//img.uscri.be/pth/a31dcae43585c03cffd6c8f56973cf1f61fff9e3
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

You Belong To Me

De
337 pages
Il ne sera jamais vraiment à elle

Gil a encore du mal à y croire. Pourtant, cette fois-ci, elle ne rêve pas, ce qui lui arrive est bien réel. Oui, elle est la petite amie de Pain Mac Lain, l’acteur mondialement connu, et oui, lui aussi est tombé amoureux fou d’elle. Alors, pour se rassurer, elle repense sans cesse à cette promesse qu’il lui a faite, celle de toujours la surprendre, de rester à ses côtés et de ne jamais la laisser s’éloigner. Et Gil sait que ces paroles sont sincères, que tous les deux ressentent cette même attirance incontrôlable l’un pour l’autre. Mais elle sait aussi qu’elle ne pourra pas échapper à la réalité bien longtemps : l’homme qu’elle aime est adulé par des milliers de femmes et suivi au quotidien par des paparazzis avides de scoops et de scandales. Leur amour résistera-t-il aux pièges de la célébrité ?

A propos de l'auteur
Depuis sa plus tendre enfance, Emma Delsin a toujours aimé se plonger dans les histoires. Amoureuse des émotions transmises par la magie des mots, elle a eu envie, elle aussi, d’écrire pour partager son univers et toucher ses lectrices.
Voir plus Voir moins
Emma Delsin You Belong to Me Il ne sera jamais vraiment à elle Gil a encore du mal à y croire. Pourtant, cette fois-ci, elle ne rêve pas, ce qui lui arrive est bien réel. Oui, elle est la petite amie de Pain Mac Lain, l’acteur mondialement connu, et oui, lui aussi est tombé amoureux fou d’elle. Alors, pour se rassurer, elle repense sans cesse à cette promesse qu’il lui a faite, celle de toujours la surprendre, de rester à ses côtés et de ne jamais la laisser s’éloigner. Et Gil sait que ces paroles sont sincères, que tous les deux ressentent cette même attirance incontrôlable l’un pour l’autre. Mais elle sait aussi qu’elle ne pourra pas échapper à la réalité bien longtemps : l’homme qu’elle aime est adulé par des milliers de femmes et suivi au quotidien par des paparazzis avides de scoops et de scandales. Leur amour résistera-t-il aux pièges de la célébrité ? Depuis sa plus tendre enfance,Emma Delsin a toujours aimé se plonger dans les histoires. Amoureuse des émotions transmises par la magie des mots, elle a eu envie, elle aussi, d’écrire pour partager son univers et toucher ses lectrices.
Première partie
Léa
Ma sœur est rentrée à la maison hier soir. Elle revient tout juste de Paris, mais ça, je suis la seule à le savoir. Nous ne l’avions pas vue depu is l’annulation du mariage, lorsqu’elle a souhaité prendre un peu de recul en partant chez Jane. Mes parents sont persuadés qu’elle y est restée jusqu’à hier et j’ai gardé son secret précieusement, parce qu’elle me l’a demandé et parce que, contrairement à eux, je suis très heureu se que Gil ait décidé de ne pas épouser Graham. Je n’ai jamais apprécié le fiancé de ma sœur. J’ai toujours eu l’impression que quelque chose clochait chez lui, mais je ne parvenais pas à savoir quoi. Lorsque Gil m’a expliqué qu’il l’avait copieusement trompée, ça m’a donné la nausée et j’ai eu envie d’aller arracher les yeux de ce foutu cow-boy. Mais finalement, c’est le soulagement qui l’a emporté. Ma sœur est une personne rare, qui offre toujours le meilleur d’elle-même sans rien attendre en retour. Elle mérite tellement mieux ! Graham et elle se connaissent depuis leur plus jeun e âge. Ils ont été amis jusqu’à l’adolescence, puis ils sont sortis ensemble et, pour finir, ils se sont fiancés. C’est un schéma classique dans les petites villes. Tout le monde se côtoie, et il n’est pas rare de voir un garçon demander la main d’une fille avec qui il partageait les bancs de la maternelle. Moi, ça ne m’arrivera pas. J’ai seize ans, je n’ai jamais eu d e petit ami et je n’ai certainement pas l’intention d’en trouver un dans cette ville. Hier soir, nous étions donc de nouveau tous réunis, mes parents, Gil et moi, pour le dîner. L’ambiance était tendue, pour ne pas dire fraîche, malgré la température élevée, car le spectre du mariage annulé planait toujours au-dessu s de la table. Cet événement avait été vécu comme une tragédie par mes parents, mais