//img.uscri.be/pth/4878ee5bd589d6d3d9026f7070e167b1d0f70656
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - PDF - EPUB

sans DRM

Orion

De
138 pages

Orion, un adolescent de 19 ans, est injustement condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis mais dont l’auteur s’avère être son frère jumeau qu’il n’a jamais connu jusqu’ici. Près de deux siècles plus tard, l’institution des Alouettes, battit sur les ruines d’un orphelinat, est le théâtre de bien étranges manifestations. Qui est cette petite fille qui se cache au sous-sol ? Thomas et ses amis, aidés de Bertrand, le directeur de l’institution, mènent l’enquête. Parviendront-ils à élucider ce mystère vieux de 186 ans ? Parallèlement, Madame Ledoux, professeure de français, donne bien du fil à retordre à ses élèves.


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-66376-4

 

© Edilivre, 2014

Orion

 

 

3 Mai 1829

Dans une ruelle déserte, au beau milieu de la nuit, un grondement sourd retentit. Réveillé par de forts tambourinements, un homme sortit de sa maison.

– Que se passe-t-il mon ami, qui sont ces hommes ?

– Ce sont les hommes du juge Horace. L’heure est grave, Guillemin est mort. Ceux sont eux, qui, patrouillant dans le coin, ont fait l’horrible découverte.

– Oh mon Dieu, mais que s’est-il passé ?

– Nous le saurons bien assez vite, suis-moi.

Derrière, dans le chariot, un jeune garçon avait été fait prisonnier.

– Il rôdait dans les alentours. Ses mains étaient encore tâchées de sang.

– Tiens donc, et que faisait-il dans les bois ?

– Je n’ai rien fait.

– Comment t’appelles-tu ?

– En quoi mon nom pourrait-il vous intéresser puisque je vous dis que je n’ai tué personne ?

Les deux hommes entrèrent un instant.

– Qu’allons-nous faire de lui ?

– Si c’est bien lui qui a tué Guillemin il sera très certainement guillotiné. Guillemin faisait partie de la garde royale en Allemagne il y a trente ans.

– Sa femme aussi a été retrouvée morte non loin de leur maisonnette.

– Dans ce cas, s’il est coupable, je n’aimerais pas être à la place de ce garçon.

– Comment savoir ? Et si ce n’est pas lui ?

Il bâilla.

– Nous verrons bien.

Ils tendirent une feuille signée au visage du jeune prisonnier.

– Compte tenu des faits, si tu es coupable, tu seras enfermé, jugé et condamné, mais cela, c’est le juge qui en décidera.

– Vous êtes le juge Ignace, n’est-ce pas ?

– Oui, mais n’essaye pas de m’attendrir, tu es mon prisonnier et tu le resteras jusqu’à ce que je sache qui a tué ces braves gens.

– Je suis innocent.

– Bon, nous verrons tout cela au petit matin.

Voyant que cela ne servait à rien de lutter, Orion se laissa conduire jusqu’à la prison. Durant le trajet, il réfléchit pour savoir comment se sortir de là, mais se ressaisit. Il connaissait Ignace car il avait sauvé son fils de la noyade quatre ans auparavant.

– Allons mon garçon, un peu de courage.

– Si seulement j’étais resté chez moi.

Il était tard, mais Ignace ne trouvait pas le sommeil. Guillemin était son meilleur ami et son confident. C’est grâce à lui qu’il connut sa chère et tendre épouse douze ans auparavant alors qu’il pleurait la mort de sa première femme, décédée d’une grave infection urinaire.

Alice rejoignit son mari devant la cheminée.

– Ce crime est horrible, le coupable doit être puni.

– Te rends-tu compte, une telle cruauté ?

– Il est si jeune.

– Je le sais bien, mais la loi est la loi, je ne peux rien faire.

– Comment peux-tu savoir que c’est vraiment lui et pas un autre ?

– Ecoute, ne te mêle pas de cette histoire et va dormir.

– Tu as raison, mais je me demande ce que dirais Horace.

– Il n’est jamais là lui quand on en a besoin !

Alice sourit.

– Sa femme vient d’accoucher de leur septième enfant.

– Comment, trois ne suffisent pas ?

