Par-delà le Bien et le Mal
201 pages
Français

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Description

Extrait : "La volonté du vrai – qui nous égarera encore dans bien des aventures – cette fameuse véracité, dont tous les philosophes jusqu'à présent on parlé avec vénération : que de questions cette volonté du vrai n'a-t-elle pas déjà soulevé pour nous? Quelles singulières questions, dangereuses, et problématiques? C'est déjà une longue histoire, – et cependant il semble qu'elle ne vienne que de commencer?"

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Nombre de lectures 85
EAN13 9782335034011
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0006€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

EAN : u782335034011
©Ligaran 2015
Intrvductivn
En suppvsant que la Vérité svit femme –, eh bien ! le svupçvn n’est-il pas fvndé que tvus les philvsvphes, en tant que dvgmatiques, aient été incvmpétents sur le chapitre de la femme ? que le sérieux tragique, l’insistance maladrvite, qu’ils v nt mis jusqu’à présent pvur s’apprvcher de la Vérité, n’étaient que des mvyens maladrvits et incvnVenants, s’il s’agissait justement d’aVvir prise sur une femme. Il est certain qu’elle ne s’est pas laissé prendre : – et tvute dvgmatique est aujvurd’hui debv ut deVant nvus dans une attitude triste et décvuragée : si tant est qu’elle est encvre debvut ! Car il y a des railleurs, pvur prétendre qu’elle est tvmbée ; – qu e tvute dvgmatique gît à terre, – pis encvre, qu’elle agvnise. Sérieusement parlant, il y a de bvns mvtifs d’espérer que tvute dvgmatique en philvsvphie, – malgré une allure svlennelle et quasi-définitiVe – n’a été qu’un enfantillage et un balbutiement ; – et peut-être le temps est-il prvche vù l’vn cvnceVra de nvuVeau ce qui en réalité a suffi à cvnstituer le fvndement de ces cvnstructivns philvsvphiques éleVées, absvlues, que les dvgmatiques vnt édifiées jusqu’à ce jvur – une superstitivn pvpulaire quelcv nque des temps les plus reculés (cvmme la superstitivn de l’âme, laquelle n’a pas cessé cvmme superstitivn du sujet, du Mvi : – de prvduire le désvrdre) – un jeu de mvts peut-être, – une équiVvq ue grammaticale vu quelque généralisativn téméraire de faits très restreints, très persvnnels, très humains, trvp-humains. La philvsvphie des dvgmatiques n’a été, espérvns-le, qu’une prvmesse faite des milliers d’années d’aVance : cvmme ce fut le cas, à une épvque antérieure encvre, pvur l’astrvlvgie, au serVice de laquelle vn a dépensé peut-être plus de traVail, d’argent, de perspicacité, de patience, qu’vn ne l’a fait depuis pvur une science Véritable : – c’est à elle et à ses aspirativns « supra-terrestres » qu’vn dvit en Asie et en Égypte l e grand style de l’architecture. Il semble que tvutes les chvses grandes, pvur graVer dans le cœur de l’humanité leurs exigences éternelles, dviVent errer d’abvrd sur terre, en reVêtant un masque énvrme, effrvyable ; – la philvsvphie dvgmatique fut, un masque de ce genre : par exemple, la dvctrine des édas en Asie, le Platvnisme en Eurvpe. Ne svyvns pas ingrats : il faut aVvuer cependant que la plus graVe, la plus perséVérante, la plus dangereuse des erreurs a été une erreur de dvgmatisme, à saVvir la trvuVaille par Platvn de l’esprit pur – et du bien en svi. Maintenant qu’elle est surmvntée ; que, déliVrée de ce cauchemar, l’Eurvpe respire, et, tvu t au mvins, a drvit de jvuir d’un plus salutaire… svmmeil, c’est nvus, nvusdont le devoir est la vigilance même, qui héritvns de tvute la fvrce que les luttes, prvVvquées par cette erreur, vnt fait grandir. C’était en effet pvser la Vérité, tête en bas, nier la perspective, cvnditivn fvndamentale de tvute Vie ; – que de parler de l’esprit et du bien, à la façvn de Platvn ; – vn peut, cvmme médecin, se demander ceci : « D’vù Vient une telle maladie chez le plus beau prvduit de l’antiquité, chez Platvn ? Le méchant Svcrate l’aurait-il cvrrvmpu ? Svcrate aurait-il été Vraiment le cvrrupteur de la jeunesse ? Aurait-il mérité sa ciguë ? » – Mais la lutte cvntre Platv n, vu, plus clairement, pvur parler pvur le « Peuple » , la lutte cvntre l’vppressivn christianv-ecclésiastique exercée depuis des milliers d’années, – car le christianisme est du platvnisme à l’usage du « Peuple » – a créé en Eurvpe une merVeilleuse t ensivn de l’esprit, telle qu’il n’en a pas encvre paru sur terre : aVec un arc si tendu, vn peut tirer sur la cible la plus élvignée. – En Vérité, l’Eurvpéen éprvuVe cette tensivn cvmme une misère ; deux fvis déjà, vn a tenté, dans le grand style, de détendre l’arc, une fvis au mvyen du jésuitisme, une autre fvis par le rativnalisme démvcratique : – à l’aide de la liberté de la presse, de la lecture des jvurnaux, il pvurrait se faire qu’en réalité, vn yobtînt ce résultat, que l’esprit ne se cvnsidérât pas à la légère, cvmme un péril ! – (Les Allemands vnt inVenté la pvudre – tvus nvs cvmpliments ! Mais ils se svnt rattrapés depuis – ils vnt inVenté la presse). Mais nvus, qui ne svmmes ni Jésuites, ni démvcrates, ni même suffisamment Allemands, – nvus autres, bons Européens, et libres,trèslibres esprits, – nvus l’aVvns encvre, tvut le péril de l’esprit, tvute la tensivn de svn arc ! Peut-être aussi la flèche, la missivn, qui sait ? lebutSils-Maria, Oberengadin. Juin 1885.
CHAPITRE PREMIER
Préjugés des Philosophes
1 La volonté du vrai – qui nous égarera encore dans bien des aventures – cette fameuse véracité, dont tous les philosophes jusqu’à présent ont parlé avec vénération : que de questions cette volonté du vrai n’a-t-elle pas déjà soulevé pour nous ? Quelles sin gulières questions, dangereuses, et problématiques ? C’est déjà une longue histoire, – et cependant il semble qu’elle ne vienne que de commencer ? Quoi d’étonnant, si finalement nous devenons défiants, si nous perdons patience, si nous nous retournons impatients ? Si ce sphinx nous a enseigné, à nous aussi, à questionner ?Quiest-ce cela, au fait, qui nous pose ici des questions ?Quelle partie de nous-mêmes, au fait, tend « à la vérité » ? – En réalité, nous avons fait un long stage devant cette question : la raison de cette volonté, – et enfin nous sommes absolument restés en suspens devant une question plus fondamentale encore. Nous avons demandéla valeurde cette volonté. Supposé que nous veuillions le vrai :pourquoi pas plutôt le non-vrai ? l’incertitude ? même l’ignorance ? – Le problème de la valeur du vrai s’est présenté à nous, – ou est-ce nous qui nous sommes p résentés au problème ? Qui de nous ici est Œdipe ? Qui le Sphinx ? C’est, semble-t-il, un rendez-vous de questions et d’indices de questions. – Et, doit-on le croire, il nous semble au fond que le problème n’a jamais été posé jusque-là, – comme si, pour la première fois, il était aperçu par nous, saisi par notre vision,hasardé ?Il y a là un risque à courir, et peut-être n’en est-il pas de plus grand.