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Patrie, reine des fées - Projections lumineuses

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83 pages

« Voyons, Père Noël, dites-nous vite où sont allés les six colis que nous avons envoyés en France ?

— Rappelez-moi ce qu’ils renfermaient et je chercherai sur ma liste. Il y en avait tellement ! Je suis très âgé, ma mémoire ne suffit plus. D’ailleurs, j’arrive des champs de bataille où le bruit du canon est si effrayant, si formidable que j’en suis presque devenu sourd.

— Mais pourquoi avoir été sur les champs de bataille ? C’est dangereux.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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AU PAYS DES DOLLARS
Berthe Turrillot
Patrie, reine des fées
Projections lumineuses
LA BAGUETTE MAGIQUE
« Voyons, Père Noël, dites-nous vite où sont allés les six colis que nous avons envoyés en France ?  — Rappelez-moi ce qu’ils renfermaient et je cherch erai sur ma liste. Il y en avait tellement ! Je suis très âgé, ma mémoire ne suffit plus. D’ailleurs, j’arrive des champs de bataille où le bruit du canon est si effrayant, si formidable que j’en suis presque devenu sourd. — Mais pourquoi avoir été sur les champs de batail le ? C’est dangereux.  — Ah ! pourquoi ? pour essayer de faire, dans les Vosges, ma moisson habituelle de sapins, de bûches, pour tous mes petits clients bien sages du monde entier. Ils m’écrivent des lettres adorables qui sont toute ma joie à moi et la récompense de mes fatigues. Après cela, j’ai voulu, justement, découvrir la tra ce des cadeaux que les enfants d’Amérique ont envoyés en France, aux pauvres petit s malheureux, d’abord, puis aux soldats sans famille. Tous ont reçu les lainages, l es vêtements chauds renfermés dans de nombreux colis, avec les jouets. — Bravo, Père Noël, nous y voilà. Vous savez tout et vous allez nous le dire, quelle joie !  — Eh bien, mes petits amis, je vous permets d’invi ter pour demain les enfants de votre voisinage qui ont été aussi généreux que vous et je reviendrai passer l’après-midi ici. Je vous conterai mon voyage en France et je vous promets d’y ajouter quelques histoires très vraies, cueillies en route. Je les ai inscrites sur mon grand Agenda, celui qui ne me quitte jamais » et, en disa nt cela, Père Noël désignait cette poche si profonde qui semblait aux enfants le mystè re des mystères. Il mit le comble à leur bonheur en affirmant qu’il éclairerait ses histoires de projections lumineuses.  — « Merci, oh ! merci, Père Noël, dirent ensemble les deux jolies petites bouches, en lui envoyant un baiser. A demain. » En attendant, j’ai juste le temps, moi, de vous dir e ce qui s’était passé, en France et en Amérique, pour expliquer une pareille conversati on entre le Père Noël et ces deux charmants enfants qu’il favorisait ainsi, connaissa nt leur bon petit cœur. Poly et Suzy, c’était leur nom, appartenaient à une famille qui vivait à New-York, ou plutôt aux environs de la grande cité américaine, e t Père Noël savait quel plaisir il voulait leur faire, tout en cherchant à satisfaire une curiosité bien naturelle. Donc, écoutez ce qui était arrivé dans la vieille E urope. Père Noël reprendra ensuite les confidences que j’a i ajoutées à ses notes et vous verrez comment la Reine des fées réveilla toutes le s belles endormies de son royaume, en les chargeant d’une splendide mission s ur la terre entière. Pour cela, elle n’avait eu qu’à toucher, de sa bagu ette magique, son oiseau favori, sommeillant sur son poing, et à lui glisser dans l’ oreille les trois mots qu’il fallait assembler pour que son cocorico eût le pouvoir de t irer les jolies dormeuses de leur léthargie. A leur tour, les fées avaient redit ces trois mots et les bons génies étaient accourus, capables de tout lorsqu’ils les prononçaient. Voilà pourquoi, d’un monde à l’autre, l’écho fidèle claironnait ces mots irrésistibles : « Bonté, Devoir, Patrie » invoqués par la toute-pui ssante Reine des fées, en face d’un grand danger.
C’ÉTAIT EN 1914...
Par un beau temps d’été, des milliers d’êtres étaie nt heureux de vivre sur la terre, de respirer sous le ciel bleu et d’admirer le soleil q ui brille et qui réchauffe, qui guérit et qui console. Les papas et les mamans chérissaient leurs enfants, dépensant pour eux leur tendresse et leur dévouement, multipliant, comme to ujours, les soins, les baisers et les caresses. Tout à coup, sans prévenir, un coup de tonnerre écl ata, d’un bout du monde à J’autre. Des nuages sombres couvrirent l’atmosphère ensoleillée, transformant les paysages de chaleur et de lumière en une fournaise où tout sombra, bonheur et richesses. Des peuples de sauvages, les Allemands, avaient bru talement déclaré la guerre à tous leurs voisins, par ruse et par force. C’était au mois d’août, le mois des vacances et des moissons, des excursions en bateau et dans les montagnes, l’époque des bains vi vifiants dans toutes les eaux, le mois chéri des enfants. Comme il fallait bien se défendre, la moitié de l’E urope fut obligée de se dresser en armes, bon gré, mal gré, et la guerre sépara ceux q ui s’aimaient. Partis les papas chéris, les maris aimés, les fils aînés et les frères joyeux ! Elle fut si longue et si féroce, cette guerre, que beaucoup d’enfants perdirent leur papa pour toujours, que d’autres furent chassés de leur pays, de leur maison, et séparés de leur maman, après avoir vu fusiller leurs frères et leurs sœurs Même des tout-petits, arrachés des bras de leur mèr e avant que leur petite bouche ait appris à dire son nom, avaient été jetés, pêle- mêle, dans des voitures, dans des wagons vite expédiés au loin. Qui n’a pas vu ces tr ains d’enfants abandonnés n’a rien vu !