsession, et comme je raffolais du chocolat, Djibouti pouvait devenir pour moi, un terrain de chasse idéal !
1. Ma sœur Mélissa avait quinze ans passés, et moi presque quatorze, lorsque nos parents nous inscrivirent au pensionnat de Louveciennes, en région parisienne. Nos parents avaient tenté de nous préparer à cette nouvelle vie d’interne, précisant que c’était l’affaire de deux années au plus, le temps d’une affectation en Afrique, où mon père, sous-officier dans l’Armée de l’Air, venait d’être muté. Mon père en rajouta une couche, en expliquant tout le bénéfice que la situation génèrerait sur nos études respectives, en occultant par avance les protestations et autres lamentations, toutes chassées d’un revers de la main. Cette décision irrévocable, que dis-je, ce diktat, cet oukase, fut particulièrement traumatisante, elle marqua la première grande épreuve de mon existence, jusque-là sereine. Le bagne du pensionnat de Louveciennes m’imposa un certain nombre d’épreuves, un parcours d’obstacles qu’il fallut franchir les uns après les autres. Séparé ainsi du cocon familial, de la protection de mes parents, et de la connivence de ma sœur, installée avec les filles dans un bâtiment annexe, je regrettai mon caractère taciturne et j’enviai terriblement, en revanche, l’apparente facilité avec laquelle Mélissa s’était intégrée dans cet univers aux milles contraintes qu’elle accepta de bon gré. Le premier obstacle qu’il fallut affronter, fut la promiscuité pesante tout à fait incongrue, qui trancha avec le carré intime de ma garçonnière du 15° arrondissement. Les dortoirs bavards étaient agencés en série, les lits alignés sur plusieurs rangs, et le mobilier uniforme, façon Ikea, n’étaient humanisés que par l’affichage de posters de femmes nues, dans des poses parfois scabreuses. Je maudissais également les néons sans âme qui couraient le long des murs, en épiant de leur clarté éblouissante le moindre de nos faits et gestes. Les occupations quotidiennes étaient rythmées au son d’un métronome, et rien, non vraiment rien ne trouvait grâce à mes yeux. Par bonheur, le pensionnat ne nous avait pas imposé le port de l’uniforme militaire, et nous étions dispensés de marcher au pas… Aux prémices de mon adolescence, j’étais encore un être en devenir. Enfant petit et malingre, j’étais doté d’une voix fluette qui hésitait entre les couacs de ténor et de soprano. Je ne ressemblais à rien avec mon visage ovale qui surplombait un menton en galoche, défiguré de surcroît, par des boutons disgracieux. Un léger duvet brun naissait au-dessus de mes lèvres pincées, et tout mon être m’inspirait à l’époque la réflexion : je suis un alien, un truc du genre ni homme ni bête. Me confronter ainsi fait, à tant de garçons, dont beaucoup s’épanouissaient déjà dans une puberté assumée, au développement harmonieux, m’embarrassa au-delà de tout. Les douches collectives de cet établissement constituèrent le lendemain même de mon arrivée, le châtiment suprême. Chaque matin au réveil, dans la précipitation et dans un créneau horaire si court qu’il rendait inévitable la promiscuité déjà évoquée, la nudité des garçons s’exposait indécente dès le vestiaire, et je compris rapidement (au pensionnat, mieux valait reproduire à l’identique pour ne pas se faire remarquer), qu’il serait malvenu de conserver mon cache-misère autour de la taille. Le choc fut rude, car jusqu’à présent, le miroir de la salle de bain de la rue de la Convention, avait reçu seul, l’indicible privilège de partager ma nudité. Toutes ces réflexions, que je marmonnais mentalement pendant que ruisselait l’eau tiède sur mon corps, j’étais persuadé que les garçons les surprenaient, comme si je parlais à voix haute. C’était comme si le frôlement de nos épidermes ingénus dans la vapeur opaque, les savonnettes qui glissaient, les murmures et les interjections qui fusaient d’une paroi carrelée à l’autre, n’avaient qu’un seul but : faire connaître à tous que j’étais encore puceau, terme assurément impropre, mais galvaudé et utilisé à tous propos par les bizuts de l’établissement. Un matin, de retour dans les vestiaires, alors que je me frictionnais les cheveux, ma confiance naturelle dans la justice des hommes déclencha en moi cette profonde réflexion : les placides baudets qui broutent nos verts pâturages possèdent un bel engin,
