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Madame et ses défenseurs - Mélanges politiques

De
204 pages

DE LA BRANCHE AÎNÉE,

adressé à un pamphlétaire du Palais-Royal.

LES deux mois qui viennent de s’écouler ont, par deux anniversaires de sanglante mémoire, ramené plus particulièrement notre pensée sur cette famille de nos rois, également consacrée par les vertus et par le malheur. Vertus et malheur ! voilà donc la seule inscription qui doive être placée sur leur tombe, et marquer le chemin qui les a conduits à l’exil.

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Louis de Calvimont
Madame et ses défenseurs
Mélanges politiques
PRÉFACE
Si c’est par la presse que se propagent les traditi ons qui gouvernent la civilisation sociale en corrigeant ou perfectionnant les peuples , que ne devra pas l’avenir aux plumes nubiles qui sauront lui présenter l’époque a ctuelle dans son véritable jour ? Que de leçons utiles l’histoire n’y puisera-t-elle pas pour l’instruction et la réformation des générations futures ? Lorsque les fruits de la terre, à leur maturité, ne sont point cueillis, loin d’être perdus pour elle en retombant et en se consumant sur son sein, ils arrivent de nouveau jusqu’à ses entrailles, et lui rendent en fécondité ce qu’eux-mêmes en avaient pris. L’histoire du moral des nati ons est tout entière comprise dans cette courte image. Le bien qu’elles produisent, ou le mal qu’elles se font, sont des faits qui finissent toujours par servir à leur inst ruction, et par régler leur conduite selon l’expérience qui les rend prospères ou malheureuses , pour les faire arriver du second au premier de ces états. Ce que nous voyons cependant semblerait nous prouve r le contraire. On dirait, en effet, que plus un pays s’engage dans la voie détou rnée, moins il cherche à regagner la véritable. Attiré vers son infortune comme le fa ible insecte vers le reptile, il néglige tout ce qui pourrait le ramener à la sécurité et au bonheur. Ses révolutions le frappent comme des furies ; mais, trompé et séduit par les c harmes dont elles s’étaient d’abord parées, il semble qu’il soit impuissant à leur écha pper. Lorsque de pareils exemples viennent affliger l’humanité, accuser sa corruption et sa faiblesse, ne croyons pas néanmoins qu’ils soient uniquement marqués par les malheurs qui les accompagnent. Le moral de l’homme s’en empare. Sa réflexion les l ui fait apprécier, et son ame, cette terre féconde de tous les sentimens généreux, les f ait fructifier à propos. C’est ainsi que la source des mœurs de l’humanité se purifie et se convertie en une autre source bien différente. Le bien germe sur le mal, et sa sè ve est d’autant plus forte que ce qui la fait germer a eu plus d’action. En un mot, il y a révolution par l’instabilité des choses humaines. L’homme appelé au bien par sa nature, tom be aussi dans le mal par l’imperfection qui s’attache à cette même nature. I l y a donc en lui un combat naturel entre deux principes contraires : la victoire ou la défaite de l’un sert à l’expérience de l’autre, jusqu’à ce que l’un des deux demeure tout à fait triomphant. Une nation n’étant qu’une réunion d’hommes, on peut dire ce que l’on remarque dans chacun d’eux. Un peuple gouverné depuis long-t emps par des lois sages et paternelles, vit heureux et florissant. Survient un e révolution par laquelle il change ces lois, et prend de nouveaux maîtres. C’est donc qu’i l a cru par elle obtenir plus de bonheur ou de perfection. Première preuve de sa fai blesse ; car si, pendant des siècles, telles conditions de bien-être et de félic ité lui ont suffi, pourquoi faut-il que tout à coup les répudiant, après les avoir consacrées, i l accuse et renverse ainsi tout un passé qu’il s’était fait lui-même, pour un avenir d ont le sort est incertain ; car, lorsqu’un peuple s est une fois écarté de ses premières idées , il doit être exposé dans la suite à en changer plus facilement. Mais si, trompé tout d’abord dans son attente, il v oit qu’il a atteint un but contraire à celui qu’il s’était proposé ; si, croyant s’enfante r un état meilleur, il n’a fait qu’échanger le bien contre le mal, la sécurité contre la terreu r qu’inspirent des dangers de tout genre -, la richesse et la générosité contre la mis ère et la petitesse, la force contre une
