//img.uscri.be/pth/f1e449ad01515a83547a374bab8c212e9b264029
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Panton Pata Pemonton

De
254 pages
Ce recueil est la transcription des contes des Koko, les grands-mères du Peuple Pémon. Ces vieilles femmes indiennes des haut plateaux d'Amazonie vénézuélienne, sont chargées par la tradition de raconter à leurs petits-enfants ce que leur on raconté leurs grands-mères ; et ainsi de suite, depuis des milliers et des milliers d'années. Gardiennes d'une colossale littérature orale, leurs Panton, leurs histoires remontent à la nuit des temps du Continent américain.
Voir plus Voir moins

Panton Pata Pémonton Histoires de la Terre des Hommes
Panton Pata Pemonton Cuentos de la Tierrade los Hombres

A ma grand-n1ère Te6.fila, Indienne des Llanos vénézuéliens A mon époux A Joseph Wolinski

ELBA ESTE-CLAUTEAUX

Panton Pata Pemonton Histoires de la Terre des Hommes
CONTES, MYTHES ET LEGENDES D' HIER ET D' AUJOURD' HUI, DES INDIENS PEMON DU VENEZUELA

PREFACE DE JEANNE BOURIN

ILLUSTRATIONS EDITION ETABLIE

D'ELODIE BILINGUE

NOUHEN

ESPAGNOL-FRANÇAIS PAR RODOLPHE CLAUTEAUX

L'Harmattan

5-7t rue de l'École Polytechnique
75005Paris

- FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

6

Z
Q
1ft. 1J1'

%'" a C -. i_ 1t

~

E

'''t

!IIIII"JtI.,

~.
.I

>oau

~. (L.- J:

~ ~X' « ~.

7

Pr61ogo
Voces venidas dei fondo de los tiempos, es 10 que se oye leyendo estos cuentos, cuentos de ancianas, de abuelas como no existen hoy en nuestros paises. Estas viven, sobreviven, lejos de nuestras civilizaciones, en Venezuela, sobre las altas tierras dei lnacizo dei Roroinla, refugio inviolado de los lndios Pemon desde el siglo XV, pero que los Teponken, los Blancos, pueden un dia de estos borrar del mapa. En sus Hexplicaciones" (al final dellibro J, Elba Este-Clauteaux nos dice como, durante los diez aiios que paso en las selvas amzonicas con su esposo y sus tres hijos, pudieron los cinco recoger los cuentos que componen esta recoleccion. Lo que les da un inestinlable valor entre todos, es que estos cuentos, tan sorprendentes, tan conmovedores, tan desgarradores a veces, y tan extraiiamente poéticos, escritos en espaiiol y escritos de nuevo (y no traducidosJ enfrancés, y cuyas dos versiones estan presentadas aqu~ se acercan 10 Inas posible al hablar indigena a fin de expresar lo Inejor posible su es pi ri tu. Un trabajo eminentemente dificil y minucioso, que denota en la autora, el inmenso respeto que profesa a ese pueblo amenazado. Al principio, ellector estara quizas desconcertado por el tono y el vocabulario de esos relatos, por su desarrollo y por el mundo fantastico en el cual nos hacen penetrar. Pero avancemos lentamente, como dentro de un territorio que nos seria desconocido y que iriamos descubriendo paso a paso. Linea a linea en este caso. Pronto, al igual que yo, estara hechizado, si, realmente hechizado por esos cuentos de Koko-la-Abuela, en los que, detras de hechos fabulosos y a través de £Ina verdadera mitologia, se deja entrever todo un lejano y tumultuoso pasado cuyo recuerdo sobrevive gracias a la tradicion oral, recogida y transnlitida degeneracion en generacion, como una antorcha. Mejor todavia : pagina a pagina, percibÏ1nos el alma de un pueblo. Ella vive todavia en esos cuentos que se escuchan, por las noches, en las aldeas. ;, Pero es el alma de un pueblo inlnortal ?
Jeanne Bourin.

