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Partage du savoir. Mélanges offerts en hommage au Professeur Mamadou Kandji Tome 1

De
481 pages
Cet ouvrage collectif rend hommage au professeur Mamadou Kandji, dont les étudiants s'accordent à dire "qu'auprès de lui, ce sont de vraies leçons de vie qu'on apprend". Ce militant de l'éducation et de la formation continue de publier livres et monographies, à animer des séminaires, à assurer des cours, à diriger des thèses, à participer à des jurys de soutenance de mémoires et de thèses, ou à des assises sur les réformes de l'enseignement supérieur.
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(Dir.) Oumar NdoN go et Alioune Badara KaNdjiMÉLANGES OFFERTS EN HOMMAGE
AU PROFESSEUR MAMADOU KANDJI
Partage du savoir
À travers les textes retenus dans le cadre du présent bouquet de
textes, le portrait en filigrane qui apparaît du Professeur Mamadou MÉLANGESKandji est celui d’un géant qui a su construire diverses canalisations
entre l’intarissable source d’inspiration qu’il est devenu et les OFFERTS EN HOMMAGE
nombreux cœurs qui gravitent autour de lui. Et il a su tracer à
l’intérieur de chacun de ces cœurs des sillons où coulera, pendant AU PROFESSEUR
longtemps encore, la sève vivifiante qui jaillit de ses profondeurs
d’enseignant et d’homme de culture. Les nombreux étudiants dont MAMADOU KANDJI
il a dirigé les travaux en Afrique centrale et de l’ouest ainsi que les
collègues à qui il continue de servir de modèle dans ces espaces Tome 1
sous régionaux, continueront à s’appuyer sur les idées et les rêves
Litt Ér aturedu Maître.
Nous savons que son engagement dépasse l’étroitesse des Sharing Knowledge
milliers de frontières plus artificielles les unes que les autres que Essays in Honour of Professor Mamadou KANDJI
certains petits esprits passent le plus clair de leur temps à ériger.
Mamadou Kandji est tout simplement de la race des bâtisseurs
d’avenir, c’est-à-dire de ceux qui mettent à disposition ce qu’il y
a lieu de savoir pour mieux orienter les actions de promotion de
la dignité humaine. Ici comme ailleurs, attendons patiemment la
suite.
Komla Messan Nubukpo
Doyen Honnoraire,
Professeur titulaire des Universités,
Ofcier de l’Ordre International des Palmes Académiques (CAMES)
Illustration de couverture : « Partage du Savoir » ofert
par Maître Kalidou KASSÉ, artiste-peintre sénégalais.
Diaspora ISBN : 978-2-343-12907-5
Académie47 €
MÉLANGES OFFERTS EN HOMMAGE (Dir.) Oumar Ndo Ngo
et Alioune Badara KaNdji
AU PROFESSEUR MAMADOU KANDJI



PARTAGE DU SAVOIR

MÉLANGES
offerts en hommage
au Professeur Mamadou KANDJI

TOME I

Littérature


Sharing Knowledge
Essays in Honour of
Professor Mamadou KANDJI

Collection Bridges
An African Journal of English Studies
Numéro spécial © Les Éditions Diaspora Académie, 2017
6, Mamelles Université, Dakar, Sénégal
ISSN 0850 - 1335
© Presses Universitaires de Dakar (PUD), 2017
Camp Jérémie, Dakar - Fann, Sénégal
Email: pud@ucad.sn
Tel: +221 338242448 - Fax: +221 338644545
All rights reserved. No reproduction, copy, translation or transmission of this publication may be
made without written permission. Any person who does an unauthorized act in relation to this
publication may be liable to criminal prosecution and civil claims for damage.(Dir.) Oumar NDONGO et Alioune Badara KANDJI
PARTAGE DU SAVOIR
MÉLANGES
offerts en hommage
au Professeur Mamadou KANDJI
TOME I
Littérature
Sharing Knowledge
Essays in Honour of
Professor Mamadou KANDJI
Collection Bridges
An African Journal of English Studies
Numéro spécial © L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-12907-5
EAN : 9782343129075 Directeurs de publication
Oumar NDONGO, Professeur titulaire d’études américaines, Université
Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
Alioune Badara KANDJI, Maître de conférences de littérature anglaise,
Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal

Comité scientifique
Augustin AINAMON, Professeur titulaire, Universtité Abomé-Calavi,
Cotonou, Bénin
Daniel René AKENDENGUÉ, Professeur titulaire, Université Omar
Bongo, Gabon
Mamadou CAMARA, Professeur titulaire, Université Gaston Berger,
Saint-Louis, Sénégal
Alioune Badara DIANÉ, Professeur titulaire, Université Cheikh Anta
Diop, Dakar, Sénégal
Cheikh Ahmadou DIENG, Professeur titulaire, Université Cheikh Anta
Diop, Dakar, Sénégal
Gorgui DIENG, Professeur titulaire, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Mamadou GAYE, Professeur titulaire, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Alfred KIEMA, Professeur titulaire, Université Ouagadougou, Burkina
Faso
Yoda LALBILA, Professeur titulaire, Université Ouagadougou,
Burkina Faso
Lamine NDIAYE, Professeur titulaire, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Komlan Messan NUBUKPO, Professeur titulaire, Université Lomé,
Togo
Oumar SOUGOU, Professeur titulaire, Université Ouagadougou,
Burkina Faso
El H. Cheikh KANDJI, Maître de conférences, Université Cheikh Anta
Diop, Dakar, Sénégal
Daouda LOUM, Maître de conférences, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
7 Louis MENDY, Maître de conférences, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Abdou NGOM, Maître de conférences, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Bathie SAMB, Maître de conférences, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Mody SIDIBÉ, Maître de conférences, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Aliou SOW, Maître de conférences, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal

Membres honoraires
Professeur Moctar BA, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
Professeur Baydalaye KANE, Université Gaston Berger, Saint-Louis,
Sénégal
Professeur Aboubacry Moussa LAM, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Professeur Pape Aliou NDAO, Université Cheikh Anta Diop, Dakar,
Sénégal
Professeur Ibrahima NDIAYE, Université de Thiès, Thiès, Sénégal
Professeur Saliou NDIAYE, Université Cheikh Anta Diop, Dakar,
Sénégal
Professeur Ndiawar SARR, Université Gaston Berger, Saint-Louis,
Sénégal
Professeur Ousmane SÈNE, Université Cheikh Anta Diop, Dakar,
Sénégal
Professeur Amadou Abdoul SOW, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Professeur Marième SY, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
Professeur Ibrahima THIOUB, Université Cheikh Anta Diop, Dakar,
Sénégal

8 Assistants à l’édition
Baïdy DIA, Assistant, Faculté des Sciences et Technologies de
l’Éducation et de la Formation (FASTEF), Université Cheikh Anta
Diop, Dakar, Sénégal
Astou FALL, Laboratoire d’Études et de Recherches Anglophones
(LERA), Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
Moussa KAMBIRÉ, Maître-assistant, Université Ouagadougou,
Burkina Faso
Issaga NDIAYE, Maître-assistant, Université Cheikh Anta Diop,
Dakar, Sénégal
Oumar THIAM, Assistant, Université Cheikh Anta Diop, Dakar,
Sénégal

9

HOMMAGE À MAMADOU KANDJI
Ibrahima NDIAYE
Maître de conférences de littérature anglaise
Université de Thiès, Sénégal