avantageusement uniforme et standardisé, pourquoi pas nous, les homos sadiens ? Le nous désigne tous ceux pour qui dame nature ne s’était guère montrée généreuse… J’avais coutume d’observer à la dérobée le corps dénudé de ma grande sœur sous la douche. Elle s’en amusait d’ailleurs, ne me cachant rien de ses petits seins joliment galbés et de son triangle isocèle parfaitement dessiné, mais je connaissais mal la morphologie d’un adolescent, hormis la mienne naturellement… Avec le temps, nos nombreuses douches en commun étaient devenues si naturelles et conformes à l’ordre des choses, que ma curiosité ne fut plus guère aiguisée. Il ne me fallut que quelques semaines pour parvenir à identifier sans risque d’erreur, le jouet extensible de chacun de mes camarades, un engin ludique qui pour beaucoup, représentait un objet de plaisir à l’affût de délicieuses opportunités. J’en avais maté des sexes, des durs, des mous, des gros à col roulé, des monts pelés, comme le mien, ou bien des gros touffus, voire des joufflus affriolants… Finalement, et ce fut un mal pour un bien, ce pensionnat m’aura appris beaucoup de choses sur l’homme, avec un petit h. De sa chair même intime, comme de sa substantifique moelle, je m’en étais gavée. Mais dans le même temps, je ne parvenais pas à m’accorder avec l’un ou l’autre de ces deux chanteurs, dont les textes étaient gravés sur les vinyles précieusement conservés par mon paternel. Le premier, Pierre Perret, clamait de manière péremptoire et avec malice : vous saurez tout, vous saurez tout sur le zizi… zizi !, tandis que l’autre, Jean Gabin, plus prudent ânonnait : je sais, je sais, je sais qu’on ne sait jamais… Même si les premières douches heurtèrent ma sensibilité pudibonde, elles ne furent pas, à mon grand soulagement, sujettes de sarcasmes à mon égard. Pourtant, sans doute pour me rassurer, dès les premiers mois de pensionnat, je jetais mon dévolu sur un garçon qui semblait tout aussi troublé que moi au milieu de ce fatras de corps dénudés. Je l’entourais alors de mes familiarités, du vestiaire aux douches et des douches au vestiaire. Ce garçon s’appelait Sylvain. Sylvain était à l’opposé de moi. Il attirait d’emblée la sympathie. Son visage formait un cercle presque parfait, surmonté de fins cheveux blonds, savamment coiffés en bataille, qui se prolongeaient en pointe sur des tempes imberbes. Sur le haut du front s’enroulaient des boucles rousses de façon anarchique, tandis qu’elles tombaient en cascade sur sa nuque. Tous l’appelaient ici boucles d’or. De grosses joues encadraient une bouche joviale découvrant des dents d’une blancheur que je trouvais exceptionnelle. Son œil sombre et pénétrant exprimait sans pudeur ses émotions, ses pensées, tout en tranchant singulièrement avec la dorure de sa chevelure. Ce garçon d’une année mon cadet, était comme on dit, un beau bébé joufflu qui ne se la pétait pas. Son âme était à l’avenant. Aussi transparente qu’une eau minérale, on pouvait y lire comme dans un livre ouvert, sans décryptage inutilement compliqué. Particulièrement volubile, il faisait simultanément les questions et les réponses, parlant de tout et de rien sans que vous n’ayez à intervenir. D’une humeur égale et particulièrement sociable, Sylvain était de bonne compagnie, toujours à consoler les copains dans la peine et à réconcilier les ennemis d’un jour. Il prenait ce qui venait sans trop se poser de questions. Je l’aurais bien présenté à ma sœur Mélissa, mais les circonstances ne l’avaient pas permis. C’était notre mascotte et j’étais fier de compter parmi ses amis. Au terme de cette année de cohabitation, je m’interrogeais encore sur les raisons de cette amitié. Que pouvais-je bien lui apporter ? Certes, cette amitié n’était pas exclusive, j’en étais conscient, tant ce garçon était attractif pour ses semblables. Pourtant, une grande connivence nous unit soudain, alors que je venais de fêter mes quinze ans. Cette formidable connivence s’imposa sans crier gare, et je me considérais un temps, comme le primus inter pares. Il nous arrivait en effet d’être consignés le week-end au pensionnat, pour un écart de conduite, ou pour des résultats scolaires insuffisants.
