//img.uscri.be/pth/a4ef9766cef993597eb8898f302a12d0f91a99bd
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - PDF - MOBI

sans DRM

Une vie dans la tourmente des sentiments

De
396 pages

Kamila Sabathié livre les souvenirs romancés de la vie de Mona et ses amis adolescents dans la France des années cinquante avec une telle justesse que les lecteurs pourront facilement s'identifier aux sentiments ressentis par ses personnages. Entre les amitiés, la découverte de l'amour, sa situation familiale complexe, puis ses premiers pas dans le monde du travail, la jeune femme construit son foyer et s'émancipe progressivement dans une société en pleine mutation. Altruiste, elle profite de sa retraite pour s'engager bénévolement à aider les autres, au Maroc, et en Mauritanie notamment. À l'heure du bilan de sa vie, elle continue de nourrir l'espoir de jours meilleurs dans un monde plus solidaire.


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture
CopyRight
Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-18827-7
© Edilivre, 2018
Préface
L’Être humain est poussière d’étoiles… Avez-vous pris le temps d’admirer un soir d’août à la nuit tombée, le grand bal des étoiles exécutant leurs danses stellaires ? Certaines paraissent se croiser, s’éviter, s’ignorer… vous êtes-vous demandé où filent-elles ? Certaines ne veulent peut-être pas se rencontrer… alors que d’autres se cherchent, se trouvent et fusionnent dans des explosions de joie, nous offrant pour quelques nuits de mi-août, ce spectacle éphémère d’un magnifique feu d’artifice… Peut-être avez-vous partagé ces instants blottie dans les bras d’un amoureux… souvenez-vous… tout en vous et autour de vous n’était qu’amour et sérénité… comme pour les étoiles, dans notre vie tout est éphémère… nous cherchons tous, hommes et femmes, de 7 à 77ans et plus… comment magnifier, pérenniser nos sentiments…
Ce livre est un roman, une fiction, qui relate des situations réelles, ou ce que ma mémoire en a gardé. Puis la tête dans les étoiles, j’ai imaginé, pour chacun de mes personnages des situations fictives les rendant acteurs de mon livre ! Vous n’y trouverez pas de recettes miracles pour traverser la vie sans turbulences sentimentales… Vous vous retrouverez peut-être dans les suggestions, les interrogations, les doutes de mes personnages, c’est dans un esprit de partage, d’échange avec les lecteurs et lectrices que j’ai écrit ce roman. Je remercie les amis qui ont contribué à sa réalisation.
Une vie dans la tourmente des sentiments
Premiers émois de l’adolescence
Depuis le lever du soleil une certaine effervescence règne dans la maison forestière du Dom, pas très éloignée du village de Bormes-les-Mimosas dans le Sud de la France. Nous sommes en Août 1956, il fait environ 25degrés à 10h du matin. Adultes et enfants profitent, encore quelques instants, de la fraicheur toute relative de la maison. Ils vaquent à leurs occupations quotidiennes, bien ralenties en cette période estivale où le farniente est de mise. Pas tout à fait car aujourd’hui, c’est une journée de fête qui s’annonce : un méchoui doit être organisé, réunissant une cinquantaine de personnes, dont des hommes d’Afrique du Nord. Ils viennent de terminer la récolte du liège sous le contrôle du garde forestier. Ce matin, Français et Africains accompagnés des femmes et des enfants, s’affairent à l’organisation de la fête. Dissimulés des regards indiscrets, bénéficiant de la fraicheur de la haie qui délimite la maison forestière, 2 jeunes adolescents, Mona 13ans et Fabien 14ans, écoutent les bruits de la nature qui s’éveille : les sangliers de leurs groins, fouillent le terrain à la recherche de quelques glands pour cette nouvelle journée. Les tortues d’Hermann inspectent nonchalamment chaque jeune pousse de verdure avant d’en faire leur petit déjeuner. Pour les entendre il faut prêter l’oreille, pour les voir surtout