aussi par ceux de Graham, qui depuis étaient venus nous rendre visite régulièrement pour tenter de percer le « mystère Gil ». Qu’un futur mari trompe sa fiancée à tour de bras n’est visiblement pas pour eux un motif valable de rupture, et si par excès de lucidité la future mariée ose tout arrêter, elle se retrouve dans la peau de l’ignoble bourreau sans cœur. Ma sœur n’a pas accepté la trahison de Graham, ce qui, à leurs yeux, fait d’elle la fautive de l’histoire, il n’est donc pas difficile de comprendre pour quelle raison elle a choisi de ne pas dévoiler sa relation avec Pain à mes parents. Ces derniers croient qu’il y a encore une chance pour que Gil pardonne à Graham et change d’avis. S’ils savaient l’amour que Gil et Pain épro uvent l’un pour l’autre, ils cesseraient immédiatement d’insister. Mais Gil préfère garder Pain pour elle, même si leur rencontre est digne d’une comédie romantique. Lorsque Pain m’a appelée, il y a deux semaines, pour me demander où était Gil, j’avoue avoir été très surprise. Je ne connais rien de lui hormis ce que j’ai pu lire sur les gros titres des journaux à scandales. Je ne suis pas convaincue que tout ce qu’ils rapportent est vrai, mais une chose est sûre, il était prêt à tout pour retrouver Gil et lui offrir ce qu’il n’avait jamais donné jusqu’ici à une femme. Si je sais tout ça, c’est parce qu’il a dû sacrémen t argumenter pour me soutirer les informations. Je me suis retenue de rire à plusieurs reprises lors de notre conversation, tant l’étalage de son amour pour ma sœur était fort et attendrissant. Certes, il maîtrise l’art du jeu et de la mise en scène, mais à cet instant, je l’ai surtout trouvé nerveux et mal à l’aise pour un comédien célèbre s’adressant à une jeune fille de seize ans. Et puis finalement, j’ai écouté mon cœur et il m’a semblé évident que je ne pouvais pas priver Gil d’un bonheur que personne, et surtout pas Graham, n’avait su lui procurer jusqu’ici. Seul le temps me dira si j’ai bien fait d’intercéder en sa faveur, mais si j’en crois ce que Gil m’a raconté hier, j’ai toutes les raisons de penser que les débuts sont prometteurs. En attendant, Gil a annoncé à mes parents qu’elle préférait s’installer chez Emy, à Los Angeles, plutôt que de vivre à quelques pas du ranch, casée à vie avec un cow-boy et une ribambelle de bébés texans qui auraient pourtant co mblé notre mère. Cette dernière n’a pu retenir quelques larmes et mon père n’a pas caché sa déception. Quant à moi, je suis fière d’elle et j’ai hâte qu’elle rentre de son premier jour aux éditions Stern pour lui souhaiter tout le bonheur qu’elle mérite.
Gil
***
– Ravie de vous revoir, mademoiselle Stanford ! Abigail Flynn m’accueille avec un immense sourire que je lui retourne en lui serrant la main. Directrice éditoriale de chez Stern, Abigail a une quarantaine d’années et paraît sûre
d’elle, surtout comparée à moi. J’éprouve la sensat ion de ne pas m’être suffisamment préparée à cette entrevue qui inaugure mon premier jour en tant que traductrice. Bien sûr, nous nous sommes déjà rencontrées il y a trois mois lors de mon entretien d’embauche, mais à l’époque, ma vie était bien plus calme qu’elle ne l’est aujourd’hui. Je la suis jusqu’à son bureau où nous attend mon co ntrat, ainsi qu’une pile invraisemblable de manuscrits qui semble près de s’effondrer. Elle retire quelques post-its collés sur des dossiers et les chiffonne avant de les jeter à la corbeille. – Comme vous pouvez le voir, le travail ne manque pas. Nous sommes débordés. Les délais de publication sont très courts et nous sommes vraiment très heureux de pouvoir vous compter parmi nous, Gil. Je peux vous appeler Gil ? – Bien sûr. – Parfait ! Et je compte sur vous pour m’appeler Abigail, précise-t-elle en fouillant dans sa pile de manuscrits. Cette rentrée littéraire française est un très grand cru et le roman historique n’est pas en reste. Il a fallu faire des choix, et j’espère sincèrement que les textes que nous avons retenus vous offriront de beaux voya ges, enfin surtout de bonnes nuits blanches. – Je n’en doute pas, j’ai hâte de m’y mettre. C’est vrai, je suis réellement impatiente de m’atteler à la tâche. Les romans historiques français