Mac Jenson - Tome I

Mac Jenson - Tome I

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Français
284 pages

Description

« L’an 3075.

Je m’appelle Mac Jenson et je suis un technicien spatial très expérimenté.

La plupart du temps, je travaille sur des portes ou passerelles qui permettent à de gros vaisseaux de traverser et ainsi de voyager à la vitesse de la lumière à travers l'immensité de l’espace.

Une mission de remise en état m’est confiée sur l’une d’elles se situant près de la planète Neptune.

J’y ai été envoyé avec la station de Kollac, le StarBlaster. Une autre équipe nous accompagne, incluant la sublime et renversante Sin, l’experte médecin.

Cela fait déjà plusieurs mois que je n’ai plus vu notre belle planète mère, la Terre... Mon chef me tanne pour réparer cette foutue arche spatiale au plus vite avec les moyens médiocres mis à ma disposition.

Un accident se produit alors et tout bascule... »


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Date de parution 20 décembre 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782414161775
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-16175-1
© Edilivre, 2018
Je dédicace ce livre à ma femme bien aimée, mes deux enfants et mes amis, les vrais !
Au jour du jugement, la plume du savant pèsera autant que l’épée du guerrier.
N’oublies jamais que le jour où tu dégaines ton épée, tu seras seul maître à la manier…
Proverbe Indien
R. Willis
Acte 1 L’incident
Cela va faire maintenant six heures que je suis en train de réparer cette porte de l’espace et je dois tout le temps répéter par radio au chef, qu’il est temps de commander des nouvelles pièces ! Le problème de nos jours est cette complexité infinie de composants que l’on retrouve partout en abondance, et que plus personne ne maîtrise réellement. Comme j’ai toujours été dans tous les grands projets depuis le début, on me sollicite sans me ménager ! – Chef, j’en ai franchement ras-le-bol, je veux ces nouvelles pièces, ça ne tiendra jamais sinon ! – Arrête de me les briser avec tes conneries, ça coûte trop cher et tu le sais bien ! Règle-moi ça et préviens-moi quand c’est réparé ! En attendant libère le canal de communication. Exécution ! Bon, j’abandonne, cela ne sert à rien de discuter avec lui. Dix ans d’expérience mécanique spatiale et nous continuons avec des matériaux de récupération ou carrément obsolètes, j’aurais peut-être dû écouter mon père quand j’étais jeune, quand il me répétait en boucle : – Nettoie les cuvettes des autres ou engage-toi dans les forces spatiales. Ton premier choix ne sera peut-être pas le bon, mais fais en sorte d’en avoir un deuxième ! Il faut savoir que les débuts de mon paternel furent très difficiles. Si seulement ma mère avait survécu à l’accouchement lors de ma naissance, cela aurait peut-être changé la donne pour lui. Maintenant, il est clair que l’on ne sait jamais vraiment d’avance de quoi le futur est fait. Lui, en tout cas, n’a rien vu venir, mais a toujours eu la force et la volonté de continuer coûte que coûte, jusqu’au bout. Je n’ai pas toujours tout compris, mais à mon âge, certaines choses deviennent plus que limpides. Pour l’instant en ce qui me concerne, j’ai l’impression d’avoir nettoyé, pour reprendre l’expression peu gracieuse de mon père, les cuvettes des autres. Toujours les mains dans le cambouis, mais je ne vois malheureusement pas d’autres options dans l’immédiat. Ces derniers temps, j’aimerais bien voir un miracle se produire, me proposant une deuxième solution, pour m’éviter cette corvée qui ne m’amuse plus depuis des années. Cinq ans de formations intenses, pour pouvoir débuter dans ce métier. J’aurais mieux fait d’ajouter quelques années supplémentaires, pour ajouter une autre corde à mon arc. Bon dieu, ce n’est pas un travail ça ! Suspendu dans l’espace, faisant fleurir mon imagination à tenter de retaper cette structure ! Finalement, ce