ne faire aucun bruit qui les retrancherait dans leurs carapaces. Fabien est le fils du garde forestier, il ne parle pas beaucoup, il est timide, un peu sauvage disent ses parents. Mais il semble apprécier la compagnie de Mona, qu’il connaît depuis le mois de juillet. Elle n’a pas choisi de passer ses vacances dans le sud, chez sa mère et son beau-père, elle est très perturbée. Depuis sa naissance elle vit chez ses grands parents maternels à Provins en seine et marne. Son grand père est récemment décédé, sa grand-mère fatiguée a appelé ses parents, divorcés dès sa naissance et remariés chacun de leur côté, pour qu’ils assument la responsabilité de leur fille adolescente. Son père a répondu présent pour sa scolarité, sa mère la prendra chaque année pour les grandes vacances de Juillet-Aout. Elle se sent déracinée elle vient de quitter fin juin sa grand mère ainsi que tous ses amis pour emménager chez ses nouveaux parents qu’elle ne connaît pas, son père et encore moins sa femme de 35 ans qui devient sa belle-mère. Pour adoucir cette nouvelle situation qu’ils reconnaissent perturbante pour leur fille, ils lui font miroiter un avenir meilleur : grande maintenant, muni de son CEP, elle va étudier chez eux dans un collège de Melun, à 50kilomètres de Paris, pour préparer un BEPC de comptabilité. Toutes ses copines ont écarquillé de leurs yeux sur ses nouvelles perspectives, pas Mona. Mais à l’aube de cette journée de vacances et de fête, à cet instant précis au frais sous les ombrages, elle est confortablement installée entre les jambes de Fabien. Le dos appuyé contre sa poitrine, sa tête posée au creux de son épaule, elle sent son souffle rafraichissant et doux sur son cou, ainsi que ses bras qui enserrent sa taille. Elle est bien, elle se sent protégée, rien de mal ne peut lui arriver.
– Mais enfin Fabien, Mona, Où êtes vous ? Montrez-vous. Vous devez vous occuper de vos frères et sœurs aujourd’hui, vous n’avez pas oublié j’espère ? Crie la maman de Fabien, – Chut ! Souffle t’il à son oreille, posant doucement la main sur sa bouche, surtout ne bouge pas, ne répond pas, il faut que nous gardions notre cachette secrète. Tout en savourant ces derniers instants de complicité Mona se dit qu’elle a tout de même de la chance, de se la « couler douce », au moins pendant 2 mois de vacances. Fabien y est certainement, un peu, pour quelque chose. Elle va avoir plein d’histoires à raconter à ses nouvelles copines. Ce n’est pas tout le monde qui passe ses vacances dans le sud de la
France. Elle est sûre que ça va durer puisque c’est un accord passé entre ses parents divorcés. Elle connaît peu sa mère et encore moins son beau-père mais il a l’air sympa et ses demi frères et sœur sont mignons. Certes elle devient la grande sœur responsable, elle ne s’y attendait pas. Le beau-père de Mona est ingénieur des Eaux et Forêts, toute la famille habite un appartement à Toulon. Il est responsable, depuis quelques années de la gestion, du développement du massif des Maures. Il dispose, pour lui et sa famille, d’un pied à terre dans une maison forestière du massif. Il a choisi pour cet été la maison forestière du Dom parce qu’elle est relativement proche de la mer, des plages du Lavandou, de la Favière, de Brégançon avec son château mis à disposition des Présidents de la République, actuellement René Coty. La forêt du Dom est majoritairement plantée de chênes liège récolté par une population de Harkis, ayant combattus aux côtés des Français lors de la guerre de décolonisation. De fait souvent devenus indésirables dans leur pays, ayant choisis de vivre en France, ils ne sont pas considérés comme ils auraient mérités de l’être. Ainsi, le beau-père de Mona, fils d’une famille de Colons ayant vécu en Afrique du Nord, en faisant travailler cette population, veut aujourd’hui leur témoigner de la reconnaissance de la France. Mona et Fabien, main dans