8

Préface
Des voix venues du fond des âges, voilà ce qu'on entend en lisant ces contes, des contes de vieilles femmes, de grands,nères comme il n'en existe plus aujourd'hui chez nous. Celles-ci vivent, survivent, loin de nos civilisations, au Venezuela, sur les hautes terres du massif du Roroii11a, refuge inviolé des Indiens Pé,nons depuis le XV" siècle, mais que les Téponken, les Blancs, risquent un jour prochain d'effacer de la carte. Dans ses "explications" (en fin de volume), Elba EsteClauteaux nous dit comment, au cours des dix années qu'elle a passées dans les forêts amazoniennes avec son mari et ses trois enfants, tous les cinq, ont recueilli les histoires qui composent ce recueil. Ce qui les rend précieuses entre toutes, c'est que ces histoires, si surprenantes, si émouvantes, si déchirantes parfois et si étrangement poétiques, écrites en espagnol puis réécrites (et non pas traduites) en français, et dont les deux versions sont présentées ici, serrent au plus près le parler indigène afin d'en exprimer le mieux possible l'esprit. Un travail infinilnent difficile et minutieux, qui dénote, chez celle qui en est l'auteur, l'immense respect qu'elle porte à ce peuple menacé. De prime abord, le lecteur sera peut-être dérouté par le ton et le vocabulaire de ces récits, par leur déroulement et le monde fantastique dans lequel ils nous font pénétrer. Mais avançons lentement, comme sur un territoire qui nous serait inconnu et que nous découvririons pas à pas. Ligne à ligne en l'occurrence. Bientôt, vous serez, comme je le fus moi-n1ê/ne, envoÛté, oui véritablement envoÛté par ces contes de Koko-laGrand-Mère, oÙ, derrière des événements fabuleux et à travers une véritable mythologie, se laisse entrevoir tout un lointain et tumultueux passé dont le souvenir survit grâce à la tradition orale, recueillie et transmise de génération en génération, comme un fial11beau. Mieux encore: page après page, nous percevons l'âl11e d'un peuple. -Elle vit encore dans ces contes que l'on écoute, le soir, dans les villages. Mais l'âme d'un peuple est-elle im/nortelle ? Jeanne Bourin. 9

Panton-Dayre la Verdad deI Cuento
i Aten-te Dayre, donde esta la ver{lad ? Komawa-Ia- Tarde ha llegado, son son son, poco a poco... A Koko-Ia-Abuela le gusta Ekaneka-Kowama, la Calma-delAtardecer. Es en la calma de la tarde que empieza Panton-Daktay, el Tiempo-del-Cuento. ... Wetun-el-Suefio va a Ilegar pronto, pero hay que llamarlo, contandose, ess ess ess, en la cabeza, una historia deI Aquel Tiempo. Entonces Koko, yenu yak enepuy, Koko-Ia-Abuela, trae delante de sus ojos Punin- Panton, la Sabidurfa-del-Cuento. .. Pues la Sabidurfa de los Pemon, de los Hombres, de los lndios de las selvas deI Roroïma, esta hecha de las historias de PiaDaktay, las historias de Aquel Tiempo ! Los ojos cerrados, a ella le gusta recordarse de Pia-Daktay, de Aquel Tiempo... Pero los Teponken, los Vestidos no comprenden nada de todo eso. y es triste cuando son los amigos que no entienden. .. Kuama-yau, ayer, Elba-yenu-yen, Elba-que-tiene-anteojos, la mujer de Don Francés, el Vestido, el Blanco que vive en 10

Panton-Dayré la Vérité du Conte
Aten-té Dayré, où est la Vérité?
Komawa-le-Soir est arrivé, son son son, peu à peu... Koko-Ia-Grand-mère aime Ekanéka-Kowama, le Calme-duSoir. C'est-ce dans le calme du soir que commence Panton-Daktay, le Temps-du-Conte. ... Wétoun-le-Sommeil va venir bientôt, mais il faut l'appeler, en se racontant, ess ess ess, dans sa tête, une histoire de Ce Temps-Là. Alors Koko, yénou-yak énépouy, Koko-Ia-Grand-Mère ramène devant ses yeux Pounin- Pantoni, la Sagesse-du-Conte. . . Car la sagesse des Pémons, des Hommes, des Indiens des forêts du Roroïma, est faite des histoires de Pia-Daktay, les histoires de Ce Temps-Là! Les yeux fermés, elle aime se souvenir de Pia-Daktay, de Ce Temps-Là... Mais les Téponken, les Habillés ne comprennent rien à tout ça. Et c'est triste quand ce sont des amis qui ne comprennent pas. . . Kouama-yaou, hier, Elba-yénou-yen, Elba-qui-a-des-Iunettes, la femme de Don Francès, l'Habillé, le Blanc qui vit dans Il

Panton Pata-Penlonton, Cuentos de la Tien'a de los Honlbres

la selva, pemon-pe, como los Pemon, le pregunto... i Enaru, Oh Hermana-Mayor, esas historias que tu cuentas, son ellas dayre-re, son ellas todas verdad? i U-Enaru, Oh mi Hermana-Mayor, tu que eres Punin, tu que eres Sabia, dime donde esta Dayre-Ia- Verdad !
Molesta, la anciana habfa respondido.

..

