Pierrot assassin de sa femme

Pierrot assassin de sa femme

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Français
27 pages

Description

A ma mie Vève.

Obscure la chambre avec ses cloisons de vieux chêne assombries ; adossés ici, un bahut, là, une étagère ; une chaise à droite, une table à gauche, des bouteilles par terre, le goulot cassé. Et tirant et accrochant l’œil, dans le fond, là-bas, un portrait de Colombine, un lit. Lit et portrait dans l’ombre se détachent avec un étonnant relief et donnent, bien que choses mortes, l’impression de vie. La Colombine en son cadre d’or, tout en chair, les seins nus, rit à belles dents, vivante : il y a de ces portraits dans Hoffmann.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 15 décembre 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9782346021741
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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À propos deCollection XIX
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Paul Margueritte
Pierrot assassin de sa femme
Pantomime
 — C’est ici, me dit la vieille bonne qui m’accompa gnait, dès que nous eûmes traversé la cour dont la porte à claire-voie s’ouvrait large et neuve sur la berge. Au fond, en haut à gauche, une grande baie vitrée t achait d’une lumière crue et vive la muraille, projetant comme une longue traînée bla nche sur le sol. Elle éteignit la lanterne qui nous avait éclairés t out le long du chemin — un chemin tout sombre, ce soir-là — descendant le long de la Seine ; puis, poussant une petite porte : — Prenez la rampe, me dit-elle ; moi, je passe dev ant pour vous ouvrir. Et je gravis l’étroit escalier de bois, au haut duq uel brûlait une bougie dans un vieux chandelier de cuivre. Un bruit fort, persistant — des voix, des cris, des rires — descendait jusqu’à moi. Tout à coup, sur le palier, la porte s’ouvrit, et p ar la large ouverture, au milieu du tapage assourdissant qui me tombait dessus, un larg e flot de lumière s’étala, éclairant d’un jet brusque la grange, l’escalier et, en desso us, les énormes tas de foins coupés, sentant sec mais sentant bon, au milieu desquels, t aches blanches, noires ou grises, dormaient, la tête sous l’aile, les poules et les c oqs. J’entrai, un peu aveuglé par ce subit éclat de lumi ère, ces cris et tout ce monde entassé sur les bancs, pressé sur des chaises, droi t le long du mur, perché sur le poêle de faience ou debout sur les deux petits lits de camp remisés, pour la circonstance, dans le fond de la salle, sous la fen être. Une poutre énorme, carrée, puissante, traversait la salle en longueur ; au-dessus, la toiture montait en angle aigu, un large rideau vert cachait le vitrage établi là par un peintre, l’année précédente. En face de la fenêtre s’étalait la scène : deux rid eaux blancs d’une couleur crue sous la lumière des bougies de la rampe, la séparai ent du public. Dans le coin, à droite, assis sur le rebord de la s cène, une petite table devant lui — dessus des carafes, un citron au bout du goul ot — un brave homme vendait à boire.