Professeur Mamadou KANDJI

Ce numéro spécial de Bridges a été choisi pour rendre hommage au
professeur Mamadou KANDJI. Un tel choix exige, par conséquent, un
témoignage sélectif mais cohérent avec la nature et la vocation de cette
revue de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université
Cheikh Anta Diop de Dakar, qui continue de rendre d’éminents services
à l’enseignement et à la recherche.
Choix ne pouvait s’avérer plus judicieux au regard des qualités de
rigueur, d’exigence et de dévouement qui caractérisent l’ensemble de la
longue carrière de cet homme aux qualités exceptionnelles.
Ce fils de Sébikhotane est resté digne de la ville tout comme de son
école, William Ponty, dont il a été d’ailleurs un élève exemplaire.
11 Destiné à être enseignant, il l’a été jusqu’au bout des ongles, du CEG de
Bignona, son premier poste, à l’UCAD où il a été doyen de la Faculté
des Lettres et Sciences Humaines et premier vice-recteur, en passant par
le poste de directeur de l’Institut Sénégalo-Britannique (ISBEA), pour
l’enseignement de l’anglais.
En effet, aspirant à progresser dans la hiérarchie de l’enseignement
et de la recherche, il entreprit les études lui ayant permis d’obtenir
jusqu’au doctorat d’état et de gravir tous les grades du Conseil Africain
et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES), d’en présider le
Comité Technique Spécialisé (CTS) pendant six ans et d’en recevoir, en
récompense, le grade d’Officier de l’Ordre International des Palmes
Académiques du CAMES.
Ce militant de l’éducation et de la formation, continue, à ce jour, à
publier livres et monographies (02 déjà consacrées à Sébikhotane), à
animer des séminaires, à assurer des cours, à diriger des thèses, à
participer à des jurys de soutenance de mémoires et de thèses, ou à des
assises sur les réformes de l’enseignement supérieur, public comme
privé, à collaborer étroitement avec l’Harmatan, etc.
Au cœur de ce prestigieux parcours, les publications, les revues. En
l’honorant ainsi, Bridges honore un créateur, un animateur scientifique
et le directeur scientifique d’innombrables revues sœurs ayant
considérablement contribué à la promotion de l’excellence scientifique,
intellectuelle et sociale d’innombrables chercheurs du monde entier.
Le professeur Mamadou KANDJI s’en est plus qu’honorablement
acquitté grâce son sens aigu de l’organisation, mais aussi en
transformant et en adaptant ces revues-là aux exigences des
publications de haut niveau international au moyen de comités de
direction et d’équipes rédactionnelles de choix. Autres explications à
une telle réussite : la définition irréprochable de numéros thématiques
largement ouverts aux universités étrangères, le renouvellement
approprié des comités de lecture, la modernisation de la présentation
desdites revues ainsi que l’exigence permanente d’une qualité technique
et scientifique impeccable.
Tel est l’homme, le formateur, le chercheur, l’administrateur et
l’éducateur dont les étudiants s’accordent à dire qu’ « auprès de lui, ce
sont de vraies leçons de vie qu’on apprend ». La FLSH perpétue, par cet
hommage, la noble revue des visages vénérables qui contribuent
noblement à l’édification de nos universités, telles qu’on en rêvera
toujours.
12