- iE-kin ma Dayre, aten-te Dayre, U-Elba-yenu-yen? Qué es la Verdad, donde esta la Verdad, Oh Elba-que-tiene-anteojos ? i Yo sé 10 que u-San-mi-Madre me ensefio, yo sé 10 que u-Koko, mi Abuela me conto ! Yo sé tauron Panton Pia-Daktay, yo sé contar el Cuento-deAquel- Tiempo, deI Tiempo en el que el Mundo vivfa todavfa en Auka-la-Alegrfa-de-Ias-Cosas, el Tiempo en el que todas las Cosas-del-Mundo eran Pemon-pe, Como-Hombres, eran Personas, porque hablaban como los Hombres. Yo no sé sino eso, yo no la tengo sino a ella, no tengo sino Panton Dayre la Verdad del Cuento... Pero Elba-yenu-yen habfa preguntado de nuevo a la anciana. .. - iE-kin ma Panton-Dayre, qué es la Verdad-del Cuento, e-kin ma, qué es pues, U-Enaru, Oh mi Hermana-Mayor? Entonces Koko-la-Abuela, Enaru-Akon-Pata, Hermana-Mayorde-Ia-Aldea, para responderle conto Panton-Pantoni, el Cuentode-Ios-Cuentos. . . i Pero podra su amiga Elba comprender? ... Tauron PantonPia-Daktay, el Cuento dice que en Aquel Tiempo, Dayre-la- Verdad y Kachima-la-Mentira se disputaban la cabeza de los Pemon, el corazon de los Hombres. Dayre, segura de sf misma, se paseaba Pata-Pemonton, sobre la Tierra-de-Ios-Hombres, Pon-puen, sin vestidos, Menu-puen, sin pinturas, Momo-puen, sin adornos. Pero, asf ella era demasiado simple a los ojos de los Hombres. Sere-daktay, al mismo tiempo, Kachima-Ia-Mentira, sabiéndose muy fea, estaba Teponken, Vestida, Temenuken, bien pintada, Temomoken, bien adornada... Asf la Mentira gustaba a los Hombres. Dayre-Ia- Verdad estaba cansadada de andar siempre sola y desnuda Pata-Pemonton, sobre la TielTa-de-Ios-Hombres. Entonces un dfa que Kachima-Ia-Mentira hacfa la siesta en su 12

Panton

Pata-PeI11onton, Histoires de la Terre des HonUl1es

la forêt, pémon-pé, comme les Pémons, lui a demandé... - Enarou, Ô Grande-Soeur, ces histoires que tu racontes, sontelles dayré-ré, sont-elles vraies? Ou-Enarou Ô ma GrandeSoeur, toi qui es Pounin, toi qui es Sage, dis-moi où est Dayréla- Vérité! Ennuyée, la vieille femme avait répondu... - E-kin ma Dayré, aten-té Dayré, Ou-Elba-yénou-yen? Qu'estce que la Vérité, où est la Vérité, Ô Elba-qui-a-des-Iunettes ? Je sais ce que Ou-San-ma-Mère m'a appris, je sais ce que Ou-Koko-ma-Grand-Mère m'a raconté! Je sais tauron Panton-Pia-Daktay, je sais raconter l'Histoire-deCe- Temps-Là, du Temps où le Monde vivait encore dans Aouka-Ia-Joie-des-Choses, le Temps où toutes les Choses-duMonde étaient Pémon-pé, Comme-des-Hommes, étaient des Personnes, parce qu'elles parlaient comme les Hommes! Je ne sais que ça, je n'ai qu'elle, je n'ai que Panton-Dayré la V érité-du-Conte ! Mais Elba-yénou-yen avait encore demandé à la vieille femme. . . - E-kin ma Panton-Dayré, qu'est-ce que c'est la Vérité-du-Conte, é-kin ma, qu'est-ce donc, Ou-Enarou, Ô ma Grande-Soeur? Alors Koko-Ia-Grand-Mère, Enarou-Akon-Pata, Grande-Sœurdu-Village, pour répondre a raconté Panton-Pantoni, le Contedes-Contes. . . Mais son amie Elba, pourra-t-elle comprendre? ... Tauron Panton Pia-Daktay, le Conte dit qu'en Ce Temps-Là Dayré-Ia-Vérité et Kachima-le-Mensonge se disputaient la tête des Pémons, le cœur des Hommes. Dayré, sûre d'elle-même, se promenait Pata-Pémonton, sur la Terre-des-Hommes, Pon-pouen, sans vêtements, Ménoupouen, sans peintures, Momo-pouen, sans ornements. Mais, ainsi, elle était trop simple aux yeux des Hommes. Séré-daktay, pendant ce temps-là, Kachima-Ie-Mensonge, se sachant très laid, était Téponken, Habillé, Téménouken, bien peint, Témomoken, bien paré. .. Ainsi, le Mensonge plaisait aux Hommes. Dayré-la- Vérité se fatiguait d'être toujours seule et nue PataPémonton, sur la Terre-des-Hommes. Alors un jour que Kachima-le-Mensonge faisait la sieste dans son

