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Nouvelles mémoires

De
114 pages
Nouvelles mettant en scène des personnages aux prises avec la haine et la rage, des amours impossibles ou blessées, la misère... Les scènes portent en elles une lourdeur et une fatalité que seule l’écriture sobre et évocatrice de Marie Claude Malenfant pouvait transformer en tableaux d’une grande beauté.
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MARIE CLAUDE MALENFANT
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Maquette de la couverture:Anne-Marie Guérineau Illustration de la couverture : Sylvie Bouchard, « À la lumière s’enracinent les arbres » (détail), 1989, aquarelle et cire sur bois (90 x 115,4 cm), collection Prêt d’œuvres d’art du Musée du Québec (CP.90.04) Photographie: Musée du Québec, Jean-Guy Kérouac Photocomposition:CompoMagny enr. Distribution : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2
© Les éditions de L’instant même 2002 L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com ISBN PDF : 978-2-89502-792-8 Données de catalogage disponibles sur le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec L’instant même remercie le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement du Canada (Fonds du livre du Canada), le gouvernement du Québec (Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec.
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I
hromes. Une cigarette, mal éteinte, au fond d’un cendrier Il faCudrait se lever, laisser un peu de monnaie sur le comptoir, noir. Partir. sourire bêtement, recevoir l’éclair fulgurant d’un autre sourire qui éclate, méchamment, et rebondit à l’infini sur les chromes trop brillants. Il faudrait se lever et hurler sauvagement. Il faudrait ramper entre les jambes de laine... Mais alors il fau drait mordre un peu l’ourlet fraîchement cousu, et je déteste le goût du fil frais. Partir. Étirer son corps, remplir l’espace du vide de son corps, et an nuler le vide qui croupit déjà, entre les chromes et le comptoir. Ouvrir les bras et se laisser tomber, fracasser le crâne sur les chromes acérés, éclabousser le comptoir des sangs et des songes trop longtemps retenus. Juste pour voir de quoi il aurait l’air, le comptoir, s’il était sale.
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II
ncore toute une vie à osciller au creux des mots. Jamais ELes autres ont des mots bulles et pyramides, qui prennent je n’y arriverai. Jamais je ne parviendrai à prononcer mon lot de mots. tout le temps, tout l’espace qu’ils doivent prendre, qui s’im posent, s’insinuent dans les replis délicats du cerveau. Ils restent là et finissent par assourdir ma propre voix. Les autres ont des mots sinueux, tout en courbes, des mots qui s’enroulent à mes chevilles ; des boulets qui pendent, de part et d’autre de la passerelle fragile. Jamais je n’y arriverai. J’ai des mots tout bardés de fer qui me pèsent sur le dos, croix cloutées de bois bosselé. La passerelle ploie et s’abaisse sous le poids de tous ces mots inarticulés qui me restent sur le dos, tous ces sons qui bruissent mollement en feignant de dormir, croix cloutées de bois qui échafaudent du silence.
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