CE QUE JE SAIS DE MAMADOU KANDJI
Dakha DÈME
Professeur titulaire
Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
Professeur Mamadou KANDJI,
Ce texte n'est ni laudatio, ni panégéryque. Son titre pourrait en toute
simplicité être «témoignage» ou bien « ce que je sais de Mamadou
Kandji». Or parler d'un contemporain, d'un collègue et ami qu'on
rencontre tous les jours, avec qui les échanges sont réguliers, nombreux
et féconds est toujours un exercice difficile. Allez donc demander à
Goethe de parler de Schiller, ou bien à Marx de témoigner sur Engels
ou bien encore à De Bailly et Sechehaye d'épiloguer sur Ferdinand de
Saussure, leur Maître. Car Mamadou Kandji, que les universitaires
fêtent par ces mélanges d'aujourd'hui est tout cela à la fois pour moi.
L'homme n'est pas encore un classique ; il le sera assurément un jour
et nous ajoutons avec ferveur et piété, le plus tard possible. Ce qu'il est
en revanche déjà aujourd'hui, et incarne avec force, sans doute aucun au
plus haut niveau, est d'être dans sa spécialité, l'autorité la plus
charismatique, la plus emblématique, au parcours le plus achevé des
Etudes Anglaises de notre pays. Il n'est au demeurant même pas
exagéré d'ajouter, puisqu'il a dirigé le Comité Technique Spécialisé
(CTS) des Lettres et Sciences Humaines du CAMES pendant six
années, qu'il fait partie intégrante du cénacle des savants anglicistes les
plus respectés du continent africain. Son passage dans la prestigieuse
institution africaine pour l'Enseignement supérieur, sanctionné par la
distinction des Palmes Académiques du CAMES, lui a permis de faire
étalage de ses grandes qualités de coeur et de sa générosité. En effet,
très rares sont les collègues d'Afrique et du Sénégal en particulier qui,
sous son magistère international, n'ont pas été promus dans les
différents grades des Universités.
Ce passionné de la langue et de la culture anglaises a, depuis "
l'Alma Mater" de l'Université de Shefield en Grande Bretagne, dont il
arbore fièrement le PhD, parcouru, visité et revisité tous les échelons
académiques et tous les méandres et circonvolutions de la carrière de
13 professeur angliciste, accompli. Mamadou Kandji est, par le nombre
incalculable de Maîtrises, de DEAs, de Masters, de Doctorats de 3e
Cycle et de Doctorats d'Etat effectivement encadrés par lui et soutenus,
très certainement l'un des enseignants les plus titrés de la Faculté des
Lettres et Sciences Humaines de notre Université. J'ai eu
personnellement le privilège de vérifier ce fait en tant qu'Assesseur.
Mouride fervent, pieux, très éclectique et non dogmatique, Kandji
qui ne répugne guère à côtoyer ses frères des autres obédiances soufies
du Sénégal a très tôt compris que tous les hommes sont frères. Il n'est
pas rare de le voir en effet autour d'une "wazifa" bienfaisante,
engrangeant, ici aussi, les "lumières invisibles" diffusées par ces
espaces bénis. Ces mélanges et ces témoignages qui lui sont offerts
aujourd'hui sont mérités, largement mérités, car Mamadou Kandji a lui
même mérité des Universités. Il ne reste alors plus qu'a prier, prier pour
que tout ce qui s'est pensé de positif, dit de bien et écrit de sublime dans
cet ouvrage conçu pour défier le temps, soit pour lui et sa famille, mais
surtout pour ses enfants et ses petits enfants, l'aube nouvelle de
nouvelles odyssées intellectuelles et scientifiques à l'issue pleine de
chance !
14 MAMADOU KANDJI :
PRÉSIDENT DU C. T. S. LETTRES
ET SCIENCES HUMAINES
Aboubacry Moussa LAM
Professeur titulaire, Département d’histoire,
Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
C’est avec un plaisir réel que nous nous associons aux nombreux
universitaires qui ont décidé de rendre hommage au Doyen Mamadou
Kandji en lui offrant des mélanges. Comme les hasards de la vie nous
ont amenés à représenter l’UCAD au C. T. S. Lettres et Sciences
Humaines entre 1996 et 2008, date à laquelle il a décroché pour nous
laisser poursuivre l’exaltante mission que nos collègues nous ont
régulièrement confiée, nous ferons donc un petit témoignage sur le rôle
que joua Mamadou Kandji à la tête du C. T. S. Lettres et Sciences
Humaines. En tant que Président de la Commission de Recherche de la
FLSH, nous porterons également un témoignage sur l’importance qu’il
donna à la recherche pendant son décanat. Notre réflexion portera aussi
sur la place de l’université sénégalaise à travers l’UCAD à la lumière de
notre expérience acquise au fil des différentes sessions du C. T. S.
Lettres et Sciences Humaines depuis 1996.
I. MAMADOU KANDJI AU C.T.S. LETTRES
ET SCIENCES HUMAINES
C’est en 1996 que Mamadou Kandji et moi rejoignîmes le
Professeur Mamadou Moustapha Sall qui siégeait déjà depuis quelques
années au C. T. S. (comité technique spécialisé) Lettres et Sciences
Humaines du CAMES. Nous avions été élus en remplacement de
Madior Diouf et de Mamadou Ndiaye. Précisons ici que le Sénégal fait
figure d’exception car dans les autres pays membres, la désignation des
représentants relève du pouvoir discrétionnaire des autorités
académiques. Certes l’élection nous donnait une plus grande légitimité
mais aussi une plus grande responsabilité. Voilà pourquoi dès notre
15 ABOUBACRY MOUSSA LAM
investiture, nous nous imposâmes, avec la complicité de Thierno Diop
du Service des Personnels, le contrôle systématique des dossiers avant
leur expédition sur Ougadougou, siège du CAMES. Cette décision fut
salutaire pour nos candidats car les dossiers rejetés pour vice de forme
diminuèrent de façon significative. Au C.T.S., c’est sur la base de notre
argumentaire que pour la première fois, lors de la session de
Ouagadougou, en 1996, le bureau du C. T. S. (président, assesseur et
rapporteur) accepta de faire circuler les pièces des dossiers excepté les
différents rapports. En 2016, seuls les rapports d’instruction et de
soutenance sont encore laissés entre les mains des présidents de
groupes. On n’a pas besoin d’insister sur les effets bénéfiques en
matière de transparence que ce changement de méthode entraîna.
Mamadou Kandji par son objectivité, son courage mais surtout par
sa grande diplomatie cristallisa très vite les sympathies de ses collègues.
Cela lui valut d’être élu à la tête du C. T. S. en 2002. Les conditions de
son élection méritent d’être rappelées :
Il n’était ni assesseur ni rapporteur, postes stratégiques pour la
conquête de la présidence. Ajoutons à cela que le président sortant avait
mis en selle un autre candidat en lui confiant, un an avant l’élection, la
direction de la revue du CAMES (instrument de pouvoir non
négligeable) et en faisant à son profit une campagne très habile.
Pourtant, c’est lui qui fut confortablement élu (22 suffrages contre 10) :
il avait réussi, par un lobbying efficace s’appuyant sur la grande
considération que lui vouaient ses collègues (considération due aussi, en
partie, au fait qu’il était devenu Doyen l’année précédente), à rallier à sa
candidature une majorité enthousiaste.
Sous sa présidence, entre 2002 et 2008, des améliorations
significatives ont été apportées aux critères d’inscription du C.T.S. :
2002, à Libreville :
- Actualisation du Manuel de procédure ;
- Demande de transmission systématique au C.T.S. des recours reçus
par le Secrétariat Général ;
- Rapport de thèse à ne pas envoyer à l’instructeur pour éviter tout
parasitage de son rapport en le soustrayant de toute influence
éventuelle ;
- Exigence faite aux candidats spécialistes de langues de produire au
moins 1 article dans la langue de spécialité pour la LAFMA/LAFCR et
16 Mamadou KANDJI : Président du C. T. S. Lettres et sciences…
1/3 des publications dans cette même langue pour la LAFMC et la
LAFPT ;
- Bien préciser sa spécialité pour éviter des errements dans le choix
de l’instructeur. Par exemple, mettre « climatologie » et non
« géographie » tout court ;
- Précision des caractéristiques que devrait avoir un article
scientifique, à savoir une introduction, une problématique, une
méthodologie rigoureuse, un développement cohérent, une conclusion
et des références bibliographiques précises.
2003, à Bamako :
- Prise en compte de l’encadrement par les chercheurs de mémoires
de maîtrise et de DEA mais également de leurs publications de
vulgarisation scientifique dans des journaux. Pour de telles publications
l’aval du conseil scientifique de l’institution est exigé. Cette disposition
augmente les possibilités de publication pour les chercheurs qui avaient
de réelles difficultés à trouver des revues pour leurs publications de
vulgarisation ;
- Réflexion sur la possibilité de considérer les revues électroniques
comme des supports acceptés par le C.T.S ;
- Exigence faite aux candidats de bien séparer les articles de fond des
articles de vulgarisation.
2004, à Cotonou :
- Exigence faite aux candidats ayant rédigé leur thèse dans une
langue autre que le français, d’un résumé d’au moins 10 pages ;
- Les publications collectives valent à leurs auteurs ½ article ; la
thèse publiée en l’état ou remaniée vaut 1 article et un ouvrage 2
articles ;
- Des équivalences sont établies en matière de publication pour les
chercheurs : Pour la LAFMR, 6 publications de valorisation équivalent
à 3 mémoires et pour la LAFDR, 10 publications valent 5 mémoires ;
- Le C. T. S. examine les dossiers de didactique (malgré les
problèmes que cela pose) en l’absence d’un C. T. S. dédié à cette
spécialité ;
ème- La question de la possibilité d’inscrire les détenteurs de 3 cycle
sur la LAFMC/LAFDR introduite auprès du Secrétaire Général du
CAMES ;
17 ABOUBACRY MOUSSA LAM
- Demande d’autorisation d’intégration des recommandations dans le
manuel de procédure du C.T.S.
2007, à Ouagadougou :
- Le C. T. S. demande que les indemnités d’instruction des dossiers
passent de 15000 à 50000 ;
- Inventaire des nouvelles revues de l’espace CAMES ;
- Recommandation faite aux instructeurs d’examiner les dossiers
même s’ils ne les jugent pas conformes. Cette mesure est importante car
elle protège les candidats contre les erreurs d’appréciation
d’instructeurs mal informés des règles du C.T.S.
2008, à Ouagadougou :
- Réitération des recommandations faite l’année précédente ;
-La possibilité de changer de spécialité en cours de carrière est
acceptée et le C. T. S. recommande la création d’une case dans le
formulaire de demande d’inscription ;
-Le C. T. S. demande au Secrétariat Général de prévoir une case
réservée à la rétroactivité sur la fiche de notation ;
- -Le C. T. S. demande au Secrétariat Général d’élaborer une fiche
d’identification des revues à remplir par les universités et centres de
recherche pour faciliter l’inventaire des revues qu’il a entrepris pour
