Physiologie du vin de Champagne

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Extrait : "Quelle est la véritable origine de la vigne?— Les uns, d'après Athénée, prétendent qu'un certain Oreste, non l'ami de Pylade et l'amant d'Hermione, mais le fils de Deucalion, vint, après le déluge, régner en Ethna, où il planta la vigne et fit le premier vin..."

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EAN13 9782335031065
Langue Français

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EAN : 9782335031065
©Ligaran 2015
Védicace C’est à toi, ô feu Étienne Béquet ! à toi qui fus un des verres les plus spirituels de France et de Navarre, que nous dédions, les mains jointes et à deux genoux, la physiologie du vin de Champagne ! Assis à la table des dieux païens, dont tu savais parler sur la terre le céleste et mélodieux langage‚ reçois avec bonté et recommande ce petit livre à tous les viveurs émérites de l’Olympe. Vaigne raconter, ô défunt ami, à tes compagnons d’éternelle béatitude les prouesses héroïques de l’ingurgitation terrestre ; compose, à notre intention, un dithyrambe latin en l’honneur de la bouteille champenoise : que le Falerne d’Horace disparaisse à ta voix, et que le nectar d’Hébé s’humilie ! Permets-nous de le proclamer ici-bas‚ à ta louange, ô notre excellent et immortel Étienne Béquet : l’histoire spirituelle de ta vie tout entière est un éloge pompeux du vin de Champagne, et la biographie dira tôt ou tard en parlant de toi : « Étienne Béquet fut baptisé, à l’âge de deux ans, avec des flots de vin de Champagne, et la grâce de ce charmant baptême devait lui porter bonheur ! « Il fut un des causeurs les plus ingénieux‚ les plus habiles, les plus aimables de la société parisienne‚ grâce au vin de Champagne qui babillait toujours en collaboration avec son esprit. « Il fut un des critiques les plus savants, les plus équitables et les plus sensés de son époque, grâce au vin de Champagne qui lui donnait, à plaisir, la science, la justice et la raison. « Un jour, en 1830, il devint un grand et redoutable politique, grâce au vin de Champagne qui lui souffla l’inspiration de cette prophétie : « Malheureuse France ! malheureux roi ! » « Un soir, en causant, en riant, en se moquant des excès de la littérature romantique, il se prit à improviser un délicieux poème en prose, grâce au vin de Champagne qui lui dictait tout bas, dans son cœur, un petit chef-d’œuvre intitulé :Marieoule Mouchoir bleu. « Sa mort fut un suicide : un seul jour, un seul instant, il dédaigna le vin de Champagne, l’ingrat ! et il mourut en expiation d’une véritable apostasie ! N’importe ; il a beaucoup bu : il lui sera beaucoup pardonné ! » Adieu ! ô toi qui fus notre guide, notre conseil et notre maître à tous ; tes amis, tes élèves et tes rivaux se prosternent, avec nous, a l’ombre de les ailes ! Le verre-directeuringurgite, chaque nuit, à ta mémoire ;le verre de Genèves’est dérangé en ton absence : il n’ingurgite plus ;le verre-omnibus, qui se souvient de toi, ingurgite encore ; et nous, les plus indignes de tes disciples, nous ingurgiterons toujours. Vepuis ta disparition de la nappe parisienne, il nous est venu des viveurs de contrebande que l’on appelle des Lions ; ces viveurs-là vivent de peu : ils mangent quand ils ont faim, mais ils ne dînent pas : ils boivent quand ils ont soif, et ils se grisent avec du vin rouge. – Fi ! Encore une fois, adieu ! et que le nectar, qui est le vin de Champagne de l’autre monde, le soit léger !
Préface