13

Panton

Pata-PelrlontOI1,

Cuentos

de la Tierra

de los H0f11bres

hamaca, ella Ileg6 son son son titii-pan, poco a poco y en silencio y le robo Pon, Menu, Momo, Vestidos, Pinturas y Adornos. Dayre-la- Verdad fue por fin beIla a los ojos de los Hombres. y como sabîa decir bellas cosas, hizo la alegrîa de los Hombres, la alegrîa de los Peman. Le gustaba venir cerca de ellos cuando Warupue-Ia-Noche llegaba. Dayre-Ia- Verdad venîa en medio de los Hombres! Panton Dayren tukare-re Pata-Pemonton, ella contaba la Verdad de todas las Cosas deI Mundo de los Hombres. Y los Pemon, los Hombres tenîan mucho gusto de oîrla. Tauron Panton, asî dice el Cuento. Esta noche, ess ess ess, en su cabeza, Koko se pregunta si Elbayenu-yen, si Elba-que-tiene-anteojos, su amiga Pemon-pe, casi Pemon, ha comprendido Panton Dayre, la Verdad-del-Cuento... Ella piensa a eso yéndose, son son son, poco a poco, PataWeneti, al Paîs-del-Suefio.

14

J

PantonPata-Penl0nton,

Histoires de la Terre des H0f11f11eS

hamac, elle arriva son son son titii-pan, tout doux et en silence, et lui vola Pon, Ménou, Momo, Vêtements, Couleurs et Parures. Dayré-Ia-Vérité fut enfin belle aux yeux des Hommes. Et comme elle savait dire de belles choses, elle fit la joie des Hommes, la joie des Pémons. Elle aimait venir auprès d'eux lorsque Waroupoué-Ia-Nuit arrivait. Dayré-Ia- Vérité venait parmi les Hommes! Panton Dayren toukaré-ré Pata-Pémonton, elle racontait la Vérité de toutes les Choses du Monde des Hommes. Et les Pémons, et les Hommes, avaient beaucoup de plaisir à l'écouter. Tauron Panton, ainsi dit le Conte. Ce soir, ess ess ess, dans sa tête, Koko se demande si Elbayénou-yen, si Elba-qui-a-des-Iunettes, son amie Pémon-pé, presque Pémon, a compris Panton-Dayré, la Vérité-du-Conte... Elle pense à cela en s'en allant, son son son, tout doux tout doux, Pata-Wénéti, au Pays-du-Sommeil.

15

Pemon y Weri Hombre y Mujer
Pia-Daktay, en Aquel Tiempo, no habia nada, las Cosas no habian llegado al Ser
... Hasta EI-Que-Es, estaba solo, con el Sol y la Luna escondidos dentro de su pecha! Ni dia, ni noche. Nada. EI-Que-Es tenia Yey-Patenan, el Baston-Cruzado para dibujar, pero no pintaba nada. EI-Que-Habla vino a ver a EI-Que-Es y le dijo, i Eh Cufiado, hay que hacer algo ! Pero EI-Que-Es no respondio. No le gustaba ser molestado, no le gustaba hablar. Entonces EI-Que-Habla dijo al Sol y a la Luna, i Eh Wey ! i Eh Kapuy ! Salgan de ahi para que uno vea alga! Entonces el Sol y la Luna salieron deI pecha de EI-Que-Es. Hubo un dia y hubo una noche. EI-Que-Es viendo por fin alga, tuvo ganas de dibujar con su Yey-Patenan. Hizo la Tierra y después, le escupio encima. Entonces las Casas empezaron.

16

Pémon et W éri Homme et Femme
Pia-Daktay, en Ce Temps-Là, il n 'y avait rien, les Choses n'étaient pas arrivées à l'Etre ... Même Celui-Qui-Est, était seul, avec le Soleil et la Lune cachés dans sa poitrine! Pas de jour, pas de nuit. Rien. Celui-Qui-Est avait Yey-Patenan, le Bâton-Croisé pour dessiner, mais il ne peignait rien. Celui-Qui-Parle alla voir Celui-Qui-Est et lui dit, eh Beau-frère, il faut faire quelque chose! Mais Celui-Qui-Est ne répondit pas. Il n'aimait pas être dérangé, il n'aimait pas parler. Alors Celui-Qui-Parle dit au Soleil et à la Lune, eh Wey ! Eh Kapouy ! Sortez de là pour qu'on y voit quelque chose! Alors le Soleil et la Lune sortirent de la poitrine de Celui-Qui-Est. Il y eut un jour et il y eut une nuit. Celui-Qui-Est y voyant enfin quelque chose, eut envie de dessiner avec son Yey-Patenan. Il fit la Terre et après, il cracha dessus. Alors les Choses commencèrent. 17

