Ma soeur, mon combat

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176 pages
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Je me tournai vers ma soeur. Elle était écroulée par terre, en train de pleurer. Les mains toujours tenant les béquilles, la tête sur le bras, les larmes étant épongées par ses habits en coton. Elle pleurait comme un enfant à qui on donne une punition. Ses jambes étaient rangées sous son corps, repliées, seuls les genoux se trouvaient encore entre les deux béquilles, la jambe gauche sous la jambe droite, les deux pieds à côté de sa fesse droite. Je la laissai pleurer. Je pensais avoir fait le bon choix, j'étais fière d'avoir pu affronter les pleurs de ma soeur. Peut-être pas en face, mais deux mois auparavant j'aurais encore tout annulé. Je vieillissais, et en vieillissant, il fallait savoir prendre des décisions, des responsabilités. L'adolescence est censée être l'époque de l'insouciance... Pas pour Shirley, jeune femme qui semble porter sur ses épaules tous les dysfonctionnements de sa famille, et notamment sa soeur, fortement dépendante à la drogue, qu'elle tente de protéger et d'aider contre vents et marées. Mais combien de temps encore Shirley pourra-t-elle s'oublier? Portrait d'une ado qui se construit dans l'adversité et la lutte, entraînée en zones troubles, "Ma soeur, mon combat" conjugue drame et éveil amoureux, sororité et combats, colères et pardons, dans un récit qui nous happe dès ses premières lignes.

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Date de parution 12 mars 2015
Nombre de lectures 76
EAN13 9782342035353
Langue Français

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Ma sœur, mon combat
Sabrina Pilot Ma sœur, mon combat Notre secret
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Il est de ces jours où on sent qu’on va passer une bonne journée… — Shirley ! — Oui ? — Viens voir, s’il te plaît — Oui, j’arrive ! J’entrai dans la chambre de ma sœur. Elle était assise dans la position du lotus sur son lit, en face de la porte, la tête basse. Ses longs cheveux noirs et gras de plusieurs semaines, peut-être même de plusieurs mois, retombaient sur son visage, le bord des yeux rouges, les narines gran-des ouvertes et la bouche fermée : telle une tueuse en série. Après avoir refermé la porte, derrière moi, elle me tendit un billet de cinquante euros sans même me regarder. — Tu sais pourquoi je te donne cet argent, j’imagine ! — Oui, je m’en occupe tout à l’heure, quand j’aurai fi-ni… — Non, maintenant ! me dit-elle sèchement. — J’en ai pas pour longtemps… — C’est-à-dire ? — Je ne sais pas, peut-être une demi-heure, tout au plus. — D’accord, mais fais au plus vite ! Je finis mes derniers devoirs en vitesse pour ne pas im-patienter ma sœur, je connaissais ses colères et je n’avais aucune envie d’en affronter une nouvelle. J’enfilai une grosse doudoune, il faisait encore froid mais beau, malgré l’hiver qui était déjà bien présent puis je passai par la porte de derrière pour éviter que ma mère me voie avec un aussi
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gros billet. Après tout, je n’ai que seize ans. Bref, une fois dehors, j’empruntai les petites ruelles pour aller voir son vendeur préféré. Il faut dire aussi, qu’il y a un ou deux ans, c’était son petit ami et, à ce qu’il me semblait, aux dernières nouvelles, ils n’avaient pas encore rompu. Je ne l’avais jamais beaucoup aimé, au contraire de ma sœur, mais depuis qu’elle l’avait connu, elle ne pouvait plus bouger de sa chambre. Je suis certaine que c’était de la faute de cet enfoiré. Ma mère me demandait souvent au sujet de son adolescente aînée comment elle allait ; nous lui avions fait croire qu’elle avait une grave maladie qui l’avait défigurée, mais ma sœur et moi savions que c’était un con qui lui avait défiguré son mental. Résultat : ma mère ne voulait plus voir celle qui fut autrefois sa fille. Je pensais qu’elle avait peur. J’arrivai enfin à l’endroit prévu, dans le petit hangar. J’ouvris la porte et Mathieu me dit avec sa voix toute grave :
— Salut, j’t’en mets deux, comme d’habitude ?
J’acquiesçai. Evidemment, si je venais ici assez souvent et à allure régulière aussi, c’est qu’il me fallait toujours la même chose. Enfin bon, son cerveau, d’un autre côté, était flingué par la drogue, alors forcément tout ce qu’il disait pouvait paraître ravagé… Je ressortais avec la marchan-dise de ma sœur. Le hangar, le lieu de la vente, était leur endroit depuis quelques mois, à croire que personne ne les avait dénoncés. Arrivée chez moi, ma sœur m’appela, elle avait sûrement besoin de moi. J’entrai dans sa chambre en refermant vite la porte derrière moi. Elle était couchée sur le lit, comme essayant de se battre contre une force inté-rieure. Elle se tortillait dans tous les sens. Elle faisait vraiment peur, mais je savais la maîtriser parfois, et là, elle faisait une petite crise, alors je lui préparai ce dont elle avait besoin.
Ces derniers temps, c’est vrai qu’elle avait fait beau-coup de crises. Que devais-je faire ? Dire à ma mère qu’il
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