une meilleure information des candidats mais aussi des instructeurs
Si d’importantes avancées ont été faites sous la présidence Kandji,
les résultats globaux du C. T. S. sont stables malgré des conditions
d’inscription sévères, tempérées cependant par des décisions favorables
aux candidats. Donnons quelques exemples de durcissement :
Dès la première année de sa présidence, le C. T. S. réactualise son
Manuel de procédure ; exige des candidats spécialistes de langues de
produire au moins 1 article dans la langue de spécialité pour la
LAFMA/LAFCR et 1/3 des publications dans cette même langue pour
la LAFMC et la LAFPT ; impose un canevas pour les articles
scientifiques : introduction, problématique, méthodologie rigoureuse,
développement cohérent, conclusion et références bibliographiques
précises.
En 2003, il est fait obligation aux candidats de séparer clairement les
articles scientifiques des articles de vulgarisation. Avec une liste unique
comme c’était le cas avant, certains candidats présentaient comme
articles de fond des articles qui, en réalité, relevaient de la vulgarisation.
18 Mamadou KANDJI : Président du C. T. S. Lettres et sciences…
En 2004, le C. T. S. décide que les articles collectifs comptent pour
½ article, la thèse publiée pour 1 article, qu’elle soit éditée en l’état ou
retravaillée et un ouvrage 2 articles. C’est le lieu de préciser que le C. T.
S. est revenu depuis sur ces décisions avant que le Guide du candidat
actuel ne dispose qu’un article collectif vaut un article entier pour les
trois premiers auteurs et que la thèse éditée ne compte plus comme
publication scientifique.
Quant aux mesures favorables aux candidats, il y a la décision
d’examiner les dossiers des spécialistes de didactique, souvent ballotés
entre C. T. S.. En les accueillant au C. T. S. Lettres et Sciences
Humaines, ils avaient plus de chance de succès. La recommandation
faite aux instructeurs d’examiner les dossiers même s’ils ne les jugent
pas conformes a eu un effet bénéfique car elle a protègé les candidats
contre les erreurs d’appréciation d’instructeurs mal informés des règles
du C.T.S. Ainsi celui-ci pouvait-il aller à l’encontre de l’avis de
l’instructeur et inscrire quelqu’un qui était, autrement, voué à
l’ajournement. Le tableau qui va suivre récapitule les résultats des deux
plus grandes universités de l’espace CAMES, Dakar et Abidjan, entre
1994 et 2016.
19 Mamadou KANDJI : Président du C. T. S. Lettres et sciences…
Comme on le voit, les taux de réussite de la période 2002-2008
(présidence de Kandji) ne sont pas très différents de ceux de la période
1994-2001 et pourtant, comme cela a été rappelé plus haut, les
conditions d’inscription sont devenues plus dures. Ce fait dénote
incontestablement une bonne gouvernance du C. T. S. : son président a
réussi en effet à atténuer fortement les antagonismes entre membres et à
faire abandonner l’alignement quasi systématique sur l’avis de
l’instructeur qui était la règle générale. Ces acquis sont essentiellement
dus à la diplomatie et à la capacité de persuasion du président Kandji.
II. MAMADOU KANDJI DOYEN
Sur le plan interne, le Doyen Mamadou Kandji a contribué à
l’amélioration des résultats de la faculté des Lettres et Sciences
Humaines par des actions concrètes :
1. Il a instauré le contrôle systématique des dossiers avant leur
expédition sur Ougadougou. Une telle mesure a contribué à corriger
toutes les insuffisances de forme, source de rejet des dossiers ;
2. Il a augmenté de manière significative les crédits alloués à la
Commission de recherche à la tête de laquelle nous nous trouvions. Dès
sa première année de décanat, il doubla l’enveloppe, la portant de 7 000
000 à 14 000 000. Le petit tableau qui suit, montre comment a évoluée
l’enveloppe des crédits entre 2001et 2006 (durée de son décanat) :
DECANAT CREDITS DE
DE KANDJI RECHECHE
2000 7 000 000
2001 14 000 000
2002 16 000 000
2003 18 000 000
2004 18 000 000
2005 18 946 000
2006 18 000 000
Avec plus de moyens, la Commission put accorder plus de
subventions de recherche mais également financer toutes les revues
logées dans les différents départements de la faculté ainsi que des
21 ABOUBACRY MOUSSA LAM
ouvrages collectifs ou individuels. Ainsi la production scientifique des
collègues augmenta et put être valorisée. Cette action du Doyen Kandji
a permis à beaucoup d’universitaires, sénégalais comme étrangers, de
publier plus facilement et de se présenter sur les différentes listes du
CAMES avec plus de chances de succès.
Même à la retraite, le Doyen Kandji a soutenu la recherche en
éditant ouvrages collectifs et revues, facilitant ainsi à ceux qu’il a
formés durant sa riche carrière leur inscription sur les différentes listes
du CAMES.
III. OÙ VONT LES UNIVERSITÉS SÉNÉGALAISES ?
Si nous revenons à l’évolution des résultats du C. T. S., le tableau
laisse apparaître aussi une curieuse chose : on voit en effet qu’à partir
de 2008, l’université Houphouët Boigny connaît une explosion de ses
effectifs en LAFMA ; même la guerre civile (2010-2011) n’a pas eu de
répercussion négative sur cette tendance à la hausse. C’est là
incontestablement le fruit d’une volonté politique pour faire face à la
massification des étudiants et aux nécessités de renouvellement du
corps des enseignants. Dans la même période, Dakar semble marquer le
pas malgré une grande augmentation du nombre de bacheliers (18
LAFMA seulement contre plus de 70 pour Cocody). Comme les taux de
réussite en LAFMA de l’université ivoirienne sont globalement bons,
on n’a pas besoin d’être un grand visionnaire pour prévoir le
dépassement de Dakar par Abidjan dans un avenir pas très lointain.
Cette prévision est d’autant plus fondée que la réforme des grades dont
l’application est effective depuis déjà quelques mois au Sénégal, va
avoir vraisemblablement pour effet pervers de réduire la production
scientifique de l’UCAD et des autres universités sénégalaises :
Le doublement de l’indice de départ des assistants titulaires d’un
doctorat (qui sont désormais appelés « maîtres de conférences
assimilés » ; cet indice passe de 319 à 658 soit en réalité plus de 106%
d’augmentation) doublé de la création d’une première classe dans le
corps des assistants va inciter plus d’enseignants-chercheurs à faire
carrière dans ce corps, pour la bonne et simple raison que la différence
de salaire avec le plafond des professeurs titulaires de classe
exceptionnelle n’atteint même pas 270 000f ; ce qui se traduira
forcément par une production scientifique beaucoup moins importante
et par l’absence de cette catégorie sur les listes du CAMES.
22 Mamadou KANDJI : Président du C. T. S. Lettres et sciences…
La division par deux du temps de transit (on passe de six échelons à
trois) pour les maîtres de conférences assimilés, les maîtres de
conférences et les professeurs assimilés va avoir pour effet le
raccourcissement du temps de production ; ce qui doit se traduire
logiquement par une diminution des publications ; et qui dit diminution
des publications, dit plus de difficultés à se faire inscrire sur les listes du
CAMES. Il est fort à craindre que toutes ces inhibitions aient un effet
négatif sur les résultats de la doyenne des universités et de ceux des
autres universités sénégalaises au moment où le CAMES vient de
corser un peu plus ses conditions d’inscription.
Nous voici au terme de notre témoignage. En conclusion, si l’on sait
que Mamadou Kandji a commencé au bas de l’échelle c’est-à-dire
comme instituteur, on peut affirmer, sans risque d’être démenti, qu’il a
été un modèle de courage et d’effort, toutes valeurs auxquelles notre
université est, malheureusement, en train de tourner le dos avec sa
réforme des grades.
Notes
1. C’était notre première session ; bien qu’élu en 1995, nous n’avions pu siéger
cette année-là : les autres pays n’avaient pas procédé à l’élection de leurs
représentants. L’ensemble du dossier était examiné par les membres du bureau. Cette
manière de faire ne permettait pas aux représentants des universités d’avoir des
éléments pour défendre ou attaquer un dossier. Pensant que pour être en mesure
d’expliquer aux candidats pourquoi ils avaient été inscrits, mais surtout ajournés, nous
devions accéder au dossier, j’avais demandé la « circulation » de toutes les pièces. Les
différents rapports étant lus à haute voix par les membres du bureau, il devenait
possible de les confronter avec les éléments du dossier. Kandji, élu comme moi, sut
trouver les mots qu’il fallait pour rallier une majorité de collègues à ce point de vue.
2. Il est le fruit de l’exploitation des différents rapports du C. T. S. que nous
avions dans nos archives personnelles.
23 LE PROFESSEUR MAMADOU KANDJI,
NOTRE PÈRE SPIRITUEL
Anciens étudiants
Premier professeur titulaire de littérature anglaise dans l’espace
CAMES (Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur),
vous avez sans répit œuvré pour la formation et la promotion de
plusieurs générations de docteurs, cherccheurs et
enseignantschercheurs. Aujourd’hui, plus que par le passé, ce sont autant de
produits dont vous êtes le père spirituel qui font la fierté des grandes
universités sénégalaises et africaines telles que l’Université Cheikh
Anta de Dakar, l’Université de Thiès, l’Université Gaston Berger de
Saint-Louis, l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal) ; mais
aussi l’Université de Ouagoudou (Burkina Faso), les Universités de
Bouaké et de Cocody (Côte d’Ivoire), l’Université de Niamey (Niger),
les Universités de Lomé et de Kara (Togo) ; l’Université
AbomeyCalavi de Cotonou (Bénin), l’Université Marien Ngouaby
(CongoBrazzaville), l’Université Omar Bongo (Libreville), et enfin
l’Université de Ndjamena (Tchad).
De toute évidence, des générations d’étudiants ont aimé vos cours
sur le roman gothique anglais, Jane Austen, les Sœurs Brontë, la poésie
de William Butler Yeats, etc. À ce sujet, le célèbre poème “Sailing to
Byzantium” (1926) qui appartient au cycle des “Byzantium Poems”,
nous avait particulièrement séduits en première année, en raison de la
perfection de la langue qui s’y déploie et de sa grande richesse
symbolique. Il en était de même de la poésie de cet autre grand poète
anglais moderniste, T.S. Eliot auquel vous nous aviez initiés en année
de licence à travers ses Collected Poems (1909-1962). Vos
enseignements sur les ballades anglo-écossaises et gaéliques ont
peutêtre été les plus tenaces dans votre carrière d’enseignant-chercheur.
Vous n’avez jamais lâché cette veine de la poésie orale et écrite ; même
après votre départ pour une retraite studieuse, vous avez continué à en
faire profiter aux nouvelles générations.
25








