Afrique ou la rime partagée

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85 pages
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"Cet ouvrage à la thématique riche et variée est de ceux qui ne peuvent guère laisser indifférent. Philosophie, amour, pouvoir, vie et mort, condition humaine, sans omettre les volets Esthétique et Mythique."

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Date de parution 26 novembre 2018
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Langue Français

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ISBN979-10-92510-01-0 Point E Rue 9 X Canal IV Dakar Site Web: www. baobabafrique.com
YORO BA
Recueil de poèmes
La bête et le méchant
Beefsteak! Rumsteck ! Tendresse et couleur de pastèque ; D’accord ! Mais la synthèse à quand du savant non inventif Dont tarde le désiré palliatif ? Le change? La feuille, la graine, la îbre, la noix ? Vraiment ce monde changeant aFole. La nourrir de chair ? Non, la vache n’est pas folle. Son maïtre si! Traïtre est l’homme qui pique ou égorge, Encore et encore égorge l’innocence domestiquée. Lisier, purin, crottes de son cher élevage; Nitrate, nitrite, de ses inînis pâturages ; Gaz et trous d’ozone, fruits de leur gavage. Regarde l’éléphant et le rhino, Observe le gorille et l’hippo. Non ! Le plus fort n’est pas carnassier. Le plus intelligent aussi; Demande aux érudits, Einstein ou Ghandi ! (*végétariens) Quelle hypocrisie que cette tuerie! Sans douleur cette boucherie ? La religion l’autorise; La miséricorde l’exclut et montre la voie. L’angoisse comprime le cœur d’une bête gisant sur le anc, Au bord du précipice, le regard attendrissant. Soue bruyamment l’âme qui peine A se dégager de ses chaïnes corporelles ; la bête en vain se démène ; La bouche appelle de l’air, le corps frissonne ; les yeux sont faits. Egorger son semblable, voilà l’empreinte lourde de ce monde civilisé. Ils l’ont tué ! Pardi ! La bête? Non l’être ; L’être dont le sang chaud coule. Acre, nauséabonde l’odeur de la mort ; pénible la remontée dans l’intestin grêle. Ils l’ont tué ! Ils l’ont tué !
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Rompre une carotide, rompre le pacte de la domestication ; Combat inégal millénaire de cette civilisation ; Détruire une œuvre d’art ? Détruire ce que nous n’avons su, ce que nous ne pourrons recréer? Droits de l’homme? De l’animal, du végétal ; oui, vite leur création ! Il est temps ! Il est vraiment temps de repenser ce monde. La bête ne parle pas ; sa parole, le regard ; Le regard, son expression ; L’expression de ce râle long et mou de l’innocence arrachée ; Du sang gratuit du faible que l’on verse ; D’une vie gaspillée qui s’échappe par saccades et nappes épaisses. Mourir ce millénaire dans une inînie souFrance ?
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Temps d’hivernage
A l’abri du disque jaune qui étouFe, Sous l’ombre des badamiers, chauFent Les saillies provocatrices des rondeurs ; Radieux les visages, dès que pointe le désiré hivernage ; Sourires de nacre en relief du noir des joues tatouées ; Tout à profusion: Le mas porte plusieurs ; iers sont les épis d’un mil épanoui ; Une mer dorée ceinture les villages. Tout germe, tout eurit, tout murit ; Même les amours naissants. Elles évitent le cram-cram, pagne à mi-genoux replié Qui ballot sur le chef, qui baluchon sur les épaules, Gaies s’en vont à travers champs Et les vertes prairies chantonnant. rou-frou doux des nuées multicolores en rafales Au milieu des impeccables rangées telles qu’adorées ; Verte est l’herbe, jaune le pétale, rouge le amboyant. Par vagues, par euves, me vient l’odeur du terroir Et bruit en moi, la joie de vivre des hameaux Propagée jusqu’aux inaccessibles rameaux. Par l’orchestre invisible qui égaie ! Par le vent qui porte et colporte les pépiements gais! Et le pilon rythme et le grain perd forme; Sur le dos de la mère dodeline le chef de l’espoir Dans la calebasse une main douce se ferme. Par la pluie qui bat ce tapis herbacé emperlé de rosée! Mélodie des pileuses, en écho, les vanneuses. Le chant depuis toujours sépare le bon grain de l’ivraie. L’Afrique des chemins obliques: un air du temps,
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