la main, prennent le chemin pour rejoindre familles et enfants sur un espace de garrigue. Avant de les retrouver leurs mains se séparent, trop tard, leurs mamans ont vu. Elles échangent un sourire entendu, souvenirs, souvenirs c’est beau des amours d’adolescents ! Ce matin, quelque part dans la forêt du Dom, tous participent à la préparation de la fête. Les hommes assemblent des tréteaux sur lesquels de longues planches de bois sont posées ; Recouvertes de nappes brodées par les femmes Africaines, formant une grande tablée autour de laquelle les invités prendront place. Un peu à l’écart dans un espace dégagé d’aiguilles de pins et d’herbes sèches, une tranchée est creusée pour contenir le feu de bois. 2 crémaillères vont accueillir la broche qui va traverser, soutenir et permettre de tourner le mouton. Sans possibilité de rotation électrique de la broche, les hommes vont se relayer pendant les heures de cuisson pour la tourner à la force de leurs bras. Mouton sacrifié pour que la végétation de la forêt, dont les chênes-lièges, se régénère, soit prospère pour les hommes qui y vivent, mais aussi pour que la cinquantaine d’invités se régalent ce soir. Un peu plus loin, un trou circulaire est creusé dans le sol, rempli de bois sec puis recouvert d’une grille. Surplombé d’un trépied muni d’une crémaillère, qui va soutenir l’énorme chaudron où vont cuire les légumes d’accompagnement. Les gâteaux, où sont les gâteaux ? Qui fait les gâteaux ? interrogent les enfants, Ne vous inquiétez pas, quelques femmes africaines mais aussi françaises, concoctent chez elles ces petites douceurs qu’adultes et enfants adorent. Le temps passe, hommes et femmes dansent et chantent en travaillant. Les enfants s’amusent un peu plus loin, sous la surveillance de Mona, Josiane, Aïcha, Fabien et Mohamed : chahuts, cris et rigolades sont de rigueur. La population de la forêt en reste coite : les hiboux, grands ducs, chouettes et chauves souris qui ont chassés et jacassés toute la nuit n’en reviennent pas, n’en croient pas leurs yeux qu’ils gardent écarquillés sur ces humains déjantés qui les empêchent de dormir. Toute cette préparation se déroule dans la joie et la bonne humeur, chacun restant vigilant à un possible départ de feu qui pourrait rapidement se transformer et se propager en incendie gigantesque et meurtrier. Il faut des années pour qu’une terre brulée se régénère et accepte l’enracinement de nouveaux arbres. Les massifs du sud de la France accueillent une faune importante dans leurs sous bois et garrigues. Les Tortues d’Hermann, sont les seules à vivre à l’état sauvage dans cette région de France. Elles sont de moins en moins
nombreuses, souvent premières victimes d’incendies, et de ramassages illicites. Heureusement les hommes et les femmes qui vivent dans le Massif des Maures, sont conscients des risques encourus. Ils éduquent leurs enfants aux dangers du feu et aux moyens simples de stopper son développement. La soirée de fête bat son plein, les papilles sont satisfaites, les estomacs bien remplis. Pour activer la digestion adultes et enfants se trémoussent sur les rythmes endiablés des musiques orientales diffusées par un transistor. Mona, la mine un peu triste, les regarde danser. Toute la soirée, sauf pendant le repas pris à la grande tablée des adultes, Mohamed le Marocain l’a agressé en lui demandant si vraiment elle est une fille : – Ben oui pourquoi ? demande t’elle, du haut de ses 13 printemps, – Tu es toujours en short ou en pantalon et tu es coiffée comme un garçon, lui répond-il dans un éclat de rire, – Les cheveux courts c’est parce que je fais de la compétition de natation en région parisienne, et le pantalon c’est plus pratique pour courir dans la garrigue. – Regarde mes sœurs et mes cousines elles portent de jolies robes, – Mais je m’habille comme je veux, ça ne te regarde pas. Si ça ne te plaît pas je m’en fiche ! répond-elle. Mohamed s’éloigne en riant et criant à tue-tête : « Mona est un garçon manqué » ! Ah mais elle ne va pas se laisser ennuyer par un garçon qu’elle connaît à peine. Elle en veut un peu à Fabien qui, à quelques pas de leurs chamailleries, n’est pas intervenu pour la défendre. Les larmes lui montent aux yeux : « qu’est-ce que je lui ai fait à ce garçon, pour qu’il me traite ainsi » se demande t’elle. Elle pense à ses amis d’enfance à Provins, qu’elle vient de quitter, Hélène, Bernadette, son frère François. Alain un voisin qui la coursait avec son vélo lorsqu’ils rentraient de l’école : il la guettait dans une petite ruelle, elle s’en doutait et dès qu’elle passait devant, elle le regardait avec un large sourire. C’était le départ de la course : debout sur son vélo pour être plus lourde sur le pédalier afin d’accélérer la cadence, et se retournant pour voir si Alain la rattrapait. Dès qu’il se rapprochait, elle hurlait à pleins poumons, en principe c’était le moment où elle arrivait devant sa maison. Sa grand-mère qui l’attendait, criait à la fenêtre : – Tu ne peux pas la laisser tranquille cette petite, un jour tu vas la faire tomber. Je vais prévenir ta mère si tu n’arrêtes pas de l’ennuyer. Mona majestueusement descendait de vélo, alors seulement Alain la doublait, sourires et regards complices étaient échangés. Elle pensait « j’espère à demain Alain ». Jamais ils ne se sont parlé, c’est dommage, mais si elle a aujourd’hui les cuisses et les mollets musclés c’est tout de même grâce à lui. En se remémorant ces bons moments, même si elle essuie quelques furtives larmes, un sourire éclaire son visage. Mohamed de retour, comprend son vague à l’âme, il lance : – Mona qui rit, Mona qui pleure ! Alors oui c’est une fille. Elle ne répond pas, elle fait comme si elle n’avait pas entendu. Elle va rejoindre sa Mère à la table des adultes, il est tard chacun va retrouver son foyer. Dans quelques jours elle reprend le train pour Paris, 8 heures de voyage. Avant son retour en région parisienne, elle a la chance de participer avec d’autres enfants, à une formation orale de quelques heures sur une méthode, simple et efficace d’arrêt de feu naissant, validée par une application pratique. Elle se souvient d’une sensibilisation étonnante à l’extinction d’un feu de garrigue. Elle fait avec son groupe le test du tesson de bouteille : La maman coach du groupe, jette négligemment sur le sol pour l’expérience, un morceau de verre sur une zone de garrigue largement exposée au soleil. Elle explique qu’il suffit d’1/2heure en plein été pour que la réverbération des rayons solaires sur le verre, enflamme
la végétation qu’il recouvre. Sans intervention humaine, rapidement le départ de feu attisé par les vents, va se propager dans l’environnement. La maman indique une méthode d’arrêt de feu naissant : Faire pipi dessus, surtout réalisable par les garçons. Pour les filles elle préconise d’avoir toujours une bouteille d’eau à portée de main. Pendant leurs discussions le feu a pris. 5 jeunes garçons du groupe, 10/14ans environ, se proposent pour jouer les pompiers. Sous les directives de la maman coach, ils forment un cercle autour du feu : Braguettes ouvertes, tous les zizis sortis sont en pôle position. Chacun des garçons regarde et compare les zizis alentours, en attendant le top départ de l’arrosage, que la maman va bientôt donner. Mona très troublée ne sait plus où, ni quoi regarder. C’est la première fois qu’elle voit autant de zizis en même temps. Commence un autre apprentissage pour elle : tous les zizis ne se ressemblent pas, elle en voit des petits tous mous, mais aussi des plus grands, plus raides, plus fiers qui se redressent. Les 3 filles du groupe, échangent des regards et pouffent de rire. Non elles ne se moquent pas des garçons, elles sont simplement toutes excitées à la vue de « ces choses » dont elles ne sauraient que