– Bon, ne veille pas trop, tu dois être en forme demain et éteint ta pipe, cette puanteur est irrespirable.

Dans la forêt voisine, un jeune garçon courut aussi vite qu’il put pour rejoindre Esther à leur campement.

– Ils sont partis.

– Il faut s’enfuir et vite !

– Pauvre Orion, je m’en veux de lui faire cela.

– Viens, nous discuterons plus tard.

– Non, je rentre chez moi.

– Comme tu voudras.

Esther remarqua des griffures sur l’avant-bras droit de Jehan mais elle ne dit mot en mettant cela sur le compte d’un animal et rentra chez elle.

Elle se regarda dans le miroir et pris d’une rage immense, brisa la glace. Elle s’agenouilla pour ramasser les multiples débris et pleura toutes les larmes de son corps.

– Qu’ai-je fais mon Dieu, qu’ai-je fais ?

Le lendemain, pas très en forme, Ignace se rendit à la prison des Parques et demanda à voir le prisonnier de la nuit passé. On lui amena un garçon, visiblement bien coiffé et bien habillé.

– Je répète ma question, qui es-tu ?

– Je m’appelle Orion.

– Quel âge as-tu ?

– Dix-neuf ans.

– Bon, que faisais-tu dans les bois hier soir ?

– Je ne trouvais pas le sommeil alors je suis parti chasser pour nourrir ma famille.

– Pourquoi avoir tué Guillemin ?

– Ce n’est pas moi qui l’ai tué.

– Raconte-moi en détail ce qui s’est passé alors. As-tu vu quelque-chose ?

– Eh bien, comme je vous l’expliquai, je rôdait dans les bois dans l’espoir de pouvoir chasser quelque chose de bon à manger pour ma famille, or, j’ai dû vite me cacher car j’ai entendu une femme crier. J’ai tenté de distinguer quelqu’un ou quelque chose et c’est là que j’ai vu deux corps allongés dans l’herbe devant la petite maisonnette. Je n’en suis pas certain, mais il me semble avoir entendu le vieil homme crier un nom. Je suis resté caché mais vos hommes m’ont trouvé recroquevillé derrière un gros tronc.

– Soit, mais d’où proviennent ces tâches de sang ?

– J’ai trébuché et je suis tombé sur un animal mort, une biche je crois.

– As-tu entendu le nom que Guillemin a crié ?

– Il a crié quelque chose comme « NON JEHAN, NON ! ».

– Donc, Guillemin connaissait son meurtrier.

Ignace restait méfiant vis-à-vis d’Orion ne sachant pas quoi penser.

– Tu resteras en prison le temps d’aller vérifier tout ceci auprès de ta famille.

– Mais je n’ai rien fait, cela doit très probablement être ce Jehan.

– Je ne t’accuse pas encore, je mène mon enquête.

– Alors faite votre boulot et arrêtez le vrai coupable.

Ignace réfléchit un instant.

– Donc, si je comprends bien, tu as observé cette macabre scène sans intervenir.

– Que vouliez-vous que je fasse ? Je n’avais pas eu le temps d’intervenir et oui, si j’avais pu les sauver je l’aurai fait, mais tout cela s’était passé tellement vite. Si j’avais su intervenir à temps pour les arracher de leur triste sort, vos hommes m’auraient sans doute tué à leurs tour, pensant à tort que c’est moi le fautif.

– Et pourquoi cela ?

– A cause de ce fichu sang sur mes mains. Ecoutez, allez à l’ouest après la grande tour, continuez sur la petite allée et longez le lac jusqu’au rocher creux. Ma grand-mère et ma petite-sœur vivent dans une petite chaumière là-bas.

– Entendu.

Il lui mit la main sur l’épaule.

– Puisses-tu avoir raison.

– Que puis-je faire pour que vous me croyiez enfin ?

Orion vit une petite lueur de tristesse dans les yeux d’Ignace.

– Attendre. Je suis désolé de ce qui t’arrive, mais c’est mon travail. Hubert, veuillez donner du pain frais et de l’eau à ce garçon je vous prie !

– Bien Monsieur Ignace.

– Oui je comprends.

