//img.uscri.be/pth/a4b4cb0a92297f68f5da5c156d1d66923eb45dea
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI

sans DRM

Petit-Jean

De
341 pages

La petite Louise sortit un jour de bon matin pour aller chercher du lait à la grande ferme, qui était au bout du village. Elle était bien obéissante, la petite Louise ; quand sa grand’mère lui disait de faire quelque chose, elle le faisait vite, et du mieux qu’elle pouvait. Comme donc la bonne Marguerite lui avait dit la veille d’aller de bonne heure chercher du lait, elle était levée toute seule, en même temps que le soleil, et était sortie bien doucement pour ne pas réveiller la bonne vieille qui dormait encore.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Voir plus Voir moins
À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèue nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiues et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiues de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure ualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Charles Jeannel
Petit-Jean
Enfants du peuple qui remplissez les salles d’asile et les petites écoles, vous dont j’aime à voir défiler les bandes joyeuses, lorsqu’a près l’heure de la classe vous allez reporter au pauvre foyer de vos mères la joie qui s ’en était enfuie avec vous, chère espérance de la patrie, c’est pour vous que ce livr e est écrit. Puisse-t-il pénétrer jusqu’à vos cœurs si purs, jusqu’à vos esprits où n e s’est encore enracinée aucune erreur !
APPROBATIONS
GODEFROY SAINT-MARC, par la miséricorde divine et l a grâce du Saint-Siége apostolique, évêque de Rennes, Nous avons fait examiner le livre IntituléPetit-Jean, composé par M. CHARLES JEANNEL, professeur de philosophie à la Faculté des lettres. D’après le rapport qui nous a été fait par l’un do nos vicaires généraux, nous l’approuvons très volontiers et le recammandons ave c confiance à nos diocésains. Ils put-seront dans ce petit ouvrage des connaissances usuelles très-utiles, et y trouveront présentées avec beaucoup d’intérêt les v érités de la religion. Nous pensons que, quoique destiné aux enfants, il sera lu avec p laisir par tout le monde, et que la lecture n’en sera pu moins instructive qu’agréable. Rennes, le 05 novembre 1862. G.,Evêque de Reinnes.
* * *
ÉVÈCHÉ DE POITIERS. Poitiers, le 5 février 1858. Monsieur, Je suis heureux de donner mon approbation à un livr e aussi religieux, aussi utile et Intéressant que celui que vous offres à l’enfance, sous le titre dePetit-Jean.Je désire que cet ouvrage, dont la lecture no serait pas sans fruit pour des lecteurs même d’un âge plus m ûr, se propage de plus en plus, et je le recommande avec confiance et avec plaisir dans un diocèes où vos excellents prin cipe- et votre nom ont laissé de si honorables et de si bons souvenirs. Agréer, monsieur, l’assurance de mes sentiments dév oués. L.E.,Evéque de Poitiers.
Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres.
(SAINT-JEANS, chap. 15.)
I. — Commencement de l’histoire de Petit-Jean
La petite Louise sortit un jour de bon matin pour a ller chercher du lait à la grande ferme, qui était au bout du village. Elle était bie n obéissante, la petite Louise ; quand sa grand’mère lui disait de faire quelque chose, el le le faisait vite, et du mieux qu’elle pouvait. Comme donc la bonne Marguerite lui avait d it la veille d’aller de bonne heure chercher du lait, elle était levée toute seule, en même temps que le soleil, et était sortie bien doucement pour ne pas réveiller la bonn e vieille qui dormait encore. Il faisait beau, le ciel était tout bleu, l’air éta it frais ; on ne voyait encore les rayons du soleil que tout en haut des grands arbres, et su r la petite pointe du clocher. Louise marchait joyeusement sur le gazon, portant à la mai n un pot d’étain brillant comme de l’argent. Tout à coup, en passant devant l’église, elle se rappela qu’elle n’avait point fait sa prière. Elle savait qu’il ne faut jamais commencer la journ ée sans avoir prié Dieu, parce quo Dieu, qui prend soin de nous et qui nous donne tout es les choses dont nous avons besoin, veut que nous les lui demandions tous les j ours. Elle savait encore que le bon Dieu aime les enfants qui le prient