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Paroles d'initiés

De
132 pages
Jeune diplômé sans emploi et orphelin, Ngoma doit affronter de nombreux écueils pour survivre, dans une ville à peine remise d'une effroyable guerre civile. S'imposent à sa conscience des questionnements sur l'humanité, dont il part chercher des réponses : d'abord au village reculé de Makaka, auprès de son grand-père et du vieux sage, puis dans l'ancien Empire des pharaons, avant de faire la rencontre de Pandzou, un puits de science qui lui révèle petit à petit le cheminement authentique du monde visible et invisible.
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PPPrrréééfffaaaccce de de du Pu Pu Pr Cr Cr Chhhaaarrrllleees Zs Zs Zaaaccchhhaaarrriiie Be Be Booowwwaaaooo
ISBN : 978-2-343-03345-7
13,50 €
Paroles d’initiés Fourier Ngama-Ikounga
Paroles d’initiés Fourier Ngama-Ikounga
Paroles d’initiés Fourier Ngama-Ikounga









Paroles d’initiés
Roman


Fourier Ngama-Ikounga










Paroles d’initiés
Roman





Préface du Pr Charles Zacharie Bowao


















































































- Congo


































































































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03345-7
EAN : 9782343033457



Préface


Ngoma est le principal personnage au cœur de ce récit
historique, où s’entremêlent, au gré des évènements et
autres circonstances, la vie et la mort, la guerre et la paix,
la tristesse et la joie, l’étonnement et la déception, la
fiction et la réalité, le dénuement matériel et la richesse
insolente, la sècheresse morale et l’espérance spirituelle.
Jeune diplômé à la recherche d’un hypothétique emploi,
désemparé par la situation apocalyptique de la guerre
civile, Ngoma quitte la ville pour se ressourcer à Makaka,
ce village qu’il n’avait jamais connu que par ce que ses
parents lui en avaient raconté.

Auprès de Nkéoua, le vieux sage, il apprend la
préhistoire magnifiquement controversée de ses ancêtres,
puis l’histoire héroïque de son peuple contre l’envahisseur
étranger et, enfin, ce qu’il reste de son pays après la
décolonisation. Ngoma a le privilège (?) d’être le dernier
auditeur de l’unique « Bibliothèque vivante » qui vient
malheureusement de brûler, juste après son retour
d’Egypte, où il a séjourné pendant quelques jours, avec le
ferme espoir de percer le secret de la grandeur de la très
haute civilisation des Pharaons. C’est d’ailleurs en quittant
l’Egypte qu’il fait la connaissance de son compatriote
Pandzou. Cela se passe dans l’aéroport au moment de
l’enregistrement des bagages. Pandzou a un surplus de
bagages et n’a visiblement pas d’argent pour y faire face.
Ngoma est sans bagages ; il offre donc généreusement ses
kilos à l’infortuné voyageur.

5

La confiance s’installe entre les deux hommes, ce qui
leur permet de mieux faire connaissance. Pandzou se
dévoile, pour ainsi dire, en se présentant à Ngoma comme
un initié, c’est-à-dire un éminent membre du « Réveil de
la conscience noire ». Une rencontre heureuse, qui permet
à Ngoma de prendre la mesure de la culture
encyclopédique de son compagnon des airs. Pandzou est
au courant des développements complexes de la science,
de la technique et de la technologie, maîtrisant ainsi
parfaitement l’histoire de l’homme, de la société et de la
nature. Pandzou semble avoir réussi à mettre la conscience
du jeune Noir devant le chemin, authentiquement africain,
de la vérité, la vérité des vérités ! Ngoma est pourtant
encore perplexe, c’est un fait. Il semble en même temps
disposé à intégrer cet ordre mystérieux dont il vient de
découvrir l’existence dans son pays.

Prendra-t-il souverainement la décision de franchir le
seuil de l’inconnu ?