faire, elles n’en ont pas besoin, tout au moins pour l’instant. Cependant Mona est contente : voila maintenant elle sait, elle a vu. De retour chez son père dans quelques jours, elle va avoir au moins cette information à raconter à ses nouvelles copines de collège. Elle regrette que « Son Fabien » ne soit pas dans le groupe, elle aurait vu son zizi, surtout elle aurait pu l’évaluer par rapport aux autres. Mais dans le fond elle s’en fiche, elle ne sait pas bien à quoi ça pourrait lui servir, si c’est juste fait pour éteindre un départ de feu ! Il n’y a pas beaucoup de feux de forêt en région parisienne. De toute façon elle n’a pas besoin de le voir, « je sais qu’il a un zizi, se dit-elle, puisque je le sens quand je suis assise entre ses jambes, alors c’est bien ». Mais elle a compris quelque chose : elle ne doit jamais s’aventurer toute seule dans la forêt comme l’a fait le petit chaperon rouge. Elle doit y aller avec un copain, au moins elle sera protégée du grand méchant loup. Mais aussi en cas de départ de feu, elle aura à disposition un zizi extincteur. Elle commence à comprendre pourquoi, les grandes plus âgées, sortent avec un ou même plusieurs garçons…
A peine arrivée chez son père et sa belle-mère, il a fallu faire les courses pour la rentrée des classes, fournitures scolaires et vêtements. Elle s’est disputée avec sa belle-mère, elle aussi veut lui faire porter des robes et des jupes. Mona n’a pas changé d’avis elle reste fidèle à ses pantalons, malgré tout elle accepte qu’on lui achète une jupe et une robe. Le problème c’est qu’elle n’a pas le droit de choisir ce qui lui plait. C’est sa belle-mère qui décide pour elle, de ce qui lui va. Elle se dit que ces vêtements vont rester dans l’armoire, elle ne veut pas les porter. Pourtant ce premier jour de rentrée des classes, sa belle-mère l’oblige à porter une robe, elle ne veut pas, son père s’en mêle, elle obéit. Elle est tellement angoissée par cette rentrée au collège, qu’elle n’a pas pu avaler son petit déjeuner, elle ne connaît personne dans ce collège. Dans sa robe elle se sent moche. Même en pantalon elle ne s’aime pas, elle est toute plate, pas de poitrine, pas de taille, pas de fesses et ses cheveux courts sont raides. Quand elle s’entrainait à la piscine de Provins elle voyait bien la différence qu’il y avait avec les autres filles de son groupe : « elles ont des formes, pas moi ». Dès son arrivée chez son père, sa belle-mère lui fait rencontrer une cousine de sa famille : Annick a 14ans, 1an de plus qu’elle. Dommage elle ne va pas au collège, elle va à l’école Notre Dame gérée par les religieuses. Le collège n’étant pas très éloigné de son école, elles se retrouvent souvent, ont de longues conversations sur beaucoup de choses, surtout sur les garçons. Dès leur première rencontre en toute intimité, sans les parents, Mona explique à Annick la cousine, ce qu’elle a appris de son côté sur les garçons pendant les vacances. Fièrement et
avec de nombreux détails que je n’oserai figer sur cette page, elle relate pour sa nouvelle amie ses connaissances sur les garçons extincteurs de feu. Plus elle commente la situation vécue, plus Annick est écroulée de rire. Mona est vexée elle qui croyait que son information était importante, du coup elle se tait. – C’est vrai tu ne sais pas à quoi ça sert un zizi ? – Ben non ! Tu sais à Provins les écoles ne sont pas mixtes, il y a l’école des garçons et l’école des filles, – Tu fais de la compétition de natation je crois, dans les vestiaires ou les douches tu n’as jamais vu les garçons tout nus ? – Ben non, à Provins il y a le vestiaire des garçons et celui des filles ! – Heureusement que tu arrives à Melun, en plus des cours du collège tu as des choses à apprendre. Ne t’en fais pas je vais t’emmener avec moi à la piscine. Il y a le vestiaire des garçons et celui des filles, ils sont l’un en face de l’autre et bien