sont ma spécialité ainsi que celle des éditions Stern. Abigail et moi passons une bonne heure à évoquer les textes qui ont été retenus pour l’édition américaine, ainsi que le délai qui m’est imparti pour la traduction du premier. Parmi ses multiples avantages, mon travail n’exige pas que je me rende au bureau tous les matins, l’essentiel pouvant s’effectuer depuis chez moi. Ce pendant, Abigail m’annonce qu’une première réunion est prévue dès cet après-midi pour me présenter au reste de l’équipe éditoriale, ainsi qu’au traducteur qui travaillera avec moi sur ce roman. Au terme de notre rendez-vous, je m’aperçois qu’Abigail et moi nous entendons plutôt bien et j’en suis vraiment soulagée. Je quitte donc les éditions Stern avec en poche mon contrat signé et mon tout premier roman à traduire. Je meurs d’envie de sautiller tout le long du couloir et de crier au monde que la vie est belle, mais une fois dans le hall d’entrée, je me contente de souffler pour relâcher la pression. Je souris à pleines dents aux hôtesses d’accueil et pousse les grandes portes pour retrouver la chaleur écrasante du mois de septembre texan, et la foule qui se presse sur les trottoirs à cette heure de pointe. C’est alors que je remarque une silhouette immobile adossée à une voiture aux vitres teintées. Mon visage s’illumine encore davantage lorsque j’identifie l’homme qui se tient là, rose rouge à la main, au vu de tous et surtout de toutes, au risque d’être reconnu et de provoquer une hystérie collective. Casquette, lunettes de soleil, T-shirt blanc et jean usé lui permettent de se fondre dans la masse, de passer inaperçu, enfin presque. Je marque un temps d’arrêt avant de le rejoindre, mue par cette attraction incontrôlable qui nous anime en permanence. Pain n’était pas censé venir me chercher à Austin, il m’avait dit qu’il avait une interview à Los Angeles. Me revient le souffle de ses mots, il y a seulement quelques jours, lorsque nous étions à Paris. La promesse de me surprendre, de ne jamais me laisser m’éloigner, et je constate qu’il est bien décidé à tenir sa parole, alors que voilà seulement vingt-quatre heures que je suis au Texas. Pain Mac Lain. L’acteur adulé par des centaines de milliers de fans. L’homme dont je préfère ne pas connaître le nombre de conquêtes. Celui-là même qui jusque-là ignorait tout de l’engagement et des sentiments amoureux, et qui pourtant m’a déclaré sa flamme en haut de la tour Eiffel, m’offrant la plus merveilleuse des demandes en mariage. J’avoue que sur le coup, j’ai eu beaucoup de mal à croire que je ne rêvais pas, que ce n’était pas un songe inspiré par la lecture d’un conte de fées. Tout était parfait, calculé pour m’inonder de bonheur. Notre rencontre, déjà. Le fruit du hasard, alors que je fêtais mes vingt-cinq ans en compagnie d’Emy, ma meilleure amie. Ce soir-là, j’ignorais des tas de choses, comme sa notoriété ou encore le fait que notre coll ision dans cette boîte de nuit allait bouleverser ma vie entière. J’étais sur le point de me marier avec Graham, le garçon que je croyais connaître depuis l’enfance, lorsque l’une de ses maîtresses avait eu le courage de me téléphoner pour m’informer des trahisons multiples de mon fiancé. Le monde parfait dans lequel je pensais m’épanouir s’est alors effondré sous mes pieds, et Pain m’a rattrapée avant que je m’écroule à mon tour. Tout a été si vite entre nous que j’ai encore du mal à réaliser ce que nous vivons aujourd’hui. – Qu’est-ce que tu fabriques à Austin ? – Je suis venu combler un manque, répond-il en saisissant l’une de mes mains avant de l’embrasser sans me quitter des yeux par-dessus ses lunettes. Ce simple contact suffit à allumer la flamme, celle qui nous unit, qui nous consume et nous isole du reste du monde. Je me sens rougir lég èrement, déstabilisée par la présence