Avant le voyage d’Egypte, Ngoma a été fasciné par les
paroles de la sagesse ancestrale. Le vieux sage, un
véritable initié reconnu comme tel, l’avait fièrement
encouragé à faire ce voyage. Il est maintenant subjugué
par la sagesse moderne dont il découvre les paroles par
l’entremise du représentant d’un ordre dont il ne fait pas
encore partie. Saura-t-il recréer, à sa manière, ces paroles
en une synthèse harmonieuse qui pourrait étancher sa soif
de connaissance, sa curiosité étant reconnue des deux
Grands Initiés. Cette synthèse sera-t-elle la lumière qui
délivrera l’Afrique noire de son incertitude historique ?
Nul ne le sait encore.


6

Ngoma est en quête de quelque chose, on le sent. Il est
en quête de sens. Il veut comprendre le sens de l’existence,
entre le visible et l’invisible. Nkéoua n’a certainement pas
eu le temps de lui livrer le secret de la lumière. Pandzou
ne l’a pas encore conduit à la lumière du secret. S’agit-il
du même secret ? Est-il question de la même lumière ?

Affaire donc à poursuivre avec Fourier
NgamaIkounga, dont on peut saluer, à travers ce « récit »,
l’audace de la plume. Nous servira-t-il la plume de
l’audace... ?

Attendons alors que le jeune écrivain nous serve le
parcours de l’initié que sera devenu, entre-temps, le héros
de son aventure littéraire.

Professeur Charles Zacharie Bowao,
Philosophe, professeur des Universités

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Avant-propos


Titulaire d’une maîtrise en histoire, Ngoma est encore,
à 26 ans, en quête d’un premier emploi. Sa mère
succomba, deux jours seulement, après sa naissance ; son
père, lui, mourut au moment où il venait d’être admis au
lycée, en classe de seconde.
N’ayant plus aucun soutien familial, il a été
généreusement pris en charge par les parents de Matondo,
son ami d’enfance et camarade de classe dès l’école
primaire. Il a vécu, depuis ce temps-là, sous le toit de cette
famille voisine qui l’a pratiquement adopté, au regard de
l’ancienneté de leurs relations.
Ngoma et Matondo ont, à peine, obtenu leurs derniers
diplômes universitaires que survient la « guerre du 5
juin », un terrible conflit armé sur fond de crise
sociopolitique. Brazzaville, la capitale du pays, s’est
transformée, pendant cinq mois, en un champ de bataille
entre des milices armées adverses. Le plus grand nombre
de victimes de cette folie des hommes politiques se
compte parmi la population civile, à l’exemple de
Matondo et son père, fauchés par des balles perdues au
détour d’une ruelle.
Dans « le sauve qui peut ! » général, Ngoma, la sœur et
la mère de Matondo, et les autres membres de la famille
ont dû abandonner précipitamment leur maison pour un
refuge plus sûr, loin du fracas des armes. A la fin des
hostilités, lorsqu’ils ont regagné leur domicile, l’horreur se
contemplait dans chacune des chambres de leur habitation.
La férocité de la guerre avait tout ravagé. Ils n’ont trouvé
que des murs troués par des roquettes, surmontés d’un toit
transpercé à plusieurs endroits par des balles de
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mitraillettes. Les pillards ont emporté meubles, portes et
fenêtres ; ils ont tout saccagé. Ngoma et ses proches se
sont accommodés de ces ruines, au prix de quelques
bricolages, pour y vivre tant bien que mal.
Diplômé sans emploi, il est contraint, par les
circonstances, d’exercer de petits métiers ici et là, étant
demeuré le seul pilier de la maisonnée. Par ailleurs,
l’environnement est constamment perturbé par l’activisme
des hommes en armes plus ou moins incontrôlés ; puis une
rébellion armée provoque, pendant plus de trois ans, des
ravages énormes dans la région voisine de Brazzaville, le
Pool, terre d’origine des parents de Ngoma.
Ayant attendu que toutes ces violences cessent, et
devant les difficultés, chaque jour, plus grandes et
nombreuses, Ngoma se propose d’aller voir du côté du
village de son grand-père maternel encore en vie, pour se
« ressourcer ». Décision importante et délicate à prendre :
partir vers l’inconnu dans l’espoir de construire une vie
meilleure et de découvrir, peut-être, aussi bien les
richesses que les vérités cachées du pays profond.