sûr nous laissons les portes ouvertes. Je ne peux pas tout t’expliquer maintenant, mais il faut que tu saches : ne laisse jamais un garçon mettre son zizi dans ta foufouniète, tu te retrouverais enceinte ! – C’est quoi une foufouniète ? Jamais entendu parler, – Il faut que je te mette les points sur les i et les barres aux t, – Ça je sais. Ce n’est pas la peine, je sais écrire tout de même, j’ai mon CEP ! – Je veux dire il faut que je t’explique, c’est urgent ; le zizi c’est le sexe du garçon, la foufouniète le sexe de la fille : le garçon rentre son zizi dans la foufouniète de la fille, c’est comme ça que les parents font des enfants, – A mais alors ça ne sert pas qu’à faire pipi, ou pour éteindre un départ de feu ? – Pour aujourd’hui, je n’ai pas le temps de t’expliquer davantage, mais je t’ai dit l’essentiel. Mona n’a pas compris toutes les explications d’Annick, mais au collège elle va se faire également des copines. Elle pourra leur poser des questions parce qu’Annick raconte peut-être des histoires. Il faut qu’elle vérifie : peut-elle ou ne doit-elle pas se laisser toucher la foufouniète ? Il faut qu’elle sache, c’est important. Annick l’a mise aussi en contact avec ses amies. Avec elles, Mona va se dévergonder, enfin apprendre beaucoup de choses, assez utiles tout de même. La rentrée au collège s’est bien passée, elle a trouvé déjà quelques copines : Bernadette la biquette, Marie-Louise la rouquine, Eveline la câline… Mona ne sait pas pourquoi chaque copine a un surnom : – Bernadette pourquoi on te surnomme la biquette ? – C’est parce que mes parents ont un élevage de chèvres, ils vendent le lait et font des fromages. – Moi dit Marie-Louise tu as compris, je suis rousse, comme ma maman, – J’aimerai bien avoir des cheveux roux tout bouclés comme toi, dit Mona – Moi je n’aime pas ils sont trop frisés, lorsque maman les brosse ça fait mal, je hurle, – Eveline pourquoi câline ? C’est Bernadette qui répond pour elle : – Parce qu’elle n’arrête pas de nous toucher, ses mains traînent partout et encore ça c’est rien. Elle embrasse tous les garçons qu’elle rencontre sur la bouche. – Mais il n’y a pas de garçon dans le collège, – Si tu vas voir nous avons 2 professeurs hommes : pour le sport il est pas mal fichu, et puis notre béguin à toutes, le prof de comptabilité, répond Eveline, – Mais tu ne les embrasse pas j’espère, s’inquiète Mona, – Ben non ! Ils sont trop vieux, ils ont au moins 25 ans. Mais tu n’as pas vu en face le collège il y a une entreprise qui emploie plein de jeunes garçons, – C’est ceux là qu’elle embrasse sur la bouche, elle nous dit qu’elle met la langue, dit Marie-Louise, – Berck ! Ils se laissent faire ? demande Mona inquiète,
– Ben Oui pourquoi ? Tu n’aimes pas embrasser les garçons toi ? – Si j’adore ça, avec la langue bien sûr, dit-elle en grande connaisseuse… – Ne t’inquiète pas puisque ça t’intéresse on va te les présenter, dit Eveline, il y en aura bien un qui te plaira, « Oups, se dit Mona je n’ai jamais embrassé un garçon, même pas « mon Fabien » il va falloir que j’apprenne vite, si je ne veux pas perdre la face devant mes nouvelles copines. Ce qui me gène le plus c’est d’être obligée d’embrasser avec la langue, berck ». Dans l’immédiat pour s’en sortir elle dit fièrement à ses nouvelles amies : – Non vous savez moi j’ai déjà un copain, il s’appelle Fabien et je n’en veux pas d’autre, je suis fidèle. Ses 3 nouvelles copines s’insurgent : – Tu dois obligatoirement essayer plusieurs garçons, ils ne sont pas tous pareils ! En quittant ses amies Mona se dit qu’elle doit rapidement revoir la cousine Annick pour faire le point sur plein de choses. Aussi faire très attention que n’importe qui ne touche pas à sa foufouniète, parce qu’ici, ça craint ! Le soir à la maison : – Et tes cours au collège comment ça va ? lui demande son père, – Très bien pour l’instant je comprends tout ! répond-elle.