de tout leur cœ ur, qu’il leur donne sa bénédiction afin qu’ils deviennent bons et sages, et qu’il béni t aussi leurs parents à cause d’eux. Ainsi elle entra dans le cimetière, se mit à genoux au pied de la grande croix qui était au milieu, et fit sa prière tout haut, en prononçan t bien distinctement tous les mots, comme si la bonne Marguerite eut été là pour la lui faire réciter. Comme elle se relevait, elle entendit tout près d’e lle un petit soupir ; elle se retourna, et aperçut quelque chose de blanc qui éta it à moitié caché par les branches d’un saule. Elle s’approcha en écartant les hautes herbes qui environnaient le pied de la croix, et fut bien surprise de voir un petit enf ant couché dans un panier. Ce pauvre petit venait de s’éveiller ; il regardait autour do lui d’un air étonné ; il appela sa maman, et puis il se mit à pleurer. Louise tâta ses petite s mains, elles étaient froides, et sa robe était toute mouillée par la rosée. Pourtant, q uand il vit près de lui la jolie petite figure de Louise, il cessa tout à coup de pleurer, et se mit à lui sourire. — Pauvre petit, lui dit-elle, où est donc ta maman ? Mais l’enfant ne pouvait pas lui répondre ; il ne s avait dire quemaman, et deux ou trois autres mots que Louise ne comprenait pas. Ell e essaya de le soulever, il était lourd ; cependant elle vint à bout de le tirer de s on panier ; puis avec beaucoup do peine, elle le porta jusqu’à la chaumière de sa gra nd’mère, qui n’était qu’à deux pas de l’église. La bonne Marguerite fut bien étonnée de voir ce pau vre petit ; elle lui ôta ses habits mouillés, l’enveloppa d’une de ses jupes, et lui fi t une bonne bouillie qu’elle lui donna tout de suite à manger. Ensuite elle alla par tout le village, pour tâcher de savoir à qui était cet enfant. Malgré tous ses soins, elle ne pu t rien apprendre sur lui ; alors elle le rapporta chez elle, et dit à sa petite-fille : — Louise, c’est un frère que le bon Dieu t’a envoy é ; puisque ce pauvre petit garçon n’a point de parents, apparemment que Dieu l’a remi s entre nos mains, parce qu’il veut que nous en prenions soin. J’étais déjà vieill e et bien souffrante quand ta pauvre mère mourut ; et toi, tu étais toute petite, je cro yais que je ne pourrais jamais parvenir à te soigner et à travailler pour toi et pour moi ; pourtant, avec l’aide de Dieu, j’en suis venue à bout. Te voilà grande à présent ; tu m’aide ras à élever ce pauvre orphelin, et le bon Dieu nous bénira, toi et moi, à cause de lui . La petite fille écoutait tout cela d’un air sérieux ; mais quand sa grand’mère eut fini de parler, elle se mit à sauter en frappant des mai ns ; et puis elle baisa vingt fois le
etit garçon, qu’elle appelait déjà son cher petit frère. La vieille Marguerite le fit baptiser, car elle ne savait pas s’il l’avait été ; et elle voulut le nommer Jean, parce que c’était le nom de son fil s qui était mort.
II. —Première éducation de Petit-Jean
Le petit Jean fut élevé dans la chaumière de Margue rite. Louise avait pour lui tous les soins d’une bonne et tendre soeur ; quand il av ait sommeil, elle chantait auprès de son berceau pour l’endormir ; quand il était éveill é, elle inventait mille petits jeux pour l’amuser ; quand il pleurait, elle savait le consol er ; elle partageait toujours avec lui le lait et les fruits qu’on lui donnait pour son goûte r ; elle l’aidait à se tenir debout, et le conduisait par la main quand il essayait de faire q uelques pas. C’était elle aussi qui lui apprenait à parler, et qui lui enseignait tout ce q u’un enfant de son âge pouvait apprendre. Le petit garçon profita si bien de ses l eçons, qu’en peu d’années il devint grand et fort, et très-intelligent pour son âge. Il était gai et vif comme un petit oiseau ; il aimait beaucoup à causer, et faisait mille et mille questions sur les choses qu’il ne connaissait pas. Quand vint le printemps, Petit-Jean fut bien joyeux ; la campagne toute verte, les fleurs, les arbres couverts de feuilles nouvelles, les oiseaux qu’on entendait chanter, le beau ciel, le soleil brillant, tout cela lui sem blait nouveau et le remplissait d’ardeur et de gaieté. Il courait dans les prés et sautait sur l’herbe comme les petits agneaux qui le laissaient