n’est pas la réparation en elle-même qui me dérange, mais les outils et le temps octroyé pour arriver à cette fin. C’est tout juste inadmissible. Bon, je pense que ça devrait aller maintenant. Par contre, la prochaine fois qu’un vaisseau traversera cette porte en désactivant ses propulseurs trop tard, la passerelle de l’espace cèdera à coup sûr ! En tout cas, j’aurais fait de mon mieux avec les moyens du bord. C’est ce type d’erreur qui a coûté la vie à mon père à l’époque. En tant que gardien de la ceinture de Jupiter, il pilotait une deuxième génération de petit vaisseau de reconnaissance, capables d’atteindre la vitesse lumière en quatre heures. Il y avait eu du beau progrès depuis, étant donné que la première génération de ce type de navette prenait vingt heures avant d’atteindre la vitesse lumière. Aujourd’hui, nous sommes au « Lance VL III ». « Lance » vient sans doute du fait que l’engin ressemble vraiment à la pointe d’une lance. Toute personne voyant pour la première fois de sa vie un vaisseau ce type, reste bouche bée devant ce design très accrocheur et agressif. Le VL indique vitesse lumière et le trois, tout simplement la génération de vaisseaux, dans ce cas-ci la troisième du nom. Côté style, le Lance VL I est pour un néophyte du design, l’égal du VL III. Ce qui est une toute autre histoire côté technologie.
Il paraît que la version IV est déjà en phase de construction. Avec un peu de chance, la téléportation humaine sera enfin accessible et ainsi intégrée dans le sas d’embarquement. Mais bon, il serait déjà bien utile que la téléportation d’objets fonctionne correctement. La dernière fois que j’ai utilisé le téléporteur pour charger le vaisseau avec mes boîtes à outils, j’ai mis des plombes à remettre les ustensiles à leurs endroits respectifs après le transfert. Quoi qu’en y réfléchissant bien, je me demande s’ils n’étaient pas déjà mal rangés au départ. Bref. Bon allez, encore un coup de Kryo ici et nous pouvons refaire un test ! – Chef, tu peux me refaire un lancement d’ouverture ? – Ah quand même ! Tu crois que c’est bon ? Prends de la distance sinon tu vas cramer ! – Oui… je m’en éloigne…… Il arrive encore qu’une initiation de porte ne se déroule pas comme prévu, sans conséquence pour les vaisseaux environnants, mais un scaphandre, seul dans l’espace comme celui que je porte, risque de se voir allumer comme une torche et frire l’intérieur. C’est marrant, l’image du pop-corn qui saute dans le micro-rayon me vient à l’esprit. – Si ça s’effondre, tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenu ! – Oui, oui, t’inquiète… bon, quelle destination ? Elles sont toutes fonctionnelles maintenant ? – Oui, mais prends la Terre, tiens. Ça fait un bail que je ne l’ai plus vue ! Neptune est belle, mais tout ce bleu tout le temps, ça manque de variété ! – OK pour la Terre, je lance le paramétrage ! Eloigne-toi encore un peu plus, en attendant.
Ça va faire maintenant des centaines d’années que l’humanité cherche une planète viable comme la Terre, mais les contraintes sont toujours anormalement élevées, au point que l’on est toujours obligé de naviguer plus loin pour faire évoluer les connaissances, en découvrant des choses absolument impensables dans les années perdues en l’an deux mille. D’ailleurs, je me demande comment les gens réagiraient en cette époque, s’ils savaient que trois cent ans plus tard, plus personne n’aurait à se préoccuper de carburant. Encore à ce jour, je ne comprends pas comment ils fonctionnaient dans ce temps-là. Devoir remplir d’un liquide leur bac à déplacement, qu’ils appelaient voiture, si j’ai bien suivi mes leçons d’histoire. Il paraît même qu’il y avait différents liquides et qu’il ne fallait pas se tromper au risque de casser cette boîte à roues. Enfin, ils n’étaient vraiment pas très évolués à cette époque, vu le merdier qu’ils nous ont laissé. Pourquoi met-il autant de temps