Elle s’adapte facilement à sa nouvelle vie à Melun. Elle est relativement libre. Son père travaille à Paris, part tôt le matin et rentre tard le soir. Sa belle-mère travaille dans un quartier un peu éloigné du centre ville. Elle mange sur place dans une cantine, ne rentre à l’appartement qu’en fin de journée. Mona est donc obligée de manger le midi à la cantine du collège des garçons. Il n’y en a pas au collège des filles, mais il y a un internat. Plusieurs filles de sa classe viennent de villages éloignés. Elles sont pensionnaires du lundi au jeudi soir, elles rentrent chez elles le vendredi en fin d’après-midi, il n’y a pas de cours le samedi. Mona a maintenant son réseau de copines et de copains que l’on appelle « une bande » Ils viennent un peu de partout, pas seulement du collège. La bande permet une certaine protection, surtout pour les filles. Elles font confiance aux garçons qu’elles connaissent bien, puisqu’ils sortent très souvent ensemble surtout le week-end. Sauf Mona que ses parents ne veulent pas laisser sortir, motif : elle est trop jeune. Mais dans sa bande elle a une amie « couverture » : Janine, qui habite un village en périphérie de Melun. Quand Mona veut sortir avec ses amis le dimanche, elle invente une invitation chez les parents de Janine. Il n’y a pas le téléphone dans les appartements, c’est une chance, pas de contrôle possible entre Parents. Heureusement car Mona n’est pas chez Janine. Elles sont parties toutes les deux, 15 kms à vélo, dans un dancing de Barbizon. Elles passent l’après-midi à danser et flirter avec les garçons de la bande ; l’heure de retour est fixée pour elle, impérativement à 19h. Grâce à ses nouveaux amis, Mona se transforme, physiquement et moralement. Doucement la chrysalide devient papillon. Elle accepte de porter robes et jupes, sa mère et sa belle-mère en sont ravies. Un matin catastrophe, Que se passe-t-il : Sa foufouniète saigne, ce n’est pas normal. Elle est sûre, aucun garçon n’y a touché. Elle va sûrement se faire disputer. Oui Jeanne sa belle-mère s’en aperçoit, ça la fait sourire. « Alors ce ne doit pas être grave » se dit Mona. Elle lui dit gentiment : – Maintenant que tu es une femme, sois sérieuse avec les garçons car ils peuvent te faire un enfant. Je vais t’emmener chez mon gynécologue, il t’examinera et t’expliquera. Fière et rassurée Mona répond : – Ce n’est pas la peine, je sais déjà c’est Annick qui m’a raconté l’histoire du zizi qui rentre dans la foufouniète. Mais rassure toi, j’y ai fait très attention. Sa belle-mère part dans un éclat de rire, elle s’en étouffe.