ANCIENS ÉTUDIANTS
À défaut de pouvoir vous exprimer toute notre gratitude, nous nous
souvenons de vos encouragements lorsque, jeunes étudiants, nous
faisions nos premiers pas dans les sentiers ardus de la recherche. Votre
disponibilité et votre soutien nous ont accompagnés tout au long du
pénible, mais revigorant parcours que sont les études et la recherche en
littérature et civilisation anglophones. Un accompagnement scientifique
enrichi de leçons de vie et un encadrement transcendant les stricts
rapports maître-disciple qui allaient être couronnés, quelques années
plus tard, par la rédaction d’une thèse de doctorat ; mais aussi et surtout
une complicité cultivée à notre égard et que vous nous avez permis de
consolider au fil des années par le sens du partage. Nous vous
exprimons notre gratitude pour la générosité et la patience dont vous
avez toujours fait montre face aux défis de la maturité et de l’ouverture
d’esprit qui ont été les nôtres.
Professeur, vous nous avez généreusement transmis le savoir, mais
vous nous avez également éduqués à la vie universitaire. Nous gardons
encore en mémoire vos cours en première année (DUEL I) ; ou encore
le cours de littérature anglaise sur le roman postmoderne en Certificat
de Licence (CL). L’introduction de la littérature caribéenne de langue
anglaise en année de maîtrise fut, pour nous, un signal fort sur les
mutations qu’ont connues les études anglophones. Et à travers vos
séminaires de Diplôme d’Études Approfondies (DEA), nous avons
appris que la valeur d’un chercheur se mesure à l’aune de sa capacité à
généreusement partager le Savoir qu’il acquiert.
À vos côtés, nous avons appris à transcender le complexe de
Prométhée ; cette peur viscérale des ténèbres de l’ignorance. Vous
n’avez cessé de nous rappeler, du reste, l’importance dans le monde
universitaire et au quotidien, les valeurs cardinales de la discipline, la
rigueur, l’humilité, et la générosité, entre autres.
Pour tout cela, et au nom de ceux à qui vous avez transmis du savoir
et des valeurs, ceux que vous avez formés ; bref ceux-là qui ont eu
l’immense privilège de travailler sous votre direction. Pour votre
contribution à l’enseignement de la langue anglaise au Sénégal, mais
également à travers l’Afrique, nous vous disons vivement merci ! Tout
en vous souhaitant longue vie, nous vous réaffirmons, monsieur le
Professeur, tous nos remerciements pour avoir été un maître incontesté
de l’École de Dakar des études anglophones, avec tout le cœur et
l’esprit du père spirituel que vous demeurerez.
26 Le professseur Mamadou KANDJI, notre père spirituel
Par vos anciens étudiants :
Dr Mody SIDIBÉ, Maître de conférences en littérature anglaise,
Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal
Dr Astou FALL, Laboratoire d’Études et de Recherches
Anglophones (LERA)
Dr Moussa KAMBIRÉ, Enseignant-chercheur, Université de
Ouagadougou, Burkina Faso
Dr Issaga NDIAYE, Enseignant-chercheur, Université Cheikh Anta
Diop de Dakar, Sénégal
Dr Oumar THIAM, Enseignant-chercheur, Université Cheikh Anta
Diop de Dakar, Sénégal
Dr Baïdy DIA, Enseignant-chercheur, Université Cheikh Anta Diop
de Dakar, Sénégal
Dr Aladji Mamadou SANÉ, Laboratoire d’Études et de Recherches
Anglophones (LERA)
Dr Alphonse SAMBOU, Enseignant-chercheur, Université Assane
Seck de Ziguinchor, Sénégal
27 S’APPUYER SUR LES IDÉES
ET LES RÊVES DU MAÎTRE
Komla Messan NUBUKPO
Doyen Honnoraire,
Professeur titulaire des Universités
Officier de l’Ordre International des Palmes
Académiques (CAMES)
À présent que l’essentiel semble avoir été dit, il est temps de
constater qu’il vaut mieux ne pas conclure. À moins que ce soit juste
pour dire que les multiples facettes de la personnalité du Professeur
Mamadou Kandji et l’immense culture humaniste que ce dernier
incarne indiquent à suffisance qu’il est capable de mourir à tout ce qui
est consigné sur lui dans ce livre pour renaître à quelque chose de tout à
fait imprévisible. Il nous réserve peut-être d’autres surprises.
À travers les textes retenus dans le cadre du présent bouquet de
textes, le portrait en filigrane qui apparaît du Professeur Mamadou
Kandji est celui d’un géant qui a su construire diverses canalisations
entre l’intarissable source d’inspiration qu’il est devenu et les nombreux
cœurs qui gravitent autour de lui. Et il a su tracer à l’intérieur de chacun
de ces cœurs des sillons où coulera, pendant longtemps encore, la sève
vivifiante qui jaillit de ses profondeurs d’enseignant et d’homme de
culture. Les nombreux étudiants dont il a dirigé les travaux en Afrique
centrale et de l’ouest ainsi que les collègues à qui il continue de servir
de modèle dans ces espaces sous régionaux, continueront à s’appuyer
sur les idées et les rêves du Maître.
Nous savons que son engagement dépasse l’étroitesse des milliers de
frontières plus artificielles les unes que les autres que certains petits
esprits passent le plus clair de leur temps à ériger. Mamadou Kandji est
tout simplement de la race des bâtisseurs d’avenir, c’est-à-dire de ceux
qui mettent à disposition ce qu’il y a lieu de savoir pour mieux orienter
les actions de promotion de la dignité humaine. Ici comme ailleurs,
attendons patiemment la suite.
Lomé, le 7 septembre 2017
29 PART I
SOCIAL ISSUES FROM SUBJUGATION TO EMANCIPATION;
OR THE TRANSFORMATIVE POWER
OF GENDER VIOLENCE IN ALICE WALKER’S
THE COLOR PURPLE (1970)
Daouda LOUM
Associate Professor
Cheikh Anta Diop University, Dakar, Senegal
Résumé
A travers un mode narratif innovant, parce qu’épistolaire, Alice Walker
fait dans The Color Purple le récit émouvant d’une jeune
Africaineaméricaine en proie aux tensions liées au racisme, à la pauveté et à la
violence des hommes au sein d’une société patriarcale. En faisant évoluer le
protagoniste dans un contexte aussi infernal, l’écrivaine qui se définit comme
un ardent défenseur de la cause de la femme noire, d’où le terme
« womanism » qu’elle a forgé à propos, capture l’âme double de celle-ci
victime de toutes les sortes de brimades, mais aussi en quête d’une nouvelle
identité sociale, intellectuelle, spirituelle et économique. Dans cette
perspective, elle met en relief le long combat de la femme américaine noire
pour son indépendance, sa liberté, son émancipation et sa réalisation du rêve
américain, tout en louant son courage, sa détermination, son sens de la
solidarité et de l’amitié ainsi que son talent.
Mots-clés: violence faite aux femmes, soumission, viol, emancipation,
solidarité, amitié, découverte de soi, transformation, réalisation de soi
INTRODUCTION
Close inter-textual reading of African American literature reveals
that it is a genre which constantly records various journeys through the
lives of black people, featuring the trials and tribulations that confront
them. In fact, segregation, discrimination, oppression, marginalization,
and poverty are terrible hardships that spring to mind when talking of
the Blacks in racist, colorist, and capitalist America. But in addition to
sharing with their men-folk this endemic plight, African American
women especially suffer the torments consubstantial with the
33 DAOUDA LOUM
construction of their gender identity in a society which Alice Walker
also depicts in graphic detail as patriarchal and sexist. Not surprisingly,
this wretched predicament has prompted her and other black female
novelists to address the struggle of their oppressed mothers, sisters, and
daughters for self-redefinition, rehabilitation, spiritual redemption, and
self-fulfillment.
In The Color Purple (1970), the first African American epistolary
novel, in In Love and Trouble (1973), and in In Search of Our Mother’s
Gardens (1984), Alice Walker takes readers into the hidden and
maledominated world of black women, deploring more particularly the
domestic violence, sexual abuse, mutilations, humiliation, ostracism,
deprivations, injustices, prejudices, and family dislocation to which
they are subjected. From a black female outlook which she has
learnedly termed “womanism” rather than feminism “to honor a
longstanding tradition of strength among black women” (Gates Jr. and
Smith 2014: 1178), the African American woman novelist castigates
the abusive power of men, established order, and institutionalized
racism, while praising black women’s genius and capacity for
perseverance, resistance, and resilience.
Through her sharp womanist impulse, meaning her “outrageous,
audacious, courageous or willful behavior”, as she captures what it
means to be a womanist in In Search of Our Mother’s Gardens, Alice
Walker probes into the lives of victimized black female characters who,
refusing to be battered, muzzled, confined, and reduced to nothingness,
transgress conventions and taboos. Since they are committed to
redefining themselves, they also mean to force men, whom they accuse
of being the architects of their prejudicial “gendered” or “sexualized
identity” (Levet 2014: 12), to revise their status, re-consider their
selfperception.
This article scrutinizes the tensions between oppressed black women
and their black and white oppressors, laying emphasis on the way in
which male dominance and violence deeply affect their bodies, minds,
and souls. Then, the article underscores how, through courage,
selfworth, assertiveness, sense of responsibility, sustaining solidarity, loyal
friendship, sisterhood, and love, ragged women transcend the barriers of
race, class, and gender before succeeding in their quest for audible
voices, visibility, freedom, identity, recognition, and
selfaccomplishment.
34 From Subjugation to Emancipation; or the Transformative Power…
I. THE FRAGMENTATION OF THE FEMALE
SELF THROUGH GENDER-BASED VIOLENCE
Set against the background of a patriarchal society in rural and poor
Georgia in the 1930s, The Color Purple offers Alice Walker a platform
for her to give herself and her dynamic female characters a chance to
cry out their anger, indignation, grief, and frustration against the torture
inflicted upon black women in the American South. The tale also
allows the novelist and cooperative readers to put themselves in the
suffering black female characters’ shoes and to express their relief for
their capacity to triumph over adversity, cure themselves of their
wounded psyche, recover their wholeness, and make a new start. As
Alice Walker makes it clear in her preface to In Love and Trouble,
The book’s intent [is] to explore the difficult path of someone who
starts out in life already a spiritual captive, but who, through her own
courage and the help of others, breaks free into the realization that she,
like Nature itself, is a radiant expression of the heretofore perceived as
quite distant Divine.
Through the intimidation which The Color Purple opens with, Alice
Walker fully shares Audre Lorde’s opinion according to which sexual
hostility against black women has become “a disease striking the heart
of black nationhood, [and] violence (…) a standard within our
communities, one by which manliness can be measured” (Lorde 1998:
634). A living example is the early sexual abuses which Celie, the
protagonist, is constantly the victim of. In fact, as a fourteen-year old
girl, Alphonso, her adoptive father, rapes her repeatedly, impregnates
her twice, and arranges to have the children separated from her. Equally