à me répondre ? – Chef ? – Oui pardon, voilà, paramétrage pour la destination Terre terminée… – Ça fait quoi, cinq mois que l’on a été transféré ici ? – Je ne compte plus. Par contre, ça commence effectivement à peser. – Ok chef… pour moi c’est bon, je suis à bonne distance. – Donne-moi une minute, le temps de vérifier le calibrage… Comme si je n’avais que ça à faire, avec du moins deux cent degré Celsius tout autour… mes systèmes de survie commencent à s’épuiser et mes nerfs avec ! – C’est bon Mac, compte à rebours, je déclenche dans 3… 2… 1… MAINTENANT ! A chaque fois, c’est un vrai spectacle pour les yeux de voir une porte de vitesse lumière s’enclencher. Si je devais comparer à quelque chose de similaire, ce serait comme si l’on se retrouvait au-dessus d’un plan d’eau qui forme un cercle parfait au calme plat pour commencer, puis s’agite comme si une pluie torrentielle s’abattait dessus, déchirant la tranquillité du départ. Le tout avec une intensité lumineuse, partant du néant, passant au blanc aveuglant en moins de cinq secondes. Comme un éclair arrivé au maximum de sa puissance, la lumière éblouissante disparaît
alors en un clin d’œil et l’on voit à travers la porte, un vrai délice pour la vue : on aperçoit en toute netteté ce qui se trouve de l’autre côté, l’autre porte donnant sur la Terre dans mon cas ! C’est toujours comme une découverte, notre planète mère ! – MAC ! TIRE-TOI DE LÀ VITE FAIT, J’AI LES INDICATEURS DANS LE ROUGE ET CE N’EST PAS BON DU TOUT ! MAC !!! Le temps de me tourner vers la station de réparation, qui se trouve à cinq cent mètres, je ressens une énorme onde de choc venant de la passerelle qui me propulse maintenant à toute vitesse vers ma base. – Oulaaa, ça va faire une sale omelette ça ! C’est peut-être le moment de stresser… Ce n’est pas bon du tout, je commence à distinguer la tête du chef à travers son hublot. J’arrive à trop haute vitesse, ce n’est vraiment, mais vraiment pas génial… Comment se fait-il qu’il ne bouge pas et que je ne l’entende pas hurler à travers la radio ? Et pourquoi est-ce que mes commandes de direction ne réagissent plus… – M’enfin ! Mais qu’est-ce qui se passe bon Dieu ? Chef, tu m’entends ? Chef ? Je ne contrôle plus rien ! Ma respiration s’emballe. J’ai l’impression que mes battements de cœur vont me faire exploser les veines. À pleine vitesse en direction de la station, je pensais évidemment y retourner à un moment donné, mais pas aussi vite. – Non mais c’est quoi ça ??? La station disparaît sous mes yeux. Plus rien, tout simplement partie ! Ce qui vient de se passer est juste incompréhensible. Comment une station toute entière peut disparaître comme ça ? Je me retourne pour jeter un œil sur la porte qui donnait à l’instant sur la Terre et qui avait dû imploser. Et là, je ne sais plus quoi dire : elle aussi, tout simplement vaporisée. Une structure autoportante d’un kilomètre de diamètre, ça ne s’évanouit pas comme ça ! Pas que cela me déplaise que ma station ne soit plus à sa place, car cela se serait mal terminé de toute manière, mais ne voyant plus rien autour de moi, j’ai un grand moment de solitude qui envahit mon âme : je commence à paniquer. Les alarmes sur les signes vitaux de ma combinaison commencent à m’exacerber. – Bon, toi, je te coupe. Tu ne me sers à rien ! Mais où sont passées toutes les structures ? Oh mon Dieu ! Je viens seulement de m’en rendre compte : où est passée la planète Neptune ? Mais où suis-je ? Même le soleil… ce n’est définitivement pas notre système. – Encore des alertes sonores ? Quoi ? Plus de trois cent degrés Celsius ? Je dois encore être sous le choc, mais je n’ai pas le choix que de constater par la vue que je ne suis plus dans notre système solaire, du tout. Et ce spot bleu, j’ai beau me dire que c’est impossible, mais c’est bien une étoile, une géante bleue sans doute. J’espère que ma combinaison va tenir le coup. Se