Dernière gerbe

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176 pages
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Dernière Gerbe est une œuvre posthume de Victor Hugo, elle a été publié en en 1902.

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Ajouté le 24 octobre 2012
Nombre de lectures 558
EAN13 9782820622457
Langue Français
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Collection «Poésie»
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ISBN : 9782820622457
Sommaire
DERNIÈRE GERBE AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR I BILLET À CHARLES NODIER * II Ami z, III Le Hartz IV À l’heure où je t’écris, V Voici que la saison décline, VI PAYSAGE VII EN MAI VIII Je m’arrêtai. IX Jadis, adolescent, X Dans les cités que troublent XI Je ne vois, XIII Sur les cloches d’airain XIV Je ne demande pas autre chose aux forêts XV En plein midi, XVI Les bois, XVII Après avoir souffert, XVIII MON JARDIN XX Charle, il faut quitter XXI Le soir, je m’assieds, grave, XXII CHUTE DU RHIN XXIII Ce que j’ai sous les yeux XXIV Voyons, d’où vient le verbe ? XXV Ô terre, dans ta course immense XXVI Tout est doux et clément ! XXVII Un souffle rajeunit la forêt décrépite XXVIII Là, je cause le soir XXIX J’étais dans le clocher XXX Mer pareille à la destinée ! XXXI La mer, ô célestes abîmes, XXXII Un jour que mon esprit XXXIII LA PASSION HUMAINE XXXIV La mort est sous un toit XXXV Des mains XXXVI Une clarté livide entre en ce sombre lieu XXXVII APPARITION XXXVIII Dans ces heures où Dieu XXXIX Dieu. XL L’épanouissement, XLI Au fond du ciel serein, XLII La solitude sainte XLIII Conquérants, prêtres, rois. XLIV Ô profondeur sans fond XLV Tu seras riche, heureux, beau, XLVI On a de chauds clients XLVII O siècle inachevé, XLVIII Toujours sur cette mer sauvage
XLIX Oh ! que,d’amis j’ai vus LI C’est le ciel que la tombe LII Babel LIV Parmi des monts, LV Quand... au milieu de la nuit, LVI Quand le soleil d’avril rit LVII Oh ! pour le reste de ta vie, LVIII Figurez-vous un beau front triomphant LIX Elle est gaie et pensive LX N’écoutez pas, mon ange, LXI Relève ton beau front, LXII Janvier est revenu. LXIII Oh ! de mon ardente fièvre LXIV Ne vous contentez pas, madame, d’être belle LXV Âme que j’ai trouvée LXVI Ô souvenirs ! LXVII Doux ami, LXVIII Vent du soir ! LXIX Quand je ne serai plus qu’une cendre glacée LXX C’était la première soirée LXXI Ton beau front s’est penché LXXII GUITARE LXXIII Quand je veux savoir LXXV À ANDRÉ CHÉNIER LXXVI À DES BAIGNEUSES LXXVII LUCIO LXXVIII Vous souffrez ici-bas LXXIX Bon ! voilà son esprit qui part ! LXXX PORTRAIT LXXXII Mes strophes sont comme les balles LXXXIII Quiconque pense, LXXXIV L’Inconnu, LXXXV Le prophète et le poète LXXXVI Poètes, si le monde avait une âme encor LXXXVII Voici les Apennins, LXXXIX Ce monde, fête ou deuil, XC Il faut que le poète, XCI Je voudrais qu’on trouvât tout simple XCII PLANÈTES XCIII Comme on a hors de soi XCIV Une sorte de vague énorme, XCV Le sépulcre géant d’étoiles se compose XCVI À ce point de la vie XCVII Ô consul, toi qui peux dire XCVIII Ô destin ! XCIX Z CI À UN HOMME PARTANT POUR LA CHASSE CII Je te dis qu’il travaille CIII Le sort s’est acharné sur cette créature CIV Au point du jour, CV Les quatre enfants joyeux
CVI Je racontais un conte CVII Je suis comme dans un cloître CVIII MON PETIT-FILS CIX Ce qui rend la vieillesse auguste CX 25 L’oeuvre humaine CXI La porte CXII NOS AMUSEMENTS CXIII J’aime ces grands esprits, CXIV Attention. Voici Louis quatorze CXV RACONTÉ EN RÊVE PAR LORD BYRON (PEUT-ÊTRE) CXVI Hé, prends ton microscope, CXVII Insondable, immuable, CXVIII Dans les leçons qu’il donne aux esprits CXIX RÉPONSE À L’OBJECTION : MAL CXX Est-ce que par hasard le monde, CXXI Crois-tu que de ceci mon rêve se repaisse CXXII La souffrance, géante et spectre CXXIV MÉLANCOLIE CXXV Le juste CXXVI Quand Jean-Jacques vivait CXXVII Oh ! je t’emporterai CXXVIII Oui, le tonnerre éclaire CXXIX Quand ce banni, CXXX La terre est à l’erreur CXXXI Oh ! vers le progrès magnifique CXXXII LE PROGRÈS CXXXIII La cloche suspendue CXXXIV Sombre justice inique CXXXV Ne vous figurez pas, CXXXVI Quoi ! tu doutes de l’âme ! CXXXVIII La vision devient une réalité CXXXIX Il a fait la colombe. CXL Quelle religion CXLI L’ENFER CXLII Toute la quantité d’équité, CXLIII Le pauvre ; CXLIV ÉPÎTRES CXLV Je t’aime, CXLVI Tous les hommes sont l’Homme CXLVII À UNE STATUE CXLVIII L’excès de la pitié CXLIX LYRNESSI DOMUS ALTA, SOLO LA URENTE SEPULCR UM TAS DE PIERRES
DERNIÈRE GERBE AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR
Si l’on compare l’édition originale de Dernière Gerbe et celle-ci, on trouvera des différences que nous croyons utile d’expliquer. Nous avons dû supprimer les divisions : Avant l’exil, Pendant l’exil, Depuis l’exil, divisions factices établies pour la présentation du volume en 1902, mais que ne justifie pas l’aspect du manuscrit, l’écriture de certaines poésies non datées ne correspondant pas à la période désignée. Nous avons rétabli le texte intégral partout où des coupures avaient été pratiquées ; en revanche, nous avons respecté les lacunes présentées par le manuscrit, soit au début, soit à la fin, soit même au milieu d’une poésie. Ne vaut-il pas mieux, dans cette édition documentaire, laisser au texte son véritable aspect ? La table même de ce volume déroutera peut-être le lecteur de l’édition originale, car bien des pièces ont été privées ici de leur titre fictif. Six poésies figurant dans d’autres volumes ont été retirées de celui-ci, ce sont : SWEDENBORG. - LE NAUFRAGÉ - DIALOGUE AVEC L’ESPRIT qu’on trouvera dans cette édition au Reliquat et au texte de Dieu ; OH ! L’AMOUR EST PAREIL AUX PERLES DE ROSÉE : variante d’une pièce publiée dans Toute la Lyre : Vois-tu, mon ange, il faut accepter nos douleurs ; A UNE ÂME QUI NE S’APERÇOIT PAS QU’ELLE EST UNE FEMME : Chansons des Rues et des Bois (Reliquat) ; LA CITÉ DÉCRÉPITE, publiée sans titre dans Toute la Lyre ; Et toute la division : SCÈNES ETDIALOGUES que nous avons restituée au Théâtre en Liberté. Enfin, puisant dans les nombreux vers destinés à former le dernier volume inédit : Océan, nous avons enrichi cette édition de soixante- quinze poésies, et soixante-quinze pensées nouvelles sont venues grossir le Tas de Pierres.
I BILLET À CHARLES NODIER *
Je l’ai lu, ton beau poème. Tes sept châteaux de Bohême, C’est un legs rare et suprême Que tu tiens, en fils pieux, D’Yorick qui l’eut de son père Rabelais, bâtard d’Homère, - -Lequel était fils des,Dieux. C’est là, Nodier ; ta famille. Moi, j’édifie en Castille. Une bien frêle bastille Que bientôt fera plier Le peuple au front de bélier. Mais qu’Hernani tienne ou croule ! Qu’importe à tes sept donjons, Qu’en vain viendront battre en foule Maintes ailes de pigeons ! Ils vivront. Leur garde est forte, Ta gloire veille à leur porte. Quoi donc ! il me vient de toi, Ce livre charmant que j’aime ! Quoi ! sept châteaux de Bohême ! Don de poète ou de roi ! En échange t’offrirai-je ‘ Ma tour qu’un parterre assiège ? Hélas ; pour tes sept châteaux Qui du front de leurs coteaux Dominent sur la campagne, Moi, dont Jodelle est l’aïeul, Je ne t’en promets qu’un seul. Encore est-il en Espagne ! • En 1829 (octobre) on commençait à répéter Hernani au Théâtre-Français. Charles Nodier publia le Roi de Bohême et ses sept châteaux et m’envoya le livre. Je lui répondis par ce billet. (Note de Victor Hugo.)
II Ami z,
Ami z, tu m’es présent en cette solitude. Quand le ciel, mon problème, et l’homme, mon étude, Quand le travail, ce maître auguste et sérieux, Quand les songes sereins, profonds, impérieux, Qui tiennent jour et nuit ma pensée en extase, Me laissent, dans cette ombre où Dieu souffle et m’embrase, Un instant dont je puis faire ce que je veux, Je me tourne vers toi, penseur aux blancs cheveux, Vers toi, l’homme qu’on aime et l’homme qu’on révère, Poète souriant, historien sévère ! Je repasse, bonheur pourtant bien incomplet, Par tous les doux sentiers d’un souvenir qui plaît. Ton Henri, - ton fils Pierre ami de mon fils Charles, Et ta femme, - ange heureux qui rêve quand tu parles, Je me rappelle tout : ton salon, tes discours, Et nos longs entretiens qui font les soirs si courts, Ton vénérable amour que jamais rien n’émousse Pour toute belle chose et toute chose douce ! Maint poème charmant que nous disait ta voix M’apparaît... - Mon esprit, admirant à la fois Tant de jours sur ton front, tant de grâce en ton style, Croit voir un patriarche au milieu d’une idylle ! Ainsi tu n’es jamais loin de mon âme, et puis Tout me parle de toi dans ces champs où je suis ; Je compare, en mon coeur que ton ombre accompagne, Ta verte poésie et la fraîche campagne ; Je t’évoque partout ; il me semble souvent Que je vais te trouver dans quelque coin rêvant, Et que, dans le bois sombre ouvrant ses ailes blanches, Ton vers jeune et vivant chante au milieu des branches. Je m’attends à te voir sous un arbre endormi. Je dis : où donc est-il ? et je m’écrie : - Ami, Que tu sois dans les champs, que tu sois à la ville, Salut ! bois un lait pur, bénis Dieu, lis Virgile ! Que le ciel rayonnant, où Dieu met sa clarté, Te verse au coeur la joie et la sérénité ! Qu’il fasse à’ tout passant ta demeure sacrée ! Qu’autour de ta vieillesse aimable et vénérée, Il accroisse, tenant -tout ce qu’il t’a promis, Ta famille d’enfants, ta famillé d’amis ! Que le sourire heureux, te soit toujours facile ! Doux vieillard ! noble esprit ! sage tendre et tranquille !