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I


Les étoiles se sont évanouies, l’aurore est apparue, le
soleil devient nitescent et le ciel azuré. Pourtant, la vieille
horloge à quartz accrochée au mur du salon n’a pas encore
sonné les cinq coups. Assis au pied du manguier dont les
branches ont été, en partie, arrachées par un obus, à
quelques mètres de la maison, Ngoma reste pensif de
longues heures, les paupières lourdes, après une nuit sans
sommeil, le ventre creux, faute de pitance la veille.
De nombreuses questions lui envahissent l’esprit.
Questions existentielles : la souffrance humaine, le sens de
la vie, la vie après la mort, les origines de l’homme, les
inégalités et injustices sociales, autant de sujets qui se
bousculent dans sa tête. « Comment faire face à des
interrogations auxquelles on semble incapable de donner
des réponses, à son humble niveau ? » se demande-t-il.
« Au moins, se dit-il, il est, sans doute, possible de
trouver une solution à sa situation matérielle misérable.
Les siens comptent beaucoup sur lui. Il se pourrait que les
produits de la terre, abondant partout dans les villages,
représentent une opportunité à exploiter pour survivre, et
même vivre décemment. »
Enfant, il avait appris, de son père, que le village
familial de sa mère, du nom de Makaka, se situait à une
trentaine de kilomètres de la ville capitale, à quelques
encablures de la gare de Goma Tsé-tsé. Par bonheur, son
grand-père avait survécu aux affrontements armés qui
avaient dévasté la région pendant des années de rébellion
violente suivie des représailles de l’armée régulière.
Il va donc se rendre à Makaka, en dépit de la
méconnaissance des lieux où il n’a jamais mis les pieds
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auparavant et malgré la modicité de ses économies. Le soir
venu, il réunit tous ses proches pour leur faire part de son
projet. Le lendemain, dès potron-minet, il prend la
direction de la gare principale de Brazzaville sans la
moindre certitude sur le départ d’un train, car le Chemin
de fer Congo-océan et son parc roulant ont subi des dégâts
très importants à l’occasion des troubles successifs.
D’ailleurs, beaucoup d’infrastructures, dans une grande
partie du sud du pays (ponts, ligne de transport électrique,
réseau de téléphone, bâtiments publics…), ont été du
même fait détruites, parfois délibérément. Avant d’accéder
au quai, il apprend par la rumeur que le seul moyen de
voyager est un train de marchandises, incertain quant à
l’heure du départ. En plus, avant de monter sur le toit d’un
wagon, il faut se mettre sous les ailes protectrices d’un des
éléments des forces armées chargés de convoyer les trains,
pour des raisons de sécurité.
Les hommes en armes lui font littéralement peur à
cause des exactions inqualifiables qu’ils ont fait subir aux
paisibles populations. Il se tourne plutôt vers un jeune
garçon débraillé que beaucoup d’autres personnes
interpellent. Il saura plus tard que c’est un enfant de la rue
ou « chégué », à l’instar d’une foule d’autres gamins
abandonnés à eux-mêmes à cause de la guerre, et, par
conséquent, obligés de faire tout et n’importe quoi pour ne
pas mourir de faim. Le garçon le met en contact
bizarrement, malgré sa réticence, avec un militaire de ses
relations, moyennant une modique somme d’argent pour
lui et pour son futur « protecteur » armé.
Trois heures environ plus tard, la vieille locomotive
fumante s’ébranle lentement, sifflant et cahotant, dans un
vacarme indescriptible, entraînant avec elle une dizaine de
wagons poussiéreux. Au-dessus de ces wagons, les
infortunés voyageurs, comme Ngoma, s’agrippent à qui
mieux mieux aux barres métalliques soudées sur les tôles.
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