Matière et mémoire

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Extrait : "Le point de départ de notre travail a été l'analyse qu'on trouvera dans le troisième chapitre de ce livre. Nous montrons dans ce chapitre, sur l'exemple précis du souvenir, que le même phénomène de l'esprit intéresse en même temps une multitude de plans de conscience différents qui marquent tous les intermédiaires entre le rêve et l'action (...)"

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EAN13 9782335028089
Langue Français

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EAN : 9782335028089
©Ligaran 2015
Avant-propos
Le point de départ de notre travail a été l’analyse qu’on trouvera dans le troisième chapitre de ce livre. Nous montrons dans ce chapitre, sur l’exemple précis du souvenir, que le même phénomène de l’esprit en même temps une multitude deplans de consciencedifférents, qui marquent tous les degrés intermédiaires entre le rêve et l’action : c’est dans le dernier de ces plans, et dans le dernier seulement, que le corps interviendrait. Mais cette conception du rôle du corps dans la vie de l’esprit paraissait soulever de très nombreuses difficultés, les unes scientifiques, les autres métaphysiques. C’est de l’analyse de ces difficultés, à leur tour, que le reste du livre est sorti. D’un côté, en effet, nous devions discuter tes théo ries qui ne voient dans la mémoire qu’une fonction du cerveau, et, pour cela, interpréter d’aussi près que possible certains faits très spéciaux de localisation cérébrale : tel est en partie l’objet de notre second chapitre. Mais, d’autre part, nous ne pouvions établir une séparation aussi tranchée entr e l’activité psychique et son épanouissement matériel sans rencontrer devant nous, plus pressantes que jamais, les objections de diverse nature que tout dualisme soulève. Force nous était donc d’entreprendre un examen approfondi de l’idée de corps, de confronter les théories réaliste et idéaliste de la matière, d’en extraire les postulats communs, et de chercher enfin si, tout postulat éliminé, on ne pourrait pas apercevoir plus clairement la distinction du corps et de l’esprit en même temps que pénétrer plu s intimement dans le mécanisme de leur union. Ainsi, de degré en degré, nous étions amené aux problèmes les plus généraux de la métaphysique. Mais, pour nous guider au travers de ces difficulté s métaphysiques, nous avions, comme fil conducteur, celle même psychologie qui nous avait entraîné au milieu d’elles. S’il est vrai en effet que notre intelligence tende invinciblement à matérialiser ses conceptions et à jouer ses rêves, on peut présumer que les habitudes contractées ainsi dans l ’action, remontant jusqu’à la spéculation, viendront troubler à sa source même la connaissance immédiate que nous aurions de notre esprit, de notre corps, et de leur influence réciproque. Beaucoup de difficultés métaphysiques naîtraient donc peut-être de ce que nous brouillons la spéculation et la pratique, ou de ce que nous poussons une idée dans la direction de l’utile quand nous croyons l’approfondir théoriquement, ou enfin de ce que nous employons les formes de l’action à penser. En délim itant alors soigneusement l’action et la connaissance, on verrait s’éclaircir bien des obscu rités, soit que certains problèmes arrivent à se résoudre, soit qu’il n’y ait plus lieu de les poser. Telle est la méthode que nous avons appliquée déjà au problème de la conscience, alors que nous cherchions à dégager la vie intérieure des symboles pratiquement utiles qui la recouvrent pour la saisir dans sa fuyante originalité. C’est cette même métho de que nous voudrions reprendre ici en l’élargissant, pour nous placer cette fois avec elle non plus simplement à l’intérieur de l’esprit, mais au point de contact entre l’esprit et la matière. L a philosophie ainsi définie n’est qu’un retour conscient et réfléchi aux données de l’intuition. E lle doit nous ramener, par l’analyse des faits et la comparaison des doctrines, aux conclusions du sens commun.