Dans l’après-midi, Ignace et deux de ses hommes se rendirent chez la soi-disant famille d’Orion. Le juge Horace lui avait signalé qu’il ne rentrerait probablement pas avant la semaine suivante, ce qui le troubla d’avantage.

En descendant de selle, un petit chaton les accueillit. Il s’agenouilla pour le caresser.

– Pauvres gens. J’espère que tout ceci sera résolu au plus vite.

Une petite fille leurs ouvrit.

– Bonjour petite, est-ce que ton papa ou ta maman est là ?

Une dame visiblement âgée tira la fillette en arrière.

– Ils sont morts dans un incendie il y a cinq ans.

– Nous sommes venus vous annoncer que votre petit-fils a été capturé dans la forêt des Parques cette nuit.

– Qu’a-t-il fait ?

– A priori rien, mais il est suspecté d’avoir tué un vieil homme et sa femme.

– Ecoutez, je vous payerais s’il le faut, mais Orion et Emma sont tout ce qui reste de ma fille.

– Je comprends mais je dois faire appliquer la loi.

– Comment pouvez-vous dire que c’est lui le coupable et non quelqu’un d’autre ?

– Je ne dis pas que c’est lui, j’insinue, c’est tout.

– Alors allez insinuer ailleurs et ne revenez plus.

Il vit des larmes perler sur ses joues.

– Je comprends parfaitement votre douleur et je prie pour cette mignonne petite que son frère soit innocenté au plus vite. Orion était simplement là où il n’aurait pas dû être cette nuit.

– Pourrais-je le voir ?

– Pas pour le moment.

– Ecoutez, il adore chasser. Son père et lui passaient le dimanche dans la forêt à rire et à chanter. A pêcher aussi. Le jour de cet effroyable incendie, Orion se promenait aux abords du lac avec le nouveau-né, ma petite Emma.

– Il nous a effectivement raconté qu’il était sorti chasser pour nourrir sa famille, mais il ne nous a rien dit de l’incendie et de la mort de ces parents.

– Certainement ne voulait-il pas éveiller d’anciennes blessures. Puis je vous demander qui a été tué ?

– Le vieux Guillemin et sa femme.

– Il ne les connaissait même pas alors libérez Orion, je vous le demande.

– Je suis sincèrement navrée Madame, pour tout ce qui s’est passé et je vous promets de faire de mon mieux pour éclaircir cette sombre affaire au plus vite.

Ils s’apprêtaient à repartir.

– Attendez ! Donnez-lui ceci.

– Au revoir madame.

Durant son absence, Orion évoqua cette présence dont il avait brièvement parlé à Ignace, mais lorsqu’il voulut l’interroger, il n’était plus là.

– Venez vite, un intrus a passé les grilles de sécurité.

– Que s’est-il passé.

Un des gardes gisait à terre et se tenait la nuque.

– J’ai été berné. Une jeune fille prétendant chercher le prisonnier pour son exécution s’est introduite ici déguisé en je ne sais plus trop quoi et l’a emmené. Je suis sincèrement désolé, je n’y ai vu que du feu.

– Bon, prévenez les hommes d’Horace et ceux des alentours, ils ne doivent probablement pas être loin.

Dans la forêt, Orion et Esther courraient aussi vite qu’ils le pouvaient.

– Alors ?

– Merci Esther.

– Il faut trouver un endroit où dormir, ils sont certainement à notre recherche.

– Comment savais-tu que le juge Ignace m’avait capturé ?

– Ton frère veux te faire accuser à sa place, c’est lui le meurtrier.

– Mon frère ?

– Il s’appelle Jehan.

– Le juge Ignace est persuadé que c’est moi qui ai tué ces gens.

– Prouve-lui que tu as un frère jumeau.

– Mais comment ? Et comment sais-tu que c’est lui qui les a tués ?

Elle ne répondit pas et éclata en sanglot.

– Esther, tu n’as pas fait cela quand-même ?

– Je suis désolé Orion. Je ne savais pas qu’il allait tuer des gens.

– Mais pourquoi, que t’ai-je fais ?

– Rien, c’était si stupide de ma part.

– Grâce à toi maintenant je risque la peine de mort pour quelque chose que je n’aurai jamais fait.

– Je sais. Ecoute, nous nous en sortirons, fais-moi confiance.