abject, he eagerly covets Nettie, her younger sister. Celie’s alter ego is
Maya Angelou who, in her autobiographical novel, I Know Why the
Caged Bird Sings (1969), is raped by Freeman, her mother’s boyfriend.
She also shares the same misfortune with Pecola, who is raped by
Cholly, her biological father, and Sethe, who is raped while being
pregnant, respectively in Toni Morrison’s The Bluest Eye (1970) and
Beloved (1987). In Gloria Naylor’s The Women of Brewster Place
(1982), Lorraine’s fate is almost analogous to that of the previous
women since she is savagely raped by a gang for her lesbianism,
certainly because in her traditionally homophobic society, this sexual
orientation is viewed as contrary to proprieties and as a threat to
manhood.
35 DAOUDA LOUM
In the case of Celie, her incestuous sexual experience has ruined her
life, for not only has it resulted in the loss of her sacred virginity, which
both Freud and Lacan consider from a traditional standpoint to be the
most perfect ideal of femininity, but it has also turned her into a mother
girl, and caused her to drop school as well. The circumstances in which
rapes occur, the close relationships between the people who are
involved, and their ravaging effects are good reasons for arguing that
these acts are bestial and run counter to age-old morality, social order,
culture, and civilization, as is evident from structuralist Lévi-Strauss’s
assertion: ”La prohibition de l’inceste (…) constitue la démarche
fondamentale grâce à laquelle, mais surtout en laquelle s’accomplit le
passage de la nature à la culture” (Strauss 2008 : 37).
The moving prologue to The Color Purple cues the reader on the
cruelty attached to rape, as it can be noticed through this injunction:
“You better no never tell nobody but God. It’d kill your mammy” (CP
1). Pronounced by “Pa”, her step father, in a solemn tone and with a
forbidding look, this death threat discloses a common strategy that
rapists use to hold their victims hostage and to suppress their voices in
order to nip their heinous scandals in the bud. In The Color Purple, I
Know Why the Caged Bird Sings, and The Bluest Eye, Alphonso,
Freeman, and Cholly intimidate their helpless preys into being silent as
the grave lest they should take their anger out on them or on their
beloved parents or relatives, while in The Women of Brewster Place, a
gang literally corks Lorraine’s mouth before raping her brutally. The
association of rape with suffering in silence echoes the mythic story of
Philomela, who is not only raped, but is muzzled too: “In Ovid’s
recounting, for example, Philomela is raped by her brother-in-law,
Tereus, who then tears out her tongue. Philomela is finally transformed
into a nightingale, doomed to chirp out the name of her rapist for
eternity: tereu, tereu” (Cutter 2000: 151).
Writing from a historical perspective, Alice Walker ironically
wonders how black men, who are the biggest victims of white people’s
oppression, can afford to become the torturers of their own women.
Deep down, she feels aggrieved at African American women being
rape-prone because, like white slave-owners, who used their
institutionalized authority to abuse slave women sexually, physically,
and morally, black men, too, overuse the attributes associated with
masculinity, notably pitilessness, physical and sexual virility, and
economic independence to crush their women. Interpreting rape as
sexualized aggression or the inscription of indelible male violence on
36 From Subjugation to Emancipation; or the Transformative Power…
woman, Martha J. Cutter is on the same wavelength as Alice Walker
when she claims that
Rape is a central trope in [contemporary African American women’s
fiction] for the mechanisms whereby a patriarchal society writes
oppressive dictates on women’s bodies and minds, destroying both
subjectivity and voice. Or, as Madonne Miner puts it, “Men, potential
rapists, assume presence, language, and reason as their particular
province. Women, potential victims, fall prey to absence, silence, and
madness” (Cutter 2000: 151).
Most strikingly, Celie’s family life is one long ordeal, for in addition
to being muzzled and brought to deny her personhood by Albert, the
selfish sharecropper whom she was forced to marry, she is also the
defenseless victim of the physical, moral, and sexual violence which he
ceaselessly deploys on her: “ He beat me like he beats the children….
He say, Celie, git the belt…. I make myself wood. I say to myself, Celie,
you a tree. That’s how come I know trees fear man (CP 22).
Such a hellish marital life proves Jean-Baptiste André Godin right
when he equates marriage with entrapment and enslavement in his book
titled Le marriage est un reste d’esclave (2015). Unfortunately, Nettie’s
life is not happier either since she is obliged to escape from the family
home and Celie’s not to be raped by both “Pa” and Albert.
The comparison which Celie makes between herself and “wood” and
“tree” reflects her miserable state of mind; it suggests that she is
physically alive, but spiritually and emotionally dead. This figure of
rhetoric also shows that though the protagonist is not masochistic, she is
so used to being neglected, terrified, brutalized and climbed on and
down unwillingly like a tree or wood by her husband that she has
unconsciously internalized pain and become as passive as a lamb and as
insensitive as a rock. The humanistic and black feminist novelist makes
the poor woman reify herself to show men that they should not be
aggressive upon women and nature because they stand as the
archetypical symbols of life, tenderness, and all-nourishing goodness.
In other words, Alice walker expresses the view that as full human
beings, women deserve to be respected, loved, and even worshipped.
Since her husband makes her suffer agonies Celie does not want to
call him by his real name, Albert, preferring to identify him as Mr., a
title used before any man’s name. Examined from a psychoanalytical
viewpoint, the function of this metonymy is to indicate that in the
wounded woman’s eyes, mind, and heart, Albert does not exist as a
37 DAOUDA LOUM
husband, a father or a friend, but as a woman-beater, a man whose
consciousness is anaesthetized. Equally relevant, the fact of passing
over her husband’s name in silence is a powerful subterfuge to testify
that Celie’s life with him is just one thing after another, for their union
is not built upon reciprocal esteem.
In the same way, the bad treatment which black men inflict upon
their women is a motif that runs through In Love and Trouble,
particularly in the story titled “Her Sweet Jerome”, where Mr. Jerome
Franklin Washington III frequently beats his caring, but ugly and older
wife because they do not have the same vision of life. With a touch of
irony, Alice Walker is distressed by Mr. Jerome’s attitude since she
judges that as a schoolteacher, he ought to have more consideration for
all women. Another hint of irony is that his name, which evokes two
founding fathers of the American nation, George Washington and
Benjamin Franklin, implies that he is expected to promote God-given
human dignity, irrespective of color, origin, class, religion, and sex:
He was beating her black and blue even then, so that every time you
saw her she was sporting her “shades”. She could not open her mouth
without her mincing and pretending he couldn’t stand it, so he would
knock her out of the room to keep her from talking to him (L T 26-27).
In like manner, in Mama (1987), which can be read thematically and
narratologically as a rewriting of The Color Purple or its “absorption
and transformation” (Julia Kristeva 1969: 115-145), Terry McMillan
dramatizes the multifarious violence that Crook exerts upon his wife,
Milfred, despite all the sacrifices she makes to support their five
children as well as pay the mortgage and the bills. Like Celie, Milfred is
trapped because in her patriarchal society, women marry for the better
and for the worse. They cannot divorce, especially if they have a family
to keep together and neither can they vilify their husbands whose good
reputation they are expected to protect. As his name connotes, Crook is,
like Mr., everything but a husband, as can be noticed through the bleak
picture of the horrible life of his wife: “At twenty seven, Milfred was as
tired as an old workhorse and felt like she’s been through a war. Her
face hurt. Her bottom lip was swollen and it would stay that way the
rest of her life” (Mama 1-2).
On the whole, one common thread in American black
femaleauthored texts is that they are all concerned with speaking against the
fact that men consider themselves to be the stronger sex and women the
38 From Subjugation to Emancipation; or the Transformative Power…
weaker one, a conception which gives rise to sexual abuse, physical
violence, and moral oppression.
II. MORAL PERSECUTION AS SYMBOLICAL VIOLENCE
Of all the ills which black women are showered with, moral violence
is certainly the most egregious, for it insidiously gnaws at their hearts.
In The Color Purple, Celie experiences unseen pain when her husband
comfortably settles Shug Avery, her sick mistress, in their house and
orders her to devotedly take care of her till she recovers her health. This
provocative decision proves that in patriarchal societies, men can afford
to cheat their women while the latter are expected to remain chaste and
be careful not to voice their disapproval, jealousy, or anger since they
are the properties of their fathers and husbands.
The naturalistic approach which champions that woman is physically
and morally inferior to man may be drawn from the religious tradition
according to which she was created from and for him. Such is the
reason why Celie is beset with moral violence because when she
decides to leave Mr. and go to Tennessee with Shug Avery, the
personification of the emancipated woman, he strives to make her really
feel down and worthless. Mr. tells Celie that nobody will take an
interest in her because, contrary to Shug Avery, who is a sexy and
flamboyant blues singer, she is black, ugly, and ignorant. Such
devaluation is derogatory enough for any woman to hate herself, loathe
her identity, mainly in a society where beauty, the standards of which
are defined by white people, is image-enhancing. On this point, the
reader is made to recall that in Toni Morrison’s The Bluest Eye,
Pecola’s self-hatred and her obsession with blue eyes have resulted in
her going mad.
The insidious violence which consumes Celie corresponds to what
Pierre Bourdieu calls symbolical violence in La domination masculine
(2008), where he explains that oppressed women contribute to their
self-depreciation and self-subjugation, in that they perceive and
apprehend themselves through the lens of their male oppressors. Celie,
for instance, is so conditioned socially and culturally, so used to brutish
violence in all its forms that she finds it natural and legitimate for a man
to brutalize his wife. Her conscience being subdued by the
overwhelming power of men, she unquestionably believes that a wife
naturally belongs to her husband whose masculinity, i. e., his virility
and dignity, rests on his capacity to dominate, exploit, and treat her as
39