prendre cinq cent degrés en une fraction de seconde, c’est un tout petit peu inhabituel quand même. Elle est sensée supporter des variations de mille degrés d’après la société SpaceCorp, mais je n’ai aucune idée de la vitesse à laquelle ces variations peuvent avoir lieu, ni comment ils ont pu valider leurs tests ! L’espace devant moi commence à s’agiter, une sorte de distorsion visuelle s’installe. C’est maintenant que je me rends compte que je suis toujours en cours de déplacement. Je m’approche de cette anomalie, ne sachant strictement rien faire. – Mais qu’est-ce qu’il va encore m’arriver ? Bordel ! Je tente frénétiquement de faire fonctionner mes commandes, mais elles ne réagissent toujours pas et je ne sais absolument pas vers quoi je navigue à toute allure. Décidément, je vais de surprise en surprise, ce n’est pourtant pas mon anniversaire aujourd’hui ! Je le ressens, mon cœur s’emballe, ma respiration augmente, un voile noir commence à s’installer, j’arrive à pleine vitesse sur cette anomalie… je… mes… – Mac… Bon dieu, MAC !
J’ai dû m’évanouir un bref instant, je vois encore tout flou. J’ai l’impression qu’un transporteur m’est passé dessus, je ressens encore une forte pression au niveau des poumons. – Mac, réponds-moi ! Mac… tu m’entends ? Je distingue vaguement à cinquante mètres devant moi le hublot, avec le chef qui se trouve juste derrière. Il a l’air tout agité cette fois-ci… – Chef ? – Enfin !!! Tu vas bien ? – Alléluia ! Tu m’entends !!! – Ne bouge pas, Sin et Joe sont en chemin pour te récupérer ! Même si je le voulais, bouger est en l’état actuel peu probable, car mes membres sont complètement engourdis. Pour tout dire, je n’arrive même plus à bouger les pouces pour faire bouger les commandes. – Je pensais partir faire du shopping, je te ramène quelque chose ? Je tente en même temps de lui brandir un doigt d’honneur mais impossible. – Haha ! Ça, c’est bon signe ! – Que je veuille aller faire du shopping ? – Non, ton sens de l’humour stupide. Welcome back parmi les vivants mon vieux ! Au même moment, je sens un clic dans mon dos. Sin vient de m’attacher à son scaphandre avec une sécurité pour me ramener. Un ange venu me sauver, la première bonne surprise de la journée ! Parmi toutes les équipes de sauvetage, je me retrouve rattaché à la plus bienveillante des êtres de tout l’univers. Je l’ai rencontrée il y a moins d’un an sur notre vaisseau. Je n’oublierai jamais cette matinée où j’allais rejoindre le chef sur le pont pour une mission. Venant du niveau inférieur où venait d’amarrer un vaisseau médical, j’ai vu cette magnifique créature arriver droit sur moi. Ses longs cheveux noirs tombant tout droit sur ses épaules, ses yeux d’un vert profond, il ne m’aura fallu que ce bref instant pour me noyer dans son regard doux et pétillant d’étoiles. Ne voulant pas lui passer devant comme un impoli, j’ai ralenti et indiqué d’un geste de la main gauche que je lui cédais le passage vers l’étage. – Je vous en prie… – Merci, c’est gentil ! Cela n’a duré qu’une fraction de seconde, mais cela m’avait laissé le temps de me perdre dans son regard et de profiter du premier sourire qui illuminait son visage comme un soleil et qui au passage, réchauffait mon cœur. Je me souviens que mon oreillette hurlait, le chef était vraiment pressé de me voir et il insistait : – Magne-toi, ça ne rigole pas ici ! J’ai accéléré le pas arrivé en haut et dépassé Sin, dont je ne connaissais pas encore son nom à l’époque. Arrivé sur le pont le chef me parlait mais j’avais encore la tête un peu ailleurs, je guettais cette jolie personne, qui avait l’air de faire fausse route en nous rejoignant, au lieu d’aller à l’infirmerie. – Excusez-moi mademoiselle, je pense que vous vous êtes trompée, le côté médical est à l’opposé du couloir… en passant, je me présente, je m’appelle Mac. – Ah Sin, vous voilà enfin, soyez la bienvenue ! Mac, je te présente Sin. À ma grande surprise, elle n’était pas perdue du tout, j’allais me retrouver en mission avec elle ! Ce jour-là restera gravé à tout jamais dans mes souvenirs.