faiblesse qui n’a pour sauve-garde que la pusillani mité, la gloire de commander par sa seule influence contre la honte d’obéir à des condi tions et à des obligations imposées, alors encore on peut bien l’aveugler, ce peuple, pa r les sophismes et les préjugés. Un mal nécessaire, dit-on, et passager, peut être habi lement présenté comme une transition au bien nouveau qu’on attend : des moyen s de tout genre peuvent être employés pendant ce temps pour prolonger la patienc e et l’attente du peuple. Législateur qu’il s’est fait pour son malheur par u ne soudaine révolution, ceux mêmes qui en ont profité ne craignent pas de lui prédire de plus grands malheurs s’il voulait une seconde fois user de la même puissance, artisan de sa misère et incapable d’abord de comparer la dernière et suprême punition d’une faute qui consiste dans l’obligation d’entendre la voix et les conseils de ceux-là seuls dont il a fait la fortune. Ainsi, en résultat, s’étant fait victime pour leur unique avantage, on intéresse encore son orgueil à défendre et à maintenir son œuvre, co mme le coursier indompté est condamné à traîner long-temps derrière lui les débr is du char qu’il a renversé, cherchant en vain à se débarrasser de ceux qui, dan s leur mouvement inégal, viennent se ruer contre lui, et dont il ne peut êtr e délivré que lorsque, calmant sa fureur, il laisse arriver du secours jusqu’à lui. Telle est, on peut le dire, la position du peuple f rançais depuis la révolution par laquelle il prétendit conquérir sa liberté. Il prét endit, aussi par elle, donner une leçon terrible à la royauté. Cette leçon dura trois jours ; mais celle qu’il reçoit à son tour dure depuis cette époque, et chaque jour ajoute à ce qu’ il a de fâcheux et d’amer. Révolté de ce qu’il appelait l’arbitraire, il a vu l’arbitraire servir de soutien et de conservation au gouvernement qu’il a lui-même fondé : après avoir f usillé les troupes de son légitime roi, il a été fusillé victorieusement par celles du roi de son choix. Ameuté et ameutant partout contre les couronnes étrangères, il n’a pas vu plutôt l’élu de juillet ceindre le bandeau royal, qu’il a pu contempler aussitôt ce ha ut et puissant personnage, opposant en même temps, et avec une humilité presqu e égale aux intempéries du temps, l’usage d’un instrument vulgaire, d’un meubl e économique, et aux exigeances de ses fières alliés, la posture d’une soumission q ui paralyse la méfiance par la pitié, et qui désarme ou suspend la marche des ennemis par ce qu’elle leur donne toutes les victoires à la fois sous un seul combat. C’est ains i que ce même peuple, dans le temps de sa vraie liberté, se disant digne d’être e ncore plus libre, voulait, à tout prix, conquérir cet accroissement indispensable de libert é, s’est privé tout à fait de ce qu’il en avait possédé jusque-là ; car il n’y a plus de l iberté lorsque ce mot a pu coûter une seule goutte de sang français, et on sait si depuis quatre ans il en a été versé. On sait s’il peut exister une vraie liberté dans un pays où chaque homme craint de lire dans les yeux de celui qu’il rencontre, une opinion cont raire à la sienne, dans un pays surtout où le gouvernement, qui se dit libre et pop ulaire, n’adoptant et ne favorisant que l’opinion des individus qui l’exploitent, va so us le prétexte d’une nécessité qui n’est que la destruction nécessaire de son principe , frappant de côté et d’autre tout ce qui ne pense pas comme lui, présente comme ennemis du bien de l’ordre public, ceux qui, ayant le malheur d’entendre autrement que lui le bon et seul gouvernement qui convient aujourd’hui à la France, et d’avoir pris l eur conscience pour base de leur opinion, voudraient réédifier cet ordre public et l e reconstruire solide, durable, tel qu’il doit être enfin pour donner un nouvel es-sort à l’i nfluence de notre pays au-dehors, à sa renommée, à sa supériorité, à sa tranquillité et à son bonheur au-dedans. Quelle est donc la grande liberté dont jouit ce peuple qui , pour la conquérir, s’est montré, en juillet 1830, le destructeur géant de la tyrannie e t du despotisme de la restauration ?