imprévue du maître de mes émotions. – Nous n’avons été séparés qu’une seule nuit, je lui souffle en souriant. – Oui, murmure-t-il à son tour. Une nuit de trop. – Et ton interview ? – Oh ! Elle a été annulée. Lorsqu’il m’attire contre lui, il n’y a définitivement plus personne autour de nous. Je n’entends plus le vacarme de la rue, je ne vois plus aucun piéton ni aucune voiture. La Terre s’arrête tout simplement de tourner. Ses lèvres dou ces et chaudes viennent caresser les miennes pendant que ses mains agrippent ma taille. Une puissante vague de chaleur déferle de mon ventre à mon cœur et m’oblige à fermer les yeux. Plus le temps passe et plus je dois admettre que je serais bien incapable de vivre sans toutes ses sensations, sans celui qui me les procure. Je réponds lentement à ce tendre baiser tout en posant ma main sur le torse de Pain avant de resserrer mes doigts sur son T-shirt. Ses lèvres s’étirent alors, parce qu’il sourit, et je comprends que ce n’est pas vraiment l’endroit pour les démonstrations d’affection. Je m’écarte brusquement en rougissant de plus belle, tandis que Pain m’offre un baiser bien plus chaste et m’entraîne à l’intérieur du véhicule. Mes jambes sont un peu engourdies, et j’ai l’impression de devoir fournir beaucoup d’efforts pour ne pas trébucher en m’installant sur la banquette arrière. Pain indique au chauffeur le nom d’un hôtel, et ce dernier démarre aussitôt en s’insérant dans la circulation dense de l’avenue. – Comment s’est passé ton rendez-vous ? demande-t-il en jouant avec mes doigts. – Très bien. Je vais enfin pouvoir me mettre au travail. J’ai juste une réunion cet après-midi pour rencontrer le reste de l’équipe. – Ah ! se contente-t-il de murmurer sans quitter nos doigts entrelacés des yeux. J’ai l’impression qu’il n’a pas vraiment écouté ce que je viens de lui dire et qu’il semble préoccupé par autre chose. Je n’ai pas le temps de lui demander ce qui le tracasse, que déjà il renchérit sans lever les yeux. – Bébé, où est ta bague ? Je sors alors de sous mon chemisier ma chaîne, au b out de laquelle scintille le magnifique anneau serti de diamants. – Elle ne me quitte pas, mais je ne voulais pas attirer l’attention aujourd’hui. – Gil, veux-tu m’épouser ? Je souris, surprise par sa question. – Je crois que tu me l’as déjà demandé. – Je ne me lasse pas d’entendre ta réponse. – Oui, Pain. Je veux t’épouser. Un demi-sourire se dessine sur ses lèvres, et lorsqu’il daigne enfin planter à nouveau son regard dans le mien, je ne peux que retenir mon souffle, submergée par l’émotion. Sa main vient se poser délicatement sur ma joue, dont il caresse la pommette avec son pouce, et au moment où sa bouche entre en contact avec la mienne, mon désir se propage en un éclair dans chaque cellule de mon corps. Tout en m’offrant un baiser d’une tendresse inouïe, Pain saisit mes hanches pour m’installer sur ses genoux. Cette fois, je peux presque entendre les bruissements d’ailes de ma raison qui prend son env ol. Mes doigts s’enfoncent instinctivement dans la chevelure brune et déjà désordonnée de mon fiancé qui pousse un soupir de satisfaction. Ses mains entourent mon visage, ses lèvres douces et impatientes s’accaparent désormais les miennes avec avidité, et je suis prise au piège du désir que j’éprouve invariablement en sa présence, responsable du brasier qui se déclare au creux de mon ventre. Lorsque Pain m’invite à presser mon corps un peu plus fort contre le sien, il me faut rappeler ma raison à la rescousse. Nous sommes dans une voiture avec chauffeur et je n’ai pas pour habitude d’agir avec autant d’insouci ance en public. Le souffle court, je recouvre mes esprits, ainsi que ma place sur la banquette. Pain, quant à lui, reste dans la même position, les yeux fermés, sans toutefois libérer ma main qu’il serre plus fort. – Pourquoi t’éloignes-tu ? – Vous êtes une personnalité, monsieur Mac Lain. Il serait regrettable de ternir votre image. – Ternir mon image ? s’esclaffe-t-il avant de se rapprocher de moi pour poser sa tête sur mon épaule. Dis plutôt que tu veux me rendre fou dans ce tailleur que je vais de toute façon t’enlever dès que je le pourrai. Je crois que je viens de m’entendre glousser, même si je préférerais que ce ne soit pas le cas. Une chose est sûre, je suis totalement sous le charme et irrémédiablement amoureuse du garçon qui est en train de me faire les yeux doux. – Ne te fais pas d’illusions. J’ai à peine le temps de déjeuner avant de repartir assister à la réunion. – Nous ferons tout ce que tu souhaiteras, me murmure-t-il de sa voix chaude.