– Mac ? C’est moi, Sin. Je suis avec Joe ! Je viens de t’attacher, nous t’emmenons faire un examen médical. Est-ce que tu as mal quelque part ? Comment te sens-tu ?! Que s’est-il passé ? – Mes membres sont encore engourdis.
– Les informations de ton équipement sont inquiétantes, je lis une différence de cinq cent degrés ! – Oui, je sais, j’avais besoin de soleil !
Acte2 Le retour
Confortablement allongé sur le lit médical, j’aperçois à travers l’entrée vitrée Kollac, mon chef, qui arrive à toute vitesse et frappe énergiquement à la porte pour entrer. Sin passant au crible tous mes signes vitaux, son assistant, Joe, lui fait signe d’un mouvement directif de la main droite de s’asseoir dans la salle d’attente et d’y patienter un instant. – Cela fait maintenant plus de seize heures que j’attends ! Étrange, j’étais pourtant persuadé que ça ne faisait que quinze minutes que j’étais couché ici. Et il continue à tambouriner cette pauvre fenêtre. – Laisse-moi rentrer Joe, maintenant ! Joe est une vraie armoire à glace de deux mètres. Pas de graisse, que des muscles. Il n’a jamais su parler, étant né avec une anomalie l’empêchant de sortir un quelconque son de sa bouche. Par contre, il sait se faire entendre par ses silences imposants, si je puis dire, quand le besoin s’en fait ressentir. Rien que de se tenir devant lui, inspire le respect. Joe se rapproche de la porte, fait le même signe que précédemment et lui rajoute une indication de la main, lui faisant comprendre que cela prendrait encore cinq minutes. Le chef semble avoir compris, étant donné qu’il s’éloigne de la porte pour attendre à côté. Ça peut sembler étrange, mais la première chose qui me revient à l’esprit quant à cette mésaventure, c’est cette lumière bleue intense. Si ce n’était pas une géante bleue, je ne sais pas ce que c’était. Mes membres commencent tout doucement à se réveiller. Il est temps parce que je ressens une certaine envie d’aller au petit coin, et j’aurai besoin de mes jambes pour m’y amener au plus vite. – Sin, excuse-moi mais est-ce que c’est bientôt fini ? J’ai une urgence… – Oui, à l’instant. Redresse-toi tout doucement en position assise et attends un peu avant de te mettre debout. – Ok ! Finalement, je m’en suis bien sorti. Je n’ai plus mal nulle part, tout semble être revenu à la normale… Je vais vite aller me soulager car ça commence vraiment à presser. – J’arrive de suite chef, merci d’être venu me voir, en passant ! Les toilettes sont à proximité de l’infirmerie, mais il faut quasiment entièrement la contourner pour y arriver. Une fois à l’intérieur des WC, on peut facilement suivre les conversations qui se déroulent de l’autre côté. Bonjour la discrétion ! Et justement, Sin semble avoir quelques échanges rudes avec Kollac. Elle semble lui demander ce qui s’est passé là dehors, mais il ne peut pas trop lui répondre. Sur ce coup, j’avoue ne pas comprendre non plus. Que vais-je bien pouvoir leur raconter ? Ils vont penser que j’ai perdu la boule. Dans un premier temps, je pense que je ne vais rien dire du tout, mis à part que j’ai un trou de mémoire. Je dois cacher mon enthousiasme, parce que cette lumière bleue, était vraiment prenante. Je n’arrive pas à me défaire de cette vision. – Me revoilà chef… – Que s’est-il passé ? Et surtout où étais-tu passé ? Un petit bonjour sympathique ne m’aurait pas fait de tort. Mais bon, je vais donc me contenter de son air énervé et faire attention à ce que je dis. – Eh bien je vais te répondre que je ne sais pas, car je ne m’en souviens pas. La dernière chose qui me vient à l’esprit, c’est d’avoir été poussé violemment et je me demande bien pourquoi. – Arrête tes conneries, tu es resté absent plus de seize heures ! Seize heures ! – Non, imposs…