– Tu es si naïve. Toi aussi tu seras punie maintenant en te rendant complice de cette boucherie.

– Je sais.

– Depuis quand connais-tu Jehan ?

Elle hésita un instant.

– Depuis trois ans.

– Pourquoi ne m’avais-tu rien dit ?

– J’avais peur de ta réaction.

– Tu peux être fière de toi car non seulement je risque d’être exécuté à la place de cet ignoble personnage mais en plus il s’est servi de toi.

Non loin de là, des hommes vêtus de noir scrutaient les horizons à la recherche des fugitifs.

– Ils sont là, attrapez-les !

– Non, attendez !

Orion pointa un garçon du doigt.

– C’est Jehan, c’est lui le coupable !

Interloqué, Ignace ne savait plus trop quoi penser. Jehan et Orion se ressemblaient tant.

– Embarquez-les tous les trois.

Tout au long du jugement, Jehan joua de sa personne et fit accuser ce frère qu’il ne connaissait pas mais qu’il haïssait.

– Orion c’est moi, ce traitre vous ment depuis le début.

– Comment oses-tu ? Je ne te connais même pas.

– Tout simplement parce que nous avons été séparé à la naissance.

– Est-ce une raison pour t’en prendre à moi ainsi ?!

– SILENCE !!!

La séance fut soudainement interrompue et reportée car Esther se contorsionnait de douleurs.

– Que se passe-t-il encore ?

– Je vais accoucher !

– Appelez un médecin, vite !

Deux des gardes l’emmenèrent dans la cellule d’à côté dans laquelle elle donna naissance à un petit garçon qu’elle prénomma Pierre, en hommage à son grand-père.

Ignace fut aussi surpris qu’Orion et Jehan, car la question de la paternité se posa très rapidement. Là encore, Esther eut des doutes, car elle comprit trop tard les mauvaises intentions de Jehan. Elle avait maladroitement joué avec le feu et les sentiments des deux frères ennemis, mais la réalité, si dure est-elle l’avait rattrapée.

– Bon, compte tenu des évènements, je me vois donc obligé de reporter la sentence, mais croyez-moi que le coupable, quel qu’il soit, sera puni. Quant à toi jeune fille, je ne te félicite pas non plus !

En attendant le procès, Ignace les fit enfermer dans trois cellules différentes pour éviter d’éventuels ennuis. Esther fut autorisée à garder son bébé près d’elle durant trois jours, trois jours durant lesquels la grand-mère et la sœur d’Orion furent mises au courant de cette naissance aussi inattendue qu’elle l’était, mais Ignace finit par ordonner son placement. Ni Jehan, ni Orion, ne furent autorisé à le voir.

C’est ainsi que dix jours plus tard, Orion et Esther furent reconnus coupables et condamnés à la décapitation.

– L’affaire est close. Orion tu es libre de t’en aller.

– Merci Monsieur, vous êtes un homme de cœur.

Jehan fut gracié et quitta le village, mais ce n’est que peu de temps plus tard qu’Ignace découvrit la supercherie. C’est Hubert lui-même qui lui en parla. En sortant du palais de justice, celui-ci s’était retourné et luiavait dit à demi-mots :

– J’ai gagné une bataille et je gagnerais la guerre.

Ignace fut outré.

– Hubert, pourquoi ne me l’avez-vous pas dit tout de suite ?

– C’est-à-dire que je n’avais pas saisi le sens de cette phrase.

« Le traitre », comme il l’appelait, avait raison. La mère d’Orion avait accouché de jumeaux, mais ne pouvant élever deux enfants, ils cachèrent l’existence de Jehan qu’ils confièrent à de riches paysans en emportant leur secret dans la tombe. Peu avant sa mort pourtant, Anna mit au monde une petite fille prénommée Emma.

Un soir, Alice retrouva son mari agenouillé devant l’autel de la cathédrale.

– C’est la première fois que je vois des larmes perler sur tes joues depuis la mort d’Iris.

– Te rends-tu compte de ce que j’ai fait ?

– Ignace, tu ne pouvais pas savoir.

– J’ai fait tuer un innocent. Je ne peux pas continuer à vivre ainsi. La mort de ce garçon me pèse...