La discipline n’est pas très stricte dans cet établissement, répétait le conseiller principal d’éducation, alors, accommodez-vous-en ! Les pensionnaires, pour la plupart, s’en accommodaient... C’était un huit mai cette année-là, l’année du brevet. Je m’en souvenais, car l’une des fenêtres du couloir donnait sur le parcours du bus qui nous ramenait d’ordinaire, ma sœur et moi, chez nos grands-parents, à l’autre bout de l’agglomération. Ce jour-là, les bus de la ville étaient pavoisés de deux pavillons tricolores harnachés sur le toit du véhicule. Sylvain et moi étions consignés pour des raisons différentes. Il s’était planté à un devoir d’anglais, alors que moi, j’avais traité de grosse vache, la professeure de maths, qui avait tendu l’oreille de façon indiscrète et malencontreuse. Après le repas du midi, de retour en chambre, nous nous étendîmes sur nos lits respectifs, rassasiés du rabiot de nouilles au fromage râpé, que ces journées de peu d’affluence avaient permis de grappiller. La chaleur était lourde et Sylvain s’était dénudé, ne gardant pour sous-vêtement qu’un boxer blanc, port plutôt inhabituel chez lui, adepte en principe du caleçon bigarré aux motifs extravagants. Nous parlions, ou plutôt lui parlait, et d’un geste tout naturel, il activa une main cajoleuse sur sa courbure encasernée. Je n’en fus pas surpris, habitué par la désinvolture qui le caractérisait. De toute évidence, Sylvain prenait du plaisir à se lustrer le zizi sans que ma présence ne le désarçonnât le moins du monde. Et le membre durci, moulé dans son boxer me déstabilisa, un sacré engin, devais-je reconnaître, un tantinet envieux. Sylvain m’invita à l’imiter. J’étais embarrassé, car j’étais parvenu jusqu’ici, à éviter les challenges assez courants dans notre dortoir, de la plus longue queue en phase ascensionnelle, et je n’étais pas déterminé à commencer aujourd’hui. Pourtant, chacun de nous se caressa à vue, d’abord dans un silence de cathédrale, puis dans des soupirs et des gémissements dignes des films pornographiques les plus convenus, ce qui, par ailleurs, ne m’empêcha pas de casser l’ambiance par une méfiance bien naturelle : La porte est bien verrouillée de l’intérieur, au moins ? Sylvain me répondit d’un grognement, qui valait affirmation. C’est quelques instants après cet échange de haute volée, que ma main exercée s’aspergea brutalement. Deux à trois minutes de vibrations bien dosées suffisaient en général à m’envoyer au septième ciel… Mais cette fois-ci, la jouissance s’accompagna de ma toute première éjaculation. L’ébahissement l’emporta sur la fierté d’avoir rendu ce coup-ci, comme un mec normal finalement, à l’égal de tous les potes du bahut... J’examinais avec curiosité la fertilité qui suintait désormais entre mes doigts collants, un liquide chaud et transparent qui, par jets successifs, s’était mêlé à mes poils mouillés, leur donnant ainsi un petit air frisé. Je raclai avec le doigt ce qui aurait dû être une simple graine, si je m’étais contenté de croire sans esprit critique, le récit alambiqué de mes parents. Mais la graine ressemblait plus à un épais jus visqueux, que je portai à mes lèvres. Hum… c’est salé grave ce truc-là ! Sylvain devait avoir joui, lui aussi, mais cet après-midi-là, moi seul compta. Je ne pris aucun intérêt à le voir en transe, s’envoyer en l’air. J’analysais ses émois comme une simple formalité, car pour lui, s’éclabousser ne fut probablement pas une première… Après avoir réintégré le monde réel, celui qui présenta deux minots apaisés, avec leurs zizis collants, désormais ratatinés, nous prîmes une douche ensemble dans l’intimité complice d’un moment inoubliable. Un moment que j’aurais cependant voulu prolonger au-delà de l’éternel. Son corps reposé m’était redevenu familier, c’était celui de tous les jours, celui que chaque matin j’accompagnais dans les vestiaires et qui partageait avec le mien, shampoing et mousse de bain. Alors que l’eau dégoulinait sur nos visages baignés d’une grande sérénité, du moins le
mien, nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre, dans une étreinte virile. Mais nos sexes de petits hommes semblaient bien à la peine, greffés trop tôt sur des corps encore enfantins, dominés par deux cervelles Haribo… À la vie et à la mort, Jérémy, me chuchota Sylvain à l’oreille, comme pour défier les incertitudes du lendemain.