venir tout près d’eux sans avoir peur de lui ; il cueillait de jolies fleurs dont il faisait des bouquets pour Louise et pour la bonn e Marguerite ; c’était alors que ses questions ne finissaient pas : — Qui a fait le sole il ? — A quoi sert-il ? — Qui a fait les moutons, les arbres, les oiseaux ? — Pourquoi y a-t -il tant d’herbe dans les champs ? Et mille autres choses semblables. La bonne Marguer ite lui répondait : — Mon enfant, c’est Dieu qui a fait tout cela : le soleil, la ter re, les bois, les prairies, les montagnes, les arbres, toutes les plantes, tous les animaux so nt son ouvrage. Il nous a faits aussi nous-mêmes, et il a failles autres choses pour nous : le soleil sert à nous éclairer et à nous échauffer ; la terre produit les plantes qui f ont notre nourriture et celle des animaux ; les animaux eux-mêmes nous rendent toutes sortes de services ; il y en a un grand nombre qui sont bons à manger, ou dont la peau et le poil servent à nous faire des habits. Quant à nous, Dieu nous a donné n otre corps, il a formé lui-même nos membres, nos yeux, notre bouche, nos mains, nos pieds ; mais avec cela il nous a encore donné une âme qui pense. Cette âme est cap able de connaître Dieu, de l’adorer, de l’aimer, et c’est pour cela que Dieu n ous a faits. Ainsi les choses qui sont dans le monde ont été créées pour nous ; mais nous, nous sommes faits pour Dieu. Quand Petit-Jean eut entendu cela, il se mit à aime r Dieu de tout son cœur. Il apprit à faire ses prières, afin de le remercier chaque jo ur de tous les biens qu’il nous a donnés, et dès qu’on le voyait faire quelque chose de mal, on n’avait qu’à lui dire que cela déplaisait à Dieu, pour le voir cesser aussitô t. La petite Louise lui apprit que Dieu aime les enfan ts obéissants et respectueux envers leurs parents, et il devint si soumis à la v ieille Marguerite, qu’il tâchait de deviner ce qu’elle désirait pour le faire avant qu’ elle l’eût dit.
III. —Une Querelle
Quoique Petit-Jean fût bon et sage, il avait pourta nt des défauts ; il était colère, et quand il rencontrait un petit garçon dont la mine l ui déplaisait, il lui cherchait querelle et se battait avec lui. Un jour qu’il était allé faire quelques commissions dans le village, il revint tout rouge et tout essoufflé. Un garçon du voisinage, qui étai t très-méchant, lui avait donné, en passant auprès de lui, un si fort coup de poing, qu e le panier qu’il portait avait été renversé, et toutes les pommes dont ce panier était rempli avaient roulé dans un fossé plein de boue. Petit-Jean, moitié plus jeune et plu s faible que ce méchant garçon, n’avait pu se défendre ; il était accouru à la mais on, tuais il était furieux. Il se promenait dans la chambre en serrant ses poings, et disait : — Je ne serai pas toujours petit ; je deviendrai fort aussi, et il ve rra, il verra, le méchant ! Louise, à qui il avait conté son aventure en arrivant, vint le prend re par la main et lui dit avec sa voix douce :  — Petit-Jean, il ne faut pas se venger ; n’avez-vo us pas entendu que la bonne Marguerite dit toujours qu’il faut rendre le bien p our le mal ?  — Mais, lui répondit Petit-Jean, pourquoi m’a-t-il attaqué premier ? Je ne lui disais rien, et il est venu me faire du mal ; eh bien ! qu and je serai grand, je lui en ferai aussi.  — Ne parlez pas ainsi, Jean, lui dit la bonne Loui se, en le caressant pour le consoler ; parce que ce garçon est méchant, faut-il que vous le soyez aussi ? Ne savez-vous pas que Dieu punira les méchants pour le mal qu’ils font, et qu’il nous récompensera si nous sommes bons ? N’imitez pas les méchants, car il n’y a jamais de plaisir à faire du mal. Souvenez-vous combien vo us étiez content le jour où vous avez donné votre déjeuner à ce pauvre Jacques, dont la mère n’avait pas de pain ; croyez-vous que vous eussiez été aussi heureux ce j our-là, si vous aviez battu le plus mauvais garçon du village ? Petit-Jean ne répondit rien, mais il poussa un gros soupir. — Venez vous asseoir près de moi, ajouta Louise ; tout en travaillant, je vais vous raconter une jolie histoire. Comme il aimait beaucoup les histoires, Petit-Jean ne se fit pas prier pour aller se placer auprès de sa sœur, qui commença ainsi l’histoire de Joseph.