Panton Pata-Pelnol1tol1, Cuel1tos de la Tierra de los Hombres

El salivazo de EI-Que-Es mezclado con tierra se volvio barro. Non-Kimasak, el Barro, empezo a moverse y de él salio un Pemon, un Hombre. Como nada se le parecia, las Cosas vinieron a verlo. El gustaba a todo el mundo. Entonces las Cosas se pusieron a bailar a su alrededor. EI-Que-Es se puso contento por 10que habia hecho. Pero el Hombre estaba triste. Veia a todas las Cosas bailar a su alrededor, pero no tenia ganas de bailar con ninguna. Ninguna se le parecia y nadie debe bailar solo. Las cosas bailaban de dos en dos. Pero el Hombre estaba solo, entonces estaba triste. EI-Que-Habla dijo a EI-Que-Es, i Eh Yese! i eh Cufiado ! Vamos a ver deI otro lado dei Hombre si no hay algo que se le asemeje. .. Pero no habia nada. El Hombre tenia sed. Entonces cogio un vaso de tierra lleno de agua fresca. Al bajar la cabeza vio algo en el agua que se le asemejaba. Entonces dijo a EI-Que-Es y a EI-Que-Habla, i Eh Awo! i Eh Tios! i Me gusta esta imagen, quiero bailar con ella! EI-Que-Es iba a mirar para otro lado, no sabia qué hacer con un talloco. Pero EI-Que-Habla dijo a EI-Que-Es. i Eh Yese, haz 10 que él dice, después ya no estara mas triste! Entonces El-que-Es cogio su YeyPatenan, su Baston-Cruzado y dibujo un hombre en la tierra, pero como no tenia mas ganas de escupir, cogio el agua deI vaso en el que el Hombre habia bebido. Y del barro aguado, salio una Weri, una Mujer. Ella gusto al Hombre. El Hombre era solido y oscuro, la Mujer era clara y fragit. Como ella le gustaba, el Hombre empezo a bailar con ella y todas las Cosas del Mundo cantaron... Nada esta ya solo! i Nada esta ya solo! Tauron Panton, asi dice el Cuento. 18

Palllo1l Pata-Penzonto1l, Histoires de la Terre des Hortunes

Le crachat de Celui-Qui-Est mélangé à de la terre devint la boue. Non-Kimasak, la Boue, commença à bouger et d'elle sortit un Pémon, un Homme. Comme rien ne lui ressemblait, les Choses sont venues le voir. Il plaisait à tout le monde. Alors les Choses se sont mises à danser autour de lui. Celui-Qui-Est était content de ce qu'il avait fait. Mais l'Homme était triste. Il voyait toutes les Choses danser autour de lui, mais il n'avait envie de danser avec aucune. Aucune ne lui ressemblait et personne ne doit danser seul. Les choses dansaient deux par deux, mais l'homme était seul, alors il était triste. Celui-Qui-Parle dit à Celui-Qui-Est, eh Y ésé! eh Beau-frère! Cherchons voir de l'autre côté de l'Homme, s'il n'y a pas quelque chose qui lui ressemble. ..Mais il n'y avait rien. L'Homme avait soif. Alors il prit un vase de terre plein d'eau fraîche. En penchant la tête, il vit dans l'eau quelque chose qui lui ressemblait. Alors il dit à Celui-Qui-Est et à Celui-QuiParle, eh Awo ! eh mes Oncles! Cette image me plaît, je veux danser avec elle. Celui-Qui-Est allait regarder d'un autre côté, il ne savait que faire avec un fou pareil. Mais Celui-Qui-Parle dit à Celui-Qui-Est, eh Y ésé, fais ce qu'il veut, après il ne sera plus triste! Alors Celui-Qui-Est prit son YeyPatenan, son Bâton-Croisé, et dessina dans la terre un homme, mais comme il n'avait plus envie de cracher, il y prit l'eau du vase où l'homme avait bu. Et de la boue légère, sortit une Wéri, une Femme. Elle plut à l'Homme. L'Homme était solide et sombre, la Femme était claire et fragile. Comme elle lui plaisait, l'Homme commença à danser avec elle et les Choses du Monde chantèrent... Rien n'est plus seul! Rien n'est plus seul! Tauron Panton, ainsi dit le Conte.