Un feuilletoniste éminent dont les travaux hebdomadaires sont une puissance ; dont les ouvrages sérieux ont été une bonne-fortune pour le public et pour les libraires ; celui-là même qui faisait revivre, il y a peu d’années, la réputation oubliée, presque morte, de Crébillon le fils ; qui éclaboussait en passant, avec ses talons rouges d’emprunt, Louis XVIII, Napoléon‚ Barras‚ Robespierre, Danton et madame Roland, pour arriver au plus vite au beau milieu de la société de Louis XV, celui qui a pris tant de plaisir à refléter, dans chacune de ses pages charmantes‚ le petit grand monde d’autrefois qui se laissa bercer et endormir au bruit des baisers, des contes et des chansons ; eh bien ! ce même écrivain, qui a tant d’esprit, s’est avisé de reprocher à plus d’un confrère d’avoir voulu ressusciter, sur la scène e du théâtre et dans l’existence des livres, la société éteinte du XVIII siècle. – Il s’est mis à crier par-e dessus les toits : « Le XVIII siècle est mort, et enterré au fond des caveaux de Saint-Denis, côte à côte avec les royautés défuntes ; laissez-le dormir ! ne touchez point à cette belle fille épuisée par l’ennui, par le luxe, par la luxure, et qui repose désormais dans l’éternité et dans un linceul de dentelles ; ne touchez point à ces membres si délicats, à ce front si calme et si pur, à ces bras si Irais et si dodus, à ces mains si douces et si blanches, à tous ces mensonges de la vie qui cachent la réalité de la mort ; regardez-les, mais n’y touchez point, de peur de les voir tomber en poussière et se disperser sous vos doigts sacrilèges, comme les ruines de Pompéï et d’Herculanum !… » – L’homme de talent, e le poète en prose, l’ingrat dont je parle à beau dire et beau faire, le XVIII siècle n’est pas mort tout entier ! La folle société du temps passé, cette belle paresseuse si imprudente et si corrompue, – qu’il plaît à quelques imaginations de tuer, d’embaumer et d’ensevelir, – se gaudit encore et s’agite sur nos pas, avec d’autres allures, un autre langage, d’autres litres et un nouvel ajustement. Tous les vices aimables, tant reproches au règne de Louis XV‚ s’en sont-ils allés avec madame Dubarry dans le panier du bourreau ? – Hélas ! non ; ils marchent et s’ébattent autour de nous, moins vifs peut-être, moins audacieux ou plus hypocrites qu’après le ministère du cardinal de Fleury, mais encore debout, la tête sur les épaules‚ pardieu ! et vivant bien ! Le plaisir, l’amour, l’opulence, la coquetterie ont -ils donc suivi à toujours les parlements, la Bastille, l’Œil-de-Bœuf et les mousquetaires gris ? Croyez-vous que les maris trompés ne soient plus à la mode ? Voulez-vous des financiers, des procureurs et des traitants ? Voilà des banquiers, des hommes d’affaires et des agents de change. Voulez-vous tâter encore des tripotages dorés de la régence ? Voici les fortunes équivoques et passablement scandaleuses de la Bourse. Vous plairait-il de détrôner tous les Turcarets d’autrefois ? Eh bien ! voici le règne des Frontins qui commence ! Priez ce bon diable d’Asmodée de vous prêter pour u n instant sa puissance et sa béquille : vous retrouverez sous les toits de notre grande cité les amoureux frivoles et entreprenants, les vieillards qui se souviennent, les belles dames qui s’ennuient, qu i attendent et qui rêvent ; vous retrouverez les jeunes filles à marier que l’on vend à un époux, et les jeunes maris qui se vendent eux-mêmes à la richesse d’une femme ; vous retrouverez toute la dissipation brillante de nos aïeux : les spectacles, les bals, les masques, les danseuses‚ les petites maiso ns, les petits soupers, les petits poètes‚ les petits grands hommes, et surtout, en bien plus grande abondance, les bouchons qui sautent et les flots de vin de Champagne qui pétillent ! e À ces causes, ô vertueux Jules Janin, n’attaquez plus ainsi, de gaîté de cœur, le XVIII siècle que vous connaissez si bien et que vous aimez tant ! Qu ’il soit l’objet de votre spirituel respect, ô l’éloquent historien de Crébillon le fils ! et souvenez-vous, paradoxe vivant, que nous devons à vos e nobles confrères, les beaux esprits du XVIII siècle : – Le journalisme ; – L’Encyclopédie ; – La révolution, celle de 89, la vraie ; – Les actionnaires ; – Les feuilletonistes ;