Àprésent, c’est moi qui vais devenir folle si cet homme magnifique et tendre qui prétend vouloir m’épouser ne cesse pas immédiatement de me dévorer des yeux. Par chance, nous arrivons à destination : il nous faut sortir de notre bulle et descendre du véhicule. Pain remet casquette et lunettes ; la vie reprend son cours. Le restaurant de l’hôtel est pratiquement désert, mais nous choisissons malgré tout un endroit en retrait afin de ne pas être dérangés. Nous déjeunons en discutant de mon entrevue avec Abigail. Pain se montre curieux et me pose plein de questions sur mon nouveau travail. L’intérêt qu’il me porte est touchant, car je ne suis pas habituée à être le centre de l’attention de quelqu’un. Il m’écoute, me félicite et ne cesse de me répéter qu’il est fier de moi, heureux que j’exerce un métier qui me plaît. Mais vers la fin du repas, il se rembrunit avant d’aborder un tout autre sujet. – Comment s’est passé ton retour au ranch ? demande-t-il en évitant mon regard. Sa question me met immédiatement mal à l’aise, et c e pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que je n’ai pas dit à mes parents qu e je venais de passer quinze jours en compagnie de Pain à Paris. Je ne suis pas encore prête à leur dévoiler la place qu’il occupe désormais dans ma vie car ils ne sont eux-mêmes pas prêts à l’entendre. Tout a été si vite. Je suis persuadée qu’au fond d’eux, ils espèrent encore que je vais débarquer un beau matin en leur annonçant que j’ai tout pardonné à Graham, ce qui n’est pas près de se produire. S’ils apprenaient que Pain m’a demandée en mariage ! Je sais aussi qu’il n’aime pas me savoir seule au Texas. La dernière fois que c’est arrivé, je ne lui ai plus donné de nouvelles pendant une semaine et, pour finir, je suis partie me réfugier chez mon amie Jane pour prendre un peu de recul. Et puis surtout, il déteste l’idée que je puisse me trouver à proximité de Graham. Je le comprends, mais j’ai vraiment besoin de toute sa confiance. – Le dîner était un peu tendu, mais dans l’ensemble, tout s’est bien passé. Ils étaient contents de me revoir après deux mois d’absence. Pain acquiesce en s’efforçant de sourire. Il plisse les yeux. – Tu leur as parlé de ton emménagement à Los Angeles ? C’est à mon tour de baisser la tête et de me focaliser sur la main de Pain qui caresse la mienne. – Oui, mais je dois t’avouer que l’idée ne les enchante pas vraiment. Ils pensaient que j’étais rentrée à la maison pour de bon et ils ne comprennent pas pourquoi je pars m’installer là-bas. Pain continue à sourire même si le cœur n’y est pas. – Tu leur as fourni des explications ? – Je leur ai simplement dit que Los Angeles m’avait beaucoup plu, que j’avais besoin de m’éloigner du ranch… et de Graham. À sa manière de me regarder, je sens que Pain est tendu. Il ne rebondit pas sur ce que je viens de dire tout en donnant l’impression d’en mourir d’envie. – Je ne leur ai encore rien dit à ton sujet, mais je compte rester quelques jours avec eux pour en discuter. – « Quelques jours » ? – Je leur dois bien ça avant de partir. – Tu veux un dessert ? demande-t-il en lâchant ma m ain pour se redresser contre le dossier de sa chaise. Son attitude me prend un peu au dépourvu mais je préfère ça plutôt que d’épiloguer sur mes parents ou sur Graham. – Non, merci. J’ai déjà trop mangé, je réponds en souriant. – Moi, j’ai envie d’en prendre un. Mais pas ici. En se levant, Pain saisit de nouveau ma main et me tend mon sac. – À quelle heure est ta réunion ? demande-t-il en m’entraînant entre les tables. – Dans un peu moins de deux heures. – Parfait. Nous poursuivons notre chemin jusque dans le hall de l’hôtel, main dans la main, pour nous retrouver devant l’un des ascenseurs. Avec déférence, le liftier nous ouvre les portes, et nous entrons sans que j’ose demander à Pain ce qu’il mijote. Lorsque la cabine se referme et nous enveloppe dans le silence, j’attends que Pain me sourie, se rapproche ou reprenne ma main, mais au lieu de cela, il se contente de regarder droit devant lui. Je décide donc de faire le premier pas et pose ma main sur son bras puis la laisse glisser pour entrelacer nos doigts. Son souffle s’accélère, et il ferme les yeux, mais je le sens se raidir. Je ne comprends pas son soudain revirement, et mon cœur se met à battre plus vite. – Pain… que se passe-t-il ? je murmure, inquiète. Il se contente de serrer les mâchoires jusqu’à ce que l’ascenseur s’immobilise. Nous enfilons le couloir d’un pas pressé jusqu’à une porte équipée d’un boîtier où Pain glisse sa