19

Warupue la Noche
Warupue-la-Noche habia caido sobre el Munda y con ella todos los ruidos de todos los animales que nunca se ven
- U-Mureton, Oh Hijos mios, ha llegado la noche, vayan a dormir. - i Ake-nek Koko, no Abuela ! i Kamake Panton, cuenta un cuento ! - Bueno... Voy a contarles el cuento de Warupue-Ia-Noche y de Wetun-el-Sueno. y luego se iran a dormir. ... Pia-Daktay, en Aquel Tiempo, una nube podia tener un nino con una montana y un danto podia casarse con una pajita de hierba. .. eso era hace mucho tiempo. Waki-Ia-Belleza, hija de Okoyima el Arco-Iris se casa con Kuray, un Hombre. El era muy bello y ella muy bella y los dos vivian felices. Pero poco a poco, Kuray empeza a cansarse de la vida. Amaba a Waki, pero la vida 10cansaba demasiado. Entonces le llega el momento de morir. Pero Waki-Ia-Belleza fue a ver a su padre Okoyima, la gran culebra que rodea la Tierra cuando va a llover, que rodea la Tierra cuando ha llovido. Okoyima el Areo-Iris dormia al borde deI rio.
20

Waroupoué la Nuit
Waroupoué-la-Nuit était tombée sur le Monde, et avec elle tous les bruits de tous les animaux qu'on ne voit jamais - Ou-Mouréton, Ô mes Enfants, la nuit est arrivée, allez donc dormir. - Aké-nek Koko, non Grand-mère! Kamaké Panton, raconte une histoire! - Bon... Je vais vous raconter l'histoire de Waroupoué-Ia-Nuit et de Wétoun-Ie-Sommeil. Et après vous irez dormir. ... Pia-Daktay, en Ce Temps-Là, un nuage pouvait avoir un enfant avec une montagne, et un tapir pouvait se marier avec un brin d'herbe... c'était il y a bien longtemps. Waki-la-Beauté, fille d'Okoyima l'Arc-en-Ciel épousa Kouray, un Homme. Il était très beau et elle était très belle, et les deux vivaient heureux. Mais peu à peu, Kouray commença à se fatiguer de la vie. Il aimait Waki, mais la vie le fatiguait beaucoup. Alors il lui arriva le moment de mourir. Mais Waki-Ia-Beauté alla trouver son père Okoyima, le grand serpent qui entoure la Terre quand il va pleuvoir, qui entoure la Terre quand il a plu. Okoyima l'Arc-en-Ciel dormait près de la rivière. 21

Pallton Pata-Pelnontol1,

Cuentos de la Tierra de los HOlnbres

Waki tuvo que sacudir fuertemente a su padre para despertarlo. Okoyima, cuando no esta en el cielo, esta siempre durmiendo. - Oh Padre mfa, Oh Padre mfa, dijo Waki a su padre, Kuray, el hombre con quien me he casado, se va a morir, esta muy cansado. - ~ Muy cansado, Hija mia? i Pero! (, Pero y Wetun? ~ Eh ? ~ Eh? ~ Y el sueno? ~ Eh? ~ Par qué no duerme? ~ Le has tejido un buen Karimi par 10 menas? Dijo Okoyima a su hija Waki-la- Belleza. - Claro que si Padre mia, tiene un buen chinchorro de fibras de palma de Moriche, que Ie teji antes de casanos. No puede dormir pues es un Pemon, un Hombre... - i Ina dayren! , Es un Pemon ! Déjame reflexionar un poco... dijo Okoyima el Arco- Iris, a Waki, la Belleza, su hija. Tenia todavia sueno, las serpientes son grandes Petoy, grandes amigas, de Wetun-el-Sueno, duermen siempre. El creia que su hija 10 dejaria reflexionar y volverse a dormir... i Ake-nek! i Que va ! - i Padre mia, Padre mio! , Kuray va a morir ! Padre mia, esta muy cansado, se va a morir si Usted no consigue 10 que puede curarlo... dijo Waki-la-Belleza a su padre Okoyima. - Bueno... dijo Okoyima a su hija querida, voy a darte 10 que va a curarlo, pero después me dejas tranquilo esperar a Konokdaktay, esperar el Tiempo de las Lluvias ~ Eh, eh ? - Si, Oh Padre mia, 10 dejaré dormir. Entonces Okoyima el Arco-Iris se zambUllO en el rio. y Waki espero, espero... Estaba muy inquieta, pero sabia que su padre debia salir del agua, pues a Wetun no le gusta el fonda de un no. y asf fue, Okoyima volvio a su lado. Aqui tienes, hija mia, con esta, Kuray se curara, le dijo él. y Okoyima Ie dio una gruesa semilla negra, negra como la lena quemada de la manana, diciéndole... - Cada vez que Kuray se sienta cansado, tu frotas esta semilla sobre sus ojos, una vez, dos veces, tres veces y estara curado. Pero

cuidado, no pongas nunca esa nuez cerca de sus orejas. , Y
escondela ! Escondela muy bien, que él no la abra nunc a jamas, no saldrian sino desgracias para nosotras las Casas del Mundo. 22 .j

