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Opinion sur le budget - Qui a été présenté par S. Exc. le ministre des Finances à la Chambre des députés

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62 pages

LE budjet présenté à MM. les représentans des départemens de France, par le ministre des finances, a été soumis à l’approbation du Roi, discuté dans son conseil, et appuyé d’un rapport ; mais il est moins l’opinion de Sa Majesté que celle de tous ses ministres : c’est donc ainsi qu’il faut le considérer, c’est à dire comme un ouvrage offert aux représentans pour être discuté, approuvé ou amendé, s’il y a lieu.

Parmi les actes législatifs il n’en est point incontestablement de plus essentiel pour la chambre des députés que l’examen du budjet ; c’est là qu’ils exercent, de la manière la plus utile, la plus solennelle et la plus étendue, l’immense pouvoir de procureurs fondés du peuple.

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F.-B. Boyer-Fonfrède

Opinion sur le budget

Qui a été présenté par S. Exc. le ministre des Finances à la Chambre des députés

OPINION SUR LE BUDJET

qui a été présenté par son excellence le Ministre des Finances à la Chambre des Députés des Départemens

LE budjet présenté à MM. les représentans des départemens de France, par le ministre des finances, a été soumis à l’approbation du Roi, discuté dans son conseil, et appuyé d’un rapport ; mais il est moins l’opinion de Sa Majesté que celle de tous ses ministres : c’est donc ainsi qu’il faut le considérer, c’est à dire comme un ouvrage offert aux représentans pour être discuté, approuvé ou amendé, s’il y a lieu.

Parmi les actes législatifs il n’en est point incontestablement de plus essentiel pour la chambre des députés que l’examen du budjet ; c’est là qu’ils exercent, de la manière la plus utile, la plus solennelle et la plus étendue, l’immense pouvoir de procureurs fondés du peuple. Plus ce pouvoir est grand, plus l’usage doit en être sage et modéré ; prérogative sublime qui balance toutes celles des autres corps de l’Etat, et qui sera pour l’avenir, comme elle l’est pour le présent, la colonne sur laquelle doivent s’élever et la grandeur et la liberté nationales.

Le budjet soumis à la chambre des représentans devant peut - être devenir une loi pour les représentés, chacun peut, je dis plus, chacun doit porter au sein de cette auguste assemblée le tribut de ses opinions ; chacun peut le blâmer ou le louer dans toutes ses parties ; et voilà l’avantage précieux de cette liberté de la presse, que les hommes vraiment citoyens réclament pour la sûreté et le bonheur du Roi, comme pour sa liberté et celle du peuple. C’est par celte liberté que s’établira cette communication immédiate des sujets au souverain, des représentés aux représentons, quels que puissent être d’ailleurs les intrigues, les affections et les abus de pouvoir.

Je rends grace au ministre des finances de ce qu’il est venu se montrer à découvert à la nation française avant qu’aucune loi n’ait arrêté la plume d’aucun Français, et ne lui ait interdit le droit de publier librement sa pensée. J’en rends grace encore plus particulièrement au Roi, qui l’a voulu.

Plus grand par ses principes et son amont pour son peuple que par son pouvoir, je le vois constamment s’élancer au - devant des vœux de la nation, et ne vouloir aucun intermédiaire entre elle et lui : jaloux de l’amour qu’elle porte à la mémoire du bon Henri, il semble n’ambitionner que le même sentiment, et il ne sera sûrement pas moins heureux que lui s’il souffre que l’on lui dise la vérité.

J’oserai la dire sur ce budjet, objet de l’attention de l’Europe ;

Je la dirai sans crainte ; et, si par ma manière de le juger je tombe dans quelques erreurs, je supplie mes concitoyens de payer comme moi le tribut qu’ils doivent à la patrie, de combattre mes opinions, de le faire avec franchise, avec liberté. Je ne veux en prenant la plume qu’attirer dans l’arène des athlètes plus dignes que moi ; trop heureux si mon exemple peut être utile !

 

Le ton de franchise qui règne dans l’exposé fait à la chambre des députes, la reconnaissance des droits des représentans d’amender, censurer les comptes qu’on leur rend, d’en exiger de plus détaillés, voilà sans contredit, depuis 22 ans, le plus grand hommage rendu à la nation française. C’est se montrer digne d’entendre la vérité que de la rechercher ainsi.

Le ministre du Roi, car je ne vois que lui, que son opinion dans le budjet, doit en avoir tout le blâme ou la louange. Quel qu’en soit le résultat, il aura fait un grand pas vers le bien, celui de ne rien déguiser du mal qui existe. Mais il n’eût pas dû accuser son prédécesseur, dont les talens et l’austère probité l’ont fait souvent plaindre d’avoir été chargé de ces grandes fonctions sous un Gouvernement incapable d’apprécier ses talens et ses vertus.

Le budjet, tel qu’on nous le donne, ne peut être d’une exactitude rigoureuse ; il se ressent nécessairement de la circonstance où il est présenté, du tems où il a été travaillé ; mais, en général, on peut assurer qu’il a surpassé l’attente de la majorité de la nation.

Si je l’ai entendu blâmer avec plus de chaleur que je ne l’ai entendu louer, mais à la vérité par beaucoup moins de personnes, ne serait-ce point parce que les hommes de bien en France sont en général indolens et pusillanimes, et que les hommes de parti seuls sont actifs ? Tel est le caractère des français, qu’engagés dans une querelle, soit politique, soit d’honneur, soit littéraire, ils s’endorment dans le succès, et n’ont d’opiniâtreté que dans les revers.