DAOUDA LOUM
he likes. Patriarchal codes are so rooted within Celie that she mistakes
what is cultural for what is natural. This deep-seated social fabrication
of female identity justifies her prompting Harpo, her adoptive son, to
give his wife, Sofia, another free-minded woman, a thrashing for her
refusal to owe him total obedience.
In the absence of parents, friends, confidants, and fair justice that can
comfort and protect her, Celie has no other alternative to fill this void
than confide herself to God through moving letters. By communicating
with the Creator, without any intermediary and in her vernacular
language, which reflects her poor education and low social class, she
recovers the voice that has always been denied to her in order to “resist
the violent patriarchal inscription of male will onto [her] silent female
body” (Cutter 2000: 163). As if God were not omnipresent, omnipotent,
omniscient, and merciful, the distraught woman heightens His
awareness of the sheer hell her husband is making her life and implores
Him to intercede, like Milfred who, in Terry McMillan’s Mama,
addresses God in a tone transfused with powerlessness and pity as
follows: “Lord, have mercy on my soul” (Mama 7).
Since to write is to think, to create, therefore to exist, to paraphrase
Descartes, Celie’s letters to the Creator and to Nettie, in which she
focalizes on her vision, experiences, thoughts, and feelings as a
firstperson narrator, concretely prove that she is a human being and neither
a subhuman nor an object. Most significantly, writing to God has a
therapeutic virtue, in the sense that the protagonist consciously uses this
intimate form of communion as an outlet for survival, communication,
self-expression, and repression. Also, the two sisters resort to this
vehicle to recount major sequences of their perturbed lives, ward off
their anxieties, overcome their solitude, and bridge the geographical as
well as the emotional distance which separates them. For Celie, letters
are of paramount importance because they enable her to paint her
wretched existence and ask to be listened to, to be heard, and to be
understood by both the Supreme Being and empathizing readers.
Through writing, she weeps her heart and eyes out for grief and despair
for Him to punish male offenders and make her enjoy a new and
happier life. Juliet Sylvia Pasi rightly points out the centrality of
communication when she maintains that “through self-expression,
[Alice Walker’s] women characters undergo some form of
transformation and hence a sense of wholeness embedded in a viable
past” (Pasi 2013: 29).
40 From Subjugation to Emancipation; or the Transformative Power…
Life under the jackboot of patriarchal society becoming more and
more unbearable, and the refuge in religion being fruitless for her
liberation and self-determination, Celie searches for a new avenue,
embarks on a new experience by learning from a generation of
selfassured women whose rising awakening as Blacks and as women
represents their appropriate responses to gender oppression and racism.
III. THE EMANCIPATORY IMPACT
OF GENDER-BASED VIOLENCE
As Celie’s plaintive letters to “Dear God” are unanswered, which
has reduced her trust in Him and caused her disillusionment, the
pragmatic novelist proposes a secular alternative, freed from any
reference to a transcendental force, for her to find worldly solutions to
her crucial problems. She adroitly introduces in the protagonist’s life
womanist characters – free-spirited women who depart from patriarchal
and racial codes and love other women sexually or no sexually - whose
interplay with her, notably the strong and tights bonds they weave, has a
transformative effect. Such is the case with Shug Avery, the southern
belle whose forced cohabitation with Celie for her convalescence has
culminated in her becoming her protégée. Being aware of Albert’s mad
love for her, Shug Avery, a woman who has character, thus orders him
to stop bullying his wife whom she now sees as her caretaker or life
preserver, which can be interpreted as a way for her to pay Celie a
moral debt. Shug Avery’s hold on Albert debunks male chauvinism as
well as it subverts representations and normative discourses attached to
gender identity.
Of paramount importance for the psychological reconstitution of
Celie is the fact that Shug Avery, who acts as her friend, sister, and
saviour, has helped her to find out some of the most decisive letters that
Nettie has written to her from Africa and which her abusive husband
has hidden from her to better tyrannize her. It is noteworthy that the
letters which the two sisters write to each other are prophylactic since
they use them as “a confessional tool and an emotional escape” (Bates
2005: 97), just as Maya Angelou has recourse to writing to chronicle
the story of her being raped in order to cure herself. Actually, the
possibility given to Celie to read Nettie’s letters constitutes a turning
point in her devastated life, in that they compensate for her sister’s
absence, suppress her isolation and loneliness, and fill her need for love
and socialization. Consequently, Celie changes her perception of and
41 DAOUDA LOUM
expectations from God; she stops contemplating and addressing Him
because of His indifference and muteness and writes consecutive letters
to “Dear Nettie” whom she now considers to be the only person that
really loves her.
Also central to the protagonist’s spiritual healing is the fact that the
letters provide her with moral strength and confidence. Visibly, the
most extraordinary source of deliverance and zest for living for Celie is
her learning unexpectedly that her children, whom she thought to be
lost or dead, are alive. As a mother, she is all the more relieved since
she also learns that they are adopted by a childless missionary couple
and are being well looked after by Nettie, their real aunt. Thus, one can
conclude from a Freudian perspective that Celie has everything she
could wish for because she is absolutely certain that her sister is
substituting for her properly through a process of thought and love
transference.
Decoded from an anthropological point of view, the letters which
Nettie writes to Celie from Africa have a catalytic effect in the sense
that they participate in the latter’s transformation by reconnecting her to
and reconciling her with her African heritage. Since they provide
firsthand information, Nettie’s letters can be read as a rewriting of black
Americans’ truncated history, which makes them feel proud of their
black identity. Additionally, the letters are accurate reports which
demonstrate that both African and African American women are
imprisoned in the same patriarchal molds and are asphyxiated, with a
few exceptions, by the same ordeals.
Obviously, Celie’s life has undergone a great change for the better
thanks to her emboldening friendship with Shug Avery who calls her a
“virgin” to literally insinuate that she has never experienced reciprocal
bodily and emotional intimacy with a man, let alone known the climax
of sexual excitement. This means that rape cannot possibly be regarded
as sexual intercourse, but rather as sexual aggression. Celie can also be
labeled as a “virgin”, for she is so innocent that she knows nothing
about the erotic properties of her genital organs– the vulva, the clitoris,
the uterus - and breasts. As her mentor, Shug Avery gradually
introduces her to permissive sexuality through masturbation and same
sex relations, which signifies that for her, women can do without men in
all fields, even when it comes to seeking sexual pleasure. Whatever it
may cost her, Alice Walker proposes lesbianism as an alternative to
unequal heterosexuality.
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From Subjugation to Emancipation; or the Transformative Power…
Examined from a moral angle, the term “virgin” is used to make
Celie not feel guilty of any wrong-doing as well as rid herself of her
doubts and confusion which she expresses in her first letter to God as
follows: “I am I have always been a good girl (CP 1). Figuratively, to
call Celie a “virgin” also suggests that her mind is a tabula rasa, that is,
it is open to receive new ideas. This metaphor of the mind waiting to be
filled reveals Shug Avery’s intention to persuade Celie to question the
idolatry of patriarchy and gender so as look at herself, at men, and at
life with a different eye.
The process of Celie’s deep metamorphosis becomes irreversible
when she brings herself to elope with Shug Avery despite her husband’s
moaning and groaning. This irrevocable decision highlights the fact that
like the assertive and independent female characters whom she interacts
with, she has definitely broken free from the chains of domesticity as
well as she has become emphatic and proud to own herself.
Symbolically, Shug Avery’s zealous defiance of patriarchal values
and her commitment as a booster of women’s liberation urge her to
make Celie wear pants, dress up like a man. Through this subversive