Panton Pata-Pefnontol1,

Histoires de la Terre des HOf1unes

Waki dut secouer son père très fort pour le réveiller. Okoyima, quand il n'est pas dans le ciel, est toujours en train de dormir. - Ô mon Père, Ô mon Père, dit Waki à son père, Kouray, l'Homme que j'ai épousé, va mourir, il est très fatigué. - Très fatigué, Ô ma Fille? Mais! Mais et Wétoun ? Hein? Hein? Et le Sommeil, hein? Pourquoi ne dort-il pas? Lui as-tu tressé un bon Karimi au moins? dit Okoyima à sa fille Waki-laBeauté. - Bien sûr que si mon Père, il a un bon hamac de fibres de la palme Moriche que je lui ai tressé avant de nous marier. Il ne peut pas dormir parce que c'est un Pémon, un Homme. . . - Ina dayren ! C'est unPémon! Laisse-moi un peu réfléchir... dit Okoyima }'Arc-en-Ciel, à Waki, la Beauté, sa fille. Il avait encore sommeil, les serpents sont les grands Pétoy, grands amis de Wétoun-Ie-Sommeil, ils dorment toujours. Il croyait que sa fille le laisserait réfléchir et se rendormir. . . Aké-nek ! Mais non! - Ô mon Père! Ô mon Père! Kouray va mourir, Ô mon Père, il est très fatigué, il va mourir si vous ne trouvez pas ce qui peut le guérir. .. dit Waki-Ia-Beauté à son père Okoyima. - Bon... dit Okoyima à sa fille chérie, je vais te donner ce qui va le guérir, mais après tu me laisses tranqui lIe attendre Konokdaktay, attendre la Saison des Pluies, hein, hein? - Ina, Ô mon père, je vous laisserai dormir. Alors Okoyima l'Arc-en-Ciel plongea dans la rivière. Et Waki attendit, attendit. .. Elle était très inquiète, mais elle savait qu'il faudrait bien que son père remonte de la rivière, Wétoun n'aime pas le fond d'une rivière. Et ce fut ainsi, Okoyima revint auprès d'elle. - Voilà, ma Fille, avec ça, Kouray guérira, lui dit-il. Et Okoyima lui donna un gros noyau rond, noir comme le bois brûlé du matin, en lui disant. . . - Chaque fois que Kouray est fatigué, tu frottes ce noyau sur ses yeux, une fois, deux fois, trois fois, et il sera guéri. Mais att~ntion, ne mets jamais ce noyau près de ses oreilles. Et cache-le! Cache-le bien, qu'il ne l'ouvre jamais, il n'en sortirait que des malheurs pour nous les Choses du Monde.
.

23

Panton

Pata-Pelnontol1,

Cuentos

de la Tien'a

de /05 H0111bres

Esto fue 10 que dijo Okoyima a su hija Waki-la-Belleza que él amaba tanto. - Esta bien oh Padremfo, asf 10 haré, respondio Waki a su padre Okoyima el Arco-Iris que ella amaba tanto. Waki se fue corriendo como Sekesekerima el Viento-deAguacero cuando hace Horar la hierba de la sabana y caer los viejos arboles de la selva, y que el Pemon se queda escondido en el claro de la aldea. Cuando Waki lIego allado de Kuray, tuvo mucho miedo. Pero no estaba muerto, ann vivfa. Entonces le paso la nuez negra sobre los ojos, una vez... dos veces. .. tres veces. .. Kuray se fue entonces de viaje con Wetun, se durmio, estaba curado. Cuando se desperto, muy joven, muy fuerte, estuvo muy contento. Waki estuvo de nuevo felfz. y cada vez que Kuray estaba cansado, le pasaba la nuez sobre los ojos, una vez, dos veces, tres veces y Kuray se dormfa. Pero un dfa, Kuray encontro la nuez, estaba mal escondida. La acerco a sus orejas y entonces, entonces... escucho todos los ruidos y los lamentos de la selva que Warupue-la-Noche esconde. Se quedo maravillado pues no sabfa 10 que era la Noche. Entonces cogio un cuchillo de piedra y abrio la nuez negra. . . Y.. . Enseguida obscurecio, Warupue;;.laNoche habfa cafdo sobre el Mundo y con ella todos los ruidos de los animales que no se ven nunca... Tauron Panton, asf dice el Cuento. y ahora, U-Mureton, Hijos mfos, vayan a dormir en sus Karimi, en sus chinchorros. i Vayanse con Wetun ! i Duérmanse !

