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Méfiance

De
176 pages
Le lendemain de leur arrivée, les nouveaux occupants de la caserne désaffectée se réveillèrent terrorisés! Les murs de la clôture nouvellement repeints étaient vandalisés, les inconnus ont dessiné les têtes de morts à la peinture rouge; on pouvait par exemple lire: Vous ne serez jamais tranquilles ici", "Retournez chez vous!". Une enquête de police fut ouverte pour retrouver le ou les auteurs. Par peur, ces dix nouveaux habitants issus de divers horizons quittaient rarement le centre. Les seuls endroits où l'on pouvait les apercevoir étaient le supermarché et l'office de poste du village. Ils s'efforçaient de communiquer entre eux en anglais et en français, les deux langues dont ils connaissaient juste quelques notions. Ils se montraient discrets et solidaires. Ils restaient souvent enfermés dans leur bulle et à raison. On leur répétait en effet que l'opinion publique ne leur était pas favorable suite au comportement qu'avaient affiché certains requérants d'asile ailleurs [...]." Immigration et intégration: tel est le double sujet, brûlant, au coeur du roman de J. P. Manuel Sebastiao qui autopsie les réactions de toute une communauté à l'ouverture d'un centre pour demandeurs d'asile. Le rejet, les préjugés, le racisme... mais aussi la solidarité, l'amitié et même l'amour se voient ainsi convoqués dans un roman qui ne cède jamais à la facilité ou au manichéisme, mais qui tente toujours de saisir les problématiques que recèle son thème. Et l'auteur de composer encore un texte choral, aux personnages terriblement ou tendrement humains, qui nous entraînent au creux de leurs colères, de leurs douleurs, de leurs joies et de leurs espoirs.
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Mémoires d’un inconnu – Tome 1, Chiado editora, Portugal. 2012 Mémoires d’un inconnu – Tome 2, Éditions Amalthée, France, 2013
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À Richard, Laurence, Leya et Pedro
Quand la politique défie l’opinion publique « Nousne voulons pas d’un centre d’accueil pour re-quérants d’asile à l’Odive! »scande à tue-tête un groupe de villageois de la commune d’Odive en se dirigeant vers la mairie. À la tête du défilé se trouve Monsieur Duchard, tenant un mégaphone dans l’une des mains et une pancarte marquée «Non aux réfugiés à l’Odive! »dans l’autre. C’est lui, sa femme et quatre autres villageois qui sont à l’origine de cette manifestation. Ils ont pu convaincre une trentaine de personnes de sortir dans la rue pour exprimer leur désaccord aux autorités communales qui ont accepté la proposition du canton de désaffecter l’ancienne caserne des pompiers du village pour y accueillir des requérants d’asile. Sur la place de la mairie, parmi les spectateurs, on re-trouve les trois journalistes qui ont été dépêchés pour couvrir l’événement. L’un d’eux a tendu le micro à Mon-sieur Duchard : — PierreJout, journaliste àGlobe info, qui êtes-vous Monsieur ? — Moic’est Jean-Pierre Duchard; à mes côtés, c’est ma femme Sophie et ma fille Laurence, je suis l’initiateur de ce rassemblement. — Toutela famille est donc opposée à l’arrivée de nouveaux habitants dans le village ? — AbsolumentMonsieur, nous partageons le même avis, à part notre fils Richard qui est resté à la maison qui, lui, se réjouit à l’idée de se faire de nouveaux amis. Afin
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de réduire les dépenses, les six communes ont accepté à l’unanimité de regrouper toutes les brigades des sapeurs-pompiers à Mirabul, la plus importante commune de la région. — Ne vous attendiez-vous pas à ce que les propriétaires relouent les locaux ? — Bien entendu ! Mais ce que nous n’attendions pas du tout, c’était de voir ces installations transformées en un centre d’accueil pour personnes venues d’ailleurs ! — Avez-vous,personnellement, voté en faveur de la fusion des corps de pompiers des six communes ? — Quoi de plus normal ! Dès lors qu’il s’agissait de ré-duire les dépenses et d’économiser sur nos impôts, je pense que l’idée a plutôt été bien accueillie par tous ! — Pourquoiêtes-vous contre l’arrivée des demandeurs d’asile dans votre village ? — Monsieur, permettez-moi de vous dire ceci : person-nellement je ne suis pas raciste, mais les demandeurs d’asile, on les connaît à travers les expériences vécues dans d’autres localités de la région. Aussi, nous redoutons les préjudices, les dégâts qu’ils sont capables de causer dans notre petit village si paisible. Et vous savez com-ment, par leur simple regard, ils nous mettent mal à l’aise dans la rue. Par ailleurs, c’est prouvé que le taux de crimi-nalité est toujours élevé dans les localités où ces gens s’installent ;en plus, le lieu devient une vraie porcherie car ces énergumènes ne respectent rien; alors il est hors de question qu’ils viennent ici, vaut mieux prévenir que guérir ! — Vous voulez dire par là qu’il ne faut plus les accueil-lir chez nous, même s’ils sont en danger de mort chez eux ? — Lesaccueillir ailleurs oui, mais s’il vous plait, pas dans notre village, il est trop petit pour recevoir tout ce monde. — Ailleurs, par exemple ?
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