attitude, both women affirm their presence, independence, and
readiness to react against the arbitrary gender violence which
constitutes the trademark of patriarchy. Acting instead of being acted
on, they literally and metaphorically express themselves and stand up
not to be crushed down by men. By becoming autonomous out of
sewing pants for both sexes, Celie pushes back some of the boundaries
that delimit women’s spheres as well as she shatters the wall of silence
behind which they are hidden. She demonstrates that the American
Dream is not a gender-oriented promise; on the contrary, it can be
materialized by any courageous, strong-willed, resourceful, and
hardworking man or woman. Such consciousness, transformation, and
growth guarantee black women’s creativity, perfectibility, visibility,
freedom, respectability, and foreshadow reasonable equality between
manhood and womanhood.
Celie’s full-circle development is all the more admirable as it has
induced Albert’s deep transfiguration too. From being a woman-beater
and a dictator, he has become defeated, docile, understanding, flexible,
humble, and cooperative. Similarly, Sofia’s assertiveness, which
appears as a means to demystify both the so-called male superiority and
white supremacy, has contributed to reforming Harpo and to offering
men and white people food for thought.
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DAOUDA LOUM
Also noticeable, Celie’s empowerment, liberated-spirit, dignity, and
relief after her loveless marriage are reinforced by the house in Georgia
which she and her sister have inherited from their biological father. The
catatonic fact of knowing that the latter was lynched to death by racist
Whites who could not bear his being a successful businessman and that
Alphonso is their stepfather makes them discover who they are and who
they cannot be, celebrate their worthy parents, express their pride,
forgive all their oppressors, and heal their wounds. From being
dependent, Celie now owns a confectionary –a pant business- and a
home, where she can return to, settle with her children, and become a
fulfilled mother. Symbolically, the homecoming or return to a house of
her own in Georgia emotionally and psychologically re-unites Celie
with her own self, her late parents, and her territory. This trajectory
gives The Color Purple the form of a circular novel.
As her godsend and spiritual guide, Shug Avery equally participates
in Celie’s re-birth by luring her into learning from her, taking her as a
model. Thinking from a pantheistic outlook, she advises Celie, who
incarnates the blind religiosity of black women in the South, to seek
happiness not in God and in organized religion, but in His creation,
namely in the world of nature as its emanation. The reason for this
unChristian way of life, which the epicurean artist has chosen for herself,
is that she conceives of religion as a patriarchal instrument that
hypocritical people manipulate as they wish to better alienate other
people. Shug Avery talks Celie into changing her perception of God as
a white man, a woman, or a thing, but as an inclusive spirit that
encompasses everyone and everything in the universe and that can be
accessed through senses. This vision underscores the belief that life has
a purpose; therefore, it is Celie’s responsibility to try and live happily
through the worship of whatever is beautiful in the world, for example,
the color purple, hence the metaphorical title of the novel.
In a parallel move, Alice Walker keeps displaying her unwavering
opposition to the socially, culturally, and historically-constructed
tradition of male dominance, sexism, and racism. Through Sofia’s
uncompromising discourse, resonant voice, firm tone, new convictions,
and defiant behaviour, she overtly challenges the deep-seated
construction of gender identity by demonstrating that black women
have no cause to be envious of men as concerns physical and mental
strength, courage, and self-worth. Portraying Sofia as a woman of a
new type, especially as an emblem of womanism, endowed with the
moral fiber to banish fear, face adversity, and endure hardships, the
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From Subjugation to Emancipation; or the Transformative Power…
author makes her smash the ideological fantasia of patriarchal order.
For instance, Harpo, her authoritarian husband, has learnt to his cost
that his wife is a combative woman who is ready to take risks so as to
be respected. That is the reason why she even fights with him to make
him understand once for all that she is his equal and neither his
“property”, nor his domestic beast of burden, nor his “tree”, nor his
“wood”.
Alice Walker’s black female characters’ revolutionary behavior
constitutes a real rupture, a decisive breakthrough in the relationships
between men and women and between white and black people, for they
have proven that they have the capacity to resist, domesticate, and
educate their tyrannical men, as stated by Audre Lorde: “It is the
responsibility of the oppressed to teach the oppressors their mistakes.
Black and Third World people are expected to educate white people as
to our humanity. Women are expected to educate men” (Lorde 1998:
630).
Alice Walker also stresses that the foundations of racist and gender
ideologies are groundless. For example, Sofia’s inborn amour-propre
and her allergy to subjugation and injustice account for her daring to
say “hell no” to the white Mayor who asks her to work for his wife.
Through this insolent answer, the Amazon gives special prominence to
the fact that accepting to be turned into a workhorse is the worst
unworthiness that a black woman can ever show proof of. In clearer
terms, Sofia makes it plain that slavery is an unacceptable contingency,
like Zora Neale Hurston who, in “How It Feels to Be Colored Me”,
refuses to be paralyzed by the tragedy of slavery and to imagine that
nature has reserved for Blacks a despicable fate.
Though she has paid a heavy price for slapping back the Mayor, in
retaliation against his head-on attack, Sofia is particularly proud to
deconstruct the specious myths about the natural superiority of the
white race over the black one as well as that of men over women. In the
same vein, the fact that Sofia often has time out and mixes up with men
as a married woman testifies that for her, the right to liberty and
freedom is not the province of men. To sum up, Sofia’s nonconformist
behaviour can be perceived as a destabilization, even “a delegitimation
of traditionally patriarchal-racist political practices, institutions, and
language” (Berlant 2008: 46).
However, it is not superfluous to mention that Sofia partly owes her
freedom to Squeak, a womanist character too, who masters the art of
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what Louis Gates Jr. calls signifying, i. e., survival techniques,
including subterfuge, singing, irony, mimicry, telling white lies, and
double dealing, which all the downtrodden should be familiar with to
pull through. Using this strategy in the name of sisterhood and
solidarity, Squeak accepts to expose herself to sexual, racial, and
political risks to have Sofia released from prison.
CONCLUSION
Through deconstructive writing which entails deconstructive
reading, Alice Walker establishes that The Color Purple is a poignant
tale about the awkward gender-based predicament which black
American women go through. What makes the work really gripping and
meaningful is that the female writer is unsparing in her caustic
criticisms of patriarchy and racism which she conceives of as
oppressive social, religious, cultural, economic, and political systems
meticulously chartered by men and Whites to keep women and Blacks
in captivity.
The lively interest in the novel also resides in the fact that it bears the
characteristics of a didactic novel which teaches that oppressed women
can find reason for hope through their self-awareness and active
involvement in the solving of their crucial problems. All along the
narrative, female characters’ discourses and attitudes have an
ideological force since they prove that despite their sorry plight, they
are agents endowed with the wit and stamina necessary to make them
snatch their freedom, re-shape their minds, recover their voices,
remake their bodies, and re-construct their lives. Clearly, the novelist
intends to represent, through the refusal of her heroines to be defeated
by unfair institutions, a new-born American society operating on the
basis of democratic and humanistic paradigms, and where men and
women, Blacks and Whites take advantage of their biological and
socially constructed differences as assets for completing one another
and pulling their creative energies together, but not as weapons for
dehumanizing and subjugating one another.

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From Subjugation to Emancipation; or the Transformative Power…
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