24

:~

Pallton Pa ta-PenlontOil, Histoires de la Terre des Honunes

C'est ce que dit Okoyima à sa fille Waki-la-Beauté qu'il aimait tant. - Bien Ô mon Père, je ferai ainsi, répondit Waki à son père Okoyima l' Arc-en-Ciel qu'elle aimait tant. Waki partit en courant comme Sékésékérima le Vent-de-l'Orage quand il fait pleurer l'herbe des savanes et tomber les vieux arbres de la forêt, et que le Pémon reste caché dans la clairière du village. Quand Waki arriva auprès de Kouray, elle eut très peur. Mais il n'était pas mort, il vivait encore. Alors elle lui passa le noyau noir sur les yeux, une fois... deux fois... trois fois... Kouray partit alors en voyage avec Wétoun, il s'endormit, il était guéri. Quand il se réveilla, tout jeune, tout fort, il était tout joyeux. Waki était à nouveau heureuse. Et chaque fois que Kouray était fatigué, elle lui passait le noyau sur les yeux, une fois, deux fois, trois fois, et Kouray s'endormait. Mais un jour, Kouray trouva le noyau, il était mal caché. Il l'approcha de ses oreilles et alors, et alors... il entendit tous les cris et toutes les plaintes de la forêt que Waroupoué-Ia-Nuit cache. Il fut émerveillé, car il ne savait pas ce qu'était la Nuit. Alors il prit un couteau de pierre et ouvrit le noyau noir... Et. .. Aussitôt il fit sombre, Waroupouéla-Nuit était tombée sur le Monde, et avec elle tous les bruits de tous les animaux qu'on ne voit jamais. . . Tauron Panton, ainsi dit le Conte. - Et maintenant, Ou-Mouréton, Ô mes Enfants, allez dans vos Karimi, dans vos hamacs. Partez chez Wétoun ! Dormez!

25

;~

~

1

~

Yey-Yetuka el Palo de Fuego
Desde Aquel Tiempo, los Pemon han tenido siempre con ellos Apok-el-Fuego
... Ina u-Mureton, sf Hijos mfos, Pia-Daktay, en Aquel Tiempo, las Cosas deI Mundo se amaban, se hablaban. Ellas tenfan ninos las unas con las otras, en Aquel Tiempo, una mujer podfa tener un hijo con un ramito de paja. . . Pia-Daktay, en Aquel Tiempo, Yasak-el-Quemado estaba casado con Waranapi-Ia-Centella. Se peleaban a menudo porque Yasak no querfa a Yetuka la Llama-del-Rayo, su suegra. Eso eran gritos, desde la manana hasta la noche. . . - i Eh Esposa mfa, todo 10 que uno hace, las Tapuy de palmas de Moriche que nos protejen de la lluvia, las siembras de Kesera-Ia- Yuca, todo, Yetuka tu madre 10 quema todo ! Pero Waranapi amaba a Yetuka su madre. - i Eh Esposo mfo i Como harfamos con los arboles, eh, para sembrar Maiz y plantar Yuca, si mi madre no hiciera un hueco en la selva para ayudamos? No hay siempre un gran arbol que muere para dejar un hueco en Tureta-la-Selva, i Eh ? i.,Eh ? Yeso eran peleas sin fin. Hasta Waira-el-Danto que vive en la selva y Akurik-Ia-Arana

~

1

26
4

Yey-Yétouka le Bâton à Feu
Depuis Ce Telnps-Là, les Pémons ont toujours eu Apok-le-Feu
... Ina ou-Mouréton, oui mes Enfants, Pia-Daktay, en Ce Temps-Là, les Choses du Monde s'aimaient, elles se parlaient. Elles avaient des enfants les unes avec les autres, en Ce TempsLà, une femme pouvait avoir un fils avec un brin de paille... Pia-Daktay, en Ce Temps-Là, Yasak-le-Brûlé était marié avec Waranapi-l' Eclair. Ils se disputaient souvent parce que Yasak n'aimait pas Yétouka-la-Foudre, sa belle-mère. C'était des cris, du matin au soir. . . - Eh mon Epouse, tout ce qu'on fait, les Tapouy de palmes de Moriche qui nous abritent de la pluie, les plantations de Késéra-le-Manioc, tout, Y étouka ta mère brûle tout! Mais Waranapi aimait Y étouka sa mère. - Eh mon Mari! Comment ferait-on avec les arbres, hein, pour semer Maïs et planter Manioc, si ma mère ne faisait pas un trou dans la forêt pour nous aider? Il n'y a pas toujours un grand arbre qui meurt pour creuser Tourèta-la-Forêt, hein? Hein? Et c'était des disputes sans fin. Même Waïra-